Européennes : l’abstention n’est pas la solution (et favorise Macron)

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Les élections européennes auront lieu le 26 mai prochain. Source : RAWF8 – STOCK.ADOBE.COM

Le scrutin des élections européennes s’approche à grand pas. Pourtant les Français tardent à se mobiliser. Près de six électeurs sur dix pourraient ne pas aller voter selon divers sondages. Parmi eux : les jeunes et les classes populaires. Autrement dit ceux qui ont tout à perdre en ne se prononçant pas. 

Nombre de personnes expriment,en ne se rendant pas aux urnes depuis des années, leur désaccord avec les politiques menées. Or notre système électoral est conçu de telle façon que même si 99,99% de la population s’abstenaient, les 0,01% restant décideraient de l’avenir du pays. Il en va de même pour les votes nuls et les votes blancs. qui, dans le système actuel, ne servent à rien. Donc d’un point de vue stratégique s’abstenir n’a aucune valeur et aucune utilité.

Mais surtout, ces élections européennes peuvent être un véritable référendum anti-Macron. Ce sera en effet la première élection depuis son arrivée au pouvoir et donc l’occasion d’exprimer un profond désaccord avec sa politique, d’autant plus que la campagne de LREM pâtit de sa tête de liste (voir : Nathalie Loiseau : une campagne qui bat de l’aile). Or, si le vote était obligatoire, ceux qui s’abstiennent n’iraient sans doute pas voter LREM. Donc ne pas voter c’est prendre le risque de laisser des voix au camp du président, mais aussi laisser le Rassemblement national lui disputer sa politique.

C’est précisément ce qu’il faut éviter. Depuis quelques semaines les médias nous poussent à imaginer un duel opposant seulement les populistes aux progressistes, comprenez l’extrême-droite aux libéraux (voir : Européennes : la fausse opposition libéraux/nationalistes) alors même que les deux s’auto-alimentent. Ce ne sont que les deux faces d’une même pièce et pourtant tout est fait pour nous réduire à ce choix entre la peste brune et le choléra libéral. 

Mais que ce soit un camp ou l’autre, leurs partisans iront voter. Les banquiers, les actionnaires, les grands patrons, ou ceux tenant un discours de haine et de rejet de l’autre, ainsi que tous ceux souhaitant détruire nos acquis sociaux iront voter. L’abstention n’est pas la solution car en réalité elle légitime ces politiques en leur donnant une justification par les urnes. 

  • Voter pour inverser l’ordre du Parlement européen 

Certes l’UE n’est pas l’instance démocratique qu’on nous présente, loin de là. Certes les pouvoirs du Parlement européen sont limités. Mais il reste néanmoins un organe législatif important.

Les partis de droite, regroupés au sein du Parti populaire européen (PPE) et les sociaux-démocrates, regroupés dans l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D), s’entendent depuis des années. Votant les lois ensemble, et s’arrangeant pour l’élection du président du Parlement ainsi que pour la commission européenne. Ces deux groupes parlementaires représentent 401 députés. A ces libéraux, les sociaux-démocrates européens n’osant plus, dans leur grande majorité, remettre en cause cette doctrine, s’ajoute l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) et ses 69 sièges. Les tenants, officiels, d’un discours libéral sont donc ultra-majoritaires au sein du Parlement. 

Et ils ne sont pas seuls. Le groupe des Verts (52 sièges) est pour sa grande majorité acquis à la cause libérale, pourtant incompatible avec l’idéal environnemental qu’ils prônent. Quant aux trois groupes classés à droite du Parlement européen,  Conservateurs et réformistes européens (77 sièges), Europe de la liberté et de la démocratie directe (42 sièges), Europe des nations et des libertés (36 sièges), oscillant entre droite-extrême et extrême-droite ils sont eux aussi des partisans farouches du libéralisme, malgré leur discours qui tend à faire penser le contraire. Que ce soit en Italie, en Autriche, ou en Hongrie, les alliés du Rassemblement national mènent des politiques similaires à celle de Macron en France. Autrement dit opposer libéraux et extrême-droite n’a aucune valeur puisque in fine leurs politiques économiques sont relativement semblables. 

Enfin, en enlevant les 20 députés non-inscrits, il ne reste que le groupe où siégeait les députés apparentés Front de gauche : celui de la Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique (GUE/NGL) qui compte 52 députés. C’est ce groupe que les abstentionnistes vont ,de fait, sanctionner en n’allant pas voter, alors que c’est celui qui constitue la meilleure opposition à cette Europe antidémocratique.

Les différents scores le 26 mai prochain pourraient faire en sorte qu’un autre groupe similaire émerge autour de la coalition Maintenant le peuple. Cette dernière rassemble divers partis, aujourd’hui siégeant au sein de la GUE/NGL, mais qui pourraient créer leur propres groupes s’ils obtenaient assez de parlementaires (1).

