Les résultats de la gauche radicale, communiste, et apparentés, aux européennes pays par pays (2019)

parlement européen
Le groupe de la GUE/NGL sera très minoritaire. Source : parlement européen

En un mandat européen beaucoup de choses peuvent changer, et parfois pour le pire. En 2014 le groupe européen de la Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique (GUE/NGL) comptait 52 députés. Cinq ans plus tard ce nombre s’est bien réduit. J’ai essayé de recenser, pays par pays, les résultats des partis siégeant dans ce groupe, susceptibles de le faire ou aux idées similaires. Pour certains pays, notamment en Europe de l’Est il est très difficile de collecter de tels résultats, bien souvent car des listes proches idéologiquement de la GUE/NGL sont inexistantes ou très faibles électoralement.

  • Allemagne

Die Linke (la gauche) avait obtenu 7,57% des suffrages et 7 députés en 2014. Cinq ans plus tard les résultats européens confirment les résultats nationaux. Die Linke obtient 5,40% des voix et 5 sièges. De son côté le Parti communiste allemand (KDP) ne réalise que 0,05% des suffrages.

  • Autriche

En 2014 la liste Europa Anders, obtenait 2,1% des votes. Cette année cette liste n’était pas présente, en revanche celle regroupant le Parti communiste et l’ex mouvement de jeunesse des verts n’obtient que 0,7%.

  • Belgique

L’une des bonnes surprises de ce scrutin vient de Belgique. Le Parti du travail de Belgique (PTB) augmente son score par rapport de 2014 en passant de 3,51% des voix et aucun député à 5,74% et 1 député. Mais surtout les élections fédérales et régionales, qui se déroulaient le même jour, ont permis au PTB de passer, dans les diverses Assemblées de Belgique, de 8 à 42 élus.

Pour voir le détails des résultats : Le PTB perce dans tout le pays.

  • Bulgarie

En Bulgarie il n’y a pas de forces de gauche indépendante qui peuvent représenter une alternative crédible d’un point de vue électoral. En 2014 le parti  Gauche bulgare, affilié au Parti de la gauche européenne, n’avait obtenu que 0,64% des suffrages. Cette année je n’ai pas réussi à trouver leur score, et je ne sais pas s’ils ont représenté une liste.

En revanche la Coalition pour la Bulgarie qui regroupe six formations, dont le Parti socialiste bulgare (réformiste), mais aussi le Parti communiste bulgare, obtient 24,33% des voix, et 2  députés de plus que lors de la précédente mandature pour arriver à 5. Toutefois tous devraient siéger dans le groupe socialiste au Parlement européen.

  • Chypre

L’AKEL, le Parti progressiste des travailleurs, réalise un haut score et demeure le Parti communiste le plus puissant électoralement de l’Union européenne. Il passe d’ailleurs de  26,4% à 27,49% des voix et garde donc ses 2 députés.

  • Croatie

Comme en 2014 aucune liste qui aurait pu prétendre à siéger dans le groupe de la GUE/NGL n’a fait élire de député.

  • Danemark

L’Alliance rouge verte est parvenu à sauver son siège qu’elle avait en 2014. Cette année là l’Alliance rouge verte était membre de la coalition du Mouvement populaire contre l’UE qui avait recueilli 8% des voix et donc 1 député.

En 2019 ces deux formations ont fait bande à part. L’Alliance rouge verte atteint les 5,5% et obtient 1 siège. En revanche le Mouvement populaire contre l’UE chute à 3,7% et n’obtient donc aucun siège.

  • Espagne

Quelques semaines à peine après les élections générales espagnoles qui avaient vu le PSOE l’emporté, l’Espagne se votait à nouveau. Elections européennes, régionales et municipales étaient programmés le même jour. Pour le scrutin européen, comme pour les élections générales, le PSOE est arrivé largement en tête.

En 2014 Izquierda Unida (Gauche Unie) coalition qui regroupait sept formations de gauche, dont le Parti communiste espagnol, avait obtenu 9,99% des voix et 6 députés, en se positionnant en troisième position. De son côté le tout jeune parti Podemos, issu du mouvement des Indignés, obtenait lui 7,97% des voix et 5 députés.

Cinq ans plus tard le paysage politique espagnol n’est pas le même. Les deux formations n’ont pas réussi à concrétiser ces bons scores. Résultat : l’alliance qu’elles ont formé, baptisé Unidos-Podemos, n’obtient que 10,05% des suffrages et 6 sièges.

Toutefois d’autres partis qui ont obtenu des sièges d’eurodéputés pourraient rejoindre le groupe de la GUE/NGL, comme la coalition qui rassemblait notamment la Gauche républicaine de Catalogne et le Bloc nationaliste de Galicie qui obtient 5,61% des voix et 3 députés.

  • Estonie

En 2014 le site Espaces Marx recensait 0,89% pour la liste affilié au Parti de la gauche européenne. Cinq ans plus tard une liste similaire aurait a priori fait à peine 0,1% des suffrages.

  • Finlande

Comme au Danemark, l’Alliance de gauche avait 1 siège de député à conserver. Malgré une chute dans les résultats, passant de 9,3% en 2014 à 6,9% en 2019, l’Alliance de gauche parvient à garder son unique siège.

