Libye : ces images intolérables

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Les images, en provenance de Libye, qui ont choqué à juste titre tant de personnes étaient malheureusement prévisibles. Nous avions été nombreux à alerter sur l’état de la Libye après la chute de Kadhafi. Ces images, filmées en caméra cachée par la chaîne CNN, nous ramènent plusieurs siècles en arrière, lorsque l’esclavage était encore en vigueur et que les êtres humains était vendus comme de simples marchandises. Ces images, insupportables aux yeux du plus grand nombre, doivent nous amener à nous poser les bonnes questions.

Depuis la chute de Kadhafi, quoi que l’on puisse penser de lui et de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste, qu’il avait instauré, la Libye n’est plus que l’ombre d’elle-même et, malheureusement, les images captées par CNN sont là pour nous ramener à cette réalité dramatique.

La chute de la Libye populaire et socialiste

On peut au moins s’entendre sur le fait que la prétendue « révolution libyenne » n’était, en réalité, qu’une machination de plus orchestrée depuis les bureaux de l’impérialisme dont le but était clair : renverser un Etat souverain africain et arabe. Et il y a fort à parier que si la Libye avait accepté de brader son économie aux multinationales, elle n’aurait jamais été détruite de la sorte. C’est précisément parce que la Libye s’est posée en Etat souverain, anti-impérialiste, et dans une certaine mesure socialiste, qu’elle a été la cible de l’OTAN, organisation qui du fait de la disparition de l’URSS, donc du Pacte de Varsovie depuis 1991, ne devrait plus exister.

La multitude des analyses, et critiques de la Libye de Kadhafi qui existent d’ores et déjà n’en nécessitent pas de nouvelles de ma part. Toutefois on pourra, encore une fois, être d’accord pour dire que du temps du Colonel, santé, éducation, logement, étaient des priorités de l’Etat et que du fait de la destruction de cet Etat, le peuple libyen a été le principal perdant de cette guerre menée au nom des intérêts impérialistes. Il ne faut pas oublier non plus que l’assassinat du dirigeant libyen, et les bombardements massifs sur les populations civiles d’un pays constituent, jusqu’à preuve du contraire, une sérieuse violation du droit international qui stipule la souveraineté de chaque Etat sur son territoire.

Car si les droits de l’Homme avaient été la réelle cause de l’intervention en Libye, il y a longtemps que la plupart des pays, à commencer par ceux prétendant imposer la démocratie, auraient été inquiétés pour de tels agissements. Les bombardements sur les populations civiles libyennes par l’OTAN, restent d’ailleurs, à ce jour, encore impunis.

Une Libye ingouvernable 

L’histoire se répète. Car les erreurs commises en Irak, ont été reproduites en Libye, et, aujourd’hui en Syrie. Le démantèlement de Nations souveraines, et dans le cas de ces trois Etats, socialistes, a toujours été l’une des pierres angulaires de l’impérialisme nord-américain. La méthode est toujours la même, d’abord on diabolise, par les médias, l’Etat que l’on souhaite détruire, puis on utilise un prétexte pour l’envahir et détruire toutes les infrastructures, tout cela dans le but évident d’instaurer une démocratie.

La Libye a connu ce sort, et les grandes manifestations de soutien au régime de Kadhafi étaient volontairement passées sous silence. Était-il si surprenant, qu’après la chute de l’Etat, les milices au pouvoir allaient désormais se combattre les unes les autres ? Car voilà la situation en Libye aujourd’hui : une partie du territoire est revendiquée par un groupe, qui se prétend légitime, une autre partie du territoire par un autre, des groupes terroristes ont pris racine dans une autre zone, et au milieu de tout cela, le peuple libyen qui regarde, sans ne pouvoir rien faire, la guerre détruire son pays.

Les armes utilisées par les rebelles libyens en 2011, livrées par les occidentaux, ont servi à alimenter tous les mouvements terroristes qui se sont développés en Afrique Subsaharienne ou au Moyen-Orient. En tenant compte de ces informations qui aurait pu penser le moindre instant que la Libye allait devenir un Etat démocratique et prospère ?

