Européennes : l’abstention n’est pas la solution (et favorise Macron)

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Les élections européennes auront lieu le 26 mai prochain. Source : RAWF8 – STOCK.ADOBE.COM

Le scrutin des élections européennes s’approche à grand pas. Pourtant les Français tardent à se mobiliser. Près de six électeurs sur dix pourraient ne pas aller voter selon divers sondages. Parmi eux : les jeunes et les classes populaires. Autrement dit ceux qui ont tout à perdre en ne se prononçant pas. 

Nombre de personnes expriment,en ne se rendant pas aux urnes depuis des années, leur désaccord avec les politiques menées. Or notre système électoral est conçu de telle façon que même si 99,99% de la population s’abstenaient, les 0,01% restant décideraient de l’avenir du pays. Il en va de même pour les votes nuls et les votes blancs. qui, dans le système actuel, ne servent à rien. Donc d’un point de vue stratégique s’abstenir n’a aucune valeur et aucune utilité.

Mais surtout, ces élections européennes peuvent être un véritable référendum anti-Macron. Ce sera en effet la première élection depuis son arrivée au pouvoir et donc l’occasion d’exprimer un profond désaccord avec sa politique, d’autant plus que la campagne de LREM pâtit de sa tête de liste (voir : Nathalie Loiseau : une campagne qui bat de l’aile). Or, si le vote était obligatoire, ceux qui s’abstiennent n’iraient sans doute pas voter LREM. Donc ne pas voter c’est prendre le risque de laisser des voix au camp du président, mais aussi laisser le Rassemblement national lui disputer sa politique.

C’est précisément ce qu’il faut éviter. Depuis quelques semaines les médias nous poussent à imaginer un duel opposant seulement les populistes aux progressistes, comprenez l’extrême-droite aux libéraux (voir : Européennes : la fausse opposition libéraux/nationalistes) alors même que les deux s’auto-alimentent. Ce ne sont que les deux faces d’une même pièce et pourtant tout est fait pour nous réduire à ce choix entre la peste brune et le choléra libéral. 

Mais que ce soit un camp ou l’autre, leurs partisans iront voter. Les banquiers, les actionnaires, les grands patrons, ou ceux tenant un discours de haine et de rejet de l’autre, ainsi que tous ceux souhaitant détruire nos acquis sociaux iront voter. L’abstention n’est pas la solution car en réalité elle légitime ces politiques en leur donnant une justification par les urnes. 

  • Voter pour inverser l’ordre du Parlement européen 

Certes l’UE n’est pas l’instance démocratique qu’on nous présente, loin de là. Certes les pouvoirs du Parlement européen sont limités. Mais il reste néanmoins un organe législatif important.

Les partis de droite, regroupés au sein du Parti populaire européen (PPE) et les sociaux-démocrates, regroupés dans l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D), s’entendent depuis des années. Votant les lois ensemble, et s’arrangeant pour l’élection du président du Parlement ainsi que pour la commission européenne. Ces deux groupes parlementaires représentent 401 députés. A ces libéraux, les sociaux-démocrates européens n’osant plus, dans leur grande majorité, remettre en cause cette doctrine, s’ajoute l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) et ses 69 sièges. Les tenants, officiels, d’un discours libéral sont donc ultra-majoritaires au sein du Parlement. 

Et ils ne sont pas seuls. Le groupe des Verts (52 sièges) est pour sa grande majorité acquis à la cause libérale, pourtant incompatible avec l’idéal environnemental qu’ils prônent. Quant aux trois groupes classés à droite du Parlement européen,  Conservateurs et réformistes européens (77 sièges), Europe de la liberté et de la démocratie directe (42 sièges), Europe des nations et des libertés (36 sièges), oscillant entre droite-extrême et extrême-droite ils sont eux aussi des partisans farouches du libéralisme, malgré leur discours qui tend à faire penser le contraire. Que ce soit en Italie, en Autriche, ou en Hongrie, les alliés du Rassemblement national mènent des politiques similaires à celle de Macron en France. Autrement dit opposer libéraux et extrême-droite n’a aucune valeur puisque in fine leurs politiques économiques sont relativement semblables. 

Enfin, en enlevant les 20 députés non-inscrits, il ne reste que le groupe où siégeait les députés apparentés Front de gauche : celui de la Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique (GUE/NGL) qui compte 52 députés. C’est ce groupe que les abstentionnistes vont ,de fait, sanctionner en n’allant pas voter, alors que c’est celui qui constitue la meilleure opposition à cette Europe antidémocratique.

Les différents scores le 26 mai prochain pourraient faire en sorte qu’un autre groupe similaire émerge autour de la coalition Maintenant le peuple. Cette dernière rassemble divers partis, aujourd’hui siégeant au sein de la GUE/NGL, mais qui pourraient créer leur propres groupes s’ils obtenaient assez de parlementaires (1).

