Rentrée politique de combat

44631-hr

 

 

Comme chaque mois de Septembre, chaque année scolaire annonce, de fait, la rentrée politique. Cette année, peut-être plus que les autres, sera importante et décisive pour plusieurs raisons. D’abord et surtout, parce qu’au mois de Mai auront lieu les élections les plus importantes de notre système politique, celles qui vont nous permettre d’élire un nouveau Président, où une nouvelle Présidente.

Après la fête de l’Humanité, traditionnelle fête de la gauche mêlant politique et culture dans une atmosphère de solidarité et de fraternité entre les peuples, beaucoup d’interrogations demeurent. Quel(le) candidat(e) et quel programme pour le Parti communiste et plus généralement pour ce que certains appellent l’autre gauche ? Des interrogations qu’il va nous falloir vite résoudre tant la possibilité d’une élection avec second tour opposant la droite au Front national est de plus en plus menaçante. Une perspective effrayante pour tous ceux croyant encore en une politique juste et progressiste au service des peuples.

En attendant cela, la lutte contre la Loi travail va également occuper  beaucoup d’espace lors de ce mois de Septembre. Pour rappel, cette loi antisociale et anti-travailleurs a été adopté de force via le 49-3. Une manière pour le gouvernement de montrer une fois de plus son allégeance au monde de la finance, qu’il prétendait vouloir combattre avant 2012. Avec les syndicats et plus généralement tout le mouvement social nous allons devoir poursuivre et amplifier cette lutte. Le retrait de cette loi serait ainsi un signal fort envoyé à tous ceux étant encore indécis quant à l’existence d’un fort mouvement social, toujours à même de défendre en masse les intérêts populaires. Plus qu’un soulagement, ce serait un réel signe d’espoir pour la prochaine échéance électorale ; à n’en pas douter la suite de ce mouvement aura des répercussions sur ces dernières.

En réalité,  une candidature unie de notre gauche associée à un programme ambitieux, représente une chance pour sortir la France de l’impasse économique et politique dans laquelle elle se trouve. En effet, si l’on se réfère aux sondages qui se font de plus en plus nombreux, il est possible qu’à l’heures des présidentielles Nicolas Sarkozy, François Hollande, et Marine le Pen soient candidats, comme en 2012. Pour rappel, de 2007 à 2012, Sarkozy exerçait la fonction de Président de la République avec le bilan, et les conséquences désastreuses que nous connaissons. Hollande sort lui d’un quinquennat peut-être pire que le précédent menant une politique économique ultralibérale associée à une politique extérieure agressive et attisant la haine entre les communautés. Enfin, Marine le Pen, de par ses théories racistes et son programme économique voué à l’échec, ne peut être une solution viable pour la France. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir la gestion des villes tenues par le Fn pour voir le désastre que cela représenterait pour la population.

Encore nous faudra-t-il paraître crédible aux yeux des français, et pour cela se mettre d’accord sur une seule candidature unie et non pas une stratégie illisible comme nous avons pu le faire lors des élections départementales où régionales.

Mais plus que le candidat, le programme aura encore plus d’importance à mon sens. Le grand questionnement lancé par le Parti communiste intitulé Que demande le peuple ? apparaît être ainsi une formidable démarche pour  faire de notre programme une demande de la base, donc nécessairement démocratique, plutôt que d’un programme qui serait imposé par le haut.

De mon point de vue, le programme de 2012 l’Humain d’Abord, doit nous servir de base puisqu’il comprenait des thématiques simples et précises et de surcroît compréhensibles de tous. Et puisqu’en cinq ans de gouvernement prétendu de gauche rien n’a changé, si ce n’est en pire, nos propositions sont toujours, et plus que jamais, d’actualités, comme c’est le cas du changement de République pour en finir avec ce système monarchique qui permet à un candidat d’arriver à l’Elysée avec un programme et de faire tout l’inverse.