Que faire maintenant ?

Ce rappel des faits historiques nous conduise naturellement à évoquer la question qui choque aujourd’hui. Ces images de migrants vendus aux enchères pour une poignée de dinars sont intolérables pour quiconque ayant  une estime de la vie et de la dignité humaine. Le gouvernement de Tripoli a annoncé ne pas avoir eu connaissance de telles pratiques. Une enquête devrait être ouverte contre des actes inhumains mais le mal est déjà fait. Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, n’a pas mâché ses mots en évoquant la question des migrants situés en Libye :

« la communauté internationale ne peut continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye et prétendre que la situation ne peut être réglée qu’en améliorant les conditions de détention. La politique de l’UE consistant à aider les gardes côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants est inhumaine »

En effet, en vertu de récents accords, les migrants arrêtés en pleine traversée sont effectivement renvoyés en Afrique du Nord, notamment en Libye, où ils sont accueillis dans des conditions ignobles et inhumaines. Rappelons que des violences étaient déjà pratiquées sur les migrants dès 2011 dans les zones contrôlées par les rebelles. Ces actes ne sont donc pas anodins, et devraient constituer, en suivant la logique occidentale, une intervention rapide au nom des droits de l’Homme. Dans ce contexte, de simples mots et de simples dénonciations ne suffiront pas à enlever le mal qui a été fait. Ce fléau de l’esclavage est malheureusement encore présent dans d’autres pays africains, et pour l’instant rien ne semble être fait pour que ces pratiques d’un autre temps cessent une bonne fois pour toute.

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100 ans après certains faits oubliés de la Révolution russe

 

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Il y a cent ans, les Bolcheviks, Lénine à leur tête, prenaient le pouvoir en Russie. Cette révolution populaire allait changer le cours du pays, et du monde, pour les décennies à venir. Le premier pouvoir ouvrier au monde était né, et il entendait marquer les esprits dès le début.

Les premiers décrets, approuvés par le Congrès des Soviets, ne tardaient pas à être promulgués. Le premier d’entre eux concernait la guerre qui faisait rage en Europe depuis 1914 ; par le décret sur la paix, la nouvelle Russie cessait les hostilités avec l’Allemagne. S’en suivaient les décrets distribuant la terre aux paysans, nationalisant les industries, et déclarant la « souveraineté des peuples de Russie ».

Il ne sera pas ici question de revenir sur toute l’Histoire de l’URSS, mais de se concentrer sur trois points, qui ont marqué l’histoire de l’URSS et qui sont trop souvent oubliés, à savoir que la révolution russe fut aussi une révolution féministe, que l’URSS a grandement contribué à la victoire sur le fascisme durant la seconde guerre mondiale, enfin qu’elle aura été d’une aide généreuse envers les mouvements de libération nationale et les pays progressistes.

  •  Une révolution féministe

Cette révolution ouvrière et socialiste fut aussi à tout égard une révolution féministe, à une époque où l’inégalité entre hommes et femmes était monnaie courante. Le 8 mars 1921 Lénine décrétait, en hommage aux ouvrières de Saint-Pétersbourg, la journée internationale de la femme, mondialement célébrée aujourd’hui.

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Alexandra Kollontaï, Commissaire du peuple à la Protection sociale

Mais le gouvernement soviétique, avec en son sein la première femme ministre : Alexandra Kollontai (Commissaire du peuple à la protection sociale), alla beaucoup plus loin dans les droits accordés à la gente féminine : droit de vote, droit au divorce, lutte contre l’analphabétisme qui touchait alors 80% des femmes. Le 16 septembre 1918 est crée le code de la famille, et le 18 novembre 1920 le décret qui autorise l’avortement est promulgué. Les congés maternité, ainsi que l’égalité salariale entre hommes et femmes sont également décrétés.

Des réformes qui, encore aujourd’hui, sont impensables dans certains pays prétendument plus avancés que la Russie soviétique.