Qu’importe que les députés antilibéraux soient dans un même groupe uni ou dans deux groupes distincts, du moment qu’ils travaillent ensemble. D’un point de vue stratégique avoir deux groupes seraient d’ailleurs peut-être plus intéressant afin de bénéficier d’un meilleur temps de parole. Le problème n’est pas là. Si les Européens, à commencer par les Français ne se mobilisent pas le 26 mai prochain, cela ouvrira la porte à une nouvelle législature contre l’intérêt général et à des directives toutes plus ultralibérales les unes que les autres. 


(1) : les membres de la coalition Maintenant le peuple : Alliance rouge et verte (Danemark), Podemos (Espagne), Alliance de gauche (Finlande), France insoumise et Gauche républicaine et socialiste (France), Bloc de Gauche (Portugal) et Parti de gauche (Suède).  

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L’incendie de Notre-Dame de Paris montre que les ultras-riches ont toujours autant d’argent

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L’incendie qui a ravagé Notre-Dame de Paris. Photo : Geoffroy Van der Hasselt- AFP

Tous les français, au-delà de leurs croyances, de leurs convictions religieuses et politiques, de leurs origines ou de leurs milieux sociaux, ont été choqués par l’incendie qui a ravagé, lundi dernier, Notre-Dame de Paris. A tel point que les dons ont afflué, et continuent d’affluer pour aider à réparer ce symbole nationale. Du moins envisager de telles réparations. Car, tant qu’une expertise complète et précise ne sera pas réalisée, aucune reconstruction ne pourra être entreprise.

Cependant, il y a bien une chose dont on sera à peu près certains : les fonds pour financer ces travaux ne devraient pas manquer. La souscription nationale est un réel succès et la mobilisation dépasse d’ailleurs largement le cadre de la France seule, démontrant au passage que Notre-Dame de Paris est un patrimoine de l’humanité, d’ailleurs classé à l’UNESCO.

Si la mobilisation est l’oeuvre des régions, des départements, des communes, et des citoyens, elle est aussi celle de quelques riches familles. 100 millions d’euros pour l’une, 200 millions pour d’autres. Les familles Arnault, Pinault et Bettencourt, pour ne citer qu’elles, y sont aller de leur élan de solidarité. Un geste appréciable qu’il convient de souligner. 

Mais ces dons, bien que très généreux, posent presque automatiquement une autre question. Certes, certains riches donateurs ont fait le choix de donner simplement l’argent sans bénéficier d’une déduction d’impôt. Mais, pourquoi a-t-il fallu qu’un édifice brûle pour qu’enfin les plus fortunés de ce pays fassent un geste de solidarité et contribuent à l’effort national ?

Car, à la vérité, bien que leur peine soit sans doute sincère, comme celle d’une majorité de Français, ces dons leurs permettent aussi de redorer leur blason alors qu’ils sont particulièrement critiqués, à juste titre. Comment ne pas critiquer ceux qui, en tant de prétendue crise économique, continuent de s’enrichir sur le dos des plus démunis ?

Ceux là même qui refusent de payer des impôts à un pays qui leur fournit pourtant tant d’avantages et dont les infrastructures et les services (éducation, santé, justice etc) leur bénéficient autant, si ce n’est plus, qu’aux autres citoyens. Ceux là même qui ne cessent de nous répéter en boucle, semaine après semaine, qu’ils sont trop taxés et qu’ils n’ont plus d’argent alors qu’ils obtiennent toujours plus d’avantages (la suppression de l’ISF en étant le dernier exemple) et qu’ils n’ont, précisément jamais été aussi riches.

Cette opulence est un des problèmes majeurs de notre pays. Parce que personne, parmi ceux qui ont le pouvoir, ne semble ni pouvoir, ni vouloir, remettre en cause cette injustice de ceux qui ont tout et ceux qui n’ont rien.

  • De l’argent, il y en a…

Ces dons pour la reconstruction de la cathédrale peuvent être à double tranchant. Certes beaucoup de personnes y verront un acte de bienveillance. Mais cela met fin aussi à la thèse qui voudrait que les ultras-riches ne disposent pas des moyens suffisants pour contribuer à la solidarité dans d’autres domaines.

Voilà donc la preuve, pour ceux qui en doutaient encore, que l’argent existe en France et qu’il se trouve dans les mains d’une minorité. Et, si cet argent peut être investi pour la réparation d’un édifice précis, ne devrait-il pas l’être aussi dans tout notre patrimoine qui souffre, justement, du manque de ressources financières pour être rénover ? Ne devrait-il pas aussi l’être dans les secteurs où le manque d’argent est flagrant, notamment dans ceux de l’éducation et de la santé ?

