Une Assemblée en marche arrière

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Avec près de 376 députés, dont une quarantaine pour le Modem, le mouvement d’Emmanuel Macron obtient sans difficulté la majorité absolue. Certes elle est moins large que prévue, puisque les premières estimations, après le premier tour, annonçaient plus de 400 députés en Marche. Preuve en est que les français n’ont pas voulu donner un pouvoir total au président, qui ne devrait toutefois pas se priver de gouverner par ordonnance avec une telle majorité.

La société civile au Parlement ?

C’était une des promesses du candidat Macron, faire rentrer au Parlement ce qu’il appelle la société civile, c’est à dire des gens nouveaux provenant de toutes les catégories de la population. Pourtant loin du renouveau annoncé, ce nouveau Parlement s’annonce moins représentatif qu’auparavant. D’abord parce que, si une bonne partie d’entre eux n’avaient jamais été élu, ils n’étaient pas non plus novices en politiques. Ensuite parce que bien que se proclamant de la société civile, une grande majorité d’entre eux sont des cadres où exercent des professions libérales, même si d’une manière générale ce problème concerne tous les élus.

Ainsi sur 577 députés : 185 sont des cadres, 130 des fonctionnaires et 87 sont issus des professions libérales, soit 402 députés, laissant de fait une part minime voir inexistantes à ce qui constitue la majorité de la population française : employés, ouvriers, agriculteurs, artisans, retraités. L’Assemblée Nationale a pourtant pour vocation de représenter le peuple dans ses différences. Les ouvriers, à la base de toutes les productions, n’ont, par exemple, aucun député élu.

En revanche ce qui est certains c’est que l’Assemblée Nationale sera plus jeune durant ce quinquennat puisque la moyenne d’âge baisse de 5 ans. On passe ainsi d’une moyenne d’âge de 54 ans à 48 ans et 8 mois. Autre satisfaction, la part de femmes présentent au Parlement, puisque qu’avec 223 femmes élus sur 577 députés, jamais la part de représentation féminine n’aura été aussi importante. 38,7% c’est certes un énorme pas en avant, mais notre pays a encore du chemin à faire pour rivaliser avec d’autres Nations au premier rang duquel des Etats progressistes et socialistes. Ainsi en Bolivie le pourcentage de femmes élues au Parlement est de 53,1%. A Cuba il est de 48,9%, tandis qu’au Nicaragua il atteint 45,7%.

2 groupes pour représenter nos intérêts

Au milieu de cette Assemblée libérale, puisque en plus des députés en Marche et Modem, la droite, le centre-droit ainsi que quelques sociaux-libéraux disposent de nombreux sièges, nous sommes parvenu à faire élire des parlementaires qui, à coup sûr, porteront nos revendications et les intérêts de la majorité de la population.

Faute d’entente, communistes et insoumis siégeront à part dans l’Hémicycle. Toutefois c’est peut-être un mal pour un bien. En effet disposer de deux groupes permettra de multiplier par 2 le temps de parole à l’Assemblé, tout en convergeant et en proposant ensemble des projets de loi. Une manière également d’éviter de nouvelles disputes concernant le chef de groupe ou une quelconque discipline de vote. Pour ma part je me réjouis que le nombre de députés de la gauche radicale est doublé en l’espace d’une élection. Nos parlementaires du PCF reconduiront vraisemblablement le groupe de la Gauche républicaine et démocrate avec 4 députés ultramarins. Tandis que nos camarades insoumis auront de leur côté aussi un groupe.

Une des satisfaction de cette échéance électorale aura été l’élection de François Ruffin, rédacteur en chef du journal Fakir, et réalisateur du film Merci Patron. Soutenu par le Parti communiste, Ensemble, la France insoumise et les Verts, il aura réussi une remontée formidable entre les deux tours pour emporter la victoire face à un candidat en Marche. Puisque Macron n’a de cesse d’évoquer la moralisation de la vie politique, peut-être devrait-il prendre exemple sur François Ruffin qui a annoncé qu’il réduirait son indemnité parlementaire au SMIC, reversant le reste à des « bonnes oeuvres ». Il a également déclaré qu’il disposerait d’un mandat révocable, à savoir que si 25% des gens l’ayant élu décidaient qu’il n’a pas rempli son contrat il s’en irait. De même les députés de la majorité pourrait prendre exemple sur les députés communistes qui reversent leur indemnités au Parti et ne touchent qu’un salaire correspondant à leur anciens salaire professionnels.