  • L’URSS, vainqueur de la seconde guerre mondiale

Si aujourd’hui notre vision du monde, et de la seconde guerre mondiale a quelque peu changé, dans le mesure où nous considérons, en majorité, que ce sont les Etats-Unis qui ont le plus contribué à la défaite de l’Allemagne nazie, la perception des choses était différente à l’époque.

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L’URSS a subi des pertes considérables, avec près de 26 millions de morts, le pays se place en effet en tête du classement des Nations ayant eu le plus de victimes. Stalingrad fut sans aucun doute le tournant de la Seconde guerre mondiale ; lorsqu’en 1943, après une résistance héroïque, les soviétiques parvenaient à défaire les armées à Allemande et à amorcer une contre attaque. Ce serait le point de départ de la chute du IIIème Reich et de la défaite d’Hitler.

L’armée rouge allait libérer une grande partie de l’Europe, et les forces nazies envoyées sur le front russe peuvent laisser présager l’issue de la guerre si l’URSS n’avait pas été la. Pour s’en rendre compte il suffit simplement de voir la difficulté qu’on connu les résistants et les troupes qui ont débarqué, et d’imaginer ensuite ce qu’il en aurait été avec des millions de soldats nazis en renforts sur le front ouest. Il ne s’agit donc pas de nier le rôle que d’autres armées ont pu avoir, notamment les troupes américaines, mais de réhabiliter celui de l’URSS qui se plaça en rempart du fascisme à l’image des autres Partis communistes.

Quelques années plus tôt, lorsqu’en 1936 éclatait la guerre d’Espagne opposant fascistes et républicains, c’était déjà l’URSS qui était venue au secours de la République espagnole. Face à la timidité des démocraties occidentales, la France et le Royaume-Uni notamment qui, au nom d’une prétendue neutralité, que personne ne respecta, n’intervinrent pas en Espagne, l’URSS elle envoya armes, chars, munitions et conseillers aux armées de la République. Les Brigades internationales furent créées à cette occasion, permettant à des milliers d’hommes et de femmes communistes, socialistes, républicains, démocrates des quatre coins du monde de venir combattre contre le fascisme.

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Le gouvernement du Front populaire français, Léon Blum a sa tête, se décidera finalement à aider, discrètement, les combattants espagnols. Laissant passer armes et munitions, et ouvrant la frontière aux brigades internationales. Mais ce ne sera pas suffisant. Tandis que le camp démocrate regardait l’Espagne sombrer, les pays fascistes n’hésitèrent pas à envoyer troupes, armes, et avions en nombre. Franco sortait finalement vainqueur de la guerre d’Espagne, et allait s’en suivre, pour celle-ci, près de 40 ans de dictature.

L’URSS, malgré les hésitations du début du conflit, aura finalement été le seul pays a, réellement, venir en aide aux républicains, une aide insuffisante certes, mais qu’en aurait-il été si les démocraties en avaient fait de même ?

  • L’aide aux mouvements de libération nationale 

Aussitôt la seconde guerre mondiale terminée, voilà qu’un autre conflit démarrait, plus subtil, plus idéologique, plus indirect aussi : la guerre froide. Camp occidental contre camp socialiste, l’OTAN contre le Pacte de Varsovie, les Etats-Unis et leur impérialisme contre l’URSS et son internationalisme. L’URSS allait, dans ces années d’après guerre, aider nombres de mouvements de libération nationale et de pays progressistes nouvellement souverains.

Mais revenons d’abord en arrière, lorsque éclate la Révolution russe, et que le pouvoir des Soviets est en place. Dès le départ, le caractère fondamentalement internationaliste de la Révolution socialiste est annoncé et confirmé par Lénine. Ce dernier avait très bien compris que la nouvelle Russie soviétique, qui deviendrait l’URSS en 1922, ne pouvait tenir face aux armées blanches et aux forces de la finance, sans le déclenchement d’autres révolutions en Europe.

