Européennes : l’abstention n’est pas la solution (et favorise Macron)

Ballot box on a european union flag background. 3d illustration
Les élections européennes auront lieu le 26 mai prochain. Source : RAWF8 – STOCK.ADOBE.COM

Le scrutin des élections européennes s’approche à grand pas. Pourtant les Français tardent à se mobiliser. Près de six électeurs sur dix pourraient ne pas aller voter selon divers sondages. Parmi eux : les jeunes et les classes populaires. Autrement dit ceux qui ont tout à perdre en ne se prononçant pas. 

Nombre de personnes expriment,en ne se rendant pas aux urnes depuis des années, leur désaccord avec les politiques menées. Or notre système électoral est conçu de telle façon que même si 99,99% de la population s’abstenaient, les 0,01% restant décideraient de l’avenir du pays. Il en va de même pour les votes nuls et les votes blancs. qui, dans le système actuel, ne servent à rien. Donc d’un point de vue stratégique s’abstenir n’a aucune valeur et aucune utilité.

Mais surtout, ces élections européennes peuvent être un véritable référendum anti-Macron. Ce sera en effet la première élection depuis son arrivée au pouvoir et donc l’occasion d’exprimer un profond désaccord avec sa politique, d’autant plus que la campagne de LREM pâtit de sa tête de liste (voir : Nathalie Loiseau : une campagne qui bat de l’aile). Or, si le vote était obligatoire, ceux qui s’abstiennent n’iraient sans doute pas voter LREM. Donc ne pas voter c’est prendre le risque de laisser des voix au camp du président, mais aussi laisser le Rassemblement national lui disputer sa politique.

C’est précisément ce qu’il faut éviter. Depuis quelques semaines les médias nous poussent à imaginer un duel opposant seulement les populistes aux progressistes, comprenez l’extrême-droite aux libéraux (voir : Européennes : la fausse opposition libéraux/nationalistes) alors même que les deux s’auto-alimentent. Ce ne sont que les deux faces d’une même pièce et pourtant tout est fait pour nous réduire à ce choix entre la peste brune et le choléra libéral. 

Mais que ce soit un camp ou l’autre, leurs partisans iront voter. Les banquiers, les actionnaires, les grands patrons, ou ceux tenant un discours de haine et de rejet de l’autre, ainsi que tous ceux souhaitant détruire nos acquis sociaux iront voter. L’abstention n’est pas la solution car en réalité elle légitime ces politiques en leur donnant une justification par les urnes. 

  • Voter pour inverser l’ordre du Parlement européen 

Certes l’UE n’est pas l’instance démocratique qu’on nous présente, loin de là. Certes les pouvoirs du Parlement européen sont limités. Mais il reste néanmoins un organe législatif important.

Les partis de droite, regroupés au sein du Parti populaire européen (PPE) et les sociaux-démocrates, regroupés dans l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen (S&D), s’entendent depuis des années. Votant les lois ensemble, et s’arrangeant pour l’élection du président du Parlement ainsi que pour la commission européenne. Ces deux groupes parlementaires représentent 401 députés. A ces libéraux, les sociaux-démocrates européens n’osant plus, dans leur grande majorité, remettre en cause cette doctrine, s’ajoute l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE) et ses 69 sièges. Les tenants, officiels, d’un discours libéral sont donc ultra-majoritaires au sein du Parlement. 

Et ils ne sont pas seuls. Le groupe des Verts (52 sièges) est pour sa grande majorité acquis à la cause libérale, pourtant incompatible avec l’idéal environnemental qu’ils prônent. Quant aux trois groupes classés à droite du Parlement européen,  Conservateurs et réformistes européens (77 sièges), Europe de la liberté et de la démocratie directe (42 sièges), Europe des nations et des libertés (36 sièges), oscillant entre droite-extrême et extrême-droite ils sont eux aussi des partisans farouches du libéralisme, malgré leur discours qui tend à faire penser le contraire. Que ce soit en Italie, en Autriche, ou en Hongrie, les alliés du Rassemblement national mènent des politiques similaires à celle de Macron en France. Autrement dit opposer libéraux et extrême-droite n’a aucune valeur puisque in fine leurs politiques économiques sont relativement semblables. 

Enfin, en enlevant les 20 députés non-inscrits, il ne reste que le groupe où siégeait les députés apparentés Front de gauche : celui de la Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique (GUE/NGL) qui compte 52 députés. C’est ce groupe que les abstentionnistes vont ,de fait, sanctionner en n’allant pas voter, alors que c’est celui qui constitue la meilleure opposition à cette Europe antidémocratique.

Les différents scores le 26 mai prochain pourraient faire en sorte qu’un autre groupe similaire émerge autour de la coalition Maintenant le peuple. Cette dernière rassemble divers partis, aujourd’hui siégeant au sein de la GUE/NGL, mais qui pourraient créer leur propres groupes s’ils obtenaient assez de parlementaires (1).