Surtout, nous devrons clairement annoncé les mesures phares de notre programme, lors des rares fois où nous pourrons le faire à la télévision où à la radio. Au lieu de nous attarder sur des polémiques qui ne servent qu’a nous éloigner des vrais problèmes de ce pays, comme c’est le cas de l’actuel faux problème du burkini qui n’a de sens que de permettre d’éviter d’autres sujets beaucoup plus préoccupants.                                                                           Ainsi pour les élus de droite et de l’extrême-droite, ce débat inutile et profondément raciste, n’a qu’un seul objectif, en dehors du fait de discriminer une population, ne pas parler de leur condamnations judiciaires et des affaires en cour pour lesquelles ils devraient tous être en prison et inéligible.

Il est tellement plus simple de s’en prendre à une femme portant le voile, de l’insulter et de la condamner que d’arrêter ceux coupable de corruption, de fraude fiscales et de multiples autres affaires.

Quoiqu’il en soit, vous l’aurez compris les prochaines semaines vont être déterminantes pour l’avenir de la gauche et du mouvement social. Nous allons avoir trois objectifs primordiaux en ligne de mire à réaliser le plus rapidement possible. Dans un premier temps : présenter un programme crédible, réaliste, ambitieux et radical, dans un second temps se rassembler derrière une candidature unique et enfin réaliser cela en parallèle de la mobilisation contre la Loi travail que nous devrons amplifier.

Publicités

Quand Hollande bafoue la démocratie

J’avais initialement rédigé cet article avant la levée de l’interdiction de manifester par François Hollande. La manifestation aura donc lieu ce jeudi 23 juin avec je l’espère le plus de monde possible. Toutefois comme il semblerait que ce ne soit pas la dernière fois que le gouvernement use d’un tel procédé je vais le publier tel qu’il avait été écrit, l’analyse restant singulièrement la même. 

7767975029_un-rassemblement-cgt-le-5-novembre-2013-a-l-ouverture-du-proces-de-cinq-syndicalistes-qui-avaient-refuse-un-test-adn.jpg

 

Après la répression des mouvements anti loi travail, et l’utilisation du 49-3, voilà que le gouvernement franchit un pas de plus dans le déni de la démocratie. En effet, après avoir initialement appelé la CGT- et les autres syndicats- à ne pas reproduire de grandes manifestations d’ampleur ( preuve de l’inquiétude du gouvernement via l’importance du mouvement ), cette fois-ci la préfecture vient d’interdire la manifestation à Paris de ce jeudi 23 juin.

N’étais-ce pas le candidat Hollande qui en 2012 déclarait que le droit de manifester était fondamental dans une République démocratique ? N’est-ce pas ce même Hollande qui prétend défendre les droits de l’Homme et la démocratie aux quatre coins du monde ? Comme je l’indiquais dans mon précédent article ( voir : Combattre le terrorisme, défendre la paix ) on est ici en pleine hypocrisie, propre à la plupart des régimes occidentaux, n’hésitant pas a envoyer avions et soldats dans des pays lointains défendre une certaine idée de démocratie, à partir de bombardements, tout en ne la respectant pas dans leur propre Nations.

Tout ce stratagème est tellement bien rodé que les médias arriveront à vous faire croire que cette interdiction est justifiée et rentre parfaitement dans le cadre de la démocratie puisque cela évitera à quelques dizaines de personnes ultra-minoritaires de s’en prendre aux forces de l’ordre, alors que des centaines de milliers de personnes manifestant pacifiquement n’auront donc pas le droit de s’exprimer. Ces mêmes médias vous parviendront même à vous faire penser le contraire, lorsque ce seront des pays, qui ne rentrent pas dans le giron occidental, qui interdirons certaines manifestations pour des raisons parfois justifiées.