  • France

En France les résultats n’ont pas été à la hauteur des espérances du côté de la France insoumise, comme du côté du Parti communiste français. En 2014 le Front de gauche (qui rassemblait à l’époque plusieurs formations de gauche dont le Parti de gauche et le Parti communiste français) récoltait 6,61% des voix et obtenait 4 sièges.

La France insoumise s’en sort mieux que le Front de gauche puisqu’elle comptera 2 élus de plus. Mais il faut voir plus loin que ça. La France insoumise n’a pour le moment pas concrétisé les espoirs soulevés lors de la dernière présidentielle. De son côté le Parti communiste français réalise un bien faible score avec 2,49% des voix. Il n’y aura donc plus d’eurodéputés communistes français au Parlement européen, une première depuis 1979. Même son de cloche pour Benoit Hamon et son mouvement qui ne recueille, en France, que 3,27% des suffrages.

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Manifestation du Parti communiste grec (KKE). Source : Initiative communiste
  • Grèce

En 2014, la victoire de Syriza aux élections européenne portait un souffle d’espoir sur toute l’Europe. Pour la première fois depuis longtemps, si l’on excepte Chypre, un parti de la gauche radicale pouvait accéder au pouvoir. En janvier 2015, effectivement, Syriza remportait les élections en Grèce et Alexis Tsipras devenait premier ministre. Mais les espérances que Syriza avait donné aux autres forces similaires dans l’UE se sont vites dissipées. Dès le mois de juillet 2015 s’en était fini du rêve d’une alternative crédible.

Depuis Alexis Tsipras a appliqué? comme ses prédécesseurs, de droite et sociaux-démocrates les mémorandums dictés par Bruxelles (voir : Grèce : entre austérité, répression et trahison). Pourtant les députés de Syriza ont continué, et vont sans doute continuer, de siéger dans le groupe de la GUE/NGL.

 Ainsi avec 23,8% des votes, Syriza fait moins bien qu’en 2014 puisque la formation avait alors recueilli 26,55% des voix. Toutefois le parti d’Alexis Tsipras maintient ses 6 députés. 

Quant au Parti communiste grec (KKE), qui ne siège plus dans le groupe de la GUE/NGL il parvient, lui aussi, à sauver ses 2 députés en connaissant également une légère chute dans son score électoral, passant de 6,11% des suffrages en 2014 à 5,41% en 2019.

Les autres forces de gauche n’auront aucun député et font des scores extrêmement bas. C’est le cas du le Mouvement pour la démocratie en Europe 2025, de Yanis Varoufakis, l’ancien ministre des finances de Syriza durant les premiers mois du gouvernement de Tsipras, et l’allié de Benoit Hamon au niveau européen, de la liste rassemblant l’Unité populaire et le Parti pirate ou encore de celle d’Antarsya (Front de gauche anticapitaliste).

  • Hongrie

Comme dans d’autres pays de l’Est les forces de gauche, non sociaux-démocrates, sont inexistantes. D’après le site Espaces Marx il n’y avait aucune liste qui pouvait s’apparenter à la GUE/NGL en 2014.

Cinq ans plus tard le Parti ouvrier hongrois, l’un des héritiers du Parti socialiste ouvrier hongrois, n’obtient que 0,42% des votes.

  • Irlande

Le Sinn Féin avait obtenu 17% des voix en 2014 et 3 sièges. En 2019 les choses ont évolué. Le Sinn Féin perd un siège et quatre points dans son score en obtenant 13% des voix.

En revanche la liste Indépendance pour le changement créée une petite surprise. Cette formation formée en 2014 réalise 15% des suffrages et gagne 2 députés. Toutefois rien ne certifie qu’ils siégeront avec le Sinn Féin dans le groupe de la GUE/NGL.

  • Italie

La situation de la gauche italienne est catastrophique. Elle l’était déjà en 2014 et cela se confirme en 2019.

Pourtant il y a cinq ans 3 députés avaient été élus sur la liste l’Altra Europa con Tsipras, qui avait récolté 4,07% des voix. Cette année la GUE/NGL ne sera plus représentée en Italie. Les diverses formations qui auraient pu y siéger ont réalisé des scores extrêmement faibles, preuve que tout est à reconstruire.

La liste La Gauche, qui rassemble l’Autre Europe avec Tsipras, La Gauche italienne, le Parti de la refondation communiste et le Parti du Sud (régionaliste), n’obtient que 1,75% des voix.

Parti communiste, avec 0,88% des suffrages atteint lui aussi un score ridicule.

A noter que la formation Potere al popolo (le pouvoir au peuple), soutenu par la France insoumise, avait renoncé à se présenter lors de ce scrutin.

  • Lettonie

En 2014 le site Espaces Marx recensait 1,55% pour une liste affiliée au GUE/NGL. Il est difficile de savoir si une telle liste a fait un score similaire en 2019. Mais ce qui est certain c’est qu’il n’y aura aucun député provenant de Lettonie qui siégera dans le groupe de la GUE/NGL.

  • Lituanie

Comme les autres pays Baltes les forces de gauche sont quasiment inexistantes en Lituanie. Aucun député de ce pays ne siégera donc dans le groupe de la GUE/NGL.