Enfin, rien n’indique que la majorité, que possède actuellement le président, tiendra durant 5 ans tant la diversité des horizons politiques d’où proviennent les parlementaires peuvent être différents. Et avec un gouvernement qui a déjà vu 4 de ces ministres démissionner, notamment à cause de certaines implications dans des affaires, ce quinquennat s’annonce des plus flou.

 

 

Ils ont peur, c’est bon signe !

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La possibilité de voir Jean-Luc Mélenchon présent au second tour commence à inquiéter tout ce petit monde de bien-pensants et d’oligarques qui, sans doute, prennent peur pour leurs intérêts et leurs privilèges. La peur que tout un peuple prenne conscience et prenne son destin entre ses mains en élisant un programme qui le défendra en engageant une profonde rupture démocratique, écologique et sociale.

Comme lors de la campagne de 2012, le très objectif journal du Figaro a ainsi ressorti les habituels clichés et références destinés à faire peur. « Chavez français » « Maximilien Ilitch »– en référence à Robespierre et à Lénine- tout cela en annonçant de fausses informations sur le programme afin de décrédibiliser le candidat de la France insoumise. Ce petit jeu ne date pas d’hier puisque déjà en 1981 les chars soviétiques auraient dû débarquer après la victoire de François Miterrand et la nomination de ministres communistes à son premier gouvernement. C’est donc une constante : celle de faire ressortir de vieux clichés, et de se servir du vieil-anticommunisme primaire comme celui du révolutionnaire bolchevique, le couteau entre les dents, prêt à en découdre.

Quelle personne consciente et intelligente pourrait croire à une telle propagande et se laisser influencer par de tels torchons et propos mensongers ? A l’image de Sophie de Ravinel, journaliste au Figaro qui a déclaré sur Twitter que le PCF dissimulait- ou avait dissimulé- des chars dans les sous-sols de la place du Colonel-Fabien, siège du Parti communiste français. Après de telles déclarations, qui pourrait croire au sérieux et à la sincérité de ce journal ?

Récemment une nouvelle polémique est née concernant un point spécifique du programme. Une mesure prévue consiste en effet à participer à l’ALBA- l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique- qui est un organisme de coopération développé notamment par Fidel Castro et Hugo Chavez. Je ne reviendrai pas ici sur l’action politique de ces deux grands hommes qui ont su mener des politiques de solidarité, de progrès et de justice sociale malgré la pression du voisin américain. D’ailleurs il suffit de regarder l’état de Cuba et du Venezuela lorsque les amis de ceux qui aujourd’hui dénigrent ces pays étaient au pouvoir pour se rendre compte des changements rendus possibles par l’action de ces leaders.

L’ALBA est donc un mécanisme de coopération qui n’a aucune vocation commerciale ou militaire, et qui donc dérange car le libre-échange y est prohibé. 11 pays sont membres de cette alliance : Cuba et le Venezuela donc, le Nicaragua, la Bolivie, l’Equateur, Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Grenade, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. La Russie en fut membre observateur en 2009 et actuellement quatre autres Etats jouent le rôle d’Etat observateur : Haïti, l’Iran, la Syrie et le Surinam. Il n’aura échappé à personne que, comme la Guyane n’est pas une île comme d’aucuns le pense, elle constitue notre plus grande frontière terrestre avec le Brésil. Ainsi le programme l’Avenir en commun propose que la Guyane participe à ce mécanisme de coopération qui lui serait bénéfique et s’y insère pleinement.

