Libye : ces images intolérables

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Les images, en provenance de Libye, qui ont choqué à juste titre tant de personnes étaient malheureusement prévisibles. Nous avions été nombreux à alerter sur l’état de la Libye après la chute de Kadhafi. Ces images, filmées en caméra cachée par la chaîne CNN, nous ramènent plusieurs siècles en arrière, lorsque l’esclavage était encore en vigueur et que les êtres humains était vendus comme de simples marchandises. Ces images, insupportables aux yeux du plus grand nombre, doivent nous amener à nous poser les bonnes questions.

Depuis la chute de Kadhafi, quoi que l’on puisse penser de lui et de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste, qu’il avait instauré, la Libye n’est plus que l’ombre d’elle-même et, malheureusement, les images captées par CNN sont là pour nous ramener à cette réalité dramatique.

La chute de la Libye populaire et socialiste

On peut au moins s’entendre sur le fait que la prétendue « révolution libyenne » n’était, en réalité, qu’une machination de plus orchestrée depuis les bureaux de l’impérialisme dont le but était clair : renverser un Etat souverain africain et arabe. Et il y a fort à parier que si la Libye avait accepté de brader son économie aux multinationales, elle n’aurait jamais été détruite de la sorte. C’est précisément parce que la Libye s’est posée en Etat souverain, anti-impérialiste, et dans une certaine mesure socialiste, qu’elle a été la cible de l’OTAN, organisation qui du fait de la disparition de l’URSS, donc du Pacte de Varsovie depuis 1991, ne devrait plus exister.

La multitude des analyses, et critiques de la Libye de Kadhafi qui existent d’ores et déjà n’en nécessitent pas de nouvelles de ma part. Toutefois on pourra, encore une fois, être d’accord pour dire que du temps du Colonel, santé, éducation, logement, étaient des priorités de l’Etat et que du fait de la destruction de cet Etat, le peuple libyen a été le principal perdant de cette guerre menée au nom des intérêts impérialistes. Il ne faut pas oublier non plus que l’assassinat du dirigeant libyen, et les bombardements massifs sur les populations civiles d’un pays constituent, jusqu’à preuve du contraire, une sérieuse violation du droit international qui stipule la souveraineté de chaque Etat sur son territoire.

Car si les droits de l’Homme avaient été la réelle cause de l’intervention en Libye, il y a longtemps que la plupart des pays, à commencer par ceux prétendant imposer la démocratie, auraient été inquiétés pour de tels agissements. Les bombardements sur les populations civiles libyennes par l’OTAN, restent d’ailleurs, à ce jour, encore impunis.

Une Libye ingouvernable 

L’histoire se répète. Car les erreurs commises en Irak, ont été reproduites en Libye, et, aujourd’hui en Syrie. Le démantèlement de Nations souveraines, et dans le cas de ces trois Etats, socialistes, a toujours été l’une des pierres angulaires de l’impérialisme nord-américain. La méthode est toujours la même, d’abord on diabolise, par les médias, l’Etat que l’on souhaite détruire, puis on utilise un prétexte pour l’envahir et détruire toutes les infrastructures, tout cela dans le but évident d’instaurer une démocratie.

La Libye a connu ce sort, et les grandes manifestations de soutien au régime de Kadhafi étaient volontairement passées sous silence. Était-il si surprenant, qu’après la chute de l’Etat, les milices au pouvoir allaient désormais se combattre les unes les autres ? Car voilà la situation en Libye aujourd’hui : une partie du territoire est revendiquée par un groupe, qui se prétend légitime, une autre partie du territoire par un autre, des groupes terroristes ont pris racine dans une autre zone, et au milieu de tout cela, le peuple libyen qui regarde, sans ne pouvoir rien faire, la guerre détruire son pays.

Les armes utilisées par les rebelles libyens en 2011, livrées par les occidentaux, ont servi à alimenter tous les mouvements terroristes qui se sont développés en Afrique Subsaharienne ou au Moyen-Orient. En tenant compte de ces informations qui aurait pu penser le moindre instant que la Libye allait devenir un Etat démocratique et prospère ?

