100 ans après certains faits oubliés de la Révolution russe

 

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Il y a cent ans, les Bolcheviks, Lénine à leur tête, prenaient le pouvoir en Russie. Cette révolution populaire allait changer le cours du pays, et du monde, pour les décennies à venir. Le premier pouvoir ouvrier au monde était né, et il entendait marquer les esprits dès le début.

Les premiers décrets, approuvés par le Congrès des Soviets, ne tardaient pas à être promulgués. Le premier d’entre eux concernait la guerre qui faisait rage en Europe depuis 1914 ; par le décret sur la paix, la nouvelle Russie cessait les hostilités avec l’Allemagne. S’en suivaient les décrets distribuant la terre aux paysans, nationalisant les industries, et déclarant la « souveraineté des peuples de Russie ».

Il ne sera pas ici question de revenir sur toute l’Histoire de l’URSS, mais de se concentrer sur trois points, qui ont marqué l’histoire de l’URSS et qui sont trop souvent oubliés, à savoir que la révolution russe fut aussi une révolution féministe, que l’URSS a grandement contribué à la victoire sur le fascisme durant la seconde guerre mondiale, enfin qu’elle aura été d’une aide généreuse envers les mouvements de libération nationale et les pays progressistes.

  •  Une révolution féministe

Cette révolution ouvrière et socialiste fut aussi à tout égard une révolution féministe, à une époque où l’inégalité entre hommes et femmes était monnaie courante. Le 8 mars 1921 Lénine décrétait, en hommage aux ouvrières de Saint-Pétersbourg, la journée internationale de la femme, mondialement célébrée aujourd’hui.

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Alexandra Kollontaï, Commissaire du peuple à la Protection sociale

Mais le gouvernement soviétique, avec en son sein la première femme ministre : Alexandra Kollontai (Commissaire du peuple à la protection sociale), alla beaucoup plus loin dans les droits accordés à la gente féminine : droit de vote, droit au divorce, lutte contre l’analphabétisme qui touchait alors 80% des femmes. Le 16 septembre 1918 est crée le code de la famille, et le 18 novembre 1920 le décret qui autorise l’avortement est promulgué. Les congés maternité, ainsi que l’égalité salariale entre hommes et femmes sont également décrétés.

Des réformes qui, encore aujourd’hui, sont impensables dans certains pays prétendument plus avancés que la Russie soviétique.

  • L’URSS, vainqueur de la seconde guerre mondiale

Si aujourd’hui notre vision du monde, et de la seconde guerre mondiale a quelque peu changé, dans le mesure où nous considérons, en majorité, que ce sont les Etats-Unis qui ont le plus contribué à la défaite de l’Allemagne nazie, la perception des choses était différente à l’époque.

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L’URSS a subi des pertes considérables, avec près de 26 millions de morts, le pays se place en effet en tête du classement des Nations ayant eu le plus de victimes. Stalingrad fut sans aucun doute le tournant de la Seconde guerre mondiale ; lorsqu’en 1943, après une résistance héroïque, les soviétiques parvenaient à défaire les armées à Allemande et à amorcer une contre attaque. Ce serait le point de départ de la chute du IIIème Reich et de la défaite d’Hitler.

L’armée rouge allait libérer une grande partie de l’Europe, et les forces nazies envoyées sur le front russe peuvent laisser présager l’issue de la guerre si l’URSS n’avait pas été la. Pour s’en rendre compte il suffit simplement de voir la difficulté qu’on connu les résistants et les troupes qui ont débarqué, et d’imaginer ensuite ce qu’il en aurait été avec des millions de soldats nazis en renforts sur le front ouest. Il ne s’agit donc pas de nier le rôle que d’autres armées ont pu avoir, notamment les troupes américaines, mais de réhabiliter celui de l’URSS qui se plaça en rempart du fascisme à l’image des autres Partis communistes.