  • Luxembourg

Il est difficile pour des partis de gauche de réaliser des scores conséquents dans un pays comme le Luxembourg, paradis fiscal par excellence.

En 2014 Dei Lénk (La Gauche) obtenait 5,76% des voix, mais aucun siège. De même que le Parti communiste luxembourgeois (PCL) qui réalisait un score de 1,49% il y a cinq ans.

En 2019 les scores de ces deux formations sont presque similaires, même s’ils  sont en baisse. Dei Lénk n’obtient que 4,83% et le PCL 1,14%.

  • Malte

Il est difficile de savoir quels scores ont pu faire des listes affiliées à la GUE/NGL. Mais aucun député Maltais ne siégera dans ce groupe.

  • Pays-Bas

En 2014 le Parti socialiste avait créé une petite surprise avec 9,65% des voix et 2 députés. Il ne conservera pas ses sièges puisqu’il n’obtient cette fois-ci que 3,4% des votes.

En revanche le Parti pour les animaux, qui siège dans le groupe de la GUE/NGL, avait obtenu 4% des voix et 1 député en 2014. Il obtient le même score cette année et conserve donc son siège.

  • Pologne

Aucune liste affilié au Parti de la gauche européenne (PGE) ou à la GUE/NGL ne s’était présentée en 2014. En 2019 soit la situation est identique soit il est difficile de savoir ce qu’il en est. Toujours est-il que la situation politique pour la gauche polonaise est extrêmement difficile, et l’anti-communiste viscéral du pouvoir en place et la criminalisation de ceux-ci n’arrangent pas les choses (voir : Pologne : nouvelle terre de l’anticommunisme).

  • Portugal

Le Parti communiste portugais (PCP) et le Bloc de gauche ont fait le choix en 2015 d’appuyer le Parti socialiste portugais au parlement pour chasser la droite du pouvoir (voir : Portugal : une autre voie pour l’Europe).  Toutefois ces deux forces ne sont pas entrées au gouvernement et se sont présentées indépendamment aux élections européennes.

C’était déjà le cas en 2014. A l’époque la coalition de la CDU, qui regroupe le Parti communiste et les écologistes, avait obtenu 12,69% et 3 députés. De son côté le Bloc de gauche lui, avec 4,56% des voix avait 1 siège. Cinq plus tard les scores se sont inversés. Le Bloc de gauche obtient 9,82% des voix et 2 sièges tandis que le PCP avec 6,88% des suffrages perd un siège et en conserve 2.

  • République Tchèque 

La République Tchèque est l’un des seuls pays de l’Est de l’Europe où il y a encore un parti communiste assez puissant. En 2014 le Parti communiste de Bohême-Moravie obtenait ainsi 3 députés en récoltant 10,98% des voix. Mais cette année, comme beaucoup d’autres formations européennes similaires, ses voix sont en baisse. Avec 6,94 des voix les communistes de la République Tchèque ne sauvent qu’un seul siège de député.

  • Roumanie 

Comme ses voisins les listes de gauche qui auraient pu siéger dans le groupe de la GUE/NGL sont inexistantes en Roumanie.

  • Royaume-Uni

La situation britannique est délicate en raison du Brexit. En cas de sortie de l’UE du Royaume-Uni tous les députés élus il y a peu céderont leur siège. La campagne a été presque inexistante dans le pays car tous s’attendent à ne siéger que quelques mois au mieux.

Néanmoins le scrutin a bien eu lieu. Au terme de celui-ci le Labour Party, dont les députés actuels siègent avec le groupe socialiste européen, mais qui a connu un virage à gauche avec Jeremy Corbyn, obtient 10 députés et 14,08% des voix. Les travaillistes perdent donc 10 députés puisqu’en 2014 avec 24,43% des voix en 2014 ils avaient eu 20 députés.

Dans le même temps la branche britannique du Sinn Féin, qui avait eu 1 député et 0,97% conserve son siège malgré une légère chute de son score (0,63%).

  • Slovaquie 

En 2014 une liste affiliée à la GUE/NGL avait obtenu 1,83% des voix. En 2019 il n’y avait pas de liste similaire.

  • Slovénie 

En 2014 la Gauche unie n’avait aucun député mais obtenait 5,5% des voix. Cette année malgré une augmentation, puisque la liste de la Gauche obtient 6,34% des voix, elle n’aura toujours pas de député.

  • Suède 

Le Parti de gauche de Suède avait 1 siège d’eurodéputé à défendre. Ils avaient réalisé le score de 6,3% en 2014. Le siège est conservé en 2019 avec une légère augmentation du score (6,7%).

  • Bilan 

Au total les membres du groupe GUE/NGL, qui n’étaient déjà pas nombreux lors de la mandature 2014-2019, puisque le groupe comptait 52 eurodéputés lors de cette période, le seront encore moins pour la période qui arrive.

