Un peu d’histoire #3 : la Tricontinentale (janvier 1966)

Tricontinentale
En janvier 1966 s’ouvrait la conférence de solidarité des peuples d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Source : l’Humanité.

L’Histoire nous permet d’apprendre ce qui nous a précédé. En son temps, Karl Marx avait averti que « celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre », démontrant ainsi la nécessité pour chacun de connaître les événements passés qui, bien souvent, fournissent une source d’explication pour les événements présents et futurs. Mais connaître l’histoire c’est aussi raconter ce qui est passé sous silence, ou volontairement oublié par certains. Au travers de cette série d’articles, je vais m’efforcer de mettre à jour des faits ignorés aujourd’hui mais ô combien importants.

Suite presque logique des deux premiers épisodes, consacrés à l’aide cubaine à l’Afrique et plus particulièrement à l’Angola, nous allons à présent évoquer ce qui est l’une des bases de ce soutien internationaliste : la Tricontinentale. Cette conférence, qui se déroula à la Havane, la capitale cubaine, en janvier 1966 avait réussi l’exploit de réunir l’ensemble des mouvements de libération nationale et/ou anti-impérialistes des trois continents les plus pauvres : l’Afrique, l’Asie, et l’Amérique latine. Le but ? Faire converger la lutte de tous ces révolutionnaires. 

  • La conférence

L’idée de cette conférence découle directement de celle de Bandung (avril 1955) qui avait réuni les pays asiatiques et africains nouvellement indépendants. Mais si l’on remonte plus loin la Tricontinentale tire aussi ses origines du Congrès international des peuples de Bruxelles en 1927, à l’initiative de l’International communiste.

C’est « l’espoir d’un monde meilleur » qui réunissait tous ces révolutionnaires, selon les paroles du Che, l’une des figures de ces mouvements. Pourtant, lui, comme Ben Barka, comme Ben Balla ne seront pas présents à ce grand rendez-vous qu’ils ont pourtant contribué à faire émerger. Et pour cause, le Che vient de quitter le Congo et se prépare à aller en Bolivie. Ben Barka a été enlevé depuis le 29 octobre 1965, avec les tragiques conséquences que l’on connaît. Et Ben Bella a été renversé en Algérie en 1965. La Tricontinentale est donc privée de trois des principaux révolutionnaires de l’époque.

Toutefois le casting a de quoi faire rêver. Ils sont 500 délégués venus de 82 pays différents à converger vers la Havane. Parmi eux Amilcar Cabral, mais aussi Salvador Allende, qui défend déjà une voie électorale pour le socialisme au Chili. Les partis communistes chinois et soviétiques sont également présents, mais simplement en tant qu’observateurs, à ce titre ils n’ont donc pas le droit de vote. 

La Tricontinentale s’ouvre le 6 janvier 1966 et met à l’honneur la délégation du Vietnam dont le pays est déjà en guerre contre les Américains. Pendant douze jours le gratin de la Révolution mondiale discute de comment fédérer sa lutte sur les trois continents. Mais, dans ces moments d’intenses débats, on parle aussi d’éducation, d’annulation de la dette des pays pauvres, d’écologie aussi, ou encore d’égalité entre les hommes et les femmes. 

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  • Les résolutions 

Baptisée « année de la solidarité » par Fidel Castro, 1966 voit la solidarité internationaliste de tous les mouvements présents atteindre son apogée. Car, si ces douze jours de conférence sont certes un temps d’âpres discussions, ils sont aussi un temps de fêtes, de mélange de cultures, de partage. 

Pourtant, dans l’ombre de la fête qui se déroule dans le rues de la capitale cubaine, la menace veille. Les Etats-Unis, principal ennemi désigné par la plupart des délégations, s’inquiètent d’une telle réunion à quelques kilomètres de leurs côtes. A tel point qu’ils tentent d’assassiner Fidel Castro pendant la conférence. S’ils n’y parviennent pas, nombre de leaders révolutionnaires seront en revanche supprimés quelques temps après la Tricontinentale. Che Guevara et Amilcar Cabral seront respectivement tués en 1967 et en 1973. Cette dernière année voit aussi le coup d’état et le renversement de Salvador Allende au Chili.

Plusieurs résolutions sont néanmoins prises. Il est notamment décidé que, pour lutter efficacement contre l’impérialisme et le néocolonialisme il faut faire plus. Dans son message adressé aux participants de la Tricontinentale, publié un an plus tard en 1967, Che Guevara prononce sa fameuse formule : 

« créer deux, trois, plusieurs Vietnam ».