Quelques années plus tôt, lorsqu’en 1936 éclatait la guerre d’Espagne opposant fascistes et républicains, c’était déjà l’URSS qui était venue au secours de la République espagnole. Face à la timidité des démocraties occidentales, la France et le Royaume-Uni notamment qui, au nom d’une prétendue neutralité, que personne ne respecta, n’intervinrent pas en Espagne, l’URSS elle envoya armes, chars, munitions et conseillers aux armées de la République. Les Brigades internationales furent créées à cette occasion, permettant à des milliers d’hommes et de femmes communistes, socialistes, républicains, démocrates des quatre coins du monde de venir combattre contre le fascisme.

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Le gouvernement du Front populaire français, Léon Blum a sa tête, se décidera finalement à aider, discrètement, les combattants espagnols. Laissant passer armes et munitions, et ouvrant la frontière aux brigades internationales. Mais ce ne sera pas suffisant. Tandis que le camp démocrate regardait l’Espagne sombrer, les pays fascistes n’hésitèrent pas à envoyer troupes, armes, et avions en nombre. Franco sortait finalement vainqueur de la guerre d’Espagne, et allait s’en suivre, pour celle-ci, près de 40 ans de dictature.

L’URSS, malgré les hésitations du début du conflit, aura finalement été le seul pays a, réellement, venir en aide aux républicains, une aide insuffisante certes, mais qu’en aurait-il été si les démocraties en avaient fait de même ?

  • L’aide aux mouvements de libération nationale 

Aussitôt la seconde guerre mondiale terminée, voilà qu’un autre conflit démarrait, plus subtil, plus idéologique, plus indirect aussi : la guerre froide. Camp occidental contre camp socialiste, l’OTAN contre le Pacte de Varsovie, les Etats-Unis et leur impérialisme contre l’URSS et son internationalisme. L’URSS allait, dans ces années d’après guerre, aider nombres de mouvements de libération nationale et de pays progressistes nouvellement souverains.

Mais revenons d’abord en arrière, lorsque éclate la Révolution russe, et que le pouvoir des Soviets est en place. Dès le départ, le caractère fondamentalement internationaliste de la Révolution socialiste est annoncé et confirmé par Lénine. Ce dernier avait très bien compris que la nouvelle Russie soviétique, qui deviendrait l’URSS en 1922, ne pouvait tenir face aux armées blanches et aux forces de la finance, sans le déclenchement d’autres révolutions en Europe.

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Et les événements, dans les mois qui suivaient la Révolution russe, allaient en ce sens. En Allemagne d’abord, où Lénine plaçait une bonne partie de ces espoirs, une révolution éclatait menée par la Ligue Spartakiste de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. La révolte s’achevait dans le sang et  les deux leaders étaient sauvagement assassinés après cet épisode révolutionnaire. En dépit de l’échec de la prise du pouvoir à Berlin, en Bavière, le 7 avril 1919, la République des conseils de Bavière était proclamée, elle ne durerait, elle aussi, que quelques semaines, écrasée par l’armée allemande le 3 mai 1919.

Un peu plus tôt, en Hongrie, le 21 mars 1919, la République des conseils de Hongrie était proclamée par Bela Kun. Sur le modèle de la nouvelle Russie, la République des soviets Hongrois allait se dresser face aux impérialistes pendant près de 143 jours, avant de finir écrasée, comme celle de Bavière, par les armées occidentales.

Après la seconde guerre mondiale, allaient se multiplier les guerres de décolonisation et de libération nationale. Des mouvements émergeaient dans le monde entier pour faire valoir le droit de chaque peuple à l’auto-détermination. En Amérique latine, en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique l’aide soviétique fut précieuse. D’abord pour les mouvements, puis pour les pays progressistes et socialistes qui recevaient de l’URSS et du camp socialiste, armes, argent, matériels et conseillers.

Chaque mouvement socialiste, chaque nouveau pays progressiste, chaque guérilla marxiste était un moyen de plus de lutter contre l’impérialisme nord-américain qui, de son côté, n’hésitait pas à renverser, déjà, des pays progressistes et des gouvernements démocratiques. Le coup d’Etat chilien de 1973, où le général Pinochet, soutenu par la CIA renversa le pouvoir populaire et démocratique de Salvador Allende, restera, pour le peuple chilien, et la gauche internationale, un drame et une plaie à jamais ouverte.