Est-il normal que des dizaines de milliers de personnes soient contraints de vivre dans la rue alors que notre pays dispose de près de 3 millions de logements vides ? Sans parler des millions mal-logés, des près de 9 millions de pauvres, et des suicides de plus en plus fréquents de ceux qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts chaque mois. 

La France semble avoir oublié sa devise pourtant inscrire sur toutes les devantures des bâtiments officiels. Celle qui proclame fièrement Liberté-Egalité-Fraternité et dont nous nous sommes pourtant tant éloignés. 

Macron, vers une dérive autoritaire du pouvoir ?

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REUTERS/ Eric Gaillard

Et si, petit à petit, les prémices d’un régime autoritaire commençaient à pointer le bout de leur nez ? Et si Macron, malgré son jeune âge, et son sourire, ne nous réservait pas de biens mauvaises surprises ? 

Il faut l’avouer, il y a de quoi s’inquiéter. Outre l’omniprésence de caméras de surveillances dans les grandes villes, qui, tôt ou tard seront un frein à nos libertés, et le discours unitaire des médias, il y a maintenant la répression depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes. Des milliers d’arrestations et de gardes à vue, des centaines de blessés- y compris du côté policier- des éborgnés, des mains arrachés, et puis,- chose que semble souvent oublier les médias, des morts. Certains sur les barrages, mais aussi une personne âgée, tuée alors qu’elle était chez elle par une grenade lacrymogène.

A cela s’est ajouté, lors de l’Acte XIX, la présence de l’armée voulu par le chef de l’Etat qui avait demandé aux militaires de l’opération sentinelle de protéger les lieux publics contre la manifestation. Quelle irresponsabilité ! Fort heureusement il n’y a eu aucune altercation entre des manifestants et des militaires. Sans doute aussi parce que le gouvernement a effectué un léger pas en arrière, se rendant compte de la bêtise de réquisitionner les militaires pour le maintien de l’ordre.

Doit-on rappeler que ce n’est en aucun cas le but et le devoir d’une armée ? L’armée est censée protéger et défendre la patrie, la France, donc le peuple. L’armée n’est-elle d’ailleurs pas composée d’hommes et de femmes du peuple ? Donc sauf à considérer que le peuple qui manifeste est un ennemi de la Nation, il n’y a aucun argument à utiliser l’opération Sentinelle contre les Gilets Jaunes. Et même certains militaires eux-mêmes, déclaraient qu’ils ne savaient pas faire du maintien de l’ordre. Et, que dire des propos du gouverneur militaire de Paris, le général Bruno Leray, qui déclarait à ce sujet que les militaires pourraient aller « jusqu’à l’ouverture du feu si leur vie est menacée ».

 Alors, doit-on vraiment s’inquiéter d’une dérive autoritaire ? 

Il est clair que l’on assiste à une remise en cause générale d’un ordre économique établi. Et pour une fois qui ne vient pas seulement des partis politiques de gauche ou de syndicats, mais de secteurs divers et variés de la société. Il ne fait nul doute que l’oligarchie voit et sent cette menace et qu’elle usera de tous les moyens dont elle dispose pour ne pas lâcher le pouvoir.

Finalement, on en revient toujours à la théorie marxiste. « L’histoire de toute société, jusqu’à nos jours, n’a été que l’histoire de la lutte des classes » écrivait Karl Marx. Et le mouvement des Gilets Jaunes s’inscrit lui aussi, parfaitement, dans cette lutte des classes.

  • La violence, ou les violences ? 

Sur les plateaux de télévisions on entend beaucoup de personnes s’insurger contre les violences des casseurs lors des manifestations. Des violences condamnables et qui, à mon sens, peuvent desservir le mouvement plus qu’autre chose. Même si, force est de constater, que c’est peut-être à ce prix là que le gouvernement se décide à écouter le peuple. Mais qu’importe. Car, si tout le monde semble unanime sur ce point, d’autres violences ne sont, elles, jamais critiquées, ni remises en cause.

L’Archevêque brésilien Helder Camara (1909-1999) avait parfaitement résumé cette situation dans une célèbre citation :

 » Il y a trois sortes de violence. La première, mère de toutes les autres, est la violence institutionnelle, celle qui légalise et perpétue les dominations, les oppressions et les exploitations, celle qui écrase et lamine des millions d’Hommes dans ses rouages silencieux et bien huilés.

La seconde est la violence révolutionnaire, qui naît de la volonté d’abolir la première.

La troisième est la violence répressive, qui a pour objet d’étouffer la seconde en se faisant l’auxiliaire et la complice de la première violence, celle qui engendre toutes les autres.