Ainsi on prive donc, à titre officiel, des centaines de milliers de personnes de manifester, chose qui n’était plus arrivé depuis la guerre d’Algérie, preuve de l’absurdité d’une telle décision, surtout lorsqu’on sait que les manifestations en province sont pour le moment maintenues et que les parisiens et parisiennes n’hésiteront pas à se rendre massivement dans la rue. Ce sera ainsi l’occasion à la fois de montrer encore et toujours l’opposition à cette loi travail, mais dans le même temps ce sera également le moment de démontrer notre attachement aux libertés publiques et fondamentales qui ne sont jamais réellement acquises.

Par cette interdiction Hollande donne raison à la droite extrême et à l’extrême-droite qui ne cessaient de la réclamer. Une légitimation de plus donnée à ceux qu’ils sont censés combattre. Pour rappel lors des manifestations suite au mariage pour tous, et malgré toutes les violences qui les avaient émaillées jamais elles n’ont été interdites et pourtant le gouvernement avait beaucoup plus de raison de le faire qu’actuellement. Si le gouvernement se prétend toujours de gauche, et pense encore l’être ; alors c’est son propre camp qu’il trahit, celui de la justice sociale, de la tolérance, de la liberté, de l’amitié entre les peuples et de l’égalité. Mais étant donné tous les renoncements de ce quinquennat, Hollande et ses compères ne doivent éprouver aucune peine à trahir ceux qu’ils défendaient en 2012.

Cette fois nous verrons si les frondeurs socialistes et ceux opposés à la dérive ultralibérale du gouvernement oseront enfin quitter ce Parti qui n’a plus de socialiste que le nom, afin de rejoindre et favoriser l’émergence d’une alternative à gauche de ce gouvernement et ne pas tomber dans un choix néfaste pour notre démocratie que serait le vote entre la droite et le Front national.

La Loi travail aura ainsi eu un mérite, celui de rassembler les français sur des valeurs progressistes. Dans tous les sondages il est clairement montré qu’une large majorité des français est opposée à cette loi, plus que ça les français comprennent et soutiennent les mouvements des grévistes même si les médias, dans leur objectivité connue, s’efforceront toujours de vous montrer cette minorité qui ne comprends pas la situation et qui pense toujours être pris en otage par les grévistes. Pour eux, comme pour une certaine élite, ayant une vision arriéré des travailleurs et des syndicats, les grèves ne sont qu’une partie de plaisir, où l’on ne travaille pas et où l’on fait des barbecues à longueur de journées pour tuer le temps. La grève n’est une partie de plaisir pour personne, on ne fais pas grève pour s’amuser ou pour ne pas travailler. C’est tout l’inverse. C’est justement pour continuer à exercer son métier dans des conditions dignes que ces personnes courageuses font grèves, c’est pour défendre nos droits au travail, fort de décennies de lutte des classes, que ces personnes osent arrêter le travail, et ne pas recevoir de salaire. Comment pouvons-nous les discréditer et les comparer à des terroristes si l’on en croit certains médias ?

Les syndicats sont plus que jamais utile à notre démocratie, sans eux le code du travail n’existerait déjà plus et toutes les conquêtes sociales payés au prix fort lors des grèves de 36, de 68 ou lors de la résistance ne seraient qu’un lointain souvenir. Le grand patronat, MEDEF en tête, rêve d’un retour en arrière. Un passé où les travailleurs n’avaient aucun mot à dire, où le simple fait de manifester son désaccord permettait au patron de vous licencier, où le temps de travail était plus important que le temps de repos et où les salaires permettaient à peine de vivre.

C’est cette société là que le gouvernement s’attache à restaurer via ces diverses lois favorables seulement au grand patronat et aux actionnaires, lesquelles parviennent à faire des bénéfices faramineux alors que l’Europe est plongée dans la crise depuis plusieurs années maintenant. Mais, à l’image de nos pays voisins où des mouvements de gauches radicales émergent de nouveau, la France peut elle aussi se distinguer et montrer une fois de plus le chemin à toutes les forces progressistes européennes.

