19,58% n’auront pas suffi

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Malgré une belle campagne, innovante, ambitieuse et progressiste, Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, soutenu par le Parti communiste et Ensemble, n’a pas réussi à se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle. Ce que nous craignions est ainsi arrivé, avoir le choix au second tour entre une candidate issue de l’extrême-droite et un candidat de l’oligarchie, soutenu par les banques.

Pourtant nous avons essayé. Essayé de créer un rapport de force qui nous soit favorable en tentant de rassembler non pas autour d’un candidat mais autour d’un programme de justice sociale et de renouveau démocratique. Force est de constater que par rapport à 2012, et aux 11,1% du Front de gauche, notre score augmente significativement puisque Jean-Luc Mélenchon a recueilli 19,58% des suffrages. C’est donc en soit une petite victoire mais surtout un formidable point d’appui pour la suite, et notamment pour les élections législatives.

Du reste, il ne faut pas perdre de vue que nous aurions pu être au second tour. Sans ce système médiatique qui a préféré taper sur le candidat de la France insoumise que sur le Front national, et qui maintenant vient nous faire la leçon quant au fait que Jean-Luc Mélenchon n’a pas donné de consignes de vote, préférant attendre la décision des près de 450 000 citoyens qui ont soutenu sa candidature, ce qui semble pourtant être la base de la démocratie.

Ce n’est pas un hasard si la France n’est plus classée que 45ème mondial au classement de la liberté de la presse. Le fait que la plupart des journaux, chaînes d’infos et stations de radios soient possédés par 9 milliardaires rend beaucoup plus compréhensif ce déferlement contre la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Des attaques répétées sur le Venezuela, Cuba, la Russie, tout ce qui serait censé effrayer les personnes souhaitant lui apporter son vote. Et surtout cette omniprésence d’experts et d’économistes tous plus libéraux que les autres ne pouvant s’empêcher de décrire notre programme comme « infaisable et dangereux » en essayant de démontrer une quelconque, et absurde, proximité avec le programme haineux de l’extrême-droite.

D’un autre côté ils se seront bien gardés de tout reproche envers Emmanuel Macron et son programme néolibéral qui vont- s’il est élu- nous plonger dans un appauvrissement général. Ce petit jeu médiatique a parfaitement fonctionné puisqu’ils ont réussi à faire élire un candidat ayant le même programme et les mêmes objectifs que le président le plus impopulaire de la Vème République.

Il ne faudra pas non plus  oublier la trahison socialiste, une de plus, puisque Benoît Hamon et le PS ont préféré, plutôt que de créer une unité, qu’ils appelaient de leurs voeux du moment qu’elle était derrière eux, sauver les meubles et leurs apparatchiks. Comme nous l’avions annoncé depuis maintenant plusieurs mois le PS prend la direction du PASOK Grec, en ne pesant désormais plus rien dans le jeu électoral.

Et maintenant ? Cap sur les législatives ! 

Il n’y a donc plus rien à attendre de ces élections présidentielles, et chacun votera le 7 mai en connaissance de cause, aussi devrons-nous respecter nos camarades qui ne souhaitant pas avoir à faire un choix entre la peste et le choléra préféreront voter blanc, tout comme ceux qui, conscients du danger de l’extrême-droite, voudront l’éviter à tout prix.

Désormais nos yeux doivent être rivés sur les prochaines élections qui arriveront très vite et qui détermineront, elles aussi, l’avenir de notre pays. Car sans majorité, aucun président ne pourra mener sa politique. Or faire en sorte que nous ayons un groupe en proportion de notre résultat sera essentiel. Il ne faudra pas refaire comme en 2012 et n’avoir qu’une dizaine de députés pour défendre nos acquis sociaux. Il ne faudra pas non plus se diviser entre France insoumise, PCF, et Ensemble. Diviser la gauche de transformation sociale ne servirait qu’à accroître le pouvoir des futurs dirigeants et faire reculer nos droits. Or nous aurons besoin de députés nombreux pour défendre nos revendications et porter nos propositions.

En attendant, le 1er mai sera comme à son ordinaire un moment important pour montrer notre force et notre nombre. Aux côtés des syndicalistes qui eux aussi devront accentuer les luttes, nous montrerons à tout le pays que nous refusons de laisser nos conditions de vies et de travail se détériorer.

 

Rentrée politique de combat

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Comme chaque mois de Septembre, chaque année scolaire annonce, de fait, la rentrée politique. Cette année, peut-être plus que les autres, sera importante et décisive pour plusieurs raisons. D’abord et surtout, parce qu’au mois de Mai auront lieu les élections les plus importantes de notre système politique, celles qui vont nous permettre d’élire un nouveau Président, où une nouvelle Présidente.

