Jour d’élections

M5S élections

Dimanche 4 mars on a voté en Italie, et au Salvador. Deux scrutins qui mettent en avant un retour, inquiétant, des forces conservatrices et un net recul des forces progressistes voir une quasi-disparition dans le cas de l’Italie. 

  • Italie : la reconstruction d’une gauche de combat sera longue

Si la gauche italienne ne s’attendait pas à rafler la majorité des sièges, loin de là, lors des élections générales de ce dimanche 4 mars, les résultats finaux sont pire que prévu.
En tout, deux listes de la gauche radicale avaient une chance d’avoir des parlementaires, le scrutin se déroulant en partie à la proportionnelle. La première, Liberi e Uguali (Libres et Égaux), recueille aux alentours de 3,5% des voix et disposera donc d’élus. En revanche l’autre liste, Potere al popolo (le Pouvoir au peuple) soutenu entre autres par Jean-Luc Mélenchon ne disposera d’aucun élu puisque ne franchissant pas la barre fatidique des 3%. Pour plus de détails : Elections législatives en Italie : le crépuscule de la gauche, et de la gauche communiste.

Droite et extrême-droite se partagent ainsi la victoire dans un pays pourtant victime des cures drastiques d’austérité imposées par les technocrates de Bruxelles.

Le Mouvement 5 étoiles (M5S) est ainsi sorti en tête des suffrages avec un score frôlant les 32%. Ce mouvement, piochant des idées à droite, et à gauche- notamment sur le thème de l’écologie- mais surfant surtout sur sa prétendue opposition au système, a changé son image en vue des élections. Fini Beppe Grillo et son style atypique, place désormais à Luigi di Maio, exit aussi des mesures de gauche dans le programme, désormais le M5S entend mettre en place des politique favorables aux entreprises- on parle de près de 400 lois qui pourraient être supprimées- ainsi que de restriction de l’immigration.

Une revendication sur laquelle ils se retrouvent parfaitement avec la coalition de la droite, et de l’extrême-droite, composée de Forza Italia, mené par Silvio Berlusconi (pourtant inéligible) et la Ligue (ex Ligue du Nord) de Matteo Salvini, soutenue par Marine le Pen. A ces deux forces il faut rajouter le petit parti de droite Fratelli d’Italia. A eux trois, ils obtiennent 37% des voix, dont près de 18% rien que pour le seul parti d’extrême-droite, la Ligue.

Pour un panorama complet des forces en présence, voir l’article de l’Humanité : Elections législatives italiennes. Glossaire pour s’y retrouver. 

Tandis qu’à l’opposé, la coalition de centre-gauche menée par le Parti démocrate et traînant derrière elle le bilan politique, et économique, désastreux de ce dernier, ne recueille que 23,23% des voix (18,98% pour le Parti démocrate). Cette chute dans les sondages du Parti démocrate démontre ce que nous disons depuis des mois, des années. La vieille sociale-démocratie, coupable d’avoir menée les mêmes politiques que la droite, n’a plus sa place ni à gauche, ni dans le paysage politique des différentes pays. Après la Grèce, la France, l’Espagne, l’Allemagne, désormais c’est la sociale-démocratie italienne qui s’effondre dans les sondages. Alors qu’on observe un phénomène inverse dans les pays où les vieux partis sociaux-démocrates, ou socialistes, se recentrent à gauche, comme au Portugal, ou au Royaume-Uni, et de fait connaissent un regain de popularité.

La situation italienne est à peu près similaire à celle au lendemain des élections allemandes. C’est à dire qu’aucune majorité ne peut, pour l’heure, se dégager. Les différents partis seront donc obligés de s’entendre pour former une coalition, sinon de nouvelles élections seront tenues.

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  • Salvador : nouveau coup porté à un gouvernement populaire

On votait également dans ce petit pays d’Amérique centrale, gouverné depuis 2009 par le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMNL), parti de gauche issue de l’ancienne guérilla marxiste. Le président actuel, Salvador Sànchez Cerén, issu de ce parti, devra, une nouvelle fois, faire face à une Assemblée à droite. C’était déjà le cas lors de la précédente législature, le renouvellement de l’Assemblée intervenant tous les trois ans au Salvador. L’ARENA, l’alliance républicaine nationaliste, arrive ainsi en tête des suffrages. Certes le FMLN arrive second, mais les partis se classant troisième, quatrième, et cinquième sont tous également issus de la droite.

Ces résultats sont donc une preuve de plus, s’il en fallait, que la gauche latino-américaine doit faire face, partout, à une recrudescences des forces contre-révolutionnaires et de la finance, appuyées activement par l’impérialisme nord-américain. Une telle majorité à l’Assemblée permettra en effet à la droite de bloquer, comme elle le fait déjà, toutes les mesures sociales et économiquement profitable aux plus démunis du gouvernement de Cerén. Les élections municipales, qui se tenaient en même temps, ont également permis à la droite d’arriver en tête, et notamment de rafler la capitale San Salvador.

Reste à savoir comment le FMLN, et les autres partis de gauche de la région, pourront gérer cette situation délicate. Les pays progressistes sont tous victimes d’attaques de plus en plus virulentes, si bien que désormais, en comptant le Salvador qui a toujours un gouvernement de gauche, il ne reste que le Venezuela, la Bolivie, Cuba, le Nicaragua, et l’Uruguay qui peuvent être qualifiés de gouvernements progressistes.