Qu’importe que les députés antilibéraux soient dans un même groupe uni ou dans deux groupes distincts, du moment qu’ils travaillent ensemble. D’un point de vue stratégique avoir deux groupes seraient d’ailleurs peut-être plus intéressant afin de bénéficier d’un meilleur temps de parole. Le problème n’est pas là. Si les Européens, à commencer par les Français ne se mobilisent pas le 26 mai prochain, cela ouvrira la porte à une nouvelle législature contre l’intérêt général et à des directives toutes plus ultralibérales les unes que les autres. 


(1) : les membres de la coalition Maintenant le peuple : Alliance rouge et verte (Danemark), Podemos (Espagne), Alliance de gauche (Finlande), France insoumise et Gauche républicaine et socialiste (France), Bloc de Gauche (Portugal) et Parti de gauche (Suède).  

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Nathalie Loiseau : une campagne qui bat de l’aile

Loiseau
Emmanuel Macron et Nathalie Loiseau, les prétendus « remparts » à l’extrême-droite. © Ludovic Marin/Anne-Christine Poujoulat Source: AFP

L’ancienne ministre chargée des Affaires européennes (21 juin 2017 – 27 mars 2019) a été désignée tête de liste de La République en marche (LREM) pour les élections européennes qui se dérouleront le 26 mai prochain. Au coude-à-coude avec la liste du Rassemblement national (RN), menée par Jordan Bardella, sa campagne est de plus en plus chaotique. Et pour cause. Celle qui se présente comme Le rempart à l’extrême-droite ne cesse de démontrer , semaine après semaine, son incapacité. D’ailleurs, l’idée selon laquelle LREM serait un barrage au RN n’est qu’une fable. En réalité marteler ces propos sert souvent d’unique argument dans la campagne. « C’est eux ou nous ». Sous-entendu qu’il n’y aurait que LREM qui serait à même de défendre la démocratie contre l’extrême-droite (voir : Européennes : la fausse opposition libéraux/nationalistes).

Pourtant (pour reprendre les propos d’une caricature du Canard enchaîné), Nathalie Loiseau ne fait que scier la branche sur laquelle elle est assise. Et, s’il fallait inventer une définition du terme se saborder, elle en serait la parfaite illustration tant son incompétence et ses propos sont aberrants. Sans parler de ses arguments de campagne, totalement incohérents avec la politique mise en place par le gouvernement, ses sorties médiatiques suffisent à illustrer pourquoi la liste LREM patauge et ne progresse plus.

D’abord, pour l’avoir écoutée lors du débat organisé sur France 2, le 4 avril dernier, il faut avouer un certain manque d’engouement et de charisme chez Nathalie Loiseau. Ce qui se ressent d’ailleurs aussi dans ses interviews et ses meetings. 

  • Ancienne candidate sur un syndicat d’extrême-droite 

L’information révélée par Médiapart le lundi 22 avril a fait beaucoup de bruit. Etudiante à Sciences-Politiques, Nathalie Loiseau avait été candidate, en sixième position, lors d’élections étudiantes sur la liste de l’UED, un syndicat d’extrême-droite lié au GUD. Pour rappel, le GUD, Groupe union défense, est un groupuscule d’extrême-droite aux actions parfois violentes, qui s’est auto-dissous dans le Bastion Social, lui-même récemment dissous par le gouvernement.  

Suite à cette révélation la défense de la tête de liste de LREM fut pour le moins bancal. Elle, et son entourage, ont d’abord nié les faits, allant même jusqu’à contester la véracité du document. Une défense qu’elle a ensuite rapidement modifiée en clamant qu’elle n’avait pas connaissance de la nature politique du syndicat. Chose peu vraisemblable puisque étant à Sciences Po elle devait avoir un minimum de savoir en politique. Du moins assez pour se renseigner sur la nature du syndicat dont elle était candidate. 

Finalement Nathalie Loiseau a reconnu que cette candidature était « une erreur et une connerie de jeunesse« . Mais avec cette révélation le mythe de LREM rempart face à l’extrême-droite prenait déjà un coup. 

  • « J’avais l’impression d’être une romanichelle »

Une semaine plus tard, le 29 avril, lors d’une interview sur France Culture, Nathalie Loiseau se souvenait de ses débuts en tant que directrice de l’ENA. Elle a alors eu cette phrase à la fois énigmatique mais aussi pleine de sens. 

« J’avais l’impression d’être une romanichelle quand je suis arrivée à la tête de l’ENA.« 

En effet le terme romanichelle a une vraie connotation raciste et péjorative. Il est notamment utilisé par ceux souhaitant dénigrer la communauté Tzigane. 