Il n’y a pas de pire hypocrisie de n’appeler violence que la seconde, en feignant d’oublier la première, qui la fait naître, et la troisième qui la tue. »

Pourtant, à la télévision se sont les mêmes images qui tournent en boucle. Avec des commentaires parfois aberrants où l’on s’indigne plus facilement de l’incendie du Fouquets que des 566 personnes mortes dans la rue en 2018  (http://www.mortsdelarue.org/).

Il n’y a pas qu’une seule et unique violence, qui serait celle du peuple. En revanche il y a bien une violence étatique et institutionnelle qui est, malheureusement, de plus en plus visible. A Nice, lors de l’Acte XIX des Gilets Jaunes, ce samedi 23 mars, une militante d’Attac, Geneviève Legay a été gravement blessé lors d’une charge de la police. Son crime ? Avoir manifester avec un drapeau floqué Paix.  Mais défendre la justice sociale ne semble pas être une raison suffisante pour Emmanuel Macron qui, bien que lui souhaitant un « prompt rétablissement » lui a également conseillé d’acquérir « un peu de sagesse ». Sans doute devrions tous adopter La Sagesse présidentielle consistant à fermer des hôpitaux, des écoles, des maternités et à faire la sourde oreille à un peuple qui s’éveille et qui gronde.

L’avenir nous dira comment évoluera la situation. Mais chaque démocrate de ce pays, attaché aux valeurs de notre République ne peut qu’espérer que la présence de l’armée pour maintenir l’ordre dans des manifestations n’était qu’une folie passagère.

Au cœur des Gilets Jaunes- Acte XV- Clermont-Ferrand- 23 février 2019

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Je me suis rendu pour la première fois depuis le début de ce mouvement, à la manifestation nationale des Gilets jaunes, qui était ce weekend-là à Clermont-Ferrand. L’occasion de me rendre compte par moi-même de ce qu’il en ressortait. Loin des images de casseurs qui ont beaucoup été diffusés dans les médias, j’ai surtout vu un peuple uni, et digne, qui rêve d’autres choses.

Depuis son commencent, le mouvement des Gilets Jaunes a mis un point d’honneur à ne s’affilier à aucun parti, ni aucun syndicat. C’est cela qui a sans doute rebouté beaucoup de militants qui ont eu du mal à assimiler les revendications du mouvement. Pourtant, après la publication des cahiers de revendications, qui reprenaient nombre d’idées portées à gauche, le doute s’est quelque peu estompé. Depuis, chaque weekend, les Gilets Jaunes continuent de déferler et de manifester dans toute la France démontrant que « l’essoufflement » promis par certains médias est faux et non-fondé.

« Quiconque attend une révolution sociale « pure » ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. » Lénine

Cette fois-ci, la ville de Clermont-Ferrand avait été retenu pour rassemblement national des Gilets-Jaunes. La ville s’était préparée à cela, dépensant quelques centaines de milliers d’euros afin de protéger au mieux la place de Jaude et les magasins s’y trouvant. A ce propos il est bon de rappeler avant toute chose que les violences contre les magasins n’ont absolument pas leur place. Non seulement elles contribuent à décrédibiliser, à mon sens, le mouvement, mais en plus elles sont profondément injustes. M’y étant rendu en personne, j’estimerai toutefois le nombre de casseurs à une petite poignée (la police a, en effet, compté 2 500 personnes, les organisateurs près de 5000) ne venant vraisemblablement pas de la région. Soit relativement peu si l’on compare aux chiffres de la manifestation, et surtout n’ayant aucun rapport avec le mouvement lui-même. A ce propos, une élue de la France Insoumise de Clermont-Ferrand, a demandé en Conseil municipal, pourquoi, alors que tout se déroulait bien, les manifestants ont été bloqués dans une petite rue aux alentours de la place de Jaude ? C’est d’ailleurs juste après cela que les premiers heurts ont commencé.

Mais il ne faudrait pas réduire ce samedi après-midi à cela. Les médias le font assez, dans leur large majorité. Bien au contraire. Ce que j’ai vu ce samedi-là c’était tout d’abord une manifestation organisée, calme, regroupant des personnes venues de tout horizon, marchant pour leur droit. Ce qui m’a frappé dans cette manifestation c’était à la fois la diversité des personnes présentes, on trouvait tout aussi bien des gens en famille, des syndicalistes de la CGT, de Solidaires, de FO, où des militants de partis de gauche, comme de droite, mais aussi des citoyens sans étiquettes, des retraités, des étudiants, bref la société française dans sa diversité. Et ce point est crucial, car le mouvement des Gilets Jaunes a réussi à fédérer l’ensemble d’un peuple. Et cela, pour une partie de la gauche, moi au début y compris, c’était difficile à admettre. Comme l’expliquait très bien François Ruffin dans son journal Fakir (n°87, novembre 2018-janvier 2019) « ça sentait le snobisme de gauche, qui a raison avant le peuple, sans le peuple… ».