Qu’importe que les députés antilibéraux soient dans un même groupe uni ou dans deux groupes distincts, du moment qu’ils travaillent ensemble. D’un point de vue stratégique avoir deux groupes seraient d’ailleurs peut-être plus intéressant afin de bénéficier d’un meilleur temps de parole. Le problème n’est pas là. Si les Européens, à commencer par les Français ne se mobilisent pas le 26 mai prochain, cela ouvrira la porte à une nouvelle législature contre l’intérêt général et à des directives toutes plus ultralibérales les unes que les autres. 


(1) : les membres de la coalition Maintenant le peuple : Alliance rouge et verte (Danemark), Podemos (Espagne), Alliance de gauche (Finlande), France insoumise et Gauche républicaine et socialiste (France), Bloc de Gauche (Portugal) et Parti de gauche (Suède).  

Nathalie Loiseau : une campagne qui bat de l’aile

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Emmanuel Macron et Nathalie Loiseau, les prétendus « remparts » à l’extrême-droite. © Ludovic Marin/Anne-Christine Poujoulat Source: AFP

L’ancienne ministre chargée des Affaires européennes (21 juin 2017 – 27 mars 2019) a été désignée tête de liste de La République en marche (LREM) pour les élections européennes qui se dérouleront le 26 mai prochain. Au coude-à-coude avec la liste du Rassemblement national (RN), menée par Jordan Bardella, sa campagne est de plus en plus chaotique. Et pour cause. Celle qui se présente comme Le rempart à l’extrême-droite ne cesse de démontrer , semaine après semaine, son incapacité. D’ailleurs, l’idée selon laquelle LREM serait un barrage au RN n’est qu’une fable. En réalité marteler ces propos sert souvent d’unique argument dans la campagne. « C’est eux ou nous ». Sous-entendu qu’il n’y aurait que LREM qui serait à même de défendre la démocratie contre l’extrême-droite (voir : Européennes : la fausse opposition libéraux/nationalistes).

Pourtant (pour reprendre les propos d’une caricature du Canard enchaîné), Nathalie Loiseau ne fait que scier la branche sur laquelle elle est assise. Et, s’il fallait inventer une définition du terme se saborder, elle en serait la parfaite illustration tant son incompétence et ses propos sont aberrants. Sans parler de ses arguments de campagne, totalement incohérents avec la politique mise en place par le gouvernement, ses sorties médiatiques suffisent à illustrer pourquoi la liste LREM patauge et ne progresse plus.

D’abord, pour l’avoir écoutée lors du débat organisé sur France 2, le 4 avril dernier, il faut avouer un certain manque d’engouement et de charisme chez Nathalie Loiseau. Ce qui se ressent d’ailleurs aussi dans ses interviews et ses meetings. 

  • Ancienne candidate sur un syndicat d’extrême-droite 

L’information révélée par Médiapart le lundi 22 avril a fait beaucoup de bruit. Etudiante à Sciences-Politiques, Nathalie Loiseau avait été candidate, en sixième position, lors d’élections étudiantes sur la liste de l’UED, un syndicat d’extrême-droite lié au GUD. Pour rappel, le GUD, Groupe union défense, est un groupuscule d’extrême-droite aux actions parfois violentes, qui s’est auto-dissous dans le Bastion Social, lui-même récemment dissous par le gouvernement.  

Suite à cette révélation la défense de la tête de liste de LREM fut pour le moins bancal. Elle, et son entourage, ont d’abord nié les faits, allant même jusqu’à contester la véracité du document. Une défense qu’elle a ensuite rapidement modifiée en clamant qu’elle n’avait pas connaissance de la nature politique du syndicat. Chose peu vraisemblable puisque étant à Sciences Po elle devait avoir un minimum de savoir en politique. Du moins assez pour se renseigner sur la nature du syndicat dont elle était candidate. 

Finalement Nathalie Loiseau a reconnu que cette candidature était « une erreur et une connerie de jeunesse« . Mais avec cette révélation le mythe de LREM rempart face à l’extrême-droite prenait déjà un coup. 

  • « J’avais l’impression d’être une romanichelle »

Une semaine plus tard, le 29 avril, lors d’une interview sur France Culture, Nathalie Loiseau se souvenait de ses débuts en tant que directrice de l’ENA. Elle a alors eu cette phrase à la fois énigmatique mais aussi pleine de sens. 

« J’avais l’impression d’être une romanichelle quand je suis arrivée à la tête de l’ENA.« 

En effet le terme romanichelle a une vraie connotation raciste et péjorative. Il est notamment utilisé par ceux souhaitant dénigrer la communauté Tzigane. 