  • Nathalie Loiseau et la Blitzkrieg 

Plus récemment, l’avant-veille des commémorations du 8 mai, marquant le 74ème anniversaire de la victoire contre l’Allemagne nazie, la candidate LREM illustrait une fois de plus sa bêtise. En visite au mémorial de Caen, un musée consacré à l’histoire du XXe siècle et notamment à la seconde Guerre mondiale et au Débarquement, Nathalie Loiseau a répondu à la question d’un journaliste de l’Obs. Celui-ci lui demandait si, pour relancer sa campagne il ne lui fallait pas un Blitzkrieg. La réponse de l’intéressée ne se fit pas attendre : « oui mais un Blitzkrieg positif« . 

Le terme Blitzkrieg, ou guerre éclair en français, désigne la technique militaire adoptée par l’Allemagne nazie et par Hitler lors de la seconde guerre mondiale. C’est notamment grâce à cette tactique que le troisième Reich a pu envahir la France. Pas certain que faire référence à cela quelques heures avant le 8 mai, et au sortir d’un mémorial de la guerre, soit la meilleure façon de lutter contre l’extrême-droite. 

A elle seule, Nathalie Loiseau fait la démonstration qu’en aucun cas LREM, et ceux s’auto-qualifiant de progressistes libéraux, ne sont un quelconque rempart au Rassemblement national. Bien au contraire. De par leur politique économique, les libéraux ont fortement contribué à l’éclosion de ces partis d’extrême-droite partout en Europe. 

* Depuis hier (mercredi 15 mai) LREM a décidé de changer de stratégie. Constatant sans doute que la tête de liste multipliait les faux pas et n’entraînait pas les foules, le parti de la majorité au pouvoir prévoit la mise en circulation de près de 60 000 affiches. Le problème ? Exit la tête de Nathalie Loiseau, place à celle d’Emmanuel Macron. 

Analyse des élections générales espagnoles (2019)

Pedro Sanchez et Pablo Iglesias
Pablo Iglesias en discussion avec le socialiste Pedro Sanchez. Photo : ULY MARTÍN

Ce dimanche 28 avril le peuple espagnol a voté. Un troisième scrutin législatif, en presque autant d’années, pour tenter de sortir de l’impasse politique dans laquelle le pays se trouve. Une impasse qui avait notamment conduit à une motion de censure contre Manuel Rajoy, permettant à la gauche de former un gouvernement alors même que la droite avait remporté le scrutin. Or, de nouveau ces élections générales n’ont pas permis de dégager une majorité absolue pour un seul parti. Des tractations, qui pourraient durer longtemps, vont donc s’imposer.

Car, si le Parti socialiste des ouvriers espagnols (PSOE) a remporté les élections avec 28,68 % des suffrages exprimés, avec 39 députés de plus par rapport à la dernière législature (et 79 sénateurs), portant leur nombre à 123,  il ne dispose pas de la majorité absolue qui est de 176 députés. Pedro Sanchez et le PSOE, qui viennent là de remporter leur premier scrutin général depuis 11 ans, vont donc devoir trouver des alliés. Deux options s’offrent à deux :

– La première serait celle privilégiée par la plupart des partis sociaux-démocrates européens. Elle consisterait à s’allier au parti centriste Ciudadanos qui, en obtenant 57 députés et 5 sénateurs, arrive troisième du scrutin avec 15,85 % des voix. Néanmoins ces ultralibéraux semblent avoir d’ores et déjà fait leur choix en refusant toute alliance avec le PSOE et en préférant siéger dans l’opposition avec le Parti populaire (qui enregistre son plus bas score, bien qu’arrivant second, en perdant 71 députés, 69 sénateurs et en n’obtenant que 16,70 % des suffrages) et l’extrême droite.

– La seconde, qui devrait naturellement s’imposer est celle d’une alliance avec la coalition Unidos-Podemos. Cette alliance, née en 2016, regroupe Podemos, Izquierda Unida (Gauche Unie dont est membre le Parti communiste espagnol) et le parti écosocialiste Equo. Bien qu’ayant, eux aussi, subi une baisse de leur résultat, Unidos -Podemos obtient tout de même 42 députés, soit 17 de moins que la dernière fois, et se classe quatrième force de ce scrutin en recueillant 14,81 % des voix. Unidos-Podemos s’est dit prêt, dès dimanche, à discuter d’une éventuelle coalition gouvernementale. Cette participation, ou tout du moins un soutien sans participation au gouvernement, pourrait servir de garde-fou et, comme au Portugal ( voir : Le réveil de la gauche portugaise et  Portugal : une autre voie pour l’Europe) assurer au peuple espagnol que le PSOE ne reniera pas ses promesses sociales. C’est ce qui était, de fait, un peu le cas depuis Juin 2018 où, durant cette courte période le gouvernement du PSOE, bien que très timoré sur la question sociale, avait tout de même augmenté le salaire minimum de 22%, au mois de décembre. 

