Pourquoi la réduction du nombre de parlementaire est une mauvaise chose ?

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Le projet du gouvernement : réduire de 30% le nombre de députés et sénateurs, et instaurer une insuffisante part de proportionnelle. Source : LCI 

Tout le monde s’accordera sur le fait que notre démocratie est en perte de vitesse, pour ne pas dire qu’il y a un vrai problème dans notre pays (voir : Macron : vers une dérive autoritaire du pouvoir). C’est la démocratie nationale, mais aussi, et peut-être surtout, la démocratie locale qui pâtit le plus de ces problèmes, depuis que les gouvernements s’évertuent à éloigner les centre de décisions, comme ce fut le cas avec la réforme des régions. Une réforme qui a été faîte sans tenir compte nullement des particularités des habitants et des territoires.

Devant ce constat que chaque citoyen peut faire, il serait donc naturel de remédier à ça en offrant de meilleurs services et une meilleure représentation. Or, c’est exactement le contraire qui se déroule. Non seulement on éloigne, de plus en plus, les services publics, en les concentrant dans des villes plus importantes. Mais de surcroît on fait en sorte que les lieux de pouvoirs soient, eux aussi, de plus en plus éloignés. C’est notamment visible dans des régions qui sont restées rurales, ou qui sont constituées de villes petites et moyennes et qui, du jour au lendemain, voient la grande ville de la région tout concentrer : pouvoir et service. Qu’en est-il des gens qui ont des difficultés à se déplacer ? Ceux dont les horaires sont irréguliers ? Ceux dont les salaires permettent à peine de couvrir les dépenses élémentaires et qui ne peuvent investir plus dans le budget essence ou transport ? Ceux qui préconisent ce genre de réforme se moquent éperdument des préoccupations des gens ordinaires.

  • La perception des parlementaires, et notamment des députés

Je sais qu’un certain nombre de Français pensent qu’il y a trop de parlementaires, qu’ils ne travaillent pas assez, et qu’ils sont trop payés. Ce sont, très souvent, trois critiques qui sont répétées et qui s’additionnent et auxquelles il faut répondre.

Oui, les parlementaire de notre pays sont, sans doute, trop payés. Être député n’est pas un métier. C’est un mandat donné par le peuple. Et, en tant que représentant du peuple, et de la Nation, ils devraient donc nous représenter. A commencer par ne pas gagner plus que ce que ne gagne la majorité du pays, c’est-à-dire le salaire médian. Toutefois, si l’on compare le revenu des députés à d’autres revenus, comme ceux des actionnaires, ou des technocrates qui se pavanent à Bruxelles, ces personnes là nous coûtent bien plus cher. Un seul exemple. Quand un député touche un peu plus de 5 000 euros par mois, bien qu’il y ait également des indemnités et des avantages supplémentaires, un commissaire européen (comme Pierre Moscovici) touchera lui plus de 20 000 euros par mois sans compter les avantages comme l’aide à l’installation de Bruxelles (correspondant à deux mensualités de salaire), alors qu’il n’a été élu par personne. Inutile également d’évoquer les rémunérations, qui dépassent l’entendement, des 0,1 % des français les plus riches. Ainsi, tout en réaffirmant que les salaires des parlementaires, députés et sénateurs, comme ceux des ministres et des hauts-fonctionnaires, devraient être réduits, il serait également bien plus démocratique que nos élus nous représentent réellement.

Le problème c’est que l’Assemblée Nationale, comme le Sénat, n’est pas du tout représentative du peuple en ce sens que la majorité (76%) des députés sont issus des cadres et professions intellectuelles supérieures. En parallèle, seuls 4,6 % des députés sont des employés alors même que les employés représentent plus de 28 % de la population. (voir : L’Assemblée nationale ne compte quasiment plus de représentants des milieux populaires). C’est, à mon sens, l’un des problèmes majeurs de notre pays. Un problème qui peut expliquer, en partie, le fait que bien souvent ils votent pour des lois sans n’avoir aucune connaissance de la réalité de la majorité de la population.

Le second problème serait lié à l’absentéisme des députés. Là encore, il faut nuancer. Il est certain qu’il y a des députés qui en profitent, qui n’interviennent jamais, ne posent jamais de question orale ou écrite et qui, dans leur circonscriptions ne sont pas plus actifs que dans l’hémicycle. Toutefois, d’autres sont parfois absents de l’Assemblée, tout en étant très actifs lorsque qu’ils y sont, pour une simple et bonne raison : le travail d’un député consiste aussi (et surtout ?) a être au contact avec les citoyens du territoire où il a été élu. Entendre les revendications et y répondre, résoudre les problèmes locaux etc. C’est une partie non-négligeable du mandat d’un député qu’il ne faut pas minimiser.