La stratégie préconisée par les délégations révolutionnaires est la suivante : multiplier les foyers de luttes afin d’éparpiller les forces impérialistes. Il est aussi décidé d’apporter non plus une simple aide morale, mais un vrai soutien matériel, financier, voire militaire aux pays en lutte.

De plus, un journal est créé à cette occasion. Nommé Tricontinentale sa publication démarre en 1966 et est publiée dans quatre langues : l’arabe, le français, l’espagnol et l’anglais. Après vingt ans de parution, celle-ci s’arrête un temps avant de reprendre en 1995. 

La Tricontinentale restera comme un événement unique en son genre. Pendant ces douze jours des centaines de militants venus de trois continents différents ont fait trembler les grandes puissances de ce monde. Et, si d’un point de vue stratégique la conférence n’aura peut-être pas eu les effets escomptés, la solidarité entre ces mouvements aura été effective plusieurs années après.

L’incendie de Notre-Dame de Paris montre que les ultras-riches ont toujours autant d’argent

Notre-Dame de Paris ravagé par les flammes
L’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris. Photo : Geoffroy Van der Hasselt- AFP

Tous les français, au-delà de leurs croyances, de leurs convictions religieuses et politiques, de leurs origines ou de leurs milieux sociaux, ont été choqués par l’incendie qui a ravagé, lundi dernier, Notre-Dame de Paris. A tel point que les dons ont afflué, et continuent d’affluer pour aider à réparer ce symbole nationale. Du moins envisager de telles réparations. Car, tant qu’une expertise complète et précise ne sera pas réalisée, aucune reconstruction ne pourra être entreprise.

Cependant, il y a bien une chose dont on sera à peu près certains : les fonds pour financer ces travaux ne devraient pas manquer. La souscription nationale est un réel succès et la mobilisation dépasse d’ailleurs largement le cadre de la France seule, démontrant au passage que Notre-Dame de Paris est un patrimoine de l’humanité, d’ailleurs classé à l’UNESCO.

Si la mobilisation est l’oeuvre des régions, des départements, des communes, et des citoyens, elle est aussi celle de quelques riches familles. 100 millions d’euros pour l’une, 200 millions pour d’autres. Les familles Arnault, Pinault et Bettencourt, pour ne citer qu’elles, y sont aller de leur élan de solidarité. Un geste appréciable qu’il convient de souligner. 

Mais ces dons, bien que très généreux, posent presque automatiquement une autre question. Certes, certains riches donateurs ont fait le choix de donner simplement l’argent sans bénéficier d’une déduction d’impôt. Mais, pourquoi a-t-il fallu qu’un édifice brûle pour qu’enfin les plus fortunés de ce pays fassent un geste de solidarité et contribuent à l’effort national ?

Car, à la vérité, bien que leur peine soit sans doute sincère, comme celle d’une majorité de Français, ces dons leurs permettent aussi de redorer leur blason alors qu’ils sont particulièrement critiqués, à juste titre. Comment ne pas critiquer ceux qui, en tant de prétendue crise économique, continuent de s’enrichir sur le dos des plus démunis ?

Ceux là même qui refusent de payer des impôts à un pays qui leur fournit pourtant tant d’avantages et dont les infrastructures et les services (éducation, santé, justice etc) leur bénéficient autant, si ce n’est plus, qu’aux autres citoyens. Ceux là même qui ne cessent de nous répéter en boucle, semaine après semaine, qu’ils sont trop taxés et qu’ils n’ont plus d’argent alors qu’ils obtiennent toujours plus d’avantages (la suppression de l’ISF en étant le dernier exemple) et qu’ils n’ont, précisément jamais été aussi riches.

Cette opulence est un des problèmes majeurs de notre pays. Parce que personne, parmi ceux qui ont le pouvoir, ne semble ni pouvoir, ni vouloir, remettre en cause cette injustice de ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien.

  • De l’argent, il y en a…

Ces dons pour la reconstruction de la cathédrale peuvent être à double tranchant. Certes beaucoup de personnes y verront un acte de bienveillance. Mais cela met fin aussi à la thèse qui voudrait que les ultras-riches ne disposent pas des moyens suffisants pour contribuer à la solidarité dans d’autres domaines.

Voilà donc la preuve, pour ceux qui en doutaient encore, que l’argent existe en France et qu’il se trouve dans les mains d’une minorité. Et, si cet argent peut être investi pour la réparation d’un édifice précis, ne devrait-il pas l’être aussi dans tout notre patrimoine qui souffre, justement, du manque de ressources financières pour être rénover ? Ne devrait-il pas aussi l’être dans les secteurs où le manque d’argent est flagrant, notamment dans ceux de l’éducation et de la santé ?