Toutefois, même en totalisant tous les députés du Parti socialiste et d’Unidos-Podemos, les deux formations n’arriveraient qu’à 165 sièges. Il faudrait donc trouver au minimum encore 11 députés pour atteindre la majorité absolue. Et ça tombe plutôt bien. Car, dans le même temps la Gauche républicaine catalane est devenue la première force de Catalogne avec 15 députés. Elle pourrait donc venir appuyer une coalition de gauche. D’autres forces indépendantistes pourraient faire de même, comme la coalition Basque Euskal Herria Bildu (gauche) qui obtient 4 députés, la coalition Compromis (gauche) qui obtient 1 député, voire, pourquoi pas, le parti de Carles Puigdemont, Junts per Catalunya (centre-droite/ indépendantiste) qui obtient 7 sièges. 

En fait, tout va dépendre de l’attitude du PSOE. Certains, à commencer par Pedro Sanchez, ne sont pas favorables à l’indépendance de la Catalogne et du Pays Basque. D’ailleurs depuis juin 2018, le PSOE n’a pas trouvé de solution à cette question-ci. Mais il n’est pas certains que Pedro Sanchez ait réellement le choix, dès lors qu’une alliance avec les centristes est impossible. Dès lors aussi qu’une grande partie de la base électorale du PSOE préfère une alliance avec d’autres forces de gauche qu’un accord avec des partis aux politiques responsables de la crise et des cures d’austérité. 

  • Unidos-Podemos : des pistes pour expliquer le déclin 

Plusieurs raisons peuvent expliquer ce recul de la coalition de gauche. L’une d’entre elles étant sans doute due à la campagne menée par le PSOE consistant à affirmer la nécessité d’un vote utile pour faire barrage à l’extrême-droite au Parlement. Même s’il faut aussi être lucide et réaliste et reconnaître que la stratégie adoptée n’était pas forcément la bonne.

Car, si Izquierda Unida bénéficie d’une base militante ancienne et d’un certain ancrage local et régional, ce n’est peut-être pas encore tout à fait le cas de Podemos. Il y a fort à parier aussi que les événements européens, comme la trahison de Syriza en Grèce ou l’émergence de partis d’extrême-droite, surfant sur les vagues de protestations, dans d’autres pays n’ont pas aidé non plus. Quoi qu’il en soit Unidos-Podemos limite la casse lors de ce scrutin. Reste à voir s’ils réussiront aussi bien que la dernière fois lors des élections municipales et régionales (et européennes) du 26 mai prochain. 

Vox espagne
Le parti d’extrême-droite Vox fait son entrée au Parlement espagnol. Photo : LCI
  • L’entrée de l’extrême-droite au Parlement 

C’est l’autre fait marquant de ces élections générales. Pour la première fois depuis la transition démocratique et la fin de la dictature fasciste de Franco, un parti d’extrême-droite espagnol a des élus au Congrès des députés. Vox obtient ainsi 24 sièges, en totalisant 10,26 % des voix. Certes, les médias alarmistes nous prédisaient un retour en force avec des sondages donnant parfois plus de 50 députés à Vox. Qu’importe, ces résultats interrogent et inquiètent. 

Fondée le 17 décembre 2013, à la suite d’une scission du Parti populaire, et dirigée par Santiago Abascal, cette formation présente les mêmes rhétoriques que ses compères européens alliant des positions réactionnaires, xénophobes, ultranationalistes et un libéralisme économique assumé. 

Pourtant, de sa création aux élections régionales d’Andalousie en décembre 2018, le parti reste très minoritaire en Espagne. En témoigne ses différents résultats : 

  • 0,23 % aux élections générales de 2015 
  • 0,20 % aux élections générales de 2016 
  • 0,45% aux élections régionales d’Andalousie en 2015
  • 1,57% aux élections européennes de 2014

La donne change donc le 2 décembre 2018. En Andalousie, une région historiquement à gauche, Vox obtient 12 sièges en se positionnant cinquième des suffrages, sans doute appuyé par une frange de la population effrayée de la possible indépendance catalane. Le nombre peut sembler dérisoire (12 sur 109) mais il permet à la région de basculer à droite puisque ces douze députés viennent s’ajouter aux 26 députés du Parti populaire et aux 21 de Ciudadanos. 

Ces 24 élus au niveau national montrent une chose. Les pays ayant connu des dictatures fascistes lors du 20e siècle ne semblent plus effrayés à l’idée de revoter pour des partis aux idées plus ou moins similaires. Espagne, Italie, Allemagne, Portugal, Hongrie, les exemples sont malheureusement trop nombreux (Allemagne, Suède, revoilà l’extrême-droite) et démontrent que les politiques prônées par la commission européenne, par ceux-là mêmes qui s’érigent en rempart contre l’extrême-droite, nous mènent directement à eux. 