De cette deuxième remarque découle naturellement la troisième. Si les députés, pour faire correctement leur travail, doivent être sur place, dans leur circonscription, ce qui implique de devoir connaître ce territoire, et ses habitants, pourquoi devrait-on réduire le nombre de députés ?

C’est pourtant simple à comprendre. Moins il y aura de députés, et plus ceux restants devront couvrir, et représenter, un territoire plus important et un nombre de personnes croissant. Et, c’est précisément ce à quoi veut arriver la majorité actuelle en baissant de 30 % le nombre de députés, mais aussi de sénateurs. Le nombre des premiers passeraient ainsi de 577 à 404 et celui des seconds de 348 à 244.

Et, Emmanuel Macron va même encore plus loin. Dans un article du Canard enchaîné  du 13 mars dernier intitulé : Quand Sarko inspire l’Élysée, l’hebdomadaire satirique indique en effet que l’exécutif prévoit de supprimer à la fois les conseillers régionaux et départementaux pour les remplacer par une seule entité commune : les conseillers territoriaux. L’avantage selon le gouvernement ? Le nombre passerait de 6 000 conseillers départementaux et régionaux à 3 500 conseillers territoriaux. L’inconvénient pour les citoyens ? Un nouvel éloignement des centres de pouvoirs et une nouvelle baisse de la démocratie locale. 

Renouveler notre démocratie ne passera pas par une réduction du nombre d’élus. Ni d’ailleurs par l’introduction d’une seule petite dose de proportionnelle. C’est tout le système qu’il faut transformer. Nos représentants- pour la plupart- ne nous représentent plus. La solution ? Faire confiance au peuple et passer par l’instauration d’une VIème République véritablement démocratique et profitable à la majorité de la population. Mais elle ne viendra pas d’un claquement de doigt. Le mouvement des Gilets Jaunes a réussi à faire vaciller le pouvoir. C’est désormais le peuple tout entier qui doit s’unir pour fonder une nouvelle République.

Votez pour vous, votez Mélenchon

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Quelques jours désormais nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle, et si on s’en référait simplement aux sondages il y a un candidat qui bénéficie d’une réelle dynamique c’est Jean-Luc Mélenchon. Mais ce n’est pas le seul indicateur sur lequel nous nous basons : le nombre de personnes, de plus en plus nombreuses chaque jour, qui suivent le candidat de la France insoumise sur les réseaux sociaux, l’affluence à ses meetings, et l’audience qu’il réalise à la télévision, peuvent témoigner d’une réelle dynamique en sa faveur.

A tel point que certains journalistes qui avaient déjà enterrées le candidat osent désormais évoquer l’idée d’un second tour. Bien sûr nous n’en doutons pas une seconde, nous pouvons être au second tour tant le reste de l’offre politique de ceux qui sont devant nous -selon les sondages- est dangereuse pour notre pays. Entre la continuité d’une politique que nous connaissons depuis cinq ans, un repli sur soi identitaire, et une politique encore plus libérale qu’actuellement, les perspectives de changement progressiste s’éloignent pour notre peuple.

C’est en ce sens que la candidature de rupture qu’incarne Jean-Luc Mélenchon, appuyé par des centaines de milliers de citoyens, et soutenu par le PCF, peut être une réelle chance d’espoir pour notre pays à conditions que chaque citoyen prenne conscience de l’importance de cette échéance électorale. Enfin, pour une fois, nous avons l’occasion de voter pour un vrai programme et non pas contre quelqu’un ou pour le moins pire. Nous avons l’occasion de mettre un terme à cette Monarchie présidentielle qui confère au Président de la République un mandat de 5 ans sans aucun contre-pouvoir, et qui lui permet d’être élu sur un programme et de faire tout l’inverse de ce pour quoi il fut élu pendant toute la durée de son mandat.

Je ne vais pas y revenir dans cet article mais une VIème République apparaît désormais plus que nécessaire afin de redonner confiance aux français dans la politique, en leur conférant un véritable pouvoir, et en leur donnant la possibilité de révoquer n’importe quel élu. Les élus de la République doivent être irréprochables, Marine le Pen et François Fillon ne devraient pas être éligibles et pourtant ils culminent en tête des sondages à côté d’un jeune banquier se présentant candidat anti-système et semblant vouloir recycler tout ce dont les français ne veulent plus.

Les solutions que nous proposent ces candidats sont connues depuis des dizaines d’années et ont déjà montré leur inefficacité. Chômage, inégalités, et pauvreté en augmentation, cadeaux au grand patronat, fermeture de centaines d’usines, libéralisation des services publics, baisse du pouvoir d’achat des travailleurs, recul de l’âge à la retraite voilà ce à quoi nous ont mené ceux qui s’auto-qualifiaient de « candidats responsables ». Ce sont eux qui tout en parlant de rigueur, d’austérité, n’hésitent pas à se servir dans les caisses de l’Etat, à dilapider des milliards d’euros dans des guerres en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient et à donner l’argent de nos impôts aux banques et aux actionnaires.