Or, après des mois de mobilisations, que remarque-t-on ? Que non seulement le mouvement tient et perdure, mais qu’en plus il fédère désormais de larges pans de la société qui jusqu’à étaient restés sceptiques. Ce n’est pas un hasard si de plus en plus des syndicalistes et des militants des partis de gauche se joignent au mouvement. Il n’y a qu’à voir les cahiers des revendications des Gilets Jaunes pour se rendre vite compte que cela va au-delà d’un simple ras-le-bol fiscal.

Mais revenons en à la manifestation de samedi. A peine arrivés sur place, un peu en retard d’ailleurs, nous étions abordés par une dame, vêtue d’un gilet jaune, distribuant des papiers sur ce fameux RIC- le référendum d’initiative citoyenne. Une des mesures phares des Gilets Jaunes qui commence à faire son chemin. C’est à ce moment-là que je remarqua une chose à laquelle je n’avais jamais fait attention. Le nombre incroyable de revendications inscrites sur les Gilets Jaunes allant dans le sens que j’estime être le bon. Pas de « dehors les immigrés » ni de messages haineux vis-à-vis de telle ou telle communauté, mais des messages appelant à une plus grande justice sociale, une meilleure démocratie, la fin des inégalités, une meilleure répartition des richesses. Curieux pour un mouvement présenté par certains comme de droite avec des relents d’extrême-droite. Curieux de voir cette exigence de solidarité, cette exigence aussi que les nantis payent leurs impôts et contribuent à l’effort national. Curieux enfin de voir des revendications que nous portons depuis plusieurs années.

Ce jour-là à Clermont-Ferrand j’ai vu un peuple digne, un peuple dans sa diversité, qui ne se laissera pas faire et qui luttera pour ses droits.

Maurice Audin : la reconnaissance d’un crime d’Etat

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Il y a un peu plus de soixante et un ans, le 21 juin 1957, Maurice Audin, jeune mathématicien, arrêté dix jours plus tôt par l’armée française en Algérie- alors encore territoire français- disparaissait. Il ne réapparaîtrait plus jamais. Par son geste, et sa décision de reconnaître le crime de l’Etat français, Emmanuel Macron évoque un sujet encore tabou pour la France.

  • Contexte historique 

En 1957, le monde connaît de nombreux changements. Les Etats-Unis et l’Union Soviétique se livrent une guerre indirecte, et le Tiers-Monde commence à émerger sur le devant de la scène internationale. Deux ans plus tôt la première conférence des pays non-alignés avait lieu à Bandung, en Indonésie. En 1956, l’Egypte de Nasser s’affirme en nationalisant le canal de Suez. Partout dans le monde les nouvelles nations essayent de se faire une place, et celles encore sous domination européenne cherchent leur indépendance. Les mouvements de libération nationale, et d’indépendance se multiplient, notamment en Afrique.

La France, en tant que puissance coloniale, n’échappe pas à cette règle. L’Algérie souhaite son indépendance. Le Front de libération nationale (FLN) mène cette lutte, mais nombreux sont les Français à soutenir la cause indépendantiste. Des militants de gauche, notamment du Parti communiste français, appelés « porteurs de valises », mais aussi ceux habitants en Algérie. C’est le cas de Maurice Audin. En 1957, habitant à Alger, et âgé de 25 ans, Maurice Audin est un jeune mathématicien brillant. Il est membre du Parti communiste algérien, théoriquement interdit depuis 1955.

Tout bascule le 10 juin 1957 lorsque, soupçonné d’aider les indépendantistes algériens, Maurice Audin est arrêté par l’armée française. Quelques jours plus tard, le 21 juin, il disparaît définitivement. Très vite le récit de l’armée, attestant qu’il se serait évadé, est mis à mal par des témoins. Dès le mois de juillet, Josette Audin, sa femme, porte plainte pour homicide. Mais l’affaire est classée sans suite. Dès lors elle n’aura de cesse, jusqu’à aujourd’hui, de réclamer justice pour son mari défunt. C’est chez elle que s’est rendu Emmanuel Macron ce jeudi 13 septembre. Reconnaissant, enfin, que Maurice Audin est :

« mort sous la torture, du fait du système institué alors en Algérie par la France ».

  • Des réactions variées

La famille de Maurice Audin a évidemment salué cette décision historique. De même que beaucoup de militants et de dirigeants de gauche. La fête de l’humanité a, d’ailleurs, été l’occasion de revenir sur ces temps sombres de notre histoire.

Mais d’autres se sont illustrés, comme ils savent le faire, par des propos stupides, correspondant à leur niveau intellectuel. C’est ainsi qu’Eric Zemmour, dont on se demande encore comment peut-il être invité sur les plateaux télévisés, a déclaré que « Maurice Audin aurait mérité douze balles dans la peau ».

