Qu’est-ce que le RIC ?

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Photo Geoffroy VAN DER HASSELT/AFP

C’est l’une des revendications majeure qui a émergé suite au mouvement des Gilets Jaunes. A elle seule, elle a réussi à démontrer que ce mouvement n’était pas un simple mouvement de rejet d’une taxe, mais qu’il allait bien plus loin que cela, exigeant une meilleure justice sociale et une meilleure démocratie. A l’heure où certains tirent à boulets rouge sur le Venezuela, arguant d’un manque de démocratie, il est bon de rappeler que la République Bolivarienne a elle déjà adopté le référendum révocatoire, depuis de nombreuses années.

Mais alors que cette demande émanant du peuple est parfaitement légitime, et démocratique, et qu’elle a été portée à l’Assemblée nationale par les groupes insoumis (1) et communistes, elle a été balayée d’un revers de main par la majorité présidentielle qui chaque jour étonne un peu plus par son arrogance et son mépris du peuple.

  • Qu’est-ce que le RIC ? Référendum d’initiative citoyenne 

L’idée a été (re) mise au goût du jour par les Gilets Jaunes. Mais en réalité, l’une de ses composantes, le référendum révocatoire, était déjà proposée dans le programme l’Humain d’abord porté par Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche en 2012. Et en 2017 le programme l’Avenir en commun, toujours porté par Jean-Luc Mélenchon prévoyait aux points 2 et 3 de la Section Une République permettant l’intervention populaire (p25) :

  • Créer un droit de révoquer un élu en cours de mandat, par référendum, sur demande d’une partie du corps électoral 
  • Instaurer le référendum d’initiative citoyenne et le droit des citoyens de proposer une loi 

L’idée n’est donc pas nouvelle, mais elle a le mérite d’avoir pris une autre ampleur et d’avoir été largement adoptée par un mouvement provenant de tous les horizons politiques. Dans l’esprit des Gilets Jaunes, ce référendum se détaillerait en quatre partie :

  • la partie législative : afin de donner au peuple le pouvoir de proposer une loi
  • la partie révocatoire : afin de demander le départ d’un élu de la République, du conseiller municipal jusqu’au Président de la République
  • la partie abrogatoire : afin de supprimer une loi
  • la partie constituant : afin de pouvoir demander une modification de la Constitution ou bien en vue de la création d’une VIème République, nécessitant une Assemblée Constituante

Ce sont quatre points précis, clairs et concis qui pourraient être les piliers d’un nouveau départ. Une démocratie retrouvée dans une République du peuple, pour et par le peuple. Il ne serait pas question de voter tous les quatre matins, loin de là, et il faudrait, au préalable, discuter et déterminer sous quelles conditions un référendum pourrait être enclenché. Notamment, combien de millions de personnes seraient nécessaires au déclenchement du processus. Mais le pouvoir en place n’a pas l’air disposé en introduire plus de démocratie dans son quinquennat.

  • Ailleurs : des exemples de réussites 

D’autres pays ont fait le choix, depuis longtemps, d’introduire le RIC dans leur Constitution. La Suisse, fait figure de bon exemple et de voisin proche. C’est d’ailleurs, bien souvent, l’exemple brandi par les Gilets Jaunes, à raison. Car la Suisse vote souvent sans que cela n’engendre de problème. Et puis il y a les pays qui ont eux fait le choix d’instaurer le référendum révocatoire. L’Equateur, la Roumanie, certains Etats des Etats-Unis, ou encore le Venezuela.

Le terrible Venezuela qui fait en ce moment l’objet d’une campagne médiatique contre lui et son gouvernement a adopté le référendum révocatoire dès l’élection d’Hugo Chavez en 1999. Il permet au peuple de révoquer le Président de la République à mi-mandat, à condition qu’un nombre égal, ou supérieur, de personnes l’ayant élu le demande, et qu’il y ait une participation d’au moins 25%. En 2004, l’opposition vénézuélienne avait d’ailleurs tenté de renverser Hugo Chavez par ce biais-là, après avoir essayé de le faire par un coup d’Etat en 2002. Le référendum effectué en 2004 avait finalement conduit au « non » au départ du Président à 59%.

Preuve qu’une telle mesure fonctionne. Un pays comme le nôtre grandirait à se doter du RIC. Le peuple le veut, ne reste que le pouvoir.


(1) : RIC : « Aucun pouvoir n’est supérieur à celui du peuple » 

Répression en Catalogne

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Ce weekend, l’Espagne a montré un bien triste visage au monde entier, et au peuple catalan en particulier, en réprimant massivement le mouvement démocratique souhaitant participer au référendum sur l’autodétermination de la Catalogne. Des scènes qui ne sont pas sans rappelées les pires heures de la dictature franquiste qui a dirigé le pays d’une main de fer entre 1939 et 1975.