  • Nathalie Loiseau et la Blitzkrieg 

Plus récemment, l’avant-veille des commémorations du 8 mai, marquant le 74ème anniversaire de la victoire contre l’Allemagne nazie, la candidate LREM illustrait une fois de plus sa bêtise. En visite au mémorial de Caen, un musée consacré à l’histoire du XXe siècle et notamment à la seconde Guerre mondiale et au Débarquement, Nathalie Loiseau a répondu à la question d’un journaliste de l’Obs. Celui-ci lui demandait si, pour relancer sa campagne il ne lui fallait pas un Blitzkrieg. La réponse de l’intéressée ne se fit pas attendre : « oui mais un Blitzkrieg positif« . 

Le terme Blitzkrieg, ou guerre éclair en français, désigne la technique militaire adoptée par l’Allemagne nazie et par Hitler lors de la seconde guerre mondiale. C’est notamment grâce à cette tactique que le troisième Reich a pu envahir la France. Pas certain que faire référence à cela quelques heures avant le 8 mai, et au sortir d’un mémorial de la guerre, soit la meilleure façon de lutter contre l’extrême-droite. 

A elle seule, Nathalie Loiseau fait la démonstration qu’en aucun cas LREM, et ceux s’auto-qualifiant de progressistes libéraux, ne sont un quelconque rempart au Rassemblement national. Bien au contraire. De par leur politique économique, les libéraux ont fortement contribué à l’éclosion de ces partis d’extrême-droite partout en Europe. 

* Depuis hier (mercredi 15 mai) LREM a décidé de changer de stratégie. Constatant sans doute que la tête de liste multipliait les faux pas et n’entraînait pas les foules, le parti de la majorité au pouvoir prévoit la mise en circulation de près de 60 000 affiches. Le problème ? Exit la tête de Nathalie Loiseau, place à celle d’Emmanuel Macron. 

Européennes : la fausse opposition libéraux/nationalistes

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AFP

C’est un piège qui nous tend les bras un peu plus chaque jour. Ce piège que nous voyons venir depuis des mois maintenant, mais dont les griffes devraient en attraper plus d’un. A moins que nous soyons déjà tous tombés dedans lors du second tour de la dernière élection présidentielle. Ce piège c’est celui qui consiste à réduire le vote à un prétendu duel entre les nationalistes d’un côté, et les libéraux, soit-disant progressistes, de l’autre. 

Autrement dit, Macron, et le clan européen des ultralibéraux, incarneraient le progrès social, et le seul rempart face à l’extrême-droite. Alors que c’est précisément tout l’inverse. C’est justement cette politique ultralibérale menée depuis plusieurs années en Europe, dans presque tous les pays, qui a conduit certains peuples à se tourner vers des parties nationalistes, voire xénophobes. Italie, Pologne, Hongrie (voir : Allemagne, Suède, revoilà l’extrême-droite ) les exemples sont bien trop nombreux.

Mais pourquoi n’est-ce pas le cas ? Prenons simplement l’exemple de la France. Entre les élections, c’est tout une entreprise de dédiabolisation du Rassemblement National qui est menée. L’exemple le plus récent étant les propos de Nathalie Saint-Cricq qui débriefait le passage de Marine le Pen sur France 2 :

« Je l’ai trouvée assez efficace. J’ai trouvé qu’elle avait travaillé par rapport au débat de l’entre-deux tours. J’ai trouvé qu’elle était dans le constat, ce qui lui permet plus facilement d’arrondir les angles. Elle n’est pas contre les riches, elle est contre les pauvres. Elle aime bien les bons Gilets jaunes, mais elle défend aussi les policiers, tout est de la faute du gouvernement. Donc pendant toute la première partie on a eu quelqu’un d’assez consensuel, qui était dans le contrôle et finalement son constat on pourrait le partager. Après les choses se sont un petit peu gâtées avec Nathalie Loiseau et Matteo Renzi. Parce que là on n’était plus dans le constat, on lui demandait des solutions. Du genre : si vous étiez, si vous deviez vous mêler de la direction des travailleurs détachés, vous feriez quoi ? Et là ça a patiné un petit peu plus. Mais globalement elle est hyper-dédiabolisée, et elle a travaillé. Elle n’est plus excessive comme elle pouvait l’être avant, ni pas très professionnelle. »

Mais, dès lors que l’élection devient immédiate, comme cela sera le cas dans quelques semaines, tout sera fait pour montrer son danger. Et les appels à faire barrage se feront entendre de toute part afin de nous orienter vers leur vote utile, prétendument le seul rempart contre la peste brune. Mais en réalité le pouvoir- entendons par pouvoir ceux qui gouvernent, c’est à dire le monde de la finance- a besoin d’un tel ennemi, dans le cas où il serait à court d’argument. En fait, globalement, chaque camp- libéraux ou nationalistes- ne peut pas se passer de l’autre. De cette manière ils argumentent leur propre programme en fonction de l’autre camp.