Pourquoi la réduction du nombre de parlementaire est une mauvaise chose ?

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Le projet du gouvernement : réduire de 30% le nombre de députés et sénateurs, et instaurer une insuffisante part de proportionnelle. Source : LCI 

Tout le monde s’accordera sur le fait que notre démocratie est en perte de vitesse, pour ne pas dire qu’il y a un vrai problème dans notre pays (voir : Macron : vers une dérive autoritaire du pouvoir). C’est la démocratie nationale, mais aussi, et peut-être surtout, la démocratie locale qui pâtit le plus de ces problèmes, depuis que les gouvernements s’évertuent à éloigner les centre de décisions, comme ce fut le cas avec la réforme des régions. Une réforme qui a été faîte sans tenir compte nullement des particularités des habitants et des territoires.

Devant ce constat que chaque citoyen peut faire, il serait donc naturel de remédier à ça en offrant de meilleurs services et une meilleure représentation. Or, c’est exactement le contraire qui se déroule. Non seulement on éloigne, de plus en plus, les services publics, en les concentrant dans des villes plus importantes. Mais de surcroît on fait en sorte que les lieux de pouvoirs soient, eux aussi, de plus en plus éloignés. C’est notamment visible dans des régions qui sont restées rurales, ou qui sont constituées de villes petites et moyennes et qui, du jour au lendemain, voient la grande ville de la région tout concentrer : pouvoir et service. Qu’en est-il des gens qui ont des difficultés à se déplacer ? Ceux dont les horaires sont irréguliers ? Ceux dont les salaires permettent à peine de couvrir les dépenses élémentaires et qui ne peuvent investir plus dans le budget essence ou transport ? Ceux qui préconisent ce genre de réforme se moquent éperdument des préoccupations des gens ordinaires.

  • La perception des parlementaires, et notamment des députés

Je sais qu’un certain nombre de Français pensent qu’il y a trop de parlementaires, qu’ils ne travaillent pas assez, et qu’ils sont trop payés. Ce sont, très souvent, trois critiques qui sont répétées et qui s’additionnent et auxquelles il faut répondre.

Oui, les parlementaire de notre pays sont, sans doute, trop payés. Être député n’est pas un métier. C’est un mandat donné par le peuple. Et, en tant que représentant du peuple, et de la Nation, ils devraient donc nous représenter. A commencer par ne pas gagner plus que ce que ne gagne la majorité du pays, c’est-à-dire le salaire médian. Toutefois, si l’on compare le revenu des députés à d’autres revenus, comme ceux des actionnaires, ou des technocrates qui se pavanent à Bruxelles, ces personnes là nous coûtent bien plus cher. Un seul exemple. Quand un député touche un peu plus de 5 000 euros par mois, bien qu’il y ait également des indemnités et des avantages supplémentaires, un commissaire européen (comme Pierre Moscovici) touchera lui plus de 20 000 euros par mois sans compter les avantages comme l’aide à l’installation de Bruxelles (correspondant à deux mensualités de salaire), alors qu’il n’a été élu par personne. Inutile également d’évoquer les rémunérations, qui dépassent l’entendement, des 0,1 % des français les plus riches. Ainsi, tout en réaffirmant que les salaires des parlementaires, députés et sénateurs, comme ceux des ministres et des hauts-fonctionnaires, devraient être réduits, il serait également bien plus démocratique que nos élus nous représentent réellement.

Le problème c’est que l’Assemblée Nationale, comme le Sénat, n’est pas du tout représentative du peuple en ce sens que la majorité (76%) des députés sont issus des cadres et professions intellectuelles supérieures. En parallèle, seuls 4,6 % des députés sont des employés alors même que les employés représentent plus de 28 % de la population. (voir : L’Assemblée nationale ne compte quasiment plus de représentants des milieux populaires). C’est, à mon sens, l’un des problèmes majeurs de notre pays. Un problème qui peut expliquer, en partie, le fait que bien souvent ils votent pour des lois sans n’avoir aucune connaissance de la réalité de la majorité de la population.

Le second problème serait lié à l’absentéisme des députés. Là encore, il faut nuancer. Il est certain qu’il y a des députés qui en profitent, qui n’interviennent jamais, ne posent jamais de question orale ou écrite et qui, dans leur circonscriptions ne sont pas plus actifs que dans l’hémicycle. Toutefois, d’autres sont parfois absents de l’Assemblée, tout en étant très actifs lorsque qu’ils y sont, pour une simple et bonne raison : le travail d’un député consiste aussi (et surtout ?) a être au contact avec les citoyens du territoire où il a été élu. Entendre les revendications et y répondre, résoudre les problèmes locaux etc. C’est une partie non-négligeable du mandat d’un député qu’il ne faut pas minimiser.