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Et les événements, dans les mois qui suivaient la Révolution russe, allaient en ce sens. En Allemagne d’abord, où Lénine plaçait une bonne partie de ces espoirs, une révolution éclatait menée par la Ligue Spartakiste de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. La révolte s’achevait dans le sang et  les deux leaders étaient sauvagement assassinés après cet épisode révolutionnaire. En dépit de l’échec de la prise du pouvoir à Berlin, en Bavière, le 7 avril 1919, la République des conseils de Bavière était proclamée, elle ne durerait, elle aussi, que quelques semaines, écrasée par l’armée allemande le 3 mai 1919.

Un peu plus tôt, en Hongrie, le 21 mars 1919, la République des conseils de Hongrie était proclamée par Bela Kun. Sur le modèle de la nouvelle Russie, la République des soviets Hongrois allait se dresser face aux impérialistes pendant près de 143 jours, avant de finir écrasée, comme celle de Bavière, par les armées occidentales.

Après la seconde guerre mondiale, allaient se multiplier les guerres de décolonisation et de libération nationale. Des mouvements émergeaient dans le monde entier pour faire valoir le droit de chaque peuple à l’auto-détermination. En Amérique latine, en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique l’aide soviétique fut précieuse. D’abord pour les mouvements, puis pour les pays progressistes et socialistes qui recevaient de l’URSS et du camp socialiste, armes, argent, matériels et conseillers.

Chaque mouvement socialiste, chaque nouveau pays progressiste, chaque guérilla marxiste était un moyen de plus de lutter contre l’impérialisme nord-américain qui, de son côté, n’hésitait pas à renverser, déjà, des pays progressistes et des gouvernements démocratiques. Le coup d’Etat chilien de 1973, où le général Pinochet, soutenu par la CIA renversa le pouvoir populaire et démocratique de Salvador Allende, restera, pour le peuple chilien, et la gauche internationale, un drame et une plaie à jamais ouverte.

L’aide soviétique sera bénéfique pour de nombreux pays : l’Egypte de Nasser, la Chine populaire, du moins durant les premières années, la Cuba socialiste, ou la Syrie baasiste bénéficieront des largesses soviétiques à l’instar de toute nation se dressant contre l’impérialisme.

Avec la chute du camp socialiste à la fin des années 80, c’est toute une croyance qui allait s’effondrer, c’est aussi une nouvelle période qui s’ouvrait, laissant l’impérialisme américain promouvoir son mode de vie, et sa vision politique et économique. Une ère unilatérale que certains pays, tels que la Chine et la Russie, voudraient aujourd’hui voir s’achever pour faire place à un monde multipolaire.

Poursuivre les processus révolutionnaires

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La victoire du peuple vénézuélien le 15 octobre dernier lors des élections régionales du pays a soulagé une grande partie du mouvement révolutionnaire, notamment d’Amérique latine, qui essuyait depuis quelques temps des défaites au profit d’une droite revancharde financée par les Etats-Unis. En donnant une large majorité au Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV- Parti du président Nicolas Maduro) le peuple vénézuélien donne par la même un nouveau souffle à la Révolution bolivarienne. Ainsi, sur les 23 Etats qui composent le Venezuela, 18 ont été remportés par le PSUV, contre 5 pour la droite, dont une partie n’a pas manqué, comme à son habitude, de contester les résultats.

La question de la couverture médiatique

Une fois n’est pas coutume, les principaux médias français, et européens, qui avaient dépeint le régime vénézuélien comme autoritaire et dictatorial, n’ont cette fois-ci pas émis de trop sévères critiques vis à vis de cette élection. Certes, certains « bien-pensants » y sont allés de leurs petits mots pour critiquer la Révolution, mais si l’on compare aux élections de l’Assemblée Constituante (voir : Venezuela, poursuivre la Révolution) la couverture médiatique a été totalement différente.