Que faire maintenant ?

Ce rappel des faits historiques nous conduise naturellement à évoquer la question qui choque aujourd’hui. Ces images de migrants vendus aux enchères pour une poignée de dinars sont intolérables pour quiconque ayant  une estime de la vie et de la dignité humaine. Le gouvernement de Tripoli a annoncé ne pas avoir eu connaissance de telles pratiques. Une enquête devrait être ouverte contre des actes inhumains mais le mal est déjà fait. Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, n’a pas mâché ses mots en évoquant la question des migrants situés en Libye :

« la communauté internationale ne peut continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye et prétendre que la situation ne peut être réglée qu’en améliorant les conditions de détention. La politique de l’UE consistant à aider les gardes côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants est inhumaine »

En effet, en vertu de récents accords, les migrants arrêtés en pleine traversée sont effectivement renvoyés en Afrique du Nord, notamment en Libye, où ils sont accueillis dans des conditions ignobles et inhumaines. Rappelons que des violences étaient déjà pratiquées sur les migrants dès 2011 dans les zones contrôlées par les rebelles. Ces actes ne sont donc pas anodins, et devraient constituer, en suivant la logique occidentale, une intervention rapide au nom des droits de l’Homme. Dans ce contexte, de simples mots et de simples dénonciations ne suffiront pas à enlever le mal qui a été fait. Ce fléau de l’esclavage est malheureusement encore présent dans d’autres pays africains, et pour l’instant rien ne semble être fait pour que ces pratiques d’un autre temps cessent une bonne fois pour toute.

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Poursuivre les processus révolutionnaires

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La victoire du peuple vénézuélien le 15 octobre dernier lors des élections régionales du pays a soulagé une grande partie du mouvement révolutionnaire, notamment d’Amérique latine, qui essuyait depuis quelques temps des défaites au profit d’une droite revancharde financée par les Etats-Unis. En donnant une large majorité au Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV- Parti du président Nicolas Maduro) le peuple vénézuélien donne par la même un nouveau souffle à la Révolution bolivarienne. Ainsi, sur les 23 Etats qui composent le Venezuela, 18 ont été remportés par le PSUV, contre 5 pour la droite, dont une partie n’a pas manqué, comme à son habitude, de contester les résultats.

La question de la couverture médiatique

Une fois n’est pas coutume, les principaux médias français, et européens, qui avaient dépeint le régime vénézuélien comme autoritaire et dictatorial, n’ont cette fois-ci pas émis de trop sévères critiques vis à vis de cette élection. Certes, certains « bien-pensants » y sont allés de leurs petits mots pour critiquer la Révolution, mais si l’on compare aux élections de l’Assemblée Constituante (voir : Venezuela, poursuivre la Révolution) la couverture médiatique a été totalement différente.

Pourquoi deux élections, dans le même pays, et remportées par le même Parti, ont-t-elles été traitées de manière différente ? La réponse est simple. Lors de l’élection de l’Assemblée Constituante, la droite vénézuélienne, soutenue par tous les médias dominants, malgré le fait qu’elle soit à l’origine des violences dans le pays, avait appelé à ne pas prendre part au vote. A partir de ce moment là, il était donc évident que, n’appelant pas à voter, la droite ne pouvait être que perdante, et donc les médias avaient tout le loisir à dépeindre ce vote populaire en plébiscite pour le gouvernement socialiste vénézuélien.

La différence notable avec ces élections régionales, est que lors de cette échéance électorale, la droite participait activement au processus. Pire, quelques jours à peine, avant les élections, elle était sûre de l’emporter, portée par des sondages qui prédisaient une rafle des Etats par l’opposition. Quelle ne fut pas la désillusion pour la contre-révolution à l’annonce des résultats, quand le mouvement populaire semblait reprendre de toute sa vigueur et infligeait une claque à tous ceux voyant avec enthousiasme la fin du « chavisme ».

Problème, comme une partie de la droite, a reconnu la défaite, il est de fait plus dur de porter un jugement négatif sur ces élections, d’autant plus que de nombreux observateurs internationaux avaient été conviés pour garantir le bon déroulement du scrutin.