L’aide soviétique sera bénéfique pour de nombreux pays : l’Egypte de Nasser, la Chine populaire, du moins durant les premières années, la Cuba socialiste, ou la Syrie baasiste bénéficieront des largesses soviétiques à l’instar de toute nation se dressant contre l’impérialisme.

Avec la chute du camp socialiste à la fin des années 80, c’est toute une croyance qui allait s’effondrer, c’est aussi une nouvelle période qui s’ouvrait, laissant l’impérialisme américain promouvoir son mode de vie, et sa vision politique et économique. Une ère unilatérale que certains pays, tels que la Chine et la Russie, voudraient aujourd’hui voir s’achever pour faire place à un monde multipolaire.

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Poursuivre les processus révolutionnaires

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La victoire du peuple vénézuélien le 15 octobre dernier lors des élections régionales du pays a soulagé une grande partie du mouvement révolutionnaire, notamment d’Amérique latine, qui essuyait depuis quelques temps des défaites au profit d’une droite revancharde financée par les Etats-Unis. En donnant une large majorité au Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV- Parti du président Nicolas Maduro) le peuple vénézuélien donne par la même un nouveau souffle à la Révolution bolivarienne. Ainsi, sur les 23 Etats qui composent le Venezuela, 18 ont été remportés par le PSUV, contre 5 pour la droite, dont une partie n’a pas manqué, comme à son habitude, de contester les résultats.

La question de la couverture médiatique

Une fois n’est pas coutume, les principaux médias français, et européens, qui avaient dépeint le régime vénézuélien comme autoritaire et dictatorial, n’ont cette fois-ci pas émis de trop sévères critiques vis à vis de cette élection. Certes, certains « bien-pensants » y sont allés de leurs petits mots pour critiquer la Révolution, mais si l’on compare aux élections de l’Assemblée Constituante (voir : Venezuela, poursuivre la Révolution) la couverture médiatique a été totalement différente.

Pourquoi deux élections, dans le même pays, et remportées par le même Parti, ont-t-elles été traitées de manière différente ? La réponse est simple. Lors de l’élection de l’Assemblée Constituante, la droite vénézuélienne, soutenue par tous les médias dominants, malgré le fait qu’elle soit à l’origine des violences dans le pays, avait appelé à ne pas prendre part au vote. A partir de ce moment là, il était donc évident que, n’appelant pas à voter, la droite ne pouvait être que perdante, et donc les médias avaient tout le loisir à dépeindre ce vote populaire en plébiscite pour le gouvernement socialiste vénézuélien.

La différence notable avec ces élections régionales, est que lors de cette échéance électorale, la droite participait activement au processus. Pire, quelques jours à peine, avant les élections, elle était sûre de l’emporter, portée par des sondages qui prédisaient une rafle des Etats par l’opposition. Quelle ne fut pas la désillusion pour la contre-révolution à l’annonce des résultats, quand le mouvement populaire semblait reprendre de toute sa vigueur et infligeait une claque à tous ceux voyant avec enthousiasme la fin du « chavisme ».

Problème, comme une partie de la droite, a reconnu la défaite, il est de fait plus dur de porter un jugement négatif sur ces élections, d’autant plus que de nombreux observateurs internationaux avaient été conviés pour garantir le bon déroulement du scrutin.

Une victoire porteuse d’un nouveau souffle

Bien que concernant en premier lieu le Venezuela, cette victoire de la gauche est signe d’un nouvel espoir pour toute l’Amérique latine qui voit un retour aux affaires des forces de la finance, n’hésitant pas à user de tous les moyens possibles pour retrouver le pouvoir. Violences au Venezuela, destitution illégale au Brésil, répression du mouvement ouvrier en Argentine, aucun pays voulant mener une autre politique n’échappe au giron de l’impérialisme américain, toujours persuadé que cette région du monde constitue son « arrière-cour », selon la théorie de Monroe de 1823.