Cette situation ne peut plus durer, d’ailleurs les forts taux d’absentions aux dernières élections ne peuvent qu’en attester. La candidature de Jean-Luc Mélenchon propose l’inverse de ces vieilles recette libérales. Mais surtout, le caractère écologiste de son programme est en parfaite adéquation avec la situation que nous vivons. Pour les autres cela semble n’être qu’un chapitre de leur programme, parmi tant d’autres, alors que cela devrait être au coeur de nos préoccupations. Car personne ne sera épargné par les changements climatiques que nous serons amenés à subir, et des millions de réfugiés climatiques sont à prévoir pour les dizaines d’années qui suivront.

Le programme l’Avenir en commun réponds ainsi à toutes les attentes sociales, écologiques, économiques et démocratiques de notre pays. Non seulement parce qu’il a été écrit grâce aux contributions de plusieurs milliers de citoyens et citoyennes, mais aussi car il a été chiffré par des économistes et que nous savons donc qu’il rapportera plus que ce qu’il ne coûtera.

Le second tour n’est pas inaccessible, bien au contraire si chaque militant convainc autour de lui, diffuse notre programme et nos idées, il deviendra plus qu’envisageable. Chaque voix comptera, chaque personne convaincue comptera. Le 23 avril votez pour vous, votez Jean-Luc Mélenchon.


 

De nouveaux droits pour les salariés

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Après le premier débat de la primaire du Parti socialiste, et de ses alliés du Parti radical de gauche et de deux autres micros-partis, une chose a sans doute frappé les électeurs de gauche : aucun candidat n’a évoqué les nouveaux droits que doivent avoir les salariés dans leur entreprise. Prétendre vouloir défendre les valeurs de la gauche en défendant sans cesse une politique de l’offre, c’est à dire libérale voir néolibérale, ne peut, en aucun cas, mener à une amélioration des conditions de vie et de travail. Or depuis plusieurs années maintenant, sous des gouvernements de droite comme du PS, c’est cette politique qui est mise en place : toujours plus d’aides pour les patrons, et notamment les grands patrons, puisque TPE et PME restent asphyxiées par les banques. Ce sont les entreprises du CAC 40, côtés en bourse, avec la bénédiction du MEDEF, qui clament toujours plus d’aides alors que les actionnaires n’ont jamais été aussi riches, et qu’il n’y a jamais eu autant de millionnaires en France. D’ailleurs, il y a peu, le CAC 40 a versé à ses actionnaires, au cours de l’années 2016 : 56 milliards d’euros, alors même que le chômage a augmenté, et que plusieurs grandes entreprises ont annoncé des plans de licenciements (1).

C’est pour répondre à cette urgence sociale et démocratique que le programme l’Avenir en commun, élaboré par des milliers de contributions citoyennes, propose des mesures concrètes afin d’accroître le pouvoir des salariés sur leur lieu de travail et ainsi enrayer cette machine infernale qui veut que l’on travaille toujours plus pour gagner toujours moins. Ce programme, c’est celui de la France insoumise et de son candidat Jean-Luc Mélenchon, soutenu par le Parti communiste, mais aussi par la quasi-totalité des autres formations du Front de gauche.

La démocratie dans l’entreprise

Jean Jaurès avait dit « la grande Révolution [ndlr : celle de 1789] a rendu les français rois dans la cité, et les a laissé serfs dans l’entreprise ». C’est par cette citation que commence le paragraphe du programme alloué aux droits nouveaux des salariés dans l’entreprise. Plus vrai que jamais par ailleurs, cette affirmation doit nous faire prendre conscience qu’aujourd’hui les salariés n’ont aucun droit- ou presque- de décision dans leur entreprise, si ce n’est celui d’élire les syndicats qui les représenteront.

Pour combler ce vide démocratique le programme propose en outre trois mesures importantes :

  • Accorder de nouveaux droits de contrôle des comités d’entreprise sur les finances de leur entreprise
  • instaurer le droit pour les salariés à un vote de défiance à l’égard des dirigeants d’entreprises ou des projets stratégiques
  • renforcer le pouvoir d’intervention des salariés contre les licenciements économiques par un droit de vote suspensif des comités d’entreprise.