Une victoire porteuse d’un nouveau souffle

Bien que concernant en premier lieu le Venezuela, cette victoire de la gauche est signe d’un nouvel espoir pour toute l’Amérique latine qui voit un retour aux affaires des forces de la finance, n’hésitant pas à user de tous les moyens possibles pour retrouver le pouvoir. Violences au Venezuela, destitution illégale au Brésil, répression du mouvement ouvrier en Argentine, aucun pays voulant mener une autre politique n’échappe au giron de l’impérialisme américain, toujours persuadé que cette région du monde constitue son « arrière-cour », selon la théorie de Monroe de 1823.

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Fort heureusement, certains pays résistent toujours à ces déstabilisations et entendent continuer à mener les politiques bénéfiques pour leur peuple. Une volonté qui leur vaut d’ailleurs le privilège d’être vus comme des pays dangereux par l’impérialisme. La Bolivie d’Evo Morales, le Venezuela de Maduro ou encore le Nicaragua d’Ortega poursuivent ce rêve d’une Amérique latine où les peuples seraient souverains, libérés de la finance internationale.

Malgré les déstabilisations, qui rappellent des heures sombres de l’histoire du Nicaragua, notamment lorsque les Etats-Unis finançaient les ignobles « contras », le gouvernement populaire, soutenu par le peuple dans les diverses élections, a toujours su répondre de manière démocratique aux menaces américaines. C’est fort d’un bilan social qui a sorti des millions de Nicaraguayens de la pauvreté, développant éducation et infrastructures médicales, que le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) à remporté, dimanche 5 novembre, les élections municipales du pays, à une très forte majorité.

Une victoire que d’autres peuples n’ont pas eu la chance de connaître. En Argentine, malgré le désastre du néolibéralisme mis en place par le président Mauricio Macri, et les graves atteintes au droit de l’homme, commises depuis son arrivée au pouvoir, sa coalition a remporté, le 22 octobre dernier, les élections législatives du pays. Malgré l’élection de l’ancienne président Cristina Kirchner au Sénat, l’opposition de gauche n’a pas réussie à surfer sur la vague de protestation qui traverse la pays.

Inculquer une conscience de classe

L’occasion de s’interroger sur les millions de personnes qui, en bénéficiant des programmes sociaux des gouvernements progressistes, ont vu leur niveau de vie s’élever et n’ont par la suite plus accordé leur vote à ceux qui leur ont permis de vivre mieux.

Marx avait défini  la conscience de classe comme le fait d’être conscient d’appartenir à une classe sociale, le prolétariat pour la majorité de la population. D’ailleurs cette conscience, et la lutte des classes, sont deux théories très bien assimilées par la classe des possédants. Warren Buffet avait déclaré, à ce sujet, il y quelques années : « c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner ». Preuve en est, s’il en fallait une, de la réalité de la lutte de classe, et de la nécessité de la conscience de classe.

Problème : comment des personnes ayant participé avec enthousiasme aux différents processus populaires et progressistes d’Amérique Latine, et ayant largement profité des mesures des gouvernements, ont-ils pu à un moment donné changer de fusil d’épaule et passer du côté obscur ?

Sans doute influencés par une désinformation constante, cela montre aussi l’importance de l’éducation d’un peuple. La conscience d’appartenir à une classe sociale, celle des opprimés, celle des travailleurs, et donc la nécessité de mener la lutte des classes ne doit pas disparaître dès lors que sa situation personnelle s’améliore. Or, à l’image de ce qui s’est passé au Brésil, en Argentine, ou au Venezuela, certains ont très vite oublié la situation économique et sociale dans laquelle ils se trouvaient, avant les réformes des gouvernements progressistes, pour donner leur voix, ou soutenir, le retour au pouvoir d’une droite hystérique.

Le mouvement populaire révolutionnaire n’est pas mort en Amérique latine, bien au contraire les partis et mouvements de gauche continuent d’être présents, sur tous les fronts. Mais ces dernières années ont bel et bien été marquées par le retour de la droite, aidée, et financée par les Etats-Unis, dans le seul but de faire tomber les pays ne souhaitant pas revenir dans l’orbite nord-américain.