Pourquoi deux élections, dans le même pays, et remportées par le même Parti, ont-t-elles été traitées de manière différente ? La réponse est simple. Lors de l’élection de l’Assemblée Constituante, la droite vénézuélienne, soutenue par tous les médias dominants, malgré le fait qu’elle soit à l’origine des violences dans le pays, avait appelé à ne pas prendre part au vote. A partir de ce moment là, il était donc évident que, n’appelant pas à voter, la droite ne pouvait être que perdante, et donc les médias avaient tout le loisir à dépeindre ce vote populaire en plébiscite pour le gouvernement socialiste vénézuélien.

La différence notable avec ces élections régionales, est que lors de cette échéance électorale, la droite participait activement au processus. Pire, quelques jours à peine, avant les élections, elle était sûre de l’emporter, portée par des sondages qui prédisaient une rafle des Etats par l’opposition. Quelle ne fut pas la désillusion pour la contre-révolution à l’annonce des résultats, quand le mouvement populaire semblait reprendre de toute sa vigueur et infligeait une claque à tous ceux voyant avec enthousiasme la fin du « chavisme ».

Problème, comme une partie de la droite, a reconnu la défaite, il est de fait plus dur de porter un jugement négatif sur ces élections, d’autant plus que de nombreux observateurs internationaux avaient été conviés pour garantir le bon déroulement du scrutin.

Une victoire porteuse d’un nouveau souffle

Bien que concernant en premier lieu le Venezuela, cette victoire de la gauche est signe d’un nouvel espoir pour toute l’Amérique latine qui voit un retour aux affaires des forces de la finance, n’hésitant pas à user de tous les moyens possibles pour retrouver le pouvoir. Violences au Venezuela, destitution illégale au Brésil, répression du mouvement ouvrier en Argentine, aucun pays voulant mener une autre politique n’échappe au giron de l’impérialisme américain, toujours persuadé que cette région du monde constitue son « arrière-cour », selon la théorie de Monroe de 1823.

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Fort heureusement, certains pays résistent toujours à ces déstabilisations et entendent continuer à mener les politiques bénéfiques pour leur peuple. Une volonté qui leur vaut d’ailleurs le privilège d’être vus comme des pays dangereux par l’impérialisme. La Bolivie d’Evo Morales, le Venezuela de Maduro ou encore le Nicaragua d’Ortega poursuivent ce rêve d’une Amérique latine où les peuples seraient souverains, libérés de la finance internationale.

Malgré les déstabilisations, qui rappellent des heures sombres de l’histoire du Nicaragua, notamment lorsque les Etats-Unis finançaient les ignobles « contras », le gouvernement populaire, soutenu par le peuple dans les diverses élections, a toujours su répondre de manière démocratique aux menaces américaines. C’est fort d’un bilan social qui a sorti des millions de Nicaraguayens de la pauvreté, développant éducation et infrastructures médicales, que le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) à remporté, dimanche 5 novembre, les élections municipales du pays, à une très forte majorité.

Une victoire que d’autres peuples n’ont pas eu la chance de connaître. En Argentine, malgré le désastre du néolibéralisme mis en place par le président Mauricio Macri, et les graves atteintes au droit de l’homme, commises depuis son arrivée au pouvoir, sa coalition a remporté, le 22 octobre dernier, les élections législatives du pays. Malgré l’élection de l’ancienne président Cristina Kirchner au Sénat, l’opposition de gauche n’a pas réussie à surfer sur la vague de protestation qui traverse la pays.

Inculquer une conscience de classe

L’occasion de s’interroger sur les millions de personnes qui, en bénéficiant des programmes sociaux des gouvernements progressistes, ont vu leur niveau de vie s’élever et n’ont par la suite plus accordé leur vote à ceux qui leur ont permis de vivre mieux.

Marx avait défini  la conscience de classe comme le fait d’être conscient d’appartenir à une classe sociale, le prolétariat pour la majorité de la population. D’ailleurs cette conscience, et la lutte des classes, sont deux théories très bien assimilées par la classe des possédants. Warren Buffet avait déclaré, à ce sujet, il y quelques années : « c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner ». Preuve en est, s’il en fallait une, de la réalité de la lutte de classe, et de la nécessité de la conscience de classe.