De son côté le mouvement européen Maintenant le peuple ne pourra sans doute pas créer un autre groupe européen. Il faut en effet 25 eurodéputés or les divers mouvements partis signataires de l’appel ne les possèdent pas :

  • 6 députés pour la France insoumise, et la Gauche républicaine et socialiste (France)
  • 6 députés pour Podemos- dans la coalition Unidos-Podemos (Espagne)
  • 2 députés pour le Blog de gauche (Portugal)
  • 1 député pour l’Alliance rouge et verte (Danemark)
  • 1 député pour l’Alliance de gauche (Finlande)
  • 1 député pour le Parti de gauche (Suède)

Au total ce sont donc 17 eurodéputés qui devraient siéger dans le groupe de la GUE/NGL. Il faut ajouter à cela :

  • 5 députés pour die Linke (Allemagne)
  • 1 député pour le PTB (Belgique)
  • 2 députés pour l’AKEL (Chypre)
  • 6 députés pour Syriza (Grèce)
  • 2  députés pour le Sinn Féin (Irlande)
  • 1 député pour le Parti pour les animaux (Pays-Bas)
  • 2 députés pour  la coalition CDU (Portugal)
  • 1 député pour le Parti communiste de Bohême Moravie (République Tchèque)
  • 1 député pour le Sinn Féin (Royaume-Uni)

Tous ces partis et mouvements totalisent 38 eurodéputés, même si rien ne certifie que tous acceptent de siéger avec les députés de Syriza.

Enfin il faudra déterminer si les formations suivantes siégeront dans le groupe de la GUE/NGL ou resteront indépendants :

  • les 3 députés de la coalition regroupant notamment la Gauche républicaine de Catalogne et le Bloc nationaliste de Galicie (Espagne)
  • les 2 députés du KKE (Grèce)
  • les 2 députés de la liste Indépendance pour le changement (Irlande)
  • quelques députés élus avec le Labour Party (Royaume-Uni)

Mais même en élargissant au maximum le groupe ne devrait donc pas atteindre les 50 eurodéputés. L’absence d’un groupe signifiant pour la gauche radicale démontre sur un plan européen la victoire des forces conservatrices. Les petites guerres entre partis et mouvement et l’absence de lignes claires peuvent expliquer en partie ce déclin dans la plupart des pays pour les formations de gauche radicale.

Gilets jaunes, après l’Acte V ? La convergence des luttes !

gilets jaunes
©Sipa Press

L’Acte V s’étant désormais déroulé avec, quoi qu’en diront les médias, toujours une détermination semblable et un soutien majoritaire du peuple français, d’autres questions se posent à présent. En premier lieu duquel celle de la convergence des luttes qui doit maintenant s’imposer. 

Emmanuel Macron ayant décidé, de lui-même, d’entamer un bras de fer contre le peuple en ne reculant sur quasiment aucun point (voir : Discours de Macron : entre mesurettes et enfumage), c’est maintenant au peuple d’accentuer ce mouvement qui est né, en organisant cette convergence des luttes nécessaires. Car ce président, et ce gouvernement, ne céderont pas à moins que les grèves fleurissent de partout.

C’est en ce sens que Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a appelé les salariés à multiplier les mobilisations et les journées de grève. Mais aussi à augmenter les rencontres et les discussions entre les syndicalistes et les Gilets jaunes. Loin de la position de la CFDT qui, sans aucune honte, appelle désormais les Gilets jaunes à cesser leur juste mobilisation.

A l’image de la CGT,  les partis de gauche appellent, eux aussi, leurs militants respectifs à se joindre aux différentes mobilisations qui fleurissent dans le pays. En ce sens l’appel de 15 organisations progressistes, dont la France Insoumise, Attac, le NPA, fait figure d’une bonne base de départ. (https://lafranceinsoumise.fr/2018/12/14/gilets-jaunes-appel-collectif-a-rejoindre-et-soutenir-la-manifestation/). De son côté, bien que non signataire de l’appel, le Parti communiste français est, comme la France Insoumise, de tous les combats dans la rue et à l’Assemblée nationale.

De mon point de vue il semble évident que le climat est plus que propice à une multiplication des grèves, certes, mais dans un but précis, celui d’arriver à la grève générale pour faire reculer cette petite clique qui nous gouverne et nous vole un peu plus chaque fois qu’elle le peut. Et d’ailleurs mêmes les grands patrons ne s’y trompent pas. Puisque qu’ici et là ils commencent à céder sur les salaires, sur les heures supplémentaires, sur les primes. Michelin, Total, Orange, les annonces d’augmentations de salaires se multiplient preuve qu’ils craignent quelque chose. Et il y a bien longtemps que ce n’était pas arrivé.

C’est le peuple tout entier qui doit maintenant saisir l’opportunité de bousculer le gouvernement et de gagner de nouveaux droits. Tandis que certains préfèrent depuis des années détricoter nos acquis sociaux, gagnés après de longues luttes, nous devons désormais nous organiser pour inverser cette courbe et aller vers une transformation de la société.


Ci dessous voici les interventions d’André Chassaigne et de Jean-Luc Mélenchon pour défendre la motion de censure déposée par les groupes parlementaires de la France Insoumise, des socialistes, et des communistes (Gauche démocrate et républicaine).


Vote bloqué : le gouvernement abandonne les agriculteurs retraités

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Le gouvernement vient de s’opposer à un projet de loi, porté par le député communiste André Chassaigne, visant à revaloriser les pensions de retraites des agriculteurs de 75% à 85% du SMIC. En utilisant la procédure du vote bloqué, ce nouveau coup de force antidémocratique ne laisse rien présager de bon, à l’heure où un profond débat sur la réforme institutionnelle s’instaure.

