Combattre le terrorisme, défendre la paix

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L’intervention russe a indéniablement changé la donne en Syrie ainsi qu’en Irak, ouvrant la voie aux armées régulières de ces deux nations et permettant également aux kurdes tout comme aux milices populaires soutenant le régime syrien de reprendre du terrain à Daech et au Front al-nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda. De fait, les frappes russes, notamment sur le pétrole que vendait Daech à qui le voulait, ont sans aucun doute forcéles occidentaux à intensifier eux aussi leurs frappes. Il suffit de remarquer l’inefficacité des frappes françaises et américaines pendant plusieurs mois avant l’intervention russe, et la soudaine perte de terrain de Daech pour se rendre compte du tournant.

Pourtant, à en croire certains parmi les dirigeants occidentaux ou parmi les principaux médias, certes il faut éliminer Daech mais il faut aussi s’occuper du cas du président syrien Bachar al-Assad. C’est là que l’on peut observer toute l’hypocrisie impérialiste qui non contente d’avoir mis à feu et à sang des pays entiers pour leurs intérêts économiques, pensent pouvoir décider du sort de chaque peuple de la région et de leur imposer des dirigeants, tout cela en défendant la démocratie et les droits de l’hommes à coup de bombes. Faut-il rappeler qui a armé les rebelles « modérés » au début de la guerre en Syrie ? Ce ne sont ni les russes, ni les iraniens, ni les palestiniens, ni le Hezbollah, pourtant ces entités sont systématiquement pointées du doigt dans nos médias.

L’hypocrisie est aussi visible vis à vis du courageux peuple kurde. Jouant toujours sur la division entre les communautés, les occidentaux ont pris soin d’armer lourdement les kurdes irakiens, les Peshmergas, et dans le même temps continuent de maintenir sur la liste des organisations terroristes, les kurdes de Turquie et de Syrie, du PKK et des Unités de protection du peuple. Or, s’il y a bien un Parti qui se bat contre le terrorisme  d’aujourd’hui c’est le PKK en première ligne contre le fanatisme religieux, mais qui dans le même temps doit faire face aux offensives de l’armée turque.

Ce qui occupe les esprits aujourd’hui ce n’est donc pas tellement le sort de Daech, dont heureusement tout le monde s’accorde à espérer la fin, mais celui du président syrien. Les récents événements ont quand même tendance à prouver que Bachar Al-Assad est l’une des personnes capables de lutter contre le terrorisme en Syrie actuellement, comme il l’a montré depuis plusieurs années, tandis que nous nous faisions des illusions sur une possible « Révolution syrienne » qui en réalité à très vite été récupérée par les terroristes. Les médias ont mis beaucoup de temps à admettre leur erreur, mais récemment un reportage de France 2 intitulé : Syrie : le grand aveuglement  a mis en exergue la tromperie.

Ainsi il apparaît très clairement plusieurs choses : c’est que bien entendu le peuple syrien avait des revendications sociales comme tout peuple aspirant à s’émanciper, et comme dans n’importe quel pays du monde. Il y a donc eu des manifestations, et des images montrent très clairement qu’on ne réclamait pas le départ du président, du moins pas partout. En revanche ce que France 2 a assumé et reconnu, c’est de n’avoir, en 2011, pas montré les manifestation monstres de soutien à Bachar al-Assad, à un point tel que celles lui étant opposées passaient pour de minuscules rassemblements. C’est à partir de là que l’on peut se rendre compte d’une part  oh combien Bachar est populaire en Syrie ( d’ailleurs les statistiques démontrent que parmi les millions de syriens ayant été forcés de se déplacer en Syrie, par peur des combats, la grande majorité a préféré trouver refuge dans les zones gouvernementales plutôt que dans les zones « rebelles ») et d’autre part à quel point les occidentaux ont facilité l’émergence d’une opposition armée.

Une opposition armée qui, quoi que l’on en dise ne peut être réellement modérée du moment qu’elle a des armes, d’ailleurs je serais curieux de voir comment réagirait la France si un groupe armée se déclarant modéré réclamait la chute du président ou bien si des pays étrangers favorisaient et armaient des groupes armés dans notre pays.

L’ingérence étrangère en Syrie afin de renverser le gouvernement n’est désormais plus un secret pour personne, mais les conséquences d’une telle déstabilisation pourrait être encore pire que prévu si les impérialistes continuaient à persévérer dans leur volonté de renverser le gouvernement. Quoiqu’on pense de la République Arabe syrienne, c’était sans aucun doute l’un des Etats les plus stables de la région, doté d’une Constitution mettant en point d’orgue la laïcité. Ceci permettant aux différents communautés, et aux différentes minorités de cohabiter ensemble : sunnites, chiites, alaouites, druzes, chrétiens, arabes, juifs, le pays était une aire de paix a contrario de tous les conflits qui embrasaient le Moyen-Orient.

Cette paix n’existe plus et la guerre menace désormais le Liban voisin où les tensions entre communautés ne cessent de s’aggraver, encouragées certes par certains prêches de fondamentalistes proche de Daech. D’ailleurs lorsque la guerre en Syrie est évoquée dans nos médias, il est souvent fait mention de l’Iran et de la Russie qui soutiennent le président, mais jamais ne sont évoqués les pays armant, et finançant les organisations terroristes qui parce qu’elles sont alliées de pays importants de par leur ressource pétrolières, ont le droit de participer aux négociations de paix. Or les différents reportages, y compris celui de France 2, le démontrent bien : il n’y a rien qui sépare ces groupes là de Daech au niveau idéologique, la seule différence étant leur évidente infériorité numérique et militaire.