Est-il normal que des dizaines de milliers de personnes soient contraints de vivre dans la rue alors que notre pays dispose de près de 3 millions de logements vides ? Sans parler des millions mal-logés, des près de 9 millions de pauvres, et des suicides de plus en plus fréquents de ceux qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts chaque mois. 

La France semble avoir oublié sa devise pourtant inscrire sur toutes les devantures des bâtiments officiels. Celle qui proclame fièrement Liberté-Egalité-Fraternité et dont nous nous sommes pourtant tant éloignés. 

Imposer un changement de cap en Europe

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Comme cela a déjà été dit à maintes reprises, je ne m’étendrais pas sur la nécessité qu’il y a à changer nos institutions en vue d’une VIème République véritablement démocratique, participative, sociale, et écologique (1). Ce changement apparaît comme nécessaire si nous ne voulons pas aller droit dans le mur et laisser le pouvoir à des personnes aux idées dangereuses. Pour autant, transformer nos institutions en France et changer de cap politique ne suffira pas. Il faudra que nous arrivions à imposer un rapport de Force au sein de l’Union européenne, hostile à tout changement démocratique et/ou politique.

Comme le spécifie le programme l’Avenir en commun, nous pensons en effet, qu’il est possible d’imposer une nouvelle Europe par la sortie et la renégociation des traités actuels en vigueur, véritables carcans qui nous obligent à adopter des mesures économiques absurdes et inefficaces. Pour preuve, il n’y a qu’à observer les exemples irlandais, italiens, grecs, espagnols, chypriote ou portugais. Partout où des mesures drastiques d’austérité ont été appliquées, les résultats ont été désastreux pour les économies et pour les peuples. A un point tel qu’en Grèce le nombre de suicides a augmenté, tout comme la mortalité infantile.

Depuis 2015 toutefois, au Portugal, c’est un gouvernement de gauche qui est au pouvoir. Les socialistes, soutenus par le Parti communiste portugais, le Bloc de gauche et les écologistes au Parlement mènent une politique qui bien qu’en rupture partielle avec celle préconisée par l’UE a conduit à des changements bénéfiques pour la population. Les dirigeants portugais ont ainsi fait le choix d’une augmentation du salaire minimum, d’une revalorisation des retraites, d’une lutte contre le travail précaire imposé au peuple portugais sous les précédents gouvernements mais aussi d’un arrêt des privatisations des infrastructures (2).

Le tournant Grec : 

Avant l’élection d’Alexis Tsipras en Grèce, nous pensions pouvoir transformer l’Union européenne afin d’en faire une Europe des peuples, de l’égalité et de la solidarité, libérée de la dictature de la finance. Il n’y avait presque pas de doutes, l’élection de nos camarades de Syriza devait suffire au changement.

Le référendum convoqué en Juillet 2015, que le peuple grec gratifiait d’un « Oxi » (non) retentissant quant au mémorandum proposé par les institutions de l’UE, n’avait fait qu’amplifier notre conviction. Une conviction très vite balayée par la commission européenne qui, par l’intermédiaire de son président- Jean-Claude Juncker- mentionnait qu’il ne pouvait avoir « de choix démocratiques contre les traités ». Mais l’espoir fut aussi balayé d’un revers de main par le gouvernement Grec lui-même et son premier ministre Alexis Tsipras. Certes les pressions contre le peuple grec et ses dirigeants ont été scandaleuses de la part des institutions européennes, ces dernières allant même jusqu’à couper les liquidités aux banques grecques, mais les dirigeants grecs auraient dû avoir un autre plan afin de parer à l’éventualité que les technocrates de Bruxelles, appuyés par les autres chefs de gouvernement feraient tout pour qu’aucune politique différente apparaisse (3).

La suite nous la connaissons : la démission d’Alexis Tsipras, puis sa réélection et l’application du nouveau mémorandum à l’opposé du programme de nos camarade de Syriza qui d’ailleurs implosera peu après donnant lieu à l’émergence d’un nouveau parti à sa gauche : Unité populaire.

Imposer un rapport de force

Voilà pourquoi désormais nous avons adapté notre stratégie vis à vis de l’Union Européenne. Une stratégie clairement expliquée dans le programme l’Avenir en commun. Elle est divisée en deux plans. Le premier, le plan A consistant, par la négociation, à renégocier les traités européens afin de les rendre favorables aux intérêts des peuples et non plus à ceux des banques. C’est ce qui est préférable pour tout le monde, d’autant plus que la France n’est pas la Grèce en terme de poids économique puisque nous représentons 18% du PIB européen.