 

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Répression en Catalogne

SPAIN-POLITICS-CATALONIA-REFERENDUM

Ce weekend, l’Espagne a montré un bien triste visage au monde entier, et au peuple catalan en particulier, en réprimant massivement le mouvement démocratique souhaitant participer au référendum sur l’autodétermination de la Catalogne. Des scènes qui ne sont pas sans rappelées les pires heures de la dictature franquiste qui a dirigé le pays d’une main de fer entre 1939 et 1975.

Les volontés d’autodétermination du peuple catalan ne datent pas d’hier, et la région a d’ailleurs un statut particulier. Outre la langue catalane, beaucoup plus parlée que l’espagnol, la Catalogne possède aussi ses propres institutions comme un Parlement, élu au suffrage universel.

Il ne sera pas, ici, question des modalités d’indépendance, ou d’autodétermination du peuple catalan, chacun ayant une opinion divergente sur le sujet, à l’image de la gauche espagnole qui oscille entre une volonté d’indépendance pour cette région, et un souhait d’une région plus autonome dans le cadre d’une République fédérale.

A titre d’exemple voici le communiqué de nos camarades des Jeunes communistes espagnols, traduit par le site l’Avant-Garde :

« DEVANT LA BRUTALE RÉPRESSION DU RÉGIME CONTRE LE PEUPLE CATALAN  »

Devant la répression brutale déployée aujourd’hui par les forces de sécurité de l’État pour empêcher la tenue d’un référendum d’autodétermination en Catalogne, la Jeunesse communiste déclare :

Nous montrons tout notre soutien au peuple catalan qui est sorti aujourd’hui pour exercer le droit démocratique au vote et qui, de ce fait, a été sauvagement réprimé.

Nous réitérons l’engagement des communistes pour le droit à l’autodétermination et pour la célébration d’un référendum contraignant qui permette l’expression des Catalan-es.

Le régime a de nouveau montré qu’il ne peut offrir que répression et autoritarisme. Le déploiement policier d’aujourd’hui rappelle celui de l’époque décadente du franquisme, laissant pour le moment derrière lui plus de 700 blessés.

Il est nécessaire d’aborder l’ouverture d’un processus constituant, qui n’affronte pas uniquement la question catalane, mais qui change tout ce qui doit être changé et mette l’État au service de la majorité sociale. La classe travailleuse doit être protagoniste de ce processus.

Nous soutenons, comme il ne saurait en être autrement, les mobilisations qui surgissent actuellement en différents points de l’État. Le moyen de renverser le régime une bonne fois pour toute est la mobilisation massive.
¡No pasarán!

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Une répression brutale 

Face à ce mouvement populaire, et démocratique, la réponse du gouvernement de Madrid, dirigé par le chef de file de la droite espagnole, Mariano Rajoy, fut cinglante : une répression violente envers des personnes pacifistes. Arguant du prétexte que ce référendum n’avait pas été validé par la justice, le gouvernement espagnol a déployé toute la barbarie dont il est capable sur un peuple simplement désireux d’exercer l’un des droits les plus fondamentales dans une démocratie : le droit de vote.

Les images et vidéos ont tourné en boucle ce weekend, celles de femmes, d’hommes, de personnes âgées le visage ensanglanté, où celles de personnes évacuées de forces des bureaux de vote et brutalement matraquées, au total plusieurs centaines de blessés sont à répertorier.

Pourtant, étrangement, aucune trace du qualificatif de régime autoritaire ou de dictature, ce qui est scandaleux dans certains pays, ne l’est pas dans d’autres et la France, comme bon nombres d’autres pays européens n’a pas pris la peine de condamner fermement ces actes d’une violence inouïe.

Maintenant, imaginons les mêmes scènes dans des pays habituellement haïs par les médias dominants et les gouvernement européens. Imaginons la même répression en Russie, en Chine, à Cuba, où au Venezuela et tâchons de voir quelles réactions auraient eu toute ces élites bien-pensantes. A n’en pas douter elles auraient été bien différentes, des sanctions diplomatiques, voir économiques, des condamnations sur la scène internationale et surtout des mots qui reviendraient dans tous les journaux : dictature, régime autoritaire, voir totalitaire. Le président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro, ne s’sest d’ailleurs pas trompé en dénonçant vivement le gouvernement espagnol (1). Un gouvernement qui n’avait pas hésité à qualifier le Venezuela de dictature suite à la convocation d’une Assemblée Constituante par le gouvernement bolivarien pour que le peuple puisse s’exprimer par les urnes (Venezuela : poursuivre la Révolution).

La répression organisée par le gouvernement espagnol pose de nouvelles questions quant aux institutions espagnoles. Corruption généralisée, droits sociaux bafoués, système électoral qui favorise le pouvoir en place, peuvent sans doute expliquer la montée des volontés indépendantistes et des partis de gauche, tel que Podemos,qui revendiquent, à raison, une nouvelle Espagne. A l’instar de nos camarades communistes espagnols, nous pensons que le futur de l’Espagne passera par l’abolition de la Monarchie et la proclamation de la République.


(1) : « Qui est le dictateur ? » :  Nicolas Maduro torpille Mariano Rajoy pour la répression en Catalogne.