Venezuela : poursuivre la Révolution

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C’est une claque magistrale que vient d’infliger le peuple vénézuélien à tous ceux qui pensaient que la Révolution bolivarienne était sur le point de s’achever. Près de 8 millions de personnes se sont ainsi déplacés ce dimanche 30 juillet afin de voter pour le projet de l’Assemblée Nationale Constituante, convoqué par le Président Maduro. Avec cette victoire, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), et ses alliés, ont montré leur maturité face à une opposition de plus en plus violente, et n’hésitant pas à user d’assassinats contre des militants et des élus de gauche. Plutôt que de tomber dans l’escalade de la violence, les dirigeants vénézuéliens ont choisi de remettre leur destin entre les mains du seul décisionnaire du pays : le peuple.

Cette victoire permet, certes, de consolider la Révolution, mais elle va surtout permettre d’ouvrir un large cadre de débats afin d’établir la prochaine Constitution et d’améliorer celle actuellement en place, instaurée par le Commandant Hugo Chavez. En somme, résoudre les erreurs qu’a pu commettre la Révolution bolivarienne, tout en garantissant une fin des conflits par la paix et la négociation. Bien-sûr il n’a pas fallu longtemps pour que l’opposition d’extrême-droite et les Etats-Unis contestent ce résultat, ils l’avaient d’ailleurs déjà fait avant même le scrutin.

Malgré la fin de la guerre froide il y a près de 30 ans, jamais les Etats-Unis n’ont renoncé à renverser tout gouvernement progressiste ou socialiste d’Amérique Latine. Coup d’Etat, assassinats, déstabilisations, financement d’une opposition armée, attentats, tout moyen est bon pour obtenir la fin d’un dirigeant ayant choisi de placer les intérêts de son peuple avant ceux de la finance internationale. Déjà en 2002 l’opposition avait tenté un coup d’Etat militaire, mettant en prison le Président de l’époque Hugo Chavez. C’était sans compter sur la vigilance du peuple vénézuélien qui était parvenu à faire libérer Hugo Chavez en manifestant par millions dans les rues du pays.

Rien de surprenant donc à ce que les Etats-Unis aient pris de nouvelles sanctions à l’égard du pouvoir en place et ne cessent de soutenir une opposition violente et armée, qualifiée de démocratique, du moment qu’elles luttent contre un pouvoir ne partageant pas les mêmes intérêts que l’Oncle Sam. En France, lorsque qu’une personne prend les armes et tue civils, policiers ou militaires cela s’appelle du terrorisme, une définition semble-t-il variable suivant de quel bord se trouvent les dirigeants de tel ou tel pays. Pourtant les exemples sont nombreux, et le fait que le Venezuela soit la première puissance en terme de réserve de pétrole aurait dû en alerter plus d’un sur les volontés impérialistes du voisin Nord-Américain qui rêve de revenir à la situation d’avant Chavez, où les bénéfices du pétrole revenaient en grande partie aux multinationales américaines.

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Approfondir le processus révolutionnaire

Cette nouvelle étape dans la Révolution Bolivarienne doit amener dirigeants et base populaire à continuer dans cette voie révolutionnaire. Tout n’est pas parfait au Venezuela, loin de là, mais quel pays peut se vanter d’être parfait ? Certes le gouvernement vénézuélien a sans doute fait des erreurs, vouloir baser l’économie entière du pays sur le pétrole en était une, ne pas prendre au sérieux le désir de vengeance de l’oligarchie, après 18 ans de Révolution, en fut une autre.