De cette deuxième remarque découle naturellement la troisième. Si les députés, pour faire correctement leur travail, doivent être sur place, dans leur circonscription, ce qui implique de devoir connaître ce territoire, et ses habitants, pourquoi devrait-on réduire le nombre de députés ?

C’est pourtant simple à comprendre. Moins il y aura de députés, et plus ceux restants devront couvrir, et représenter, un territoire plus important et un nombre de personnes croissant. Et, c’est précisément ce à quoi veut arriver la majorité actuelle en baissant de 30 % le nombre de députés, mais aussi de sénateurs. Le nombre des premiers passeraient ainsi de 577 à 404 et celui des seconds de 348 à 244.

Et, Emmanuel Macron va même encore plus loin. Dans un article du Canard enchaîné  du 13 mars dernier intitulé : Quand Sarko inspire l’Élysée, l’hebdomadaire satirique indique en effet que l’exécutif prévoit de supprimer à la fois les conseillers régionaux et départementaux pour les remplacer par une seule entité commune : les conseillers territoriaux. L’avantage selon le gouvernement ? Le nombre passerait de 6 000 conseillers départementaux et régionaux à 3 500 conseillers territoriaux. L’inconvénient pour les citoyens ? Un nouvel éloignement des centres de pouvoirs et une nouvelle baisse de la démocratie locale. 

Renouveler notre démocratie ne passera pas par une réduction du nombre d’élus. Ni d’ailleurs par l’introduction d’une seule petite dose de proportionnelle. C’est tout le système qu’il faut transformer. Nos représentants- pour la plupart- ne nous représentent plus. La solution ? Faire confiance au peuple et passer par l’instauration d’une VIème République véritablement démocratique et profitable à la majorité de la population. Mais elle ne viendra pas d’un claquement de doigt. Le mouvement des Gilets Jaunes a réussi à faire vaciller le pouvoir. C’est désormais le peuple tout entier qui doit s’unir pour fonder une nouvelle République.

Israël dit oui à Benyamin Netanyahou, et non à la paix

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L’actuel Premier ministre Israélien, Benyamin Netanyahou, va entamer un cinquième mandat. Photo : Thomas COEX / AFP

Selon toutes vraisemblances, Benyamin Netanyahou devrait rempiler pour un cinquième mandat à l’issue des élections législatives israélienne. Et ce malgré la quasi-égalité des scores entre son parti, le Likoud, conservateur et sioniste, et le parti Kakhol lavan, libéral et sioniste, qui obtiennent chacun environ 26% des suffrages exprimés. Toutefois, au gré des alliances qu’il devrait former, Netanyahou ne devrait avoir aucune difficulté à bâtir une nouvelle majorité à la Knesset, le parlement israélien. 

Ce scrutin est, sans surprise, pire qu’une mauvaise nouvelle, un véritable coup de massue à tous ceux, Israéliens compris, souhaitant l’enclenchement d’un processus de paix avec la Palestine. Car c’est bien le peuple palestinien qui sort perdant de ces élections. Avec Netanyahou c’est l’assurance de la poursuite des colonisations en territoire palestinien, du blocus criminel contre la bande de Gaza, des bombardements, mais aussi de l’apartheid au sein même de la société israélienne (voir : Israël : l’État d’apartheid inscrit dans la constitution). Surtout, ce vote redonne une nouvelle légitimité à la politique d’expansion d’Israël au dépend des Palestiniens, mais aussi à la politique de tensions permanentes contre des pays comme la Syrie (Israël provoque la Syrie). Avec Netanyahou c’est l’assurance que la solution à deux Etats est morte :

« L’État palestinien ne sera pas mis en place comme le disent des gens. Cela n’arrivera pas ».

Édifiant. D’autant plus lorsqu’on sait que l’actuel Premier ministre est cité dans une affaire de corruption par la justice de son pays. Mais Benyamin Netanyahou ne semble pas inquiet. Et dans le contexte international, avec le soutien inconditionnel de Donald Trump (voir : Jérusalem n’est pas la capitale d’Israël) et celui du nouveau président du Brésil Jair Bolsonaro, il n’a aucune raison de l’être. 

  • Et la gauche dans tout ça ? 

Derrière, suivent de loin les deux partis représentant les ultras-orthodoxes- Judaïsme unifié pour la Torah et Shah-, obtenant chacun aux alentours de 6%. Les quatre premiers partis politiques israéliens sont donc issus de la droite, voir de l’extrême droite.

La gauche est loin, et paraît tellement dérisoire dans ce paysage conservateur et sioniste. La coalition judéo-arabe Hadash-Taal, rassemblant le Hadash (qui est lui-même une coalition de forces de gauche non-sioniste et d’extrême-gauche, dont la plus importante est le Parti communiste israélien) et le Ta’al, un parti israélien, antisioniste, représentant la minorité arabe. 