Néanmoins si les institutions de l’UE, commission européenne et BCE en tête, qui ne sont élues par aucun citoyen européen, s’entêtaient à refuser un changement de politique européenne nous n’aurions d’autres choix que de quitter les traités européens actuels.

Cette question là est toutefois essentielle à comprendre car c’est aussi l’une des différences majeures que nous pouvons avoir avec Benoît Hamon qui ne souhaite pas remettre en cause l’ordre européen établi et qui croit encore au vieux rêve des sociaux-démocrates d’une Europe sociale sans rien changer au niveau du fonctionnement et de la politique économique.

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Rendre l’Europe plus démocratique et plus viable

Ce n’est pas un hasard si tant de personnes et de pays affichent désormais leur opposition à l’Europe, telle qu’elle est. Le manque de démocratie au sein de ses institutions et les directives absurdes prises par les financiers de l’UE ont conduit à un tel dégoût. Par exemple, les débats concernant le CETA, et le TAFTA qui pourtant vont décider de la vie de centaines de millions d’européens, ont été menés de la manière la moins démocratique possible. A aucun moment les peuples européens n’ont pu se prononcer sur des traités qui les concernent directement, et il a fallu que nos députés du Front de Gauche et du Parti communiste (parmi lesquels Patrick le Hyaric, directeur du journal l’Humanité, et Jean-Luc Mélenchon) réunis au sein du groupe parlementaire européen GUE/NGL- Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique- ainsi que les écologistes nous alertent depuis plusieurs années sur ces projets néfastes.

Les peuples européens ont perdu l’habitude d’être questionnés sur les traités européens alors qu’il devrait y avoir un référendum organisé dans chaque pays de l’UE à chaque nouveau traité. Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs affirmé à plusieurs reprises son intention de demander l’avis du peuple français- et de s’y plier- à chaque fois qu’un traité européen devra être renégocié ou appliqué. Car il faut bien avoir à l’esprit que ce sont ces traités qui conditionnent nos choix économiques et ont un impact dangereux sur nos vies. Un exemple parmi d’autres celui de la SNCF. Les politiques de libéralisation forcées demandées par Bruxelles et appliquées docilement par nos gouvernements ont conduit à une apparition de la logique de marché sur un secteur normalement réservé à l’Etat.

Cela s’est fait, malgré une vive opposition des syndicats cheminots, et au détriment de l’usager. En effet, un service public a vocation à rendre service à la population mais n’a pas de but lucratif en soi. Or, dès lors qu’une logique de marché est introduite dans ces secteurs là, et que le but premier de l’entreprise devient le profit, la qualité s’en trouve forcément amoindrie. Car pour réaliser des profits conséquents, et gaver les actionnaires au détriment des salariés, l’entreprise devra baisser les salaires ou licencier, augmenter les prix ou bien diminuer la qualité du service. Ce sont exactement les mêmes logiques qui prévalent pour la Poste par exemple et qui mènent à la disparition de nos services publics.

La question européenne apparaît donc comme centrale dans cette élection présidentielle, d’autant plus avec le Brexit, d’autant plus avec le référendum italien. Les élections en Hollande ont quant à elles placé le parti d’extrême-droite, allié du Front national second. En Pologne et en Hongrie ces partis d’extrême-droite sont arrivés au pouvoir et mènent des politiques désastreuses.

Les élections françaises, puis allemandes au mois de Septembre devraient donc être observées dans toute l’UE car elles devraient montrer ce que ressentent les peuples de deux pays essentiels pour la construction européenne. Marx avait prévenu que « ceux qui ne connaissent pas l’Histoire sont condamnés à la revivre », le passé nous a montré que la haine entre les peuples européens pouvaient conduire aux pires atrocités, réorganiser l’Europe sera donc bénéfique à la paix qui plus que jamais est menacée.


(1) : La VIème République 

(2) : Portugal : comment l’union des socialistes et de la gauche radicale a mis un terme à l’austérité

(3) : Grèce : l’espoir déçu 

Rentrée politique de combat

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Comme chaque mois de Septembre, chaque année scolaire annonce, de fait, la rentrée politique. Cette année, peut-être plus que les autres, sera importante et décisive pour plusieurs raisons. D’abord et surtout, parce qu’au mois de Mai auront lieu les élections les plus importantes de notre système politique, celles qui vont nous permettre d’élire un nouveau Président, où une nouvelle Présidente.