Malgré les sanctions internationales et des déstabilisations, les avancées du Venezuela Bolivarien sont considérables et reconnues de tous. Des avancées démocratiques avec l’instauration du référendum révocatoire permettant de destituer tout élu- y compris le Président- si le peuple le souhaite, la mise en place d’une démocratie participative pour qu’à chaque échelon de décision, le peuple puisse exprimer ses revendications. Mais c’est surtout au niveau social que la Révolution Bolivarienne a agi en profondeur. Réduction drastique de la pauvreté, éradication de l’analphabétisme, augmentation des salaires, des retraites, construction de logements sociaux sur tout le territoire. De plus, l’entretien d’excellentes relations avec le pays frère Cuba a permis au peuple vénézuélien de bénéficier des soins et des aides des médecins cubains, souvent situés dans les zones les plus pauvres, là où les médecins locaux refusaient d’exercer. Pratiquant des soins gratuits, les médecins cubains ont également formé des milliers de vénézuéliens, améliorant de fait considérablement le système de santé de la Patrie de Chavez.

Avec cette nouvelle victoire dans les urnes, le gouvernement et le peuple vénézuélien se sont donnés les moyens d’approfondir la Révolution. N’en déplaise à ceux qui voulaient voir le gouvernement chuter, ou souhaitaient que la violence l’emporte sur la paix, cette victoire, saluée par tous les pays progressistes d’Amérique latine, montre que s’en remettre à une décision populaire est la plus révolutionnaire des décisions. Il est quand même incroyable qu’un pays soit diffamé de la sorte, pour avoir convoqué son peuple aux urnes, alors que dans le même temps, le gouvernement français use de la politique des ordonnances pour faire passer des lois antipopulaires sans débats.

Certains diront que la Révolution n’est pas allé assez vite, ni assez loin. Mais pour l’heure, face aux menaces putschistes de l’extrême-droite vénézuélienne, rappelant les pires heures de l’Amérique latine, celle de la dictature militaire argentine, ou celle de Pinochet, pantin de la CIA et qui avait renversé le gouvernement socialiste, démocratiquement élu, de Salvador Allende, les progressistes doivent affirmer leur solidarité envers le processus révolutionnaire bolivarien.

Attentat de Nice : arrêtez de les financer

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Que dire après cet énième massacre de civils en plein territoire français, des femmes, des hommes, des enfants qui n’étaient rassemblés que pour passer un moment convivial devant les festivités de la fête nationale. Pour l’instant rien ne semble confirmer le fait que cet homme appartenait à l’Etat islamique même si ce dernier a revendiqué l’acte terroriste. Ce qui est certain c’est que François Hollande n’a, une fois de plus, par pris la bonne décision en annonçant quelques heures après le drame seulement de nouvelles frappes en Irak et en Syrie.

Pour rappel ces frappes sont une violation de territoires souverains de pays indépendants, alors qu’à l’inverse la Russie bombarde parce qu’elle en a l’autorisation, mais le débat n’est pas là. En effet, ce n’est pas être pro-russe que de dire que les bombardements occidentaux n’ont pas eu d’impact sur Daech . De fait, le territoire du Califat a diminué depuis l’arrivée de l’aviation russe, associé à la progression des forces kurdes, de l’armée syrienne, des milices populaires, de l’armée irakienne, du Hezbollah, et des Gardiens de la Révolution iranienne.

Sans compter que ces différentes entités s’en prennent aussi aux autres groupes terroristes considérés par certains comme « modérés », mais qui usent tout aussi facilement de bombes et d’armes lourdes que leurs homologues idéologiques. Ce qui s’est passée en Turquie récemment n’arrangera guère les choses, d’ailleurs il semble que le Président turc, Erdogan, s’est lancé dans une vague de purge à l’encontre de tous les militaire ayant de près ou de loin participé à la tentative de coup d’Etat, mais nous y reviendrons dans un prochain article.

Pour l’heure, le peuple français ne peut que compter ses morts, et les pleurer, une fois de plus, alors que tant d’incompréhensions résident encore autour de ces actes terroristes. Pourquoi par exemple ce camion a t-il pu s’introduire sur la Promenade des Anglais, si la circulation était interdite ?

Pourquoi certaines mesures qui auraient dû être prises depuis l’attentat de Charlie Hebdo, voire depuis 2012 n’ont toujours pas été prises ? A commencer par la politique étrangère française. Nous ne cessons de le répéter, mais la politique française en Afrique du Nord et au Moyen-Orient a considérablement renforcé le risque d’acte terroriste, d’ailleurs la France est l’un des seuls pays occidentaux aussi durement touché et ce n’est pas simplement une coïncidence.