Problème : comment des personnes ayant participé avec enthousiasme aux différents processus populaires et progressistes d’Amérique Latine, et ayant largement profité des mesures des gouvernements, ont-ils pu à un moment donné changer de fusil d’épaule et passer du côté obscur ?

Sans doute influencés par une désinformation constante, cela montre aussi l’importance de l’éducation d’un peuple. La conscience d’appartenir à une classe sociale, celle des opprimés, celle des travailleurs, et donc la nécessité de mener la lutte des classes ne doit pas disparaître dès lors que sa situation personnelle s’améliore. Or, à l’image de ce qui s’est passé au Brésil, en Argentine, ou au Venezuela, certains ont très vite oublié la situation économique et sociale dans laquelle ils se trouvaient, avant les réformes des gouvernements progressistes, pour donner leur voix, ou soutenir, le retour au pouvoir d’une droite hystérique.

Le mouvement populaire révolutionnaire n’est pas mort en Amérique latine, bien au contraire les partis et mouvements de gauche continuent d’être présents, sur tous les fronts. Mais ces dernières années ont bel et bien été marquées par le retour de la droite, aidée, et financée par les Etats-Unis, dans le seul but de faire tomber les pays ne souhaitant pas revenir dans l’orbite nord-américain.

Venezuela : poursuivre la Révolution

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C’est une claque magistrale que vient d’infliger le peuple vénézuélien à tous ceux qui pensaient que la Révolution bolivarienne était sur le point de s’achever. Près de 8 millions de personnes se sont ainsi déplacés ce dimanche 30 juillet afin de voter pour le projet de l’Assemblée Nationale Constituante, convoqué par le Président Maduro. Avec cette victoire, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), et ses alliés, ont montré leur maturité face à une opposition de plus en plus violente, et n’hésitant pas à user d’assassinats contre des militants et des élus de gauche. Plutôt que de tomber dans l’escalade de la violence, les dirigeants vénézuéliens ont choisi de remettre leur destin entre les mains du seul décisionnaire du pays : le peuple.

Cette victoire permet, certes, de consolider la Révolution, mais elle va surtout permettre d’ouvrir un large cadre de débats afin d’établir la prochaine Constitution et d’améliorer celle actuellement en place, instaurée par le Commandant Hugo Chavez. En somme, résoudre les erreurs qu’a pu commettre la Révolution bolivarienne, tout en garantissant une fin des conflits par la paix et la négociation. Bien-sûr il n’a pas fallu longtemps pour que l’opposition d’extrême-droite et les Etats-Unis contestent ce résultat, ils l’avaient d’ailleurs déjà fait avant même le scrutin.

Malgré la fin de la guerre froide il y a près de 30 ans, jamais les Etats-Unis n’ont renoncé à renverser tout gouvernement progressiste ou socialiste d’Amérique Latine. Coup d’Etat, assassinats, déstabilisations, financement d’une opposition armée, attentats, tout moyen est bon pour obtenir la fin d’un dirigeant ayant choisi de placer les intérêts de son peuple avant ceux de la finance internationale. Déjà en 2002 l’opposition avait tenté un coup d’Etat militaire, mettant en prison le Président de l’époque Hugo Chavez. C’était sans compter sur la vigilance du peuple vénézuélien qui était parvenu à faire libérer Hugo Chavez en manifestant par millions dans les rues du pays.

Rien de surprenant donc à ce que les Etats-Unis aient pris de nouvelles sanctions à l’égard du pouvoir en place et ne cessent de soutenir une opposition violente et armée, qualifiée de démocratique, du moment qu’elles luttent contre un pouvoir ne partageant pas les mêmes intérêts que l’Oncle Sam. En France, lorsque qu’une personne prend les armes et tue civils, policiers ou militaires cela s’appelle du terrorisme, une définition semble-t-il variable suivant de quel bord se trouvent les dirigeants de tel ou tel pays. Pourtant les exemples sont nombreux, et le fait que le Venezuela soit la première puissance en terme de réserve de pétrole aurait dû en alerter plus d’un sur les volontés impérialistes du voisin Nord-Américain qui rêve de revenir à la situation d’avant Chavez, où les bénéfices du pétrole revenaient en grande partie aux multinationales américaines.