De son côté, bien que discret à ce sujet, le gouvernement algérien a tout de même salué ce geste et a qualifié la décision du président français de « pas positif ». C’est en effet un pas, mais d’autres restent à parcourir. Car il y a, encore aujourd’hui, de nombreuses zones d’ombre sur cette période, et d’autres personnes méritent justice, à l’image de Mehdi Ben Barka, militant socialiste marocain, enlevé le 20 octobre 1965 et dont on n’a jamais retrouvé la trace.

La diplomatie macronienne

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La politique française à l’internationale depuis l’élection d’Emmanuel Macron, et de la nouvelle majorité parlementaire, n’a guère changé, et se situe dans la continuité de celles qu’ont mené Hollande et Sarkozy.

Aucune remise en question des institutions européennes, et de la politique qui en découle, ni de la sacro-sainte alliance militaire de l’OTAN. Macron s’applique, au contraire, à rentrer parfaitement dans le moule de ses prédécesseurs, allant même jusqu’à exagérer ses sorties médiatiques contre certains pays souverains- on imagine aisément lesquels- tout en fermant les yeux sur les agissements bien plus graves d’autres Nations.

A titre d’exemple, le Venezuela, sujet récurrent de l’actualité des médias, n’a pas échappé aux critiques d’Emmanuel Macron qui déclarait à ce sujet :

Nous avons pris des sanctions individuelles contre des dirigeants vénézuéliens qui ont un impact limité. Je souhaite que nous puissions aller plus loin compte tenu des décisions récentes.

Avant de dénoncer une « dérive autoritaire inacceptable » des autorités vénézuéliennes. Plutôt curieux d’entendre ça de la part d’un président dont le gouvernement vient d’avoir recours au vote bloqué, privant les agriculteurs retraités d’une revalorisation de leur pension de retraite (Vote bloqué : le gouvernement abandonna les agriculteurs retraités). Les ordonnances utilisées lors de la loi travail, où lors de la future réforme de la SNCF, associées à la prochaine réforme institutionnelle visant à réduire le rôle du Parlement ne constituent-elles pas, là aussi, des certaines dérives inacceptables ?

Sans oublier les guerres où la France est toujours impliquée en Afrique, et au Moyen-Orient et où, en dépit des technologies accrues de nos armes, celles-ci tuent bel et bien des civils.

  • Les affaires avant l’humain

Mais c’est une autre affaire qui a attiré mon attention. Une histoire relatée par le Canard enchaîné du mercredi 14 mars 2018. Alors en visite en Inde, dans le but de vendre- entre autres- des réacteurs nucléaires, Emmanuel Macron a été amené à côtoyé Yogi Adityanah- ministre de l’Uttar Pradesh.

« Maître de yoga poursuivi pour incitation à la haine et tentative de meurtre » décrit le Canard, citant les paroles de ce très fréquentable personnage qui avait en outre déclaré :

Ceux qui s’opposent au yoga et refusent le « salut au soleil » doivent soit quitter l’Inde, soit se noyer dans l’océan » ou encore avait appelé à « déterrer les cadavres des fermes musulmanes pour les violer.

Des propos qui choquent, et à juste titre, n’importe quelle personne. Mais en politique, business is business. L’Inde nous achète des armes, des rafales, des sous-marins, c’est d’ailleurs notre premier client dans ce domaine depuis cinq ans, hors de question donc de froisser un si bon acheteur. Même si son actuel Premier ministre- toujours selon le Canard- est potentiellement impliqué dans une sombre histoire d’assassinats où quelques 2 000 musulmans avaient trouvé la mort.

Maintenant imaginons de tels propos, similaires à ceux de Yogi Adityanah,  tenus par un ministre d’un pays classé dangereux, où moins fréquentables, par l’establishment. Si des pays tels que la Russie, l’Iran, Cuba, la Chine où le Venezuela avaient eu de tels propos ; de multiples sanctions et condamnations auraient été prononcé. Sous ses airs de grand démocrate, jeune, dynamique, moderne, Macron n’a pas eu l’air choquer de ces appels à la haine.

Je trouve que ce serait une drôle de conception que de défendre la démocratie seulement quand elle colle avec nos valeurs.

Dans ce cas là pourquoi porter des jugements et des critiques à l’égard de pays comme la Russie, la Chine, où Cuba, s’il admet que le modèle de démocratie libérale à l’occidentale n’est pas le seul possible ?

Israël, l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie, l’Egypte bénéficient de l’aide et d’un soutien fort de la France. La guerre qui se déroule au Yémen, bien moins médiatisé que le conflit syrien, est menée avec des armes françaises, utilisées contre les civils yéménites.