  • Des paroles, mais pas d’actes

Alors en déplacement au salon de l’agriculture, Emmanuel Macron avait pourtant tenu un discours de solidarité envers les agriculteurs.

« Je sais l’importance qu’a notre agriculture, je sais les attentes, les angoisses et la souffrance sur le terrain. »

Mais une fois de plus, les promesses et les paroles ne suivent pas en actes. Sinon, pourquoi s’être obstiné à bloquer cette loi, de bon sens, et acceptée par tous les bancs de l’Assemblée ? Car la situation des agriculteurs reste l’une des plus préoccupantes et dramatiques de notre pays. 30% d’entre eux gagnent, en effet, moins de 350 euros par mois (1), tandis que la part des suicides dans cette profession est supérieure de 20 à 30% au reste de la population, et que le nombre de suicides a été multiplié par trois en 2016- soit un suicide par jour (2).

Le vote bloqué est prévu dans la Constitution par l’article 44-3. Il stipule que « Si le Gouvernement le demande, l’assemblée saisie se prononce par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par le Gouvernement. » Mais dernièrement, cette procédure n’a été utilisée que très rarement. En 2013, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en avait fait usage, mais c’était il y a 25 ans- en 1993- qu’il avait été utilisé, pour la dernière fois, contre une proposition de loi.

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  • Une réforme de bon sens et d’urgence sociale

Adoptée à l’unanimité le 2 février 2017 à l’Assemblée nationale, la proposition portée par André Chassaigne (PCF) et la députée d’Outre-mer Huguette Bello, visait à revaloriser les pensions de retraites, pour une carrière complète, des agriculteurs. Ces dernières sont parmi les plus faibles de notre pays, 840 euros pour un paysan, 570 euros pour une femme, d’où l’urgence de la situation.

Cette réforme devait ainsi permettre de passer de 75% du SMIC, à 85%, tout cela financé par une augmentation de la taxe sur les transactions financières de 0,1%. Dans une interview donnée à Sud Radio, André Chassaigne regrettait que cette nouvelle taxe soit refusée par le gouvernement, alors même que la droite n’y voyait aucun inconvénient :

« Le problème, c’est que j’ai proposé que ces retraites soient financées par une recette qui ne plaît pas : l’augmentation de la taxe sur les transactions financières de 0,1%. Ça ferait une recette de 500 millions d’euros par an, et ils n’en veulent pas ! » (3).

Mais qu’importe, car une fois de plus cette proposition avait fait la quasi-unanimité en commission des Affaires sociales du Sénat puisque votée à une très large majorité, droite comprise. Son vote au Sénat était donc une certitude, d’où l’étonnement général des sénateurs d’apprendre que le gouvernement préférait utiliser la procédure du vote bloqué afin d’empêcher une mesure d’urgence.

La volonté du gouvernement est de repousser cette- éventuelle- réforme à 2020 dans le cadre d’une loi plus générale. A raison d’un suicide par jour chez les agriculteurs, combien ne seront déjà plus là en 2020 ? A moins que le but de ce blocage ne soit  d’éviter à la finance de payer un surplus de 0,1% ?


(1).https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/revenus-des-agriculteurs-des-chiffres-qui-restent-inquietants_2414339.html

(2).https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-suicide-des-agriculteurs-en-chiffres-1517491824

(3). https://www.sudradio.fr/politique/blocage-de-la-revalorisation-des-retraites-agricoles-andre-chassaigne-est-furieux

Une Assemblée en marche arrière

hemicycle-et-personnage

Avec près de 376 députés, dont une quarantaine pour le Modem, le mouvement d’Emmanuel Macron obtient sans difficulté la majorité absolue. Certes elle est moins large que prévue, puisque les premières estimations, après le premier tour, annonçaient plus de 400 députés en Marche. Preuve en est que les français n’ont pas voulu donner un pouvoir total au président, qui ne devrait toutefois pas se priver de gouverner par ordonnance avec une telle majorité.

La société civile au Parlement ?

C’était une des promesses du candidat Macron, faire rentrer au Parlement ce qu’il appelle la société civile, c’est à dire des gens nouveaux provenant de toutes les catégories de la population. Pourtant loin du renouveau annoncé, ce nouveau Parlement s’annonce moins représentatif qu’auparavant. D’abord parce que, si une bonne partie d’entre eux n’avaient jamais été élu, ils n’étaient pas non plus novices en politiques. Ensuite parce que bien que se proclamant de la société civile, une grande majorité d’entre eux sont des cadres où exercent des professions libérales, même si d’une manière générale ce problème concerne tous les élus.

Ainsi sur 577 députés : 185 sont des cadres, 130 des fonctionnaires et 87 sont issus des professions libérales, soit 402 députés, laissant de fait une part minime voir inexistantes à ce qui constitue la majorité de la population française : employés, ouvriers, agriculteurs, artisans, retraités. L’Assemblée Nationale a pourtant pour vocation de représenter le peuple dans ses différences. Les ouvriers, à la base de toutes les productions, n’ont, par exemple, aucun député élu.