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Approfondir le processus révolutionnaire

Cette nouvelle étape dans la Révolution Bolivarienne doit amener dirigeants et base populaire à continuer dans cette voie révolutionnaire. Tout n’est pas parfait au Venezuela, loin de là, mais quel pays peut se vanter d’être parfait ? Certes le gouvernement vénézuélien a sans doute fait des erreurs, vouloir baser l’économie entière du pays sur le pétrole en était une, ne pas prendre au sérieux le désir de vengeance de l’oligarchie, après 18 ans de Révolution, en fut une autre.

Malgré les sanctions internationales et des déstabilisations, les avancées du Venezuela Bolivarien sont considérables et reconnues de tous. Des avancées démocratiques avec l’instauration du référendum révocatoire permettant de destituer tout élu- y compris le Président- si le peuple le souhaite, la mise en place d’une démocratie participative pour qu’à chaque échelon de décision, le peuple puisse exprimer ses revendications. Mais c’est surtout au niveau social que la Révolution Bolivarienne a agi en profondeur. Réduction drastique de la pauvreté, éradication de l’analphabétisme, augmentation des salaires, des retraites, construction de logements sociaux sur tout le territoire. De plus, l’entretien d’excellentes relations avec le pays frère Cuba a permis au peuple vénézuélien de bénéficier des soins et des aides des médecins cubains, souvent situés dans les zones les plus pauvres, là où les médecins locaux refusaient d’exercer. Pratiquant des soins gratuits, les médecins cubains ont également formé des milliers de vénézuéliens, améliorant de fait considérablement le système de santé de la Patrie de Chavez.

Avec cette nouvelle victoire dans les urnes, le gouvernement et le peuple vénézuélien se sont donnés les moyens d’approfondir la Révolution. N’en déplaise à ceux qui voulaient voir le gouvernement chuter, ou souhaitaient que la violence l’emporte sur la paix, cette victoire, saluée par tous les pays progressistes d’Amérique latine, montre que s’en remettre à une décision populaire est la plus révolutionnaire des décisions. Il est quand même incroyable qu’un pays soit diffamé de la sorte, pour avoir convoqué son peuple aux urnes, alors que dans le même temps, le gouvernement français use de la politique des ordonnances pour faire passer des lois antipopulaires sans débats.

Certains diront que la Révolution n’est pas allé assez vite, ni assez loin. Mais pour l’heure, face aux menaces putschistes de l’extrême-droite vénézuélienne, rappelant les pires heures de l’Amérique latine, celle de la dictature militaire argentine, ou celle de Pinochet, pantin de la CIA et qui avait renversé le gouvernement socialiste, démocratiquement élu, de Salvador Allende, les progressistes doivent affirmer leur solidarité envers le processus révolutionnaire bolivarien.

Ils ont peur, c’est bon signe !

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La possibilité de voir Jean-Luc Mélenchon présent au second tour commence à inquiéter tout ce petit monde de bien-pensants et d’oligarques qui, sans doute, prennent peur pour leurs intérêts et leurs privilèges. La peur que tout un peuple prenne conscience et prenne son destin entre ses mains en élisant un programme qui le défendra en engageant une profonde rupture démocratique, écologique et sociale.

Comme lors de la campagne de 2012, le très objectif journal du Figaro a ainsi ressorti les habituels clichés et références destinés à faire peur. « Chavez français » « Maximilien Ilitch »– en référence à Robespierre et à Lénine- tout cela en annonçant de fausses informations sur le programme afin de décrédibiliser le candidat de la France insoumise. Ce petit jeu ne date pas d’hier puisque déjà en 1981 les chars soviétiques auraient dû débarquer après la victoire de François Miterrand et la nomination de ministres communistes à son premier gouvernement. C’est donc une constante : celle de faire ressortir de vieux clichés, et de se servir du vieil-anticommunisme primaire comme celui du révolutionnaire bolchevique, le couteau entre les dents, prêt à en découdre.