Cuba, Venezuela, Iran, Syrie, Bolivie : placer ces pays dans une seule et même phrase est évidemment destiné, une nouvelle fois, à faire peur aux personnes qui écoutent. D’autant plus que ceux qui, encore une fois, apportent les plus vives critiques à cette organisation, ne s’émeuvent pas que la France soit membre d’organisations où figurent des pays comme le Qatar et l’Arabie Saoudite qui comme chacun le sait sont des exemples de démocratie et de promotion des droits de la femme.

D’un autre côté, voir toute cette oligarchie prendre peur et tenter de freiner la dynamique de Jean-Luc Mélenchon a comme un goût de victoire. Car si nos chances d’être au second tour n’étaient pas réelles ils n’auraient pas pris la peine de s’en inquiéter. François Hollande est, d’ailleurs, lui aussi sorti de son silence afin de manifester son inquiétude vis à vis du candidat de la France insoumise. Une inquiétude à géométrie variable puisqu’il n’avait pas réalisé une telle sortie lorsque Marine le Pen avait prétendu que la France n’était pas responsable de la Rafle du Vél d’Hiv.

Une semaine : c’est à peu près ce qu’il nous reste afin de convaincre ceux autour de nous qui sont encore indécis, et ils sont nombreux. Tous les moyens sont bons pour cela et chaque voix sera importante tant les scores risquent d’être serrés entre les quatre qui font la course en tête. Derrière eux, Benoit Hamon voit son score baisser de jour en jour. Lui qui clamait l’unité à tout bout de champ, pourvu qu’elle se fasse à son profit, aura à porter une lourde responsabilité si au soir du 23 avril nous ne sommes pas au second tour et que, de fait, la gauche sera éliminée. Mais nul doute que nous y serons afin que commencent les jours heureux.

Votez pour vous, votez Mélenchon

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Quelques jours désormais nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle, et si on s’en référait simplement aux sondages il y a un candidat qui bénéficie d’une réelle dynamique c’est Jean-Luc Mélenchon. Mais ce n’est pas le seul indicateur sur lequel nous nous basons : le nombre de personnes, de plus en plus nombreuses chaque jour, qui suivent le candidat de la France insoumise sur les réseaux sociaux, l’affluence à ses meetings, et l’audience qu’il réalise à la télévision, peuvent témoigner d’une réelle dynamique en sa faveur.

A tel point que certains journalistes qui avaient déjà enterrées le candidat osent désormais évoquer l’idée d’un second tour. Bien sûr nous n’en doutons pas une seconde, nous pouvons être au second tour tant le reste de l’offre politique de ceux qui sont devant nous -selon les sondages- est dangereuse pour notre pays. Entre la continuité d’une politique que nous connaissons depuis cinq ans, un repli sur soi identitaire, et une politique encore plus libérale qu’actuellement, les perspectives de changement progressiste s’éloignent pour notre peuple.

C’est en ce sens que la candidature de rupture qu’incarne Jean-Luc Mélenchon, appuyé par des centaines de milliers de citoyens, et soutenu par le PCF, peut être une réelle chance d’espoir pour notre pays à conditions que chaque citoyen prenne conscience de l’importance de cette échéance électorale. Enfin, pour une fois, nous avons l’occasion de voter pour un vrai programme et non pas contre quelqu’un ou pour le moins pire. Nous avons l’occasion de mettre un terme à cette Monarchie présidentielle qui confère au Président de la République un mandat de 5 ans sans aucun contre-pouvoir, et qui lui permet d’être élu sur un programme et de faire tout l’inverse de ce pour quoi il fut élu pendant toute la durée de son mandat.

Je ne vais pas y revenir dans cet article mais une VIème République apparaît désormais plus que nécessaire afin de redonner confiance aux français dans la politique, en leur conférant un véritable pouvoir, et en leur donnant la possibilité de révoquer n’importe quel élu. Les élus de la République doivent être irréprochables, Marine le Pen et François Fillon ne devraient pas être éligibles et pourtant ils culminent en tête des sondages à côté d’un jeune banquier se présentant candidat anti-système et semblant vouloir recycler tout ce dont les français ne veulent plus.