Pourtant, si on regarde de plus près, il n’y a guère de divergence économique. Et tous, plus ou moins, s’évertuent à appliquer les préceptes du libéralisme prôné par les hautes instances de l’Union européenne. Sans remettre en cause le système capitaliste ultra-financiarisé, source de tous les problèmes. Sans remettre en cause la dégradation des conditions de travail, les délocalisations et la paupérisation de plus en plus générale du plus grand nombre.

Au fond, en mettant côte-à-côte les politiques économiques de Orban, en Hongrie, Merkel, en Allemagne, ou Macron, en France, on s’aperçoit rapidement que, s’il y a des différences dans les discours, dans les faits leurs décisions sont relativement similaires. Il ne faut donc pas se tromper. L’opposition libéraux-nationalistes n’est qu’un leurre. Un leurre qu’il convient de dépasser en agissant pour sortir des traités européens actuels et en tournant le dos au dogme libéral.

A propos des élections européennes, voir : Européennes : l’union impossible ?

Européennes : l’union impossible ?

Quand élection rime avec division. Une nouvelle fois, la gauche sera divisée lors des prochaines échéances européennes, au moment où, sans doute, il y a le plus besoin d’union. Le mouvement des Gilets Jaunes aurait dû faire prendre conscience à tous de l’importance d’une large union afin de faire émerger une voix claire et porteuse de revendications fortes. Il n’en sera rien, et ces divisions profiterons autant au Rassemblement national, qu’à Emmanuel Macron et son parti. 

Si on fait un rapide tour d’horizon des forces de gauche qui seront présentes aux élections européennes, elles devraient être au nombre de sept, sans compter une possible liste des Gilets Jaunes.

  • D’abord, la France insoumise qui est, soyons clairs, la meilleure chance pour la gauche de réaliser le meilleur score. La tête de liste sera une jeune militante, provenant de la société civile, Manon Aubry. D’autres personnalités comme Manuel Bompard, ou bien l’ancien socialiste Emmanuel Maurel y figureront aussi.
  • Le Parti communiste français a lui aussi décidé de présenter sa propre liste avec Ian Brossat, l’adjoint à la mairie de Paris, en charge du logement où il a notamment permis la construction de nombreux logements sociaux lors de son mandat.
  • Les deux partis, à l’extrême-gauche de l’échiquier politique, Lutte ouvrière (LO) et le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) devraient, sans doute, présentés chacun une liste, après l’échec de négociations visant à la formation d’une liste commune pour ces deux formations
  • Le mouvement Génération.s de Benoît Hamon aura également une liste autonome, avec ce dernier comme tête de liste. Et après l’échec des négociations avec la France insoumise et le Parti communiste.

Viennent ensuite les cas plus litigieux du Parti socialiste et des Verts. Litigieux dans le sens où on ne peut plus vraiment qualifier ces partis de gauche, dans la mesure où, avec leur politique, ils sont rentrés dans le champ libéral de la social-démocratie classique européenne. En témoigne notamment la volonté de certains leaders des Verts de s’allier à la République en marche, comme Pascal Durand, ou bien comme Yannick Jadot qui déclarait, lui, que l’écologie était compatible avec l’économie de marché. Chose que tout ceux s’intéressant à la protection de l’environnement et du climat savent pertinemment fausse dans la mesure où, comme l’expliquait Karl Marx en son temps :

« le capital épuise deux choses : le travailleur et la nature »

Si nous mettons de côté le cas de ces deux partis, il reste donc plus ou moins cinq listes qui auraient pu prétendre à une alliance commune. Même si dans les faits, jamais LO n’accepterait une alliance avec d’autres forces politiques, si ce n’est le NPA. Quoiqu’il en soit Génération.s, France insoumise et Parti communiste auraient en revanche pu s’entendre sur un programme et une liste commune. Je ne rejette la faute sur personne, je constate juste, comme tant d’autres personnes ayant voté Jean-Luc Mélenchon aux dernières présidentielles, que ces divisions risquent de nous coûter cher.

Surtout que, comme je l’ai dit plus haut, il y aura peut-être également une liste estampillée Gilets Jaunes. Loin de moi l’idée de critiquer cela, au contraire si elle porte de justes revendications. Simplement, une fois encore, cela risque de diviser les voix de ceux souhaitant un vrai changement pour cette Europe. Une Europe qui ne peut plus fonctionner de cette manière antisociale et antidémocratique.

Nous devons sortir des traités européens actuels, c’est une certitude. Une certitude qui ne deviendra réalité qu’avec un rapport de force inversé. Le 26 mai prochain sera, peut-être, décisif pour les années à venir. Partout, en Europe, les forces de gauche devront envoyer le maximum de députés européens pour contrecarrer les plans de cette clique de néolibéraux, et pour ne pas laisser le champ libre aux forces d’extrême-droite et réactionnaires.