Il n’est plus possible que les travailleurs n’aient aucun recour lorsque des licenciements, et notamment dans les grandes entreprises, sont annoncés. Au cours des dernières années les exemples se sont multipliés, sans que l’Etat ne fasse quoi que ce soit pour, a minima, limiter cela. De ce fait, la France a perdu des fleurons de son industrie, a privatisé des entreprises étatiques, pour qu’une poignée puisse se gaver, sans jamais que les travailleurs n’aient leur mot à dire à ce sujet. Arcelor Mittal, PSA, Air France, Goodyear, Alstom, les délocalisations et les fermetures d’usines ne peuvent plus durer, surtout lorsqu’on prétend vouloir lutter contre le chômage de masse, surtout lorsque qu’on prétend être un gouvernement de gauche.

Il est impossible de construire une nouvelle République démocratique, sans que les travailleurs, représentant la majorité de la population, n’obtiennent de nouveaux droits dans l’entreprise.

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Protéger les travailleurs, les syndicalistes et les militants associatifs

Ces nouveaux droits devront nécessairement s’accompagner de mesures fortes qui auraient déjà dû être prises durant le mandat de François Hollande selon ses propres paroles. A mon sens il y a en deux fondamentales : l’interdiction des licenciements boursiers, et l’amnistie des syndicalistes, et des militants sociaux et associatifs condamnés pour avoir défendu leur emploi, ou une cause juste.

C’est, en théorie, une tradition républicaine d’amnistier les syndicalistes condamnés sous le précédent quinquennat pour leurs activités militantes. A ce propos, il semble inconcevable qu’en 2017 les syndicalistes soient condamnés, sanctionnés, mis sous pression, simplement du fait de leur militantisme et de leurs idées. La VIème République que nous construirons devra veiller à réaffirmer les droits de chacun et de chacune à s’engager dans l’organisation syndicale de son choix, tout en améliorant le rôle et les droits des syndicats en matière de protection des salariés, en matière de gouvernance de l’entreprise, et en matière de propositions de lois.

L’amnistie des syndicalistes, et des militants sociaux, aurait pu être décidée par François Hollande dès le début de son mandat, et c’est ce que les syndicats étaient en droit d’attendre d’un président socialiste, le premier depuis Mitterand. Rien n’a pourtant été fait, et il a fallu attendre 2013 pour qu’une loi d’amnistie sociale, à l’initiative des sénateurs du groupe Communiste, républicain et citoyen soit adoptée (2).

Pourtant, dernièrement, des militants syndicalistes, notamment de la CGT, ont été condamnés par la Justice pour des faits mineurs et n’ayant aucune gravité, alors que dans le même temps des personnalités comme Christine Lagarde, à la tête du Fond monétaire international (FMI), jugée pour une « négligence » de 400 millions d’euros, ne font l’objet que de simples remontrances. Il faudra donc également veiller à faire cesser cette justice de classe afin de rendre égal chacun et chacune devant la loi.

L’interdiction des licenciements boursiers pourra répondre, quant à elle, à deux urgences. La première, et celle qui nous intéresse précisément dans cet article, celle de la démocratie dans l’entreprise, et la seconde celle relative au chômage, qui aura le mérite d’être développée dans de futurs articles. On considère comme licenciement boursier, un licenciement opéré par une entreprise réalisant des bénéfices conséquents, et versant des dividendes à ses actionnaires.

Et malheureusement, les exemples se sont multipliés au cours de ces deux derniers quinquennats, de licenciements massifs, comme ce fut par exemple le cas à Air France, suivit d’une augmentation des dividendes, ou d’une annonce d’un parachute doré, qu’il faudra d’ailleurs supprimer. De plus cette mesure permettra de lutter efficacement contre le chômage de masse.

D’autres mesures devront être prises, comme par exemple le développement des coopératives, qui permettra aux salariés de reprendre leur entreprise s’ils estiment leur projet viable dans le temps. Il faudra par ailleurs renforcer les pouvoirs de l’Inspection du travail afin de lutter contre les abus à l’encontre des travailleurs. Récemment, à Tourcoing, dans le magasin d’Auchan, deux cas extrêmement graves ont été révélés : d’une part le licenciement d’une caissière qui s’était trompée de 0,85 centimes, avant sa réintégration suite à la mobilisation syndicale, mais beaucoup plus grave, la fausse couche d’une caissière à son poste. Cette dernière a d’ailleurs décidé de porter plainte contre l’entreprise (3).

La démocratie politique ne peut réellement exister sans une démocratie dans l’entreprise exercée par les travailleurs. Pour autant, toute démocratie dans l’entreprise qui soit, ne pourra pas exister si les conditions de travail ne sont pas améliorées considérablement : par une augmentation du salaire minimum, par un partage et une baisse du temps de travail, par une sixième semaine de congés payés et donc nécessairement par une abrogation de la loi El-Khomri.

 

(1) : Le CAC 40 allonge les milliards aux actionnaires

(2) : Le Sénat adopte la loi d’amnistie sociale 

(3) : Jean-Luc Mélenchon à Tourcoing pour le droit des salariés