En revanche ce qui est certains c’est que l’Assemblée Nationale sera plus jeune durant ce quinquennat puisque la moyenne d’âge baisse de 5 ans. On passe ainsi d’une moyenne d’âge de 54 ans à 48 ans et 8 mois. Autre satisfaction, la part de femmes présentent au Parlement, puisque qu’avec 223 femmes élus sur 577 députés, jamais la part de représentation féminine n’aura été aussi importante. 38,7% c’est certes un énorme pas en avant, mais notre pays a encore du chemin à faire pour rivaliser avec d’autres Nations au premier rang duquel des Etats progressistes et socialistes. Ainsi en Bolivie le pourcentage de femmes élues au Parlement est de 53,1%. A Cuba il est de 48,9%, tandis qu’au Nicaragua il atteint 45,7%.

2 groupes pour représenter nos intérêts

Au milieu de cette Assemblée libérale, puisque en plus des députés en Marche et Modem, la droite, le centre-droit ainsi que quelques sociaux-libéraux disposent de nombreux sièges, nous sommes parvenu à faire élire des parlementaires qui, à coup sûr, porteront nos revendications et les intérêts de la majorité de la population.

Faute d’entente, communistes et insoumis siégeront à part dans l’Hémicycle. Toutefois c’est peut-être un mal pour un bien. En effet disposer de deux groupes permettra de multiplier par 2 le temps de parole à l’Assemblé, tout en convergeant et en proposant ensemble des projets de loi. Une manière également d’éviter de nouvelles disputes concernant le chef de groupe ou une quelconque discipline de vote. Pour ma part je me réjouis que le nombre de députés de la gauche radicale est doublé en l’espace d’une élection. Nos parlementaires du PCF reconduiront vraisemblablement le groupe de la Gauche républicaine et démocrate avec 4 députés ultramarins. Tandis que nos camarades insoumis auront de leur côté aussi un groupe.

Une des satisfaction de cette échéance électorale aura été l’élection de François Ruffin, rédacteur en chef du journal Fakir, et réalisateur du film Merci Patron. Soutenu par le Parti communiste, Ensemble, la France insoumise et les Verts, il aura réussi une remontée formidable entre les deux tours pour emporter la victoire face à un candidat en Marche. Puisque Macron n’a de cesse d’évoquer la moralisation de la vie politique, peut-être devrait-il prendre exemple sur François Ruffin qui a annoncé qu’il réduirait son indemnité parlementaire au SMIC, reversant le reste à des « bonnes oeuvres ». Il a également déclaré qu’il disposerait d’un mandat révocable, à savoir que si 25% des gens l’ayant élu décidaient qu’il n’a pas rempli son contrat il s’en irait. De même les députés de la majorité pourrait prendre exemple sur les députés communistes qui reversent leur indemnités au Parti et ne touchent qu’un salaire correspondant à leur anciens salaire professionnels.

Enfin, rien n’indique que la majorité, que possède actuellement le président, tiendra durant 5 ans tant la diversité des horizons politiques d’où proviennent les parlementaires peuvent être différents. Et avec un gouvernement qui a déjà vu 4 de ces ministres démissionner, notamment à cause de certaines implications dans des affaires, ce quinquennat s’annonce des plus flou.

 

 

Macron : l’enfumage libéral

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Seuls les plus naïfs seront surpris de voir la tournure que prend, déjà le quinquennat d’Emmanuel Macron. La promesse d’un renouveau politique et d’une moralisation semble être déjà loin. Avec des ministres tels que François Bayrou ou Gérard Collomb qui ne sont pas de nouveaux venus ou avec Richard Ferrant qui, à peine nommé Ministre de la Cohésion des territoires, était impliqué dans une affaire révélé par le Canard enchaîné.

Autre fait marquant mais pas surprenant non plus pour quiconque s’était intéressé d’un peu plus près au programme économique du candidat Macron, son souhait de réformer le code du travail dès cet été, et par ordonnance. C’est à dire par un processus non-démocratique consistant à occulter les débats au sein du Parlement. Ceci ne sera bien sûr possible que s’il dispose d’une majorité au Parlement. Une raison de plus de regretter les divisions de la gauche notamment entre la France insoumise et le Parti communiste français.

Quoiqu’il en soit dès qu’un libéral prononce le mot : réforme il faut s’inquiéter. Parce que dans leur bouche il signifie une baisse des droits des travailleurs et des cadeaux toujours plus nombreux au grand patronat. Ce n’est pas un hasard si depuis 15 ans les mêmes politiques sont menées au nom de cette fameuse réforme et que le résultat ne fait qu’empirer : hausse du chômage, de la pauvreté, des inégalités, baisse des salaires, licenciements massifs et fermetures d’usines hebdomadaires.

Le gouvernement entend aussi réformer notre modèle social, et notamment ce qui touche à la sécurité sociale, crée en 1945 par Ambroise Croizat, ministre communiste, dans un pays ruiné par 5 ans de guerre et d’occupation. Pourquoi ce qui était possible lorsque nous étions au plus bas ne le serait plus alors que la France n’a jamais été aussi riche de son histoire ? Il n’y a qu’à voir le nombre de millionnaires français, en hausse, tout comme les dividendes versés aux actionnaires. Certes la France est riche mais la richesse est de plus en plus mal partagé et ne profite qu’à une infime minorité.