Grèce : entre austérité, répression et trahison

Alexis Tsipras & Jean-Claude Juncker

Depuis le mois de juillet 2015 et la trahison d’Alexis Tsipras la Grèce va mal. Elle était déjà dans une situation catastrophique suite aux divers plans d’austérité des gouvernements successifs de droite ou sociaux-démocrates. Mais l’élection de Syriza et de Tsipras aurait pu être source d’un renouveau. Une chose inédite en Europe où pour la première fois, si l’on excepte l’expérience chypriote de l’AKEL, un parti de la gauche dite radicale accédait au pouvoir et générait un immense espoir, non seulement en Grèce, mais dans toute l’Europe.

C’était pour toutes les forces progressistes la vision, enfin, d’un verrou qui cède, du premier domino qui tombe dans cette Europe ultralibérale minée de partout par l’austérité. Mais il n’en fut pas ainsi. Après quelques mois de révoltes et de bras de fer contre la Troïka (commission européenne, FMI, et BCE) le gouvernement grec cédait et se couchait, juste après avoir convoqué un référendum où le peuple grec s’était exprimé en majorité pour- justement- ne pas céder.

Depuis Alexis Tsipras est devenu un élève sérieux des institutions européennes appliquant les cures libérales qui sont imposées au peuple grec sans jamais parvenir à une amélioration de la situation pour le peuple grec. Le gouvernement d’Alexis Tsipras a ainsi continué à appliquer docilement les politiques de privatisation des entreprises grecques. Mais les salaires et les pensions diminuent et la pauvreté et l’extrême pauvreté continuent d’augmenter. C’est le résultat normal d’une telle politique.

Or, désormais ce libéralisme, voir cet ultralibéralisme, s’accompagne d’une politique de plus en plus répressive à l’égard des opposants. Et notamment à l’égard des opposants de gauche qui s’offusquent, à juste titre, de ces choix. Ainsi, des lois spéciales ont été votées, la police anti-émeute est de plus en plus déployée et des manifestations sont également interdites. Alors qu’avant les élections de 2015 les militants et les élus de Syriza s’opposaient aux ventes aux enchères des logements de ceux ne pouvant payer leur loyer, ce gouvernement, issu des rangs de Syriza organise désormais la répression contre ceux continuant à s’opposer à de telles pratiques.

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Panayiótis Lafazánis lors d’une manifestation

Figure de la gauche grecque,  Panayiotis Lafazanis n’a pas été épargné par la répression de ces anciens camarades. Lui qui a, dans sa jeunesse, résisté à la dictature des colonels, puis a été élu député sous l’étiquette Syriza avant de faire partie du premier gouvernement d’Alexis Tsipras, en tant que ministre de la Restructuration de la production, de l’Environnement et de l’Énergie, s’était ensuite éloigné de Syriza après la trahison du gouvernement. Il créait alors le Parti Unité Populaire en en août 2015.

Lui n’a pas trahi ses engagements. Et pour cela il est poursuivi par le gouvernement grec pour pas moins de seize motifs différents. En tout, Panayiotis Lafazanis risque neuf ans de prison si les différentes peines sont cumulées.

  • La fin de la crise, vraiment ? 

Et pourtant, le 20 août dernier, le pays sortait officiellement de la période des plans de sauvetage, conduisant, quelques mois plus tôt, Pierre Moscovici, l’ancien ministre de l’Économie et des Finances entre 2012 et 2014 sous Hollande, a déclarer « Pour la Grèce, ce sont huit ans d’efforts et de sacrifices qui s’achèvent ». Des efforts et des sacrifices qui auront touché les classes populaires et moyennes, comme toujours, tandis que les vrais responsables de la crise, eux, s’en sortent indemnes. Fallait-il arriver à ce niveau d’austérité, de pauvreté, de chômage pour, soi disant relancer l’économie grecque ? L’exemple récent du Portugal (Portugal : une autre voie pour l’Europe) nous montre qu’une politique préconisant l’inverse de ce que Bruxelles prévoit et ordonne a conduit le pays a des résultats économiques plus que satisfaisants.

Mais le peuple grec ne s’y trompe pas, et les prochaines élections législatives s’annoncent terribles pour Syriza. D’autant plus qu’Alexis Tsipras a intégré, dans son nouveau gouvernement, des personnes issues de l’ancien Pasok et d’autres issues de Nouvelle Démocratie, le parti de droite. Pour le moment Syriza se place derrière la droite, selon un écart qui oscillerait entre 5 et 11 %. D’ailleurs le premier ministre grec est lui aussi au plus bas dans les sondages.