Les solutions que nous proposent ces candidats sont connues depuis des dizaines d’années et ont déjà montré leur inefficacité. Chômage, inégalités, et pauvreté en augmentation, cadeaux au grand patronat, fermeture de centaines d’usines, libéralisation des services publics, baisse du pouvoir d’achat des travailleurs, recul de l’âge à la retraite voilà ce à quoi nous ont mené ceux qui s’auto-qualifiaient de « candidats responsables ». Ce sont eux qui tout en parlant de rigueur, d’austérité, n’hésitent pas à se servir dans les caisses de l’Etat, à dilapider des milliards d’euros dans des guerres en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient et à donner l’argent de nos impôts aux banques et aux actionnaires.

Cette situation ne peut plus durer, d’ailleurs les forts taux d’absentions aux dernières élections ne peuvent qu’en attester. La candidature de Jean-Luc Mélenchon propose l’inverse de ces vieilles recette libérales. Mais surtout, le caractère écologiste de son programme est en parfaite adéquation avec la situation que nous vivons. Pour les autres cela semble n’être qu’un chapitre de leur programme, parmi tant d’autres, alors que cela devrait être au coeur de nos préoccupations. Car personne ne sera épargné par les changements climatiques que nous serons amenés à subir, et des millions de réfugiés climatiques sont à prévoir pour les dizaines d’années qui suivront.

Le programme l’Avenir en commun réponds ainsi à toutes les attentes sociales, écologiques, économiques et démocratiques de notre pays. Non seulement parce qu’il a été écrit grâce aux contributions de plusieurs milliers de citoyens et citoyennes, mais aussi car il a été chiffré par des économistes et que nous savons donc qu’il rapportera plus que ce qu’il ne coûtera.

Le second tour n’est pas inaccessible, bien au contraire si chaque militant convainc autour de lui, diffuse notre programme et nos idées, il deviendra plus qu’envisageable. Chaque voix comptera, chaque personne convaincue comptera. Le 23 avril votez pour vous, votez Jean-Luc Mélenchon.


 

La bataille du logement

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A l’image de l’action politique de Ian Brossat (PCF), adjoint au logement à la mairie de Paris, le programme l’Avenir en commun de la France insoumise et de son candidat Jean-Luc Mélenchon propose des mesures ambitieuses pour répondre à la crise du logement que connaît notre pays.

Les chiffres parlent d’eux mêmes, la France présente un bilan désastreux en matière de logement qui empire année après année, quels que soient les gouvernements qui se succèdent. Ainsi, selon les chiffres de l’INSEE, datant de janvier 2014, il y a en France 2 640 000 logements vacants, ou vides. Dans le même temps, et toujours selon les chiffres de l’INSEE, près d’un million de personnes seraient demandeuses de logements sociaux. Certes tous les logements vacants ne signifient pas qu’ils sont abandonnés, c’est parfois un choix volontaire des propriétaires de les laisser vacants (1). Pourtant, lorsque 30 000 enfants sont sans-abri, lorsque près d’un million de personnes n’ont pas de logements personnels, lorsque 4 millions de personnes sont mal logées, tandis que 12 millions sont menacées d’un problème lié à leur logement, la question d’une prise en main sérieuse par l’Etat ne doit plus faire débat.

Six propositions sont mises en avant dans le programme l’Avenir en commun afin de répondre à la crise du logement que traverse notre pays :

  • Interdire les expulsions locatives, sans relogement
  • Construire 200 000 logements publics en 1 an, et pendant 5 ans, aux normes écologiques
  • Mettre en place une garantie universelle des loyers pour favoriser l’accès de tous au logement, par l’intermédiaire d’une caisse de solidarité alimentée par les bailleurs comme le défend la Confédération nationale du logement
  • Lancer un plan d’éradication du logement insalubre, de renouvellement urbain et de construction de logements sociaux en renforçant les sanctions des communes trop faiblement dotées en parc social
  • Imposer les hautes transactions immobilières par une taxe progressive
  • Soutenir les projets d’habitats participatif et coopératif

Le droit au logement est un droit vital, fondamental pour chacun et chacune, comme l’est d’ailleurs le droit à une santé, et une éducation gratuite. L’urgence est telle, d’autant plus avec les vagues de froid que nous connaissons actuellement, que des mesures fortes doivent être engagées dans l’immédiat, en se basant notamment sur les propositions de l’association Droit au Logement (DAL), et de la Confédération nationale du logement, dont les militants sont au coeur des réalités quotidiennes et des luttes concernant le logement.