Après la fête de l’Humanité, traditionnelle fête de la gauche mêlant politique et culture dans une atmosphère de solidarité et de fraternité entre les peuples, beaucoup d’interrogations demeurent. Quel(le) candidat(e) et quel programme pour le Parti communiste et plus généralement pour ce que certains appellent l’autre gauche ? Des interrogations qu’il va nous falloir vite résoudre tant la possibilité d’une élection avec second tour opposant la droite au Front national est de plus en plus menaçante. Une perspective effrayante pour tous ceux croyant encore en une politique juste et progressiste au service des peuples.

En attendant cela, la lutte contre la Loi travail va également occuper  beaucoup d’espace lors de ce mois de Septembre. Pour rappel, cette loi antisociale et anti-travailleurs a été adopté de force via le 49-3. Une manière pour le gouvernement de montrer une fois de plus son allégeance au monde de la finance, qu’il prétendait vouloir combattre avant 2012. Avec les syndicats et plus généralement tout le mouvement social nous allons devoir poursuivre et amplifier cette lutte. Le retrait de cette loi serait ainsi un signal fort envoyé à tous ceux étant encore indécis quant à l’existence d’un fort mouvement social, toujours à même de défendre en masse les intérêts populaires. Plus qu’un soulagement, ce serait un réel signe d’espoir pour la prochaine échéance électorale ; à n’en pas douter la suite de ce mouvement aura des répercussions sur ces dernières.

En réalité,  une candidature unie de notre gauche associée à un programme ambitieux, représente une chance pour sortir la France de l’impasse économique et politique dans laquelle elle se trouve. En effet, si l’on se réfère aux sondages qui se font de plus en plus nombreux, il est possible qu’à l’heures des présidentielles Nicolas Sarkozy, François Hollande, et Marine le Pen soient candidats, comme en 2012. Pour rappel, de 2007 à 2012, Sarkozy exerçait la fonction de Président de la République avec le bilan, et les conséquences désastreuses que nous connaissons. Hollande sort lui d’un quinquennat peut-être pire que le précédent menant une politique économique ultralibérale associée à une politique extérieure agressive et attisant la haine entre les communautés. Enfin, Marine le Pen, de par ses théories racistes et son programme économique voué à l’échec, ne peut être une solution viable pour la France. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir la gestion des villes tenues par le Fn pour voir le désastre que cela représenterait pour la population.

Encore nous faudra-t-il paraître crédible aux yeux des français, et pour cela se mettre d’accord sur une seule candidature unie et non pas une stratégie illisible comme nous avons pu le faire lors des élections départementales où régionales.

Mais plus que le candidat, le programme aura encore plus d’importance à mon sens. Le grand questionnement lancé par le Parti communiste intitulé Que demande le peuple ? apparaît être ainsi une formidable démarche pour  faire de notre programme une demande de la base, donc nécessairement démocratique, plutôt que d’un programme qui serait imposé par le haut.

De mon point de vue, le programme de 2012 l’Humain d’Abord, doit nous servir de base puisqu’il comprenait des thématiques simples et précises et de surcroît compréhensibles de tous. Et puisqu’en cinq ans de gouvernement prétendu de gauche rien n’a changé, si ce n’est en pire, nos propositions sont toujours, et plus que jamais, d’actualités, comme c’est le cas du changement de République pour en finir avec ce système monarchique qui permet à un candidat d’arriver à l’Elysée avec un programme et de faire tout l’inverse.

Surtout, nous devrons clairement annoncé les mesures phares de notre programme, lors des rares fois où nous pourrons le faire à la télévision où à la radio. Au lieu de nous attarder sur des polémiques qui ne servent qu’a nous éloigner des vrais problèmes de ce pays, comme c’est le cas de l’actuel faux problème du burkini qui n’a de sens que de permettre d’éviter d’autres sujets beaucoup plus préoccupants.                                                                           Ainsi pour les élus de droite et de l’extrême-droite, ce débat inutile et profondément raciste, n’a qu’un seul objectif, en dehors du fait de discriminer une population, ne pas parler de leur condamnations judiciaires et des affaires en cour pour lesquelles ils devraient tous être en prison et inéligible.

Il est tellement plus simple de s’en prendre à une femme portant le voile, de l’insulter et de la condamner que d’arrêter ceux coupable de corruption, de fraude fiscales et de multiples autres affaires.

Quoiqu’il en soit, vous l’aurez compris les prochaines semaines vont être déterminantes pour l’avenir de la gauche et du mouvement social. Nous allons avoir trois objectifs primordiaux en ligne de mire à réaliser le plus rapidement possible. Dans un premier temps : présenter un programme crédible, réaliste, ambitieux et radical, dans un second temps se rassembler derrière une candidature unique et enfin réaliser cela en parallèle de la mobilisation contre la Loi travail que nous devrons amplifier.