Les parties et personnes se réclamant de gauche ne peuvent désormais plus soutenir le gouvernement grec. Depuis juillet 2015, et son renoncement, Alexis Tsipras et Syriza ne sont plus dignes de notre confiance. Et d’autres forces de gauche grecques méritent, et attendent notre soutien. Les prochaines élections, qui auront lieu en septembre prochain, seront un vrai indicateur pour savoir dans quelle direction ira la Grèce ces prochaines années.

Pour approfondir le sujet :

Portugal : une autre voie pour l’Europe

 

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Sous la conduite d’un gouvernement socialiste, le Portugal a, depuis novembre 2015, entamé un virage à gauche, prenant de cours les technocrates de Bruxelles qui réclamaient toujours plus d’austérité et de régression des droits sociaux. A l’opposé de cette spirale infernale qui a conduit de nombreux pays d’Europe du Sud, y compris le Portugal, a la misère et au chômage de masse, le gouvernement portugais a décidé de mener des politiques de relance, prenant en compte la volonté du peuple portugais.

Soutenu par tous les partis de gauche, Parti communiste portugais (PCP), les verts, Bloc de gauche, le premier ministre Antonio Costa sait qu’il a tout intérêt à mener une telle politique s’il ne veut pas voir son gouvernement renversé par la droite au Parlement. Ainsi, alors qu’il avait été baissé par la droite, le salaire minimum a été augmenté à deux reprise : en 2016 tout d’abord où il était passé de 485€ à 530€, et au mois de janvier 2017 où il était passé de 530€ à 557€. En parallèle cette augmentation a été accompagné d’une d’augmentation de diverses allocations, ainsi qu’un arrêt des privatisations qui avaient contribué à ruiner l’économie portugaise.

Bruxelles, et les gouvernements libéraux européens, voyaient d’un très mauvais oeil ce gouvernement et ses réformes, l’accusant de tous les maux. Hors, comme on pouvait s’y attendre, ce virage à gauche a été plus que bénéfique à la fois pour le peuple portugais, mais aussi pour l’économie du pays dans son ensemble, avec notamment un taux de chômage en baisse. En 2016 ce dernier était de 11,1 %- 14,4% en 2014- seulement de 8,8% pour le deuxième trimestre de 2017 : des chiffres qui montrent la parfaite absurdité des recommandations de la commission européenne, qui réclamait toujours plus de coupes budgétaires, et toujours plus de sacrifices. Ironie du sort, le Portugal a même atteint l’un des objectifs fixé par Bruxelles, à savoir faire passer le déficit en dessous de la barre des 3% du PIB, un objectif non atteint par les autres pays ayant accepté de mener des politiques ultra-libérales et austéritaires sous les ingérences de Bruxelles.

Aller plus loin dans la rupture

Le gouvernement portugais doit toutefois se méfier, et ne pas être trop modéré dans ses réformes. Certes de profonds changements ont été initiés, sur le plan économique et social comme on vient de l’évoquer mais aussi sur le plan de l’accueil des immigrés, puisque le gouvernement socialiste a, dès le début, manifesté sa volonté d’accueillir plus de migrants, et dans des conditions dignes, à l’inverse de tant de pays européens (1).  A l’occasion d’un discours devant la commission européenne le 19 février 2016, le premier ministre Antonio Costa rappelait une triste réalité de l’accueil des migrants, et refusait de voir se dessiner « une Europe qui ferme ses frontières, pour bloquer l’accès aux réfugiés ». Ainsi, pour chaque réfugié arrivant au Portugal, le gouvernement a mis en place toute une série de mesure, visant à faciliter leur intégration : un logement gratuit les premiers mois, des cours de portugais pour les rendre autonomes le plus rapidement possible, et ils reçoivent également une aide pour trouver du travail, sans oublier l’accès au système de santé et la scolarisation des enfants.

Une politique qui tranche avec ce à quoi on peut d’assister dans d’autres pays européens comme en Pologne, en Hongrie, où même en France. Car si cette politique est, certes d’abord, la volonté du gouvernement, elle est aussi celle du peuple portugais. Malgré la crise qui a frappé le pays ces dernières années, il n’y a pas eu de manifestations à l’encontre de l’arrivée supplémentaires de réfugiés, au contraire les portugais se sont montrés chaleureux et désireux d’aider ceux qui venaient trouver refuge sur leur terres.

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Les inquiétudes ne portent donc pas sur cet aspect si, mais sur les déstabilisations et les menaces économiques que pourraient subir le Portugal du fait du tournant antilibéral qu’a osé prendre le gouvernement portugais. Et malheureusement les récentes expériences d’une politique sociale tournant le dos aux exigences de Bruxelles ont pour le moins déplu aux technocrates de l’Union européenne. Que ce soit à Chypre, où en Grèce, lorsque des formations de la gauche souhaitant mettre en place un réel programme de gauche, étaient portées au pouvoir par leur peuple respectif, la machine de propagande se mettait en route. Dans ces deux cas, en plus des habituelles critiques sur l’irresponsabilité des dirigeants où sur leur programme inapplicable, de fermes mesures économiques à l’encontre de ces pays ont été mises en place, notamment le non-approvisionnement des banques. Une manière à la fois de mettre le couteau sous la gorge du gouvernement élu, mais également un moyen de commencer à monter le peuple contre son nouveau gouvernement.