Loi travail : amplifier la mobilisation

 

7750365

Avec les nouvelles grèves et les blocages organisés par les salariés, nous avons de nouveau le droit aux discours habituels de la part des élites et de la part des médias dominants sur le fait que nous serions tous otages des syndicalistes. Cette image totalement erronée de la réalité ne sert qu’à détourner l’attention des français des vrais problèmes et notamment de la Loi travail, véritable fléau pour les travailleurs.

Alors que manifestations, rassemblements et grèves, ne faiblissent pas et au contraire tendent à s’intensifier, le gouvernement n’a d’autres choix que de pointer du doigt ceux qui défendent nos conditions de travail afin de les décrédibiliser. Or les récents sondages ont tendance à démontrer que non seulement les français restent opposés à la loi travail à plus de 65% mais que de surcroît l’image de la CGT progresse aux yeux de la société. Et tandis que le gouvernement a annoncé ne pas vouloir céder quant à l’adoption de cette loi, les travailleurs, CGT en tête, n’ont pas l’air non plus enclin à craquer.

Depuis combien de temps les médias, et les principaux dirigeants du PS, des républicains comme du Fn, nous expliquent-ils quelles politiques il faut appliquer ? Et depuis combien de temps les écoutons-nous pour en arriver à cette situation là ? Même si nous nous basons uniquement sur le mandat de François Hollande, on peut voir les effets néfastes de cette politique dite de l’offre, favorisant au maximum patrons et actionnaires au mépris de l’immense majorité des salariés.

Toutes les lois, votées sous cette présidence, j’entends par là les grandes lois économiques telles que le pacte de compétitivité ou la Loi Macron, l’ont été en faveur du grand patronat, plus précisément du MEDEF. Pierre Gattaz et ses acolytes ont bénéficié de la naïveté et de la soumission du gouvernement, et ainsi pu brasser des millions d’euros sur le dos des français en ne remplissant jamais leur part du contrat, à savoir l’embauche massive de travailleurs qu’ils avaient pourtant promis.

Ainsi, lorsque Pierre Gattaz nous explique que les syndicalistes de la CGT, qui organisent manifestations, pétitions, grèves et blocages, sont similaires à des « voyous et des terroristes » ; ce n’est pas seulement la CGT et le monde syndical qu’il insulte, c’est tout ceux que les syndicalistes défendent en s’opposant à cette loi rétrograde pour le monde du travail. Pourtant, au fil du défilé des responsables politiques, des « experts » et autres « spécialistes », au fil des émissions télés et radios, c’est bien la CGT qui est dénoncée, au même titre que les autres syndicats qui refusent de se plier, ou de la gauche radicale, alors qu’ils ne font, que nous ne faisons, que défendre l’honneur des travailleurs et leurs conditions de travail.

Après l’utilisation du 49-3, l’un des articles les plus antidémocratique qui soit, il n’est pas étonnant que les français aient de plus en plus de sympathie envers la CGT et ses actions. Toute cette colère, associée aux personnes participant à Nuit Debout, ne peut émerger que sur des choses positives pour l’avenir. Cela nous prouve également que le Front national n’a pas le monopole dans la rue. Bien au contraire, il est aux abonnés absents. Pire, en appelant lui aussi à l’interdiction des manifestations il participe et se positionne en faveur de la loi travail, puisque de fait il condamne ses opposants.

Une manière de plus de révéler à ceux qui pouvaient encore être indécis la vraie nature du Front national, profondément anti-ouvrière et partisan d’un ordre ancien où les syndicats n’auraient pas leur place, comme sous Vichy. Un ordre où les travailleurs seraient privés de défenseur de leurs droits, et seraient donc totalement soumis aux capitalistes.

Quoiqu’il en soit, le mouvement ne faiblit pas et il est certain que la Loi travail aurait le même sort que le CPE en 2006.