Des pays, parmi nos meilleurs clients, et nos meilleurs alliés, dans certaines régions du monde ne peuvent avoir comme qualificatif que le terme de dictature. Ce n’est pas le cas du Venezuela qui, en dépit d’une campagne médiatique infâme, ne lapident pas les femmes, ne crucifient pas des opposants parce qu’ils auraient une autre religion, où ne soumet pas à un blocus inhumain et à une colonisation meurtrière un peuple tout entier.

Mais ces pays ont un point commun : celui d’être dans le bon camp. Ils n’étaient pas dans celui de l’URSS lors de la guerre froide, ils ne sont pas, aujourd’hui, dans le camp de ceux favorables à un monde multipolaire et de droit international.

100 ans après certains faits oubliés de la Révolution russe

 

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Il y a cent ans, les Bolcheviks, Lénine à leur tête, prenaient le pouvoir en Russie. Cette révolution populaire allait changer le cours du pays, et du monde, pour les décennies à venir. Le premier pouvoir ouvrier au monde était né, et il entendait marquer les esprits dès le début.

Les premiers décrets, approuvés par le Congrès des Soviets, ne tardaient pas à être promulgués. Le premier d’entre eux concernait la guerre qui faisait rage en Europe depuis 1914 ; par le décret sur la paix, la nouvelle Russie cessait les hostilités avec l’Allemagne. S’en suivaient les décrets distribuant la terre aux paysans, nationalisant les industries, et déclarant la « souveraineté des peuples de Russie ».

Il ne sera pas ici question de revenir sur toute l’Histoire de l’URSS, mais de se concentrer sur trois points, qui ont marqué l’histoire de l’URSS et qui sont trop souvent oubliés, à savoir que la révolution russe fut aussi une révolution féministe, que l’URSS a grandement contribué à la victoire sur le fascisme durant la seconde guerre mondiale, enfin qu’elle aura été d’une aide généreuse envers les mouvements de libération nationale et les pays progressistes.

  •  Une révolution féministe

Cette révolution ouvrière et socialiste fut aussi à tout égard une révolution féministe, à une époque où l’inégalité entre hommes et femmes était monnaie courante. Le 8 mars 1921 Lénine décrétait, en hommage aux ouvrières de Saint-Pétersbourg, la journée internationale de la femme, mondialement célébrée aujourd’hui.

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Alexandra Kollontaï, Commissaire du peuple à la Protection sociale

Mais le gouvernement soviétique, avec en son sein la première femme ministre : Alexandra Kollontai (Commissaire du peuple à la protection sociale), alla beaucoup plus loin dans les droits accordés à la gente féminine : droit de vote, droit au divorce, lutte contre l’analphabétisme qui touchait alors 80% des femmes. Le 16 septembre 1918 est crée le code de la famille, et le 18 novembre 1920 le décret qui autorise l’avortement est promulgué. Les congés maternité, ainsi que l’égalité salariale entre hommes et femmes sont également décrétés.

Des réformes qui, encore aujourd’hui, sont impensables dans certains pays prétendument plus avancés que la Russie soviétique.

  • L’URSS, vainqueur de la seconde guerre mondiale

Si aujourd’hui notre vision du monde, et de la seconde guerre mondiale a quelque peu changé, dans le mesure où nous considérons, en majorité, que ce sont les Etats-Unis qui ont le plus contribué à la défaite de l’Allemagne nazie, la perception des choses était différente à l’époque.

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L’URSS a subi des pertes considérables, avec près de 26 millions de morts, le pays se place en effet en tête du classement des Nations ayant eu le plus de victimes. Stalingrad fut sans aucun doute le tournant de la Seconde guerre mondiale ; lorsqu’en 1943, après une résistance héroïque, les soviétiques parvenaient à défaire les armées à Allemande et à amorcer une contre attaque. Ce serait le point de départ de la chute du IIIème Reich et de la défaite d’Hitler.

L’armée rouge allait libérer une grande partie de l’Europe, et les forces nazies envoyées sur le front russe peuvent laisser présager l’issue de la guerre si l’URSS n’avait pas été la. Pour s’en rendre compte il suffit simplement de voir la difficulté qu’on connu les résistants et les troupes qui ont débarqué, et d’imaginer ensuite ce qu’il en aurait été avec des millions de soldats nazis en renforts sur le front ouest. Il ne s’agit donc pas de nier le rôle que d’autres armées ont pu avoir, notamment les troupes américaines, mais de réhabiliter celui de l’URSS qui se plaça en rempart du fascisme à l’image des autres Partis communistes.