Les réquisitions de logements vides, l’encadrement des loyers, la construction de nouveaux logements, ou bien la transformation de bureaux vides et inutilisés- comme le fait actuellement la Mairie de Paris, permettront d’améliorer considérablement la situation. Mais les efforts ne devront pas seulement se concentrer  sur les personnes n’ayant pas de logement, puisque des millions de personnes, qui possèdent un logement, connaissent des problèmes récurrents d’insalubrité, sont menacées d’expulsions, ou peuvent rencontrer des problèmes liés à l’eau, au chauffage, ou à l’isolation. D’où le lien évident entre la précarité, et le logement.

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L’hypocrisie de la droite et de l’extrême-droite

Depuis quelques mois, des élus de droite, et d’extrême-droite ne sont révélés être d’ardents défenseurs des sans-abris et des mal logés français, principalement du fait de l’arrivée de migrants, et donc de la nécessité de les accueillir dans des conditions dignes et humaines, selon les droits évoqués dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, texte qui se trouve au coeur de notre bloc de constitutionnalité. Pour cela, une des solutions serait de construire des centres pour ces réfugiés, qui ne viennent pas en France par plaisir, mais pour fuir des guerres dont nous sommes en grande partie responsables. Personne n’est heureux de quitter son lieu de naissance, sa famille, ses amis, son travail, pour rejoindre un pays à des milliers de kilomètres, risquer sa vie, en la confiant à des passeurs seulement intéressés par leur argent.

Une fois cette vérité rétablie, il convient d’évoquer les faits. La droite, et l’extrême-droite ne défendent en réalité la construction de logements sociaux, et les sans-abris que pour flatter leur électorat le plus hostile aux immigrés. S’opposer à la construction de logements- ou de centres- pour des réfugiés, tout en clamant que rien n’est fait pour les sans-abris français n’est pas nouveau. La logique voudrait donc que lorsque des constructions de logements sociaux ou de centres pour sans-abris sont proposées, la droite et l’extrême-droite devraient approuver ces mesures. Or c’est tout l’inverse qui se produit, avec parfois des actes ignobles comme l’incendie volontaire d’un centre pour sans-abris qui était prévu dans le XVIème arrondissement de Paris (2).

D’une manière générale d’ailleurs, les villes- ou les arrondissements parisiens- qualifiées de plus aisées et généralement dirigées par des élus de droite, sont celles qui comptent le moins de logements sociaux. Valérie Pécresse (Les Républicains), présidente de la région Île-de-France, a, quant à elle, décidé de baisser le budget alloué aux logement sociaux (3).

Un logement pour tous 

Une politique sociale qui ne prendrait pas en compte la question du logement restera donc vaine. La pauvreté qui touche notre pays est liée avec les millions de personnes qui ne peuvent prétendre à avoir un logement décent, ou qui n’en n’ont tout simplement pas.

La cinquième puissance du monde ne peut pas se permettre d’avoir un bilan aussi négatif sur un sujet aussi essentiel que celui-ci. Une politique progressiste et ambitieuse devra donc être mise en oeuvre. Et alors qu’en 1954 déjà, l’Abbé Pierre luttait et dénonçait déjà cette situation, plus de 60 ans après ce problème n’est toujours pas résolu, de quoi s’interroger sérieusement sur les politiques menées jusque là. Le logement devient un luxe, nous en ferons un droit.


 

Sources : 

(1) : Y-a-t-il 2,6 millions de logements vides en France ? 