La politique étrangère françaises est depuis quelques années une véritable catastrophe, et cela ne date pas du mandat de François Hollande comme l’aime à le répéter la droite. Depuis au moins l’intervention en Libye, que tout le monde peut se remémorer, la France, allié fidèle et soumis des Etats-Unis, n’a eu de cesse de déstabiliser des Nations souveraines. Pour reprendre les termes d’un autre article « certes peut-être peu démocratiques mais paisible et laïc ». Et encore, si on prend en exemple les monarchies pétrolières, la Syrie et la Libye peuvent apparaître comme des exemples de démocraties, notamment en matière de droits des femmes.

En réalité, tout pays ne répondant pas aux intérêts impérialistes ne peut mener sa propre politique indépendante et souveraine. Il n’y a qu’à observer quels pays sont dénigrés dans nos médias, et quels pays sont systématiquement déstabilisés ? Il est relativement rare d’entendre des critiques à l’égard d’Israël, de l’Arabie Saoudite, du Qatar, d’Oman, du Mexique, ou de certains pays africains, alors qu’à l’inverse on encense rarement Cuba, le Venezuela, le Viet Nam,  la Chine, l’Iran ou bien  la Russie.

Les médias rentrent ainsi parfaitement dans leur rôle d’orienter la pensée des citoyens en fonction des intérêts économiques des puissants. Ainsi, si TF1 déclare que les rebelles syriens sont « modérés et démocratiques » alors on peut accepter et comprendre la livraison d’armes en direction de ces groupes qui plus tard reviendront sur notre sol afin de nous terroriser.

Les premiers responsables de ces attentats sont donc nos dirigeants coupables d’avoir formé ces groupes, les avoir aidés à renverser un autre dirigeant. Karl Marx avait prévenu « celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre » ; non content d’avoir déjà formé, financé, et armé Al-Qaïda en 1979 en Afghanistan, arguant de leur haine contre les Soviétiques, les occidentaux, et notamment les américains mais aussi la France, ont fait de même avec les groupes terroristes actuels.

Derrière les beaux discours d’hommage, qui sont sans doute sincères, il est désormais le moment d’agir avec sagesse en commençant par coopérer avec les forces sur place qui luttent contre l’Etat islamique, de se coordonner avec la Russie, les forces kurdes et l’armées syrienne et d’échanger les informations cruciales avec ces derniers afin de lutter collectivement contre cette menace et n’ont pas d’essayer d’avancer ses pions pour espérer avoir les emplacements stratégiques.

Combattre le terrorisme, défendre la paix

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L’intervention russe a indéniablement changé la donne en Syrie ainsi qu’en Irak, ouvrant la voie aux armées régulières de ces deux nations et permettant également aux kurdes tout comme aux milices populaires soutenant le régime syrien de reprendre du terrain à Daech et au Front al-nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda. De fait, les frappes russes, notamment sur le pétrole que vendait Daech à qui le voulait, ont sans aucun doute forcéles occidentaux à intensifier eux aussi leurs frappes. Il suffit de remarquer l’inefficacité des frappes françaises et américaines pendant plusieurs mois avant l’intervention russe, et la soudaine perte de terrain de Daech pour se rendre compte du tournant.

Pourtant, à en croire certains parmi les dirigeants occidentaux ou parmi les principaux médias, certes il faut éliminer Daech mais il faut aussi s’occuper du cas du président syrien Bachar al-Assad. C’est là que l’on peut observer toute l’hypocrisie impérialiste qui non contente d’avoir mis à feu et à sang des pays entiers pour leurs intérêts économiques, pensent pouvoir décider du sort de chaque peuple de la région et de leur imposer des dirigeants, tout cela en défendant la démocratie et les droits de l’hommes à coup de bombes. Faut-il rappeler qui a armé les rebelles « modérés » au début de la guerre en Syrie ? Ce ne sont ni les russes, ni les iraniens, ni les palestiniens, ni le Hezbollah, pourtant ces entités sont systématiquement pointées du doigt dans nos médias.