Quelques années plus tôt, lorsqu’en 1936 éclatait la guerre d’Espagne opposant fascistes et républicains, c’était déjà l’URSS qui était venue au secours de la République espagnole. Face à la timidité des démocraties occidentales, la France et le Royaume-Uni notamment qui, au nom d’une prétendue neutralité, que personne ne respecta, n’intervinrent pas en Espagne, l’URSS elle envoya armes, chars, munitions et conseillers aux armées de la République. Les Brigades internationales furent créées à cette occasion, permettant à des milliers d’hommes et de femmes communistes, socialistes, républicains, démocrates des quatre coins du monde de venir combattre contre le fascisme.

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Le gouvernement du Front populaire français, Léon Blum a sa tête, se décidera finalement à aider, discrètement, les combattants espagnols. Laissant passer armes et munitions, et ouvrant la frontière aux brigades internationales. Mais ce ne sera pas suffisant. Tandis que le camp démocrate regardait l’Espagne sombrer, les pays fascistes n’hésitèrent pas à envoyer troupes, armes, et avions en nombre. Franco sortait finalement vainqueur de la guerre d’Espagne, et allait s’en suivre, pour celle-ci, près de 40 ans de dictature.

L’URSS, malgré les hésitations du début du conflit, aura finalement été le seul pays a, réellement, venir en aide aux républicains, une aide insuffisante certes, mais qu’en aurait-il été si les démocraties en avaient fait de même ?

  • L’aide aux mouvements de libération nationale 

Aussitôt la seconde guerre mondiale terminée, voilà qu’un autre conflit démarrait, plus subtil, plus idéologique, plus indirect aussi : la guerre froide. Camp occidental contre camp socialiste, l’OTAN contre le Pacte de Varsovie, les Etats-Unis et leur impérialisme contre l’URSS et son internationalisme. L’URSS allait, dans ces années d’après guerre, aider nombres de mouvements de libération nationale et de pays progressistes nouvellement souverains.

Mais revenons d’abord en arrière, lorsque éclate la Révolution russe, et que le pouvoir des Soviets est en place. Dès le départ, le caractère fondamentalement internationaliste de la Révolution socialiste est annoncé et confirmé par Lénine. Ce dernier avait très bien compris que la nouvelle Russie soviétique, qui deviendrait l’URSS en 1922, ne pouvait tenir face aux armées blanches et aux forces de la finance, sans le déclenchement d’autres révolutions en Europe.

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Et les événements, dans les mois qui suivaient la Révolution russe, allaient en ce sens. En Allemagne d’abord, où Lénine plaçait une bonne partie de ces espoirs, une révolution éclatait menée par la Ligue Spartakiste de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. La révolte s’achevait dans le sang et  les deux leaders étaient sauvagement assassinés après cet épisode révolutionnaire. En dépit de l’échec de la prise du pouvoir à Berlin, en Bavière, le 7 avril 1919, la République des conseils de Bavière était proclamée, elle ne durerait, elle aussi, que quelques semaines, écrasée par l’armée allemande le 3 mai 1919.

Un peu plus tôt, en Hongrie, le 21 mars 1919, la République des conseils de Hongrie était proclamée par Bela Kun. Sur le modèle de la nouvelle Russie, la République des soviets Hongrois allait se dresser face aux impérialistes pendant près de 143 jours, avant de finir écrasée, comme celle de Bavière, par les armées occidentales.

Après la seconde guerre mondiale, allaient se multiplier les guerres de décolonisation et de libération nationale. Des mouvements émergeaient dans le monde entier pour faire valoir le droit de chaque peuple à l’auto-détermination. En Amérique latine, en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique l’aide soviétique fut précieuse. D’abord pour les mouvements, puis pour les pays progressistes et socialistes qui recevaient de l’URSS et du camp socialiste, armes, argent, matériels et conseillers.

Chaque mouvement socialiste, chaque nouveau pays progressiste, chaque guérilla marxiste était un moyen de plus de lutter contre l’impérialisme nord-américain qui, de son côté, n’hésitait pas à renverser, déjà, des pays progressistes et des gouvernements démocratiques. Le coup d’Etat chilien de 1973, où le général Pinochet, soutenu par la CIA renversa le pouvoir populaire et démocratique de Salvador Allende, restera, pour le peuple chilien, et la gauche internationale, un drame et une plaie à jamais ouverte.

L’aide soviétique sera bénéfique pour de nombreux pays : l’Egypte de Nasser, la Chine populaire, du moins durant les premières années, la Cuba socialiste, ou la Syrie baasiste bénéficieront des largesses soviétiques à l’instar de toute nation se dressant contre l’impérialisme.

Avec la chute du camp socialiste à la fin des années 80, c’est toute une croyance qui allait s’effondrer, c’est aussi une nouvelle période qui s’ouvrait, laissant l’impérialisme américain promouvoir son mode de vie, et sa vision politique et économique. Une ère unilatérale que certains pays, tels que la Chine et la Russie, voudraient aujourd’hui voir s’achever pour faire place à un monde multipolaire.