Quelle personne consciente et intelligente pourrait croire à une telle propagande et se laisser influencer par de tels torchons et propos mensongers ? A l’image de Sophie de Ravinel, journaliste au Figaro qui a déclaré sur Twitter que le PCF dissimulait- ou avait dissimulé- des chars dans les sous-sols de la place du Colonel-Fabien, siège du Parti communiste français. Après de telles déclarations, qui pourrait croire au sérieux et à la sincérité de ce journal ?

Récemment une nouvelle polémique est née concernant un point spécifique du programme. Une mesure prévue consiste en effet à participer à l’ALBA- l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique- qui est un organisme de coopération développé notamment par Fidel Castro et Hugo Chavez. Je ne reviendrai pas ici sur l’action politique de ces deux grands hommes qui ont su mener des politiques de solidarité, de progrès et de justice sociale malgré la pression du voisin américain. D’ailleurs il suffit de regarder l’état de Cuba et du Venezuela lorsque les amis de ceux qui aujourd’hui dénigrent ces pays étaient au pouvoir pour se rendre compte des changements rendus possibles par l’action de ces leaders.

L’ALBA est donc un mécanisme de coopération qui n’a aucune vocation commerciale ou militaire, et qui donc dérange car le libre-échange y est prohibé. 11 pays sont membres de cette alliance : Cuba et le Venezuela donc, le Nicaragua, la Bolivie, l’Equateur, Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Grenade, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. La Russie en fut membre observateur en 2009 et actuellement quatre autres Etats jouent le rôle d’Etat observateur : Haïti, l’Iran, la Syrie et le Surinam. Il n’aura échappé à personne que, comme la Guyane n’est pas une île comme d’aucuns le pense, elle constitue notre plus grande frontière terrestre avec le Brésil. Ainsi le programme l’Avenir en commun propose que la Guyane participe à ce mécanisme de coopération qui lui serait bénéfique et s’y insère pleinement.

Cuba, Venezuela, Iran, Syrie, Bolivie : placer ces pays dans une seule et même phrase est évidemment destiné, une nouvelle fois, à faire peur aux personnes qui écoutent. D’autant plus que ceux qui, encore une fois, apportent les plus vives critiques à cette organisation, ne s’émeuvent pas que la France soit membre d’organisations où figurent des pays comme le Qatar et l’Arabie Saoudite qui comme chacun le sait sont des exemples de démocratie et de promotion des droits de la femme.

D’un autre côté, voir toute cette oligarchie prendre peur et tenter de freiner la dynamique de Jean-Luc Mélenchon a comme un goût de victoire. Car si nos chances d’être au second tour n’étaient pas réelles ils n’auraient pas pris la peine de s’en inquiéter. François Hollande est, d’ailleurs, lui aussi sorti de son silence afin de manifester son inquiétude vis à vis du candidat de la France insoumise. Une inquiétude à géométrie variable puisqu’il n’avait pas réalisé une telle sortie lorsque Marine le Pen avait prétendu que la France n’était pas responsable de la Rafle du Vél d’Hiv.

Une semaine : c’est à peu près ce qu’il nous reste afin de convaincre ceux autour de nous qui sont encore indécis, et ils sont nombreux. Tous les moyens sont bons pour cela et chaque voix sera importante tant les scores risquent d’être serrés entre les quatre qui font la course en tête. Derrière eux, Benoit Hamon voit son score baisser de jour en jour. Lui qui clamait l’unité à tout bout de champ, pourvu qu’elle se fasse à son profit, aura à porter une lourde responsabilité si au soir du 23 avril nous ne sommes pas au second tour et que, de fait, la gauche sera éliminée. Mais nul doute que nous y serons afin que commencent les jours heureux.