A mon sens, l’erreur du gouvernement grec d’Alexis Tsipras, a été de céder, trop rapidement, et sans contreparties, aux exigences des banquiers. Une erreur que ne devra pas faire le gouvernement portugais, si d’aventure de telles sanctions étaient prise en son encontre. Pour le moment, et devant les réelles progrès de l’économie portugaise, on voit mal comment Bruxelles pourrait reprocher quoique que ce soit au gouvernement portugais.

Au contraire, les réussites économiques pourraient encourager d’autres pays à tourner le dos aux injonctions de la commission européenne, et certains partis socialistes, qui ont depuis un certains temps renoncer à mener des politiques antilibérales, pourraient de nouveau se tourner vers des choix marqués à gauche. Le fait que le gouvernement socialiste dispose de la majorité parlementaire grâce entre autres au PCP et au Bloc de gauche permet à nos camarades d’exercer un « contrôle » sur l’action du premier ministre. Une manière de garantir que le Parti socialiste portugais tiendra ses promesses électorales et ne rebroussera pas chemin en cours de route.


 

(1) : Amnesty International : Portugal, en attendant les réfugiés. 

Imposer un changement de cap en Europe

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Comme cela a déjà été dit à maintes reprises, je ne m’étendrais pas sur la nécessité qu’il y a à changer nos institutions en vue d’une VIème République véritablement démocratique, participative, sociale, et écologique (1). Ce changement apparaît comme nécessaire si nous ne voulons pas aller droit dans le mur et laisser le pouvoir à des personnes aux idées dangereuses. Pour autant, transformer nos institutions en France et changer de cap politique ne suffira pas. Il faudra que nous arrivions à imposer un rapport de Force au sein de l’Union européenne, hostile à tout changement démocratique et/ou politique.

Comme le spécifie le programme l’Avenir en commun, nous pensons en effet, qu’il est possible d’imposer une nouvelle Europe par la sortie et la renégociation des traités actuels en vigueur, véritables carcans qui nous obligent à adopter des mesures économiques absurdes et inefficaces. Pour preuve, il n’y a qu’à observer les exemples irlandais, italiens, grecs, espagnols, chypriote ou portugais. Partout où des mesures drastiques d’austérité ont été appliquées, les résultats ont été désastreux pour les économies et pour les peuples. A un point tel qu’en Grèce le nombre de suicides a augmenté, tout comme la mortalité infantile.

Depuis 2015 toutefois, au Portugal, c’est un gouvernement de gauche qui est au pouvoir. Les socialistes, soutenus par le Parti communiste portugais, le Bloc de gauche et les écologistes au Parlement mènent une politique qui bien qu’en rupture partielle avec celle préconisée par l’UE a conduit à des changements bénéfiques pour la population. Les dirigeants portugais ont ainsi fait le choix d’une augmentation du salaire minimum, d’une revalorisation des retraites, d’une lutte contre le travail précaire imposé au peuple portugais sous les précédents gouvernements mais aussi d’un arrêt des privatisations des infrastructures (2).

Le tournant Grec : 

Avant l’élection d’Alexis Tsipras en Grèce, nous pensions pouvoir transformer l’Union européenne afin d’en faire une Europe des peuples, de l’égalité et de la solidarité, libérée de la dictature de la finance. Il n’y avait presque pas de doutes, l’élection de nos camarades de Syriza devait suffire au changement.

Le référendum convoqué en Juillet 2015, que le peuple grec gratifiait d’un « Oxi » (non) retentissant quant au mémorandum proposé par les institutions de l’UE, n’avait fait qu’amplifier notre conviction. Une conviction très vite balayée par la commission européenne qui, par l’intermédiaire de son président- Jean-Claude Juncker- mentionnait qu’il ne pouvait avoir « de choix démocratiques contre les traités ». Mais l’espoir fut aussi balayé d’un revers de main par le gouvernement Grec lui-même et son premier ministre Alexis Tsipras. Certes les pressions contre le peuple grec et ses dirigeants ont été scandaleuses de la part des institutions européennes, ces dernières allant même jusqu’à couper les liquidités aux banques grecques, mais les dirigeants grecs auraient dû avoir un autre plan afin de parer à l’éventualité que les technocrates de Bruxelles, appuyés par les autres chefs de gouvernement feraient tout pour qu’aucune politique différente apparaisse (3).