Si le nombre de parlementaires obtenu par la coalition- six- n’est pas une réjouissance en soit, le fait qu’elle se place, pour la première fois, devant la gauche sioniste, représentée par le Parti travailliste, est une maigre consolation pour les progressistes de la région. 

Venezuela : fin du spectacle pour Guaido

Manifestation des partisans du président autoproclamé vénézuélien Juan Guaido à Maracaibo, le 12 février.
Les manifestants, favorables au putschiste Juan Guaido, utilisent dans leurs démonstrations des drapeaux des Etats-Unis, parfois aussi des drapeaux d’Israël. Une preuve de plus, s’il en fallait, de l’implication impérialiste dans ces actions politiques. ISAAC URRUTIA / REUTERS

La marionnette des Etats-Unis, qui s’était autoproclamé président de la République le 23 janvier dernier, n’a pas réussi son coup. Dans la nuit du 02 au 03 avril l’Assemblée constituante lui a retiré son immunité parlementaire. Avec lui, c’est tout un secteur d’une droite-extrême qui voit ses illusions tomber. Celles et ceux qui pensaient que la Révolution bolivarienne était finie se sont lourdement trompés.

Il faut, bien entendu, rester prudent. Les actualités évoluent rapidement et qui sait de quoi demain sera fait ? Mais pour l’heure le gouvernement légitime du Venezuela- validé par le peuple par l’élection présidentielle du mois de mai 2018- est toujours en place. En dépit des provocations, des menaces, et des sanctions économiques. Tout le monde aura d’ailleurs pu observer l’hypocrisie occidentale qui, tout en sanctionnant économiquement le Venezuela et en retenant son argent (voir : La Banque d’Angleterre refuse de rendre 1,2 milliard de dollars en or au Venezuela), le privant de milliards de dollars, souhaitait faire rentrer une prétendue aide humanitaire correspondant à quelques millions à peine.

Nul besoin de l’aide humanitaire américaine. La Yougoslavie, la Libye, l’Irak, la Syrie s’en seraient bien passés. On peut bien-sûr reprocher à Maduro sa gestion économique. Il est certain qu’il y a beaucoup à faire pour que la situation s’améliore, même si une bonne partie de la crise est en partie due aux sanctions économiques imposées de l’étranger. Aucun pays n’est parfait. En revanche ceux souhaitant mener une politique indépendante et différente, de la doxa néolibérale et néocoloniale, pourraient sans aucun doute mieux le faire s’ils n’étaient pas constamment déstabilisés.

Et quand on voit la situation actuelle du monde, et plus particulièrement de l’Amérique latine, on comprend mieux pourquoi et comment le Venezuela subit ce genre de déstabilisations depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en 1999. Mais cette fois-ci leur plan a semble-t-il échouer. L’armée bolivarienne soutien le gouvernement, et l’union civico-militaire demeure stable au Venezuela. Les soutiens au gouvernement sont encore massifs, en témoignent les nombreuses manifestations en faveur du président et de la Révolution.

Surtout, si un temps la possibilité d’une intervention armée, qui aurait été dirigé contre Nicolas Maduro, a été craint, elle semble désormais loin depuis que la Russie et la Chine ont spécifié qu’ils ne toléreraient pas une attaque directe contre le Venezuela. D’ailleurs des conseillers militaires et du matériel, ainsi que des vivres, sont arrivés en provenance de la Russie. Guaido aura sans doute du mal à rebondir après ça. D’autant plus que désormais toute une partie de la population est indifférente à ses revendications et entend juste vivre en paix. Une paix rendue impossible par ces provocations et ces déstabilisations comme lors du probable sabotage qui avait causé une panne générale dans le pays.

Sans compter qu’il est dorénavant possible qu’il soit poursuivi par la justice de son pays après que l’Assemblée constituante ait levé son immunité de parlementaire (il demeurait le président de l’Assemblée nationale) dans la nuit du 02 au 03 avril. Auparavant le contrôleur général avait spécifié que Juan Guaido ne pourrait exercer de mandat public pendant 15 ans.

  • Résister face à l’impérialisme

Les Nord-Américains ont toujours souhaité faire de l’Amérique latine leur arrière cour, ne tolérant jamais la présence de gouvernements hostiles à leurs intérêts (Cuba, Chili, Grenade, Honduras, Nicaragua, Salvador, Equateur, Venezuela, Bolivie, Argentine, Paraguay, Brésil etc). Aujourd’hui, à l’heure de la contre-offensive menée par la droite partout sur ce continent, visible notamment par les exemples brésiliens, argentins, salvadoriens ou équatoriens, il faut que les pays progressistes puissent résister aux pressions impérialistes.