Après la fête de l’Humanité, traditionnelle fête de la gauche mêlant politique et culture dans une atmosphère de solidarité et de fraternité entre les peuples, beaucoup d’interrogations demeurent. Quel(le) candidat(e) et quel programme pour le Parti communiste et plus généralement pour ce que certains appellent l’autre gauche ? Des interrogations qu’il va nous falloir vite résoudre tant la possibilité d’une élection avec second tour opposant la droite au Front national est de plus en plus menaçante. Une perspective effrayante pour tous ceux croyant encore en une politique juste et progressiste au service des peuples.

En attendant cela, la lutte contre la Loi travail va également occuper  beaucoup d’espace lors de ce mois de Septembre. Pour rappel, cette loi antisociale et anti-travailleurs a été adopté de force via le 49-3. Une manière pour le gouvernement de montrer une fois de plus son allégeance au monde de la finance, qu’il prétendait vouloir combattre avant 2012. Avec les syndicats et plus généralement tout le mouvement social nous allons devoir poursuivre et amplifier cette lutte. Le retrait de cette loi serait ainsi un signal fort envoyé à tous ceux étant encore indécis quant à l’existence d’un fort mouvement social, toujours à même de défendre en masse les intérêts populaires. Plus qu’un soulagement, ce serait un réel signe d’espoir pour la prochaine échéance électorale ; à n’en pas douter la suite de ce mouvement aura des répercussions sur ces dernières.

En réalité,  une candidature unie de notre gauche associée à un programme ambitieux, représente une chance pour sortir la France de l’impasse économique et politique dans laquelle elle se trouve. En effet, si l’on se réfère aux sondages qui se font de plus en plus nombreux, il est possible qu’à l’heures des présidentielles Nicolas Sarkozy, François Hollande, et Marine le Pen soient candidats, comme en 2012. Pour rappel, de 2007 à 2012, Sarkozy exerçait la fonction de Président de la République avec le bilan, et les conséquences désastreuses que nous connaissons. Hollande sort lui d’un quinquennat peut-être pire que le précédent menant une politique économique ultralibérale associée à une politique extérieure agressive et attisant la haine entre les communautés. Enfin, Marine le Pen, de par ses théories racistes et son programme économique voué à l’échec, ne peut être une solution viable pour la France. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir la gestion des villes tenues par le Fn pour voir le désastre que cela représenterait pour la population.

Encore nous faudra-t-il paraître crédible aux yeux des français, et pour cela se mettre d’accord sur une seule candidature unie et non pas une stratégie illisible comme nous avons pu le faire lors des élections départementales où régionales.

Mais plus que le candidat, le programme aura encore plus d’importance à mon sens. Le grand questionnement lancé par le Parti communiste intitulé Que demande le peuple ? apparaît être ainsi une formidable démarche pour  faire de notre programme une demande de la base, donc nécessairement démocratique, plutôt que d’un programme qui serait imposé par le haut.

De mon point de vue, le programme de 2012 l’Humain d’Abord, doit nous servir de base puisqu’il comprenait des thématiques simples et précises et de surcroît compréhensibles de tous. Et puisqu’en cinq ans de gouvernement prétendu de gauche rien n’a changé, si ce n’est en pire, nos propositions sont toujours, et plus que jamais, d’actualités, comme c’est le cas du changement de République pour en finir avec ce système monarchique qui permet à un candidat d’arriver à l’Elysée avec un programme et de faire tout l’inverse.

Surtout, nous devrons clairement annoncé les mesures phares de notre programme, lors des rares fois où nous pourrons le faire à la télévision où à la radio. Au lieu de nous attarder sur des polémiques qui ne servent qu’a nous éloigner des vrais problèmes de ce pays, comme c’est le cas de l’actuel faux problème du burkini qui n’a de sens que de permettre d’éviter d’autres sujets beaucoup plus préoccupants.                                                                           Ainsi pour les élus de droite et de l’extrême-droite, ce débat inutile et profondément raciste, n’a qu’un seul objectif, en dehors du fait de discriminer une population, ne pas parler de leur condamnations judiciaires et des affaires en cour pour lesquelles ils devraient tous être en prison et inéligible.

Il est tellement plus simple de s’en prendre à une femme portant le voile, de l’insulter et de la condamner que d’arrêter ceux coupable de corruption, de fraude fiscales et de multiples autres affaires.

Quoiqu’il en soit, vous l’aurez compris les prochaines semaines vont être déterminantes pour l’avenir de la gauche et du mouvement social. Nous allons avoir trois objectifs primordiaux en ligne de mire à réaliser le plus rapidement possible. Dans un premier temps : présenter un programme crédible, réaliste, ambitieux et radical, dans un second temps se rassembler derrière une candidature unique et enfin réaliser cela en parallèle de la mobilisation contre la Loi travail que nous devrons amplifier.