La suite nous la connaissons : la démission d’Alexis Tsipras, puis sa réélection et l’application du nouveau mémorandum à l’opposé du programme de nos camarade de Syriza qui d’ailleurs implosera peu après donnant lieu à l’émergence d’un nouveau parti à sa gauche : Unité populaire.

Imposer un rapport de force

Voilà pourquoi désormais nous avons adapté notre stratégie vis à vis de l’Union Européenne. Une stratégie clairement expliquée dans le programme l’Avenir en commun. Elle est divisée en deux plans. Le premier, le plan A consistant, par la négociation, à renégocier les traités européens afin de les rendre favorables aux intérêts des peuples et non plus à ceux des banques. C’est ce qui est préférable pour tout le monde, d’autant plus que la France n’est pas la Grèce en terme de poids économique puisque nous représentons 18% du PIB européen.

Néanmoins si les institutions de l’UE, commission européenne et BCE en tête, qui ne sont élues par aucun citoyen européen, s’entêtaient à refuser un changement de politique européenne nous n’aurions d’autres choix que de quitter les traités européens actuels.

Cette question là est toutefois essentielle à comprendre car c’est aussi l’une des différences majeures que nous pouvons avoir avec Benoît Hamon qui ne souhaite pas remettre en cause l’ordre européen établi et qui croit encore au vieux rêve des sociaux-démocrates d’une Europe sociale sans rien changer au niveau du fonctionnement et de la politique économique.

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Rendre l’Europe plus démocratique et plus viable

Ce n’est pas un hasard si tant de personnes et de pays affichent désormais leur opposition à l’Europe, telle qu’elle est. Le manque de démocratie au sein de ses institutions et les directives absurdes prises par les financiers de l’UE ont conduit à un tel dégoût. Par exemple, les débats concernant le CETA, et le TAFTA qui pourtant vont décider de la vie de centaines de millions d’européens, ont été menés de la manière la moins démocratique possible. A aucun moment les peuples européens n’ont pu se prononcer sur des traités qui les concernent directement, et il a fallu que nos députés du Front de Gauche et du Parti communiste (parmi lesquels Patrick le Hyaric, directeur du journal l’Humanité, et Jean-Luc Mélenchon) réunis au sein du groupe parlementaire européen GUE/NGL- Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique- ainsi que les écologistes nous alertent depuis plusieurs années sur ces projets néfastes.

Les peuples européens ont perdu l’habitude d’être questionnés sur les traités européens alors qu’il devrait y avoir un référendum organisé dans chaque pays de l’UE à chaque nouveau traité. Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs affirmé à plusieurs reprises son intention de demander l’avis du peuple français- et de s’y plier- à chaque fois qu’un traité européen devra être renégocié ou appliqué. Car il faut bien avoir à l’esprit que ce sont ces traités qui conditionnent nos choix économiques et ont un impact dangereux sur nos vies. Un exemple parmi d’autres celui de la SNCF. Les politiques de libéralisation forcées demandées par Bruxelles et appliquées docilement par nos gouvernements ont conduit à une apparition de la logique de marché sur un secteur normalement réservé à l’Etat.

Cela s’est fait, malgré une vive opposition des syndicats cheminots, et au détriment de l’usager. En effet, un service public a vocation à rendre service à la population mais n’a pas de but lucratif en soi. Or, dès lors qu’une logique de marché est introduite dans ces secteurs là, et que le but premier de l’entreprise devient le profit, la qualité s’en trouve forcément amoindrie. Car pour réaliser des profits conséquents, et gaver les actionnaires au détriment des salariés, l’entreprise devra baisser les salaires ou licencier, augmenter les prix ou bien diminuer la qualité du service. Ce sont exactement les mêmes logiques qui prévalent pour la Poste par exemple et qui mènent à la disparition de nos services publics.

La question européenne apparaît donc comme centrale dans cette élection présidentielle, d’autant plus avec le Brexit, d’autant plus avec le référendum italien. Les élections en Hollande ont quant à elles placé le parti d’extrême-droite, allié du Front national second. En Pologne et en Hongrie ces partis d’extrême-droite sont arrivés au pouvoir et mènent des politiques désastreuses.

Les élections françaises, puis allemandes au mois de Septembre devraient donc être observées dans toute l’UE car elles devraient montrer ce que ressentent les peuples de deux pays essentiels pour la construction européenne. Marx avait prévenu que « ceux qui ne connaissent pas l’Histoire sont condamnés à la revivre », le passé nous a montré que la haine entre les peuples européens pouvaient conduire aux pires atrocités, réorganiser l’Europe sera donc bénéfique à la paix qui plus que jamais est menacée.


(1) : La VIème République 

(2) : Portugal : comment l’union des socialistes et de la gauche radicale a mis un terme à l’austérité

(3) : Grèce : l’espoir déçu