Et malheureusement, si au début des années 2000 les gouvernements de gauche étaient majoritaires en Amérique latine, force est de constater que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le Mexique a, certes, été une excellente surprise en élisant le premier président de gauche de son histoire, mais c’est bien l’exception qui confirme la règle. Car les pays progressistes ne sont plus qu’une poignée sur l’ensemble du continent (Mexique, Cuba, Venezuela, Bolivie, Nicaragua, Uruguay, Suriname, Guyana, République Dominicaine, soit neuf sur un total de vingt-quatre pays). Et quand on sait que Donald Trump a fait l’une de ses priorités de renverser le trio Venezuela-Cuba-Nicaragua (voir : Et maintenant le Nicaragua) il y a de quoi s’inquiéter.

Si pour l’heure ces trois états résistent, qu’en sera-t-il de la Bolivie où des élections auront lieu au mois d’octobre prochain ?

Européennes : la fausse opposition libéraux/nationalistes

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AFP

C’est un piège qui nous tend les bras un peu plus chaque jour. Ce piège que nous voyons venir depuis des mois maintenant, mais dont les griffes devraient en attraper plus d’un. A moins que nous soyons déjà tous tombés dedans lors du second tour de la dernière élection présidentielle. Ce piège c’est celui qui consiste à réduire le vote à un prétendu duel entre les nationalistes d’un côté, et les libéraux, soit-disant progressistes, de l’autre. 

Autrement dit, Macron, et le clan européen des ultralibéraux, incarneraient le progrès social, et le seul rempart face à l’extrême-droite. Alors que c’est précisément tout l’inverse. C’est justement cette politique ultralibérale menée depuis plusieurs années en Europe, dans presque tous les pays, qui a conduit certains peuples à se tourner vers des parties nationalistes, voire xénophobes. Italie, Pologne, Hongrie (voir : Allemagne, Suède, revoilà l’extrême-droite ) les exemples sont bien trop nombreux.

Mais pourquoi n’est-ce pas le cas ? Prenons simplement l’exemple de la France. Entre les élections, c’est tout une entreprise de dédiabolisation du Rassemblement National qui est menée. L’exemple le plus récent étant les propos de Nathalie Saint-Cricq qui débriefait le passage de Marine le Pen sur France 2 :

« Je l’ai trouvée assez efficace. J’ai trouvé qu’elle avait travaillé par rapport au débat de l’entre-deux tours. J’ai trouvé qu’elle était dans le constat, ce qui lui permet plus facilement d’arrondir les angles. Elle n’est pas contre les riches, elle est contre les pauvres. Elle aime bien les bons Gilets jaunes, mais elle défend aussi les policiers, tout est de la faute du gouvernement. Donc pendant toute la première partie on a eu quelqu’un d’assez consensuel, qui était dans le contrôle et finalement son constat on pourrait le partager. Après les choses se sont un petit peu gâtées avec Nathalie Loiseau et Matteo Renzi. Parce que là on n’était plus dans le constat, on lui demandait des solutions. Du genre : si vous étiez, si vous deviez vous mêler de la direction des travailleurs détachés, vous feriez quoi ? Et là ça a patiné un petit peu plus. Mais globalement elle est hyper-dédiabolisée, et elle a travaillé. Elle n’est plus excessive comme elle pouvait l’être avant, ni pas très professionnelle. »

Mais, dès lors que l’élection devient immédiate, comme cela sera le cas dans quelques semaines, tout sera fait pour montrer son danger. Et les appels à faire barrage se feront entendre de toute part afin de nous orienter vers leur vote utile, prétendument le seul rempart contre la peste brune. Mais en réalité le pouvoir- entendons par pouvoir ceux qui gouvernent, c’est à dire le monde de la finance- a besoin d’un tel ennemi, dans le cas où il serait à court d’argument. En fait, globalement, chaque camp- libéraux ou nationalistes- ne peut pas se passer de l’autre. De cette manière ils argumentent leur propre programme en fonction de l’autre camp.

Pourtant, si on regarde de plus près, il n’y a guère de divergence économique. Et tous, plus ou moins, s’évertuent à appliquer les préceptes du libéralisme prôné par les hautes instances de l’Union européenne. Sans remettre en cause le système capitaliste ultra-financiarisé, source de tous les problèmes. Sans remettre en cause la dégradation des conditions de travail, les délocalisations et la paupérisation de plus en plus générale du plus grand nombre.

Au fond, en mettant côte-à-côte les politiques économiques de Orban, en Hongrie, Merkel, en Allemagne, ou Macron, en France, on s’aperçoit rapidement que, s’il y a des différences dans les discours, dans les faits leurs décisions sont relativement similaires. Il ne faut donc pas se tromper. L’opposition libéraux-nationalistes n’est qu’un leurre. Un leurre qu’il convient de dépasser en agissant pour sortir des traités européens actuels et en tournant le dos au dogme libéral.

A propos des élections européennes, voir : Européennes : l’union impossible ?