Ainsi le premier ministre Edouard Philippe a annoncé ce matin- mercredi 7 juin- la volonté du gouvernement de supprimer les cotisations chômage et maladies. Officiellement pour accroître le pouvoir d’achat des travailleurs, il oublie simplement de préciser que pour financer cela il augmentera la CSG, de fait ce que nous gagnerons d’un côté nous le perdrons de l’autre.

Le coup d’Etat social prévu est en marche et sera réalisé si Macron dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale. Il y a de quoi s’inquiéter de la tournure que risque de prendre ce quinquennat. Avec un premier ministre ancien lobbyiste d’AREVA, avec une volonté d’aller vite et sans forcément s’encombrer de débats démocratique, et avec la suppression d’un Ministère du logement, désormais rattaché au Ministère occupé par Richard Ferrant. Alors même que le logement est la priorité numéro 1 des français. Ceux qui croyaient en un changement commencent à apercevoir le vrai visage de Macron, un jeune certes, mais aux idées vieilles d’avant la Révolution française, celle d’un libéralisme toujours plus agressif envers les plus démunis.

19,58% n’auront pas suffi

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Malgré une belle campagne, innovante, ambitieuse et progressiste, Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, soutenu par le Parti communiste et Ensemble, n’a pas réussi à se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle. Ce que nous craignions est ainsi arrivé, avoir le choix au second tour entre une candidate issue de l’extrême-droite et un candidat de l’oligarchie, soutenu par les banques.

Pourtant nous avons essayé. Essayé de créer un rapport de force qui nous soit favorable en tentant de rassembler non pas autour d’un candidat mais autour d’un programme de justice sociale et de renouveau démocratique. Force est de constater que par rapport à 2012, et aux 11,1% du Front de gauche, notre score augmente significativement puisque Jean-Luc Mélenchon a recueilli 19,58% des suffrages. C’est donc en soit une petite victoire mais surtout un formidable point d’appui pour la suite, et notamment pour les élections législatives.

Du reste, il ne faut pas perdre de vue que nous aurions pu être au second tour. Sans ce système médiatique qui a préféré taper sur le candidat de la France insoumise que sur le Front national, et qui maintenant vient nous faire la leçon quant au fait que Jean-Luc Mélenchon n’a pas donné de consignes de vote, préférant attendre la décision des près de 450 000 citoyens qui ont soutenu sa candidature, ce qui semble pourtant être la base de la démocratie.

Ce n’est pas un hasard si la France n’est plus classée que 45ème mondial au classement de la liberté de la presse. Le fait que la plupart des journaux, chaînes d’infos et stations de radios soient possédés par 9 milliardaires rend beaucoup plus compréhensif ce déferlement contre la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Des attaques répétées sur le Venezuela, Cuba, la Russie, tout ce qui serait censé effrayer les personnes souhaitant lui apporter son vote. Et surtout cette omniprésence d’experts et d’économistes tous plus libéraux que les autres ne pouvant s’empêcher de décrire notre programme comme « infaisable et dangereux » en essayant de démontrer une quelconque, et absurde, proximité avec le programme haineux de l’extrême-droite.

D’un autre côté ils se seront bien gardés de tout reproche envers Emmanuel Macron et son programme néolibéral qui vont- s’il est élu- nous plonger dans un appauvrissement général. Ce petit jeu médiatique a parfaitement fonctionné puisqu’ils ont réussi à faire élire un candidat ayant le même programme et les mêmes objectifs que le président le plus impopulaire de la Vème République.

Il ne faudra pas non plus  oublier la trahison socialiste, une de plus, puisque Benoît Hamon et le PS ont préféré, plutôt que de créer une unité, qu’ils appelaient de leurs voeux du moment qu’elle était derrière eux, sauver les meubles et leurs apparatchiks. Comme nous l’avions annoncé depuis maintenant plusieurs mois le PS prend la direction du PASOK Grec, en ne pesant désormais plus rien dans le jeu électoral.

Et maintenant ? Cap sur les législatives ! 

Il n’y a donc plus rien à attendre de ces élections présidentielles, et chacun votera le 7 mai en connaissance de cause, aussi devrons-nous respecter nos camarades qui ne souhaitant pas avoir à faire un choix entre la peste et le choléra préféreront voter blanc, tout comme ceux qui, conscients du danger de l’extrême-droite, voudront l’éviter à tout prix.

Désormais nos yeux doivent être rivés sur les prochaines élections qui arriveront très vite et qui détermineront, elles aussi, l’avenir de notre pays. Car sans majorité, aucun président ne pourra mener sa politique. Or faire en sorte que nous ayons un groupe en proportion de notre résultat sera essentiel. Il ne faudra pas refaire comme en 2012 et n’avoir qu’une dizaine de députés pour défendre nos acquis sociaux. Il ne faudra pas non plus se diviser entre France insoumise, PCF, et Ensemble. Diviser la gauche de transformation sociale ne servirait qu’à accroître le pouvoir des futurs dirigeants et faire reculer nos droits. Or nous aurons besoin de députés nombreux pour défendre nos revendications et porter nos propositions.