L’hypocrisie est aussi visible vis à vis du courageux peuple kurde. Jouant toujours sur la division entre les communautés, les occidentaux ont pris soin d’armer lourdement les kurdes irakiens, les Peshmergas, et dans le même temps continuent de maintenir sur la liste des organisations terroristes, les kurdes de Turquie et de Syrie, du PKK et des Unités de protection du peuple. Or, s’il y a bien un Parti qui se bat contre le terrorisme  d’aujourd’hui c’est le PKK en première ligne contre le fanatisme religieux, mais qui dans le même temps doit faire face aux offensives de l’armée turque.

Ce qui occupe les esprits aujourd’hui ce n’est donc pas tellement le sort de Daech, dont heureusement tout le monde s’accorde à espérer la fin, mais celui du président syrien. Les récents événements ont quand même tendance à prouver que Bachar Al-Assad est l’une des personnes capables de lutter contre le terrorisme en Syrie actuellement, comme il l’a montré depuis plusieurs années, tandis que nous nous faisions des illusions sur une possible « Révolution syrienne » qui en réalité à très vite été récupérée par les terroristes. Les médias ont mis beaucoup de temps à admettre leur erreur, mais récemment un reportage de France 2 intitulé : Syrie : le grand aveuglement  a mis en exergue la tromperie.

Ainsi il apparaît très clairement plusieurs choses : c’est que bien entendu le peuple syrien avait des revendications sociales comme tout peuple aspirant à s’émanciper, et comme dans n’importe quel pays du monde. Il y a donc eu des manifestations, et des images montrent très clairement qu’on ne réclamait pas le départ du président, du moins pas partout. En revanche ce que France 2 a assumé et reconnu, c’est de n’avoir, en 2011, pas montré les manifestation monstres de soutien à Bachar al-Assad, à un point tel que celles lui étant opposées passaient pour de minuscules rassemblements. C’est à partir de là que l’on peut se rendre compte d’une part  oh combien Bachar est populaire en Syrie ( d’ailleurs les statistiques démontrent que parmi les millions de syriens ayant été forcés de se déplacer en Syrie, par peur des combats, la grande majorité a préféré trouver refuge dans les zones gouvernementales plutôt que dans les zones « rebelles ») et d’autre part à quel point les occidentaux ont facilité l’émergence d’une opposition armée.

Une opposition armée qui, quoi que l’on en dise ne peut être réellement modérée du moment qu’elle a des armes, d’ailleurs je serais curieux de voir comment réagirait la France si un groupe armée se déclarant modéré réclamait la chute du président ou bien si des pays étrangers favorisaient et armaient des groupes armés dans notre pays.

L’ingérence étrangère en Syrie afin de renverser le gouvernement n’est désormais plus un secret pour personne, mais les conséquences d’une telle déstabilisation pourrait être encore pire que prévu si les impérialistes continuaient à persévérer dans leur volonté de renverser le gouvernement. Quoiqu’on pense de la République Arabe syrienne, c’était sans aucun doute l’un des Etats les plus stables de la région, doté d’une Constitution mettant en point d’orgue la laïcité. Ceci permettant aux différents communautés, et aux différentes minorités de cohabiter ensemble : sunnites, chiites, alaouites, druzes, chrétiens, arabes, juifs, le pays était une aire de paix a contrario de tous les conflits qui embrasaient le Moyen-Orient.

Cette paix n’existe plus et la guerre menace désormais le Liban voisin où les tensions entre communautés ne cessent de s’aggraver, encouragées certes par certains prêches de fondamentalistes proche de Daech. D’ailleurs lorsque la guerre en Syrie est évoquée dans nos médias, il est souvent fait mention de l’Iran et de la Russie qui soutiennent le président, mais jamais ne sont évoqués les pays armant, et finançant les organisations terroristes qui parce qu’elles sont alliées de pays importants de par leur ressource pétrolières, ont le droit de participer aux négociations de paix. Or les différents reportages, y compris celui de France 2, le démontrent bien : il n’y a rien qui sépare ces groupes là de Daech au niveau idéologique, la seule différence étant leur évidente infériorité numérique et militaire.