(2) : Paris : incendie volontaire du futur centre pour SDF du 16ème arrondissement

(3) : Logement : tensions autour de la politique de Valérie Pécresse

De nouveaux droits pour les salariés

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Après le premier débat de la primaire du Parti socialiste, et de ses alliés du Parti radical de gauche et de deux autres micros-partis, une chose a sans doute frappé les électeurs de gauche : aucun candidat n’a évoqué les nouveaux droits que doivent avoir les salariés dans leur entreprise. Prétendre vouloir défendre les valeurs de la gauche en défendant sans cesse une politique de l’offre, c’est à dire libérale voir néolibérale, ne peut, en aucun cas, mener à une amélioration des conditions de vie et de travail. Or depuis plusieurs années maintenant, sous des gouvernements de droite comme du PS, c’est cette politique qui est mise en place : toujours plus d’aides pour les patrons, et notamment les grands patrons, puisque TPE et PME restent asphyxiées par les banques. Ce sont les entreprises du CAC 40, côtés en bourse, avec la bénédiction du MEDEF, qui clament toujours plus d’aides alors que les actionnaires n’ont jamais été aussi riches, et qu’il n’y a jamais eu autant de millionnaires en France. D’ailleurs, il y a peu, le CAC 40 a versé à ses actionnaires, au cours de l’années 2016 : 56 milliards d’euros, alors même que le chômage a augmenté, et que plusieurs grandes entreprises ont annoncé des plans de licenciements (1).

C’est pour répondre à cette urgence sociale et démocratique que le programme l’Avenir en commun, élaboré par des milliers de contributions citoyennes, propose des mesures concrètes afin d’accroître le pouvoir des salariés sur leur lieu de travail et ainsi enrayer cette machine infernale qui veut que l’on travaille toujours plus pour gagner toujours moins. Ce programme, c’est celui de la France insoumise et de son candidat Jean-Luc Mélenchon, soutenu par le Parti communiste, mais aussi par la quasi-totalité des autres formations du Front de gauche.

La démocratie dans l’entreprise

Jean Jaurès avait dit « la grande Révolution [ndlr : celle de 1789] a rendu les français rois dans la cité, et les a laissé serfs dans l’entreprise ». C’est par cette citation que commence le paragraphe du programme alloué aux droits nouveaux des salariés dans l’entreprise. Plus vrai que jamais par ailleurs, cette affirmation doit nous faire prendre conscience qu’aujourd’hui les salariés n’ont aucun droit- ou presque- de décision dans leur entreprise, si ce n’est celui d’élire les syndicats qui les représenteront.

Pour combler ce vide démocratique le programme propose en outre trois mesures importantes :

  • Accorder de nouveaux droits de contrôle des comités d’entreprise sur les finances de leur entreprise
  • instaurer le droit pour les salariés à un vote de défiance à l’égard des dirigeants d’entreprises ou des projets stratégiques
  • renforcer le pouvoir d’intervention des salariés contre les licenciements économiques par un droit de vote suspensif des comités d’entreprise.

Il n’est plus possible que les travailleurs n’aient aucun recour lorsque des licenciements, et notamment dans les grandes entreprises, sont annoncés. Au cours des dernières années les exemples se sont multipliés, sans que l’Etat ne fasse quoi que ce soit pour, a minima, limiter cela. De ce fait, la France a perdu des fleurons de son industrie, a privatisé des entreprises étatiques, pour qu’une poignée puisse se gaver, sans jamais que les travailleurs n’aient leur mot à dire à ce sujet. Arcelor Mittal, PSA, Air France, Goodyear, Alstom, les délocalisations et les fermetures d’usines ne peuvent plus durer, surtout lorsqu’on prétend vouloir lutter contre le chômage de masse, surtout lorsque qu’on prétend être un gouvernement de gauche.

Il est impossible de construire une nouvelle République démocratique, sans que les travailleurs, représentant la majorité de la population, n’obtiennent de nouveaux droits dans l’entreprise.