Les volontés d’autodétermination du peuple catalan ne datent pas d’hier, et la région a d’ailleurs un statut particulier. Outre la langue catalane, beaucoup plus parlée que l’espagnol, la Catalogne possède aussi ses propres institutions comme un Parlement, élu au suffrage universel.

Il ne sera pas, ici, question des modalités d’indépendance, ou d’autodétermination du peuple catalan, chacun ayant une opinion divergente sur le sujet, à l’image de la gauche espagnole qui oscille entre une volonté d’indépendance pour cette région, et un souhait d’une région plus autonome dans le cadre d’une République fédérale.

A titre d’exemple voici le communiqué de nos camarades des Jeunes communistes espagnols, traduit par le site l’Avant-Garde :

« DEVANT LA BRUTALE RÉPRESSION DU RÉGIME CONTRE LE PEUPLE CATALAN  »

Devant la répression brutale déployée aujourd’hui par les forces de sécurité de l’État pour empêcher la tenue d’un référendum d’autodétermination en Catalogne, la Jeunesse communiste déclare :

Nous montrons tout notre soutien au peuple catalan qui est sorti aujourd’hui pour exercer le droit démocratique au vote et qui, de ce fait, a été sauvagement réprimé.

Nous réitérons l’engagement des communistes pour le droit à l’autodétermination et pour la célébration d’un référendum contraignant qui permette l’expression des Catalan-es.

Le régime a de nouveau montré qu’il ne peut offrir que répression et autoritarisme. Le déploiement policier d’aujourd’hui rappelle celui de l’époque décadente du franquisme, laissant pour le moment derrière lui plus de 700 blessés.

Il est nécessaire d’aborder l’ouverture d’un processus constituant, qui n’affronte pas uniquement la question catalane, mais qui change tout ce qui doit être changé et mette l’État au service de la majorité sociale. La classe travailleuse doit être protagoniste de ce processus.

Nous soutenons, comme il ne saurait en être autrement, les mobilisations qui surgissent actuellement en différents points de l’État. Le moyen de renverser le régime une bonne fois pour toute est la mobilisation massive.
¡No pasarán!

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Une répression brutale 

Face à ce mouvement populaire, et démocratique, la réponse du gouvernement de Madrid, dirigé par le chef de file de la droite espagnole, Mariano Rajoy, fut cinglante : une répression violente envers des personnes pacifistes. Arguant du prétexte que ce référendum n’avait pas été validé par la justice, le gouvernement espagnol a déployé toute la barbarie dont il est capable sur un peuple simplement désireux d’exercer l’un des droits les plus fondamentales dans une démocratie : le droit de vote.

Les images et vidéos ont tourné en boucle ce weekend, celles de femmes, d’hommes, de personnes âgées le visage ensanglanté, où celles de personnes évacuées de forces des bureaux de vote et brutalement matraquées, au total plusieurs centaines de blessés sont à répertorier.

Pourtant, étrangement, aucune trace du qualificatif de régime autoritaire ou de dictature, ce qui est scandaleux dans certains pays, ne l’est pas dans d’autres et la France, comme bon nombres d’autres pays européens n’a pas pris la peine de condamner fermement ces actes d’une violence inouïe.

Maintenant, imaginons les mêmes scènes dans des pays habituellement haïs par les médias dominants et les gouvernement européens. Imaginons la même répression en Russie, en Chine, à Cuba, où au Venezuela et tâchons de voir quelles réactions auraient eu toute ces élites bien-pensantes. A n’en pas douter elles auraient été bien différentes, des sanctions diplomatiques, voir économiques, des condamnations sur la scène internationale et surtout des mots qui reviendraient dans tous les journaux : dictature, régime autoritaire, voir totalitaire. Le président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro, ne s’sest d’ailleurs pas trompé en dénonçant vivement le gouvernement espagnol (1). Un gouvernement qui n’avait pas hésité à qualifier le Venezuela de dictature suite à la convocation d’une Assemblée Constituante par le gouvernement bolivarien pour que le peuple puisse s’exprimer par les urnes (Venezuela : poursuivre la Révolution).

La répression organisée par le gouvernement espagnol pose de nouvelles questions quant aux institutions espagnoles. Corruption généralisée, droits sociaux bafoués, système électoral qui favorise le pouvoir en place, peuvent sans doute expliquer la montée des volontés indépendantistes et des partis de gauche, tel que Podemos,qui revendiquent, à raison, une nouvelle Espagne. A l’instar de nos camarades communistes espagnols, nous pensons que le futur de l’Espagne passera par l’abolition de la Monarchie et la proclamation de la République.


(1) : « Qui est le dictateur ? » :  Nicolas Maduro torpille Mariano Rajoy pour la répression en Catalogne.