En attendant, le 1er mai sera comme à son ordinaire un moment important pour montrer notre force et notre nombre. Aux côtés des syndicalistes qui eux aussi devront accentuer les luttes, nous montrerons à tout le pays que nous refusons de laisser nos conditions de vies et de travail se détériorer.

 

Ils ont peur, c’est bon signe !

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La possibilité de voir Jean-Luc Mélenchon présent au second tour commence à inquiéter tout ce petit monde de bien-pensants et d’oligarques qui, sans doute, prennent peur pour leurs intérêts et leurs privilèges. La peur que tout un peuple prenne conscience et prenne son destin entre ses mains en élisant un programme qui le défendra en engageant une profonde rupture démocratique, écologique et sociale.

Comme lors de la campagne de 2012, le très objectif journal du Figaro a ainsi ressorti les habituels clichés et références destinés à faire peur. « Chavez français » « Maximilien Ilitch »– en référence à Robespierre et à Lénine- tout cela en annonçant de fausses informations sur le programme afin de décrédibiliser le candidat de la France insoumise. Ce petit jeu ne date pas d’hier puisque déjà en 1981 les chars soviétiques auraient dû débarquer après la victoire de François Miterrand et la nomination de ministres communistes à son premier gouvernement. C’est donc une constante : celle de faire ressortir de vieux clichés, et de se servir du vieil-anticommunisme primaire comme celui du révolutionnaire bolchevique, le couteau entre les dents, prêt à en découdre.

Quelle personne consciente et intelligente pourrait croire à une telle propagande et se laisser influencer par de tels torchons et propos mensongers ? A l’image de Sophie de Ravinel, journaliste au Figaro qui a déclaré sur Twitter que le PCF dissimulait- ou avait dissimulé- des chars dans les sous-sols de la place du Colonel-Fabien, siège du Parti communiste français. Après de telles déclarations, qui pourrait croire au sérieux et à la sincérité de ce journal ?

Récemment une nouvelle polémique est née concernant un point spécifique du programme. Une mesure prévue consiste en effet à participer à l’ALBA- l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique- qui est un organisme de coopération développé notamment par Fidel Castro et Hugo Chavez. Je ne reviendrai pas ici sur l’action politique de ces deux grands hommes qui ont su mener des politiques de solidarité, de progrès et de justice sociale malgré la pression du voisin américain. D’ailleurs il suffit de regarder l’état de Cuba et du Venezuela lorsque les amis de ceux qui aujourd’hui dénigrent ces pays étaient au pouvoir pour se rendre compte des changements rendus possibles par l’action de ces leaders.

L’ALBA est donc un mécanisme de coopération qui n’a aucune vocation commerciale ou militaire, et qui donc dérange car le libre-échange y est prohibé. 11 pays sont membres de cette alliance : Cuba et le Venezuela donc, le Nicaragua, la Bolivie, l’Equateur, Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Grenade, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. La Russie en fut membre observateur en 2009 et actuellement quatre autres Etats jouent le rôle d’Etat observateur : Haïti, l’Iran, la Syrie et le Surinam. Il n’aura échappé à personne que, comme la Guyane n’est pas une île comme d’aucuns le pense, elle constitue notre plus grande frontière terrestre avec le Brésil. Ainsi le programme l’Avenir en commun propose que la Guyane participe à ce mécanisme de coopération qui lui serait bénéfique et s’y insère pleinement.

Cuba, Venezuela, Iran, Syrie, Bolivie : placer ces pays dans une seule et même phrase est évidemment destiné, une nouvelle fois, à faire peur aux personnes qui écoutent. D’autant plus que ceux qui, encore une fois, apportent les plus vives critiques à cette organisation, ne s’émeuvent pas que la France soit membre d’organisations où figurent des pays comme le Qatar et l’Arabie Saoudite qui comme chacun le sait sont des exemples de démocratie et de promotion des droits de la femme.

D’un autre côté, voir toute cette oligarchie prendre peur et tenter de freiner la dynamique de Jean-Luc Mélenchon a comme un goût de victoire. Car si nos chances d’être au second tour n’étaient pas réelles ils n’auraient pas pris la peine de s’en inquiéter. François Hollande est, d’ailleurs, lui aussi sorti de son silence afin de manifester son inquiétude vis à vis du candidat de la France insoumise. Une inquiétude à géométrie variable puisqu’il n’avait pas réalisé une telle sortie lorsque Marine le Pen avait prétendu que la France n’était pas responsable de la Rafle du Vél d’Hiv.

Une semaine : c’est à peu près ce qu’il nous reste afin de convaincre ceux autour de nous qui sont encore indécis, et ils sont nombreux. Tous les moyens sont bons pour cela et chaque voix sera importante tant les scores risquent d’être serrés entre les quatre qui font la course en tête. Derrière eux, Benoit Hamon voit son score baisser de jour en jour. Lui qui clamait l’unité à tout bout de champ, pourvu qu’elle se fasse à son profit, aura à porter une lourde responsabilité si au soir du 23 avril nous ne sommes pas au second tour et que, de fait, la gauche sera éliminée. Mais nul doute que nous y serons afin que commencent les jours heureux.