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Protéger les travailleurs, les syndicalistes et les militants associatifs

Ces nouveaux droits devront nécessairement s’accompagner de mesures fortes qui auraient déjà dû être prises durant le mandat de François Hollande selon ses propres paroles. A mon sens il y a en deux fondamentales : l’interdiction des licenciements boursiers, et l’amnistie des syndicalistes, et des militants sociaux et associatifs condamnés pour avoir défendu leur emploi, ou une cause juste.

C’est, en théorie, une tradition républicaine d’amnistier les syndicalistes condamnés sous le précédent quinquennat pour leurs activités militantes. A ce propos, il semble inconcevable qu’en 2017 les syndicalistes soient condamnés, sanctionnés, mis sous pression, simplement du fait de leur militantisme et de leurs idées. La VIème République que nous construirons devra veiller à réaffirmer les droits de chacun et de chacune à s’engager dans l’organisation syndicale de son choix, tout en améliorant le rôle et les droits des syndicats en matière de protection des salariés, en matière de gouvernance de l’entreprise, et en matière de propositions de lois.

L’amnistie des syndicalistes, et des militants sociaux, aurait pu être décidée par François Hollande dès le début de son mandat, et c’est ce que les syndicats étaient en droit d’attendre d’un président socialiste, le premier depuis Mitterand. Rien n’a pourtant été fait, et il a fallu attendre 2013 pour qu’une loi d’amnistie sociale, à l’initiative des sénateurs du groupe Communiste, républicain et citoyen soit adoptée (2).

Pourtant, dernièrement, des militants syndicalistes, notamment de la CGT, ont été condamnés par la Justice pour des faits mineurs et n’ayant aucune gravité, alors que dans le même temps des personnalités comme Christine Lagarde, à la tête du Fond monétaire international (FMI), jugée pour une « négligence » de 400 millions d’euros, ne font l’objet que de simples remontrances. Il faudra donc également veiller à faire cesser cette justice de classe afin de rendre égal chacun et chacune devant la loi.

L’interdiction des licenciements boursiers pourra répondre, quant à elle, à deux urgences. La première, et celle qui nous intéresse précisément dans cet article, celle de la démocratie dans l’entreprise, et la seconde celle relative au chômage, qui aura le mérite d’être développée dans de futurs articles. On considère comme licenciement boursier, un licenciement opéré par une entreprise réalisant des bénéfices conséquents, et versant des dividendes à ses actionnaires.

Et malheureusement, les exemples se sont multipliés au cours de ces deux derniers quinquennats, de licenciements massifs, comme ce fut par exemple le cas à Air France, suivit d’une augmentation des dividendes, ou d’une annonce d’un parachute doré, qu’il faudra d’ailleurs supprimer. De plus cette mesure permettra de lutter efficacement contre le chômage de masse.

D’autres mesures devront être prises, comme par exemple le développement des coopératives, qui permettra aux salariés de reprendre leur entreprise s’ils estiment leur projet viable dans le temps. Il faudra par ailleurs renforcer les pouvoirs de l’Inspection du travail afin de lutter contre les abus à l’encontre des travailleurs. Récemment, à Tourcoing, dans le magasin d’Auchan, deux cas extrêmement graves ont été révélés : d’une part le licenciement d’une caissière qui s’était trompée de 0,85 centimes, avant sa réintégration suite à la mobilisation syndicale, mais beaucoup plus grave, la fausse couche d’une caissière à son poste. Cette dernière a d’ailleurs décidé de porter plainte contre l’entreprise (3).

La démocratie politique ne peut réellement exister sans une démocratie dans l’entreprise exercée par les travailleurs. Pour autant, toute démocratie dans l’entreprise qui soit, ne pourra pas exister si les conditions de travail ne sont pas améliorées considérablement : par une augmentation du salaire minimum, par un partage et une baisse du temps de travail, par une sixième semaine de congés payés et donc nécessairement par une abrogation de la loi El-Khomri.

 

(1) : Le CAC 40 allonge les milliards aux actionnaires

(2) : Le Sénat adopte la loi d’amnistie sociale 

(3) : Jean-Luc Mélenchon à Tourcoing pour le droit des salariés