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Fort heureusement, certains pays résistent toujours à ces déstabilisations et entendent continuer à mener les politiques bénéfiques pour leur peuple. Une volonté qui leur vaut d’ailleurs le privilège d’être vus comme des pays dangereux par l’impérialisme. La Bolivie d’Evo Morales, le Venezuela de Maduro ou encore le Nicaragua d’Ortega poursuivent ce rêve d’une Amérique latine où les peuples seraient souverains, libérés de la finance internationale.

Malgré les déstabilisations, qui rappellent des heures sombres de l’histoire du Nicaragua, notamment lorsque les Etats-Unis finançaient les ignobles « contras », le gouvernement populaire, soutenu par le peuple dans les diverses élections, a toujours su répondre de manière démocratique aux menaces américaines. C’est fort d’un bilan social qui a sorti des millions de Nicaraguayens de la pauvreté, développant éducation et infrastructures médicales, que le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) à remporté, dimanche 5 novembre, les élections municipales du pays, à une très forte majorité.

Une victoire que d’autres peuples n’ont pas eu la chance de connaître. En Argentine, malgré le désastre du néolibéralisme mis en place par le président Mauricio Macri, et les graves atteintes au droit de l’homme, commises depuis son arrivée au pouvoir, sa coalition a remporté, le 22 octobre dernier, les élections législatives du pays. Malgré l’élection de l’ancienne président Cristina Kirchner au Sénat, l’opposition de gauche n’a pas réussie à surfer sur la vague de protestation qui traverse la pays.

Inculquer une conscience de classe

L’occasion de s’interroger sur les millions de personnes qui, en bénéficiant des programmes sociaux des gouvernements progressistes, ont vu leur niveau de vie s’élever et n’ont par la suite plus accordé leur vote à ceux qui leur ont permis de vivre mieux.

Marx avait défini  la conscience de classe comme le fait d’être conscient d’appartenir à une classe sociale, le prolétariat pour la majorité de la population. D’ailleurs cette conscience, et la lutte des classes, sont deux théories très bien assimilées par la classe des possédants. Warren Buffet avait déclaré, à ce sujet, il y quelques années : « c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner ». Preuve en est, s’il en fallait une, de la réalité de la lutte de classe, et de la nécessité de la conscience de classe.

Problème : comment des personnes ayant participé avec enthousiasme aux différents processus populaires et progressistes d’Amérique Latine, et ayant largement profité des mesures des gouvernements, ont-ils pu à un moment donné changer de fusil d’épaule et passer du côté obscur ?

Sans doute influencés par une désinformation constante, cela montre aussi l’importance de l’éducation d’un peuple. La conscience d’appartenir à une classe sociale, celle des opprimés, celle des travailleurs, et donc la nécessité de mener la lutte des classes ne doit pas disparaître dès lors que sa situation personnelle s’améliore. Or, à l’image de ce qui s’est passé au Brésil, en Argentine, ou au Venezuela, certains ont très vite oublié la situation économique et sociale dans laquelle ils se trouvaient, avant les réformes des gouvernements progressistes, pour donner leur voix, ou soutenir, le retour au pouvoir d’une droite hystérique.

Le mouvement populaire révolutionnaire n’est pas mort en Amérique latine, bien au contraire les partis et mouvements de gauche continuent d’être présents, sur tous les fronts. Mais ces dernières années ont bel et bien été marquées par le retour de la droite, aidée, et financée par les Etats-Unis, dans le seul but de faire tomber les pays ne souhaitant pas revenir dans l’orbite nord-américain.

L’apport de Cuba à la paix mondiale

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Annoncé depuis plusieurs mois, un accord de paix a été trouvé entre d’une part le gouvernement colombien, et d’autre part l’une des plus vieilles guérilla d’Amérique latine les FARC-AP- Forces armées révolutionnaires de Colombie- Armée du peuple. Ses guérilleros sont parmi les plus anciens de l’Amérique latine, en effet la guérilla existe et combat depuis les années 60. Les FARC se revendiquent toujours du marxisme, malgré leur « séparation » avec le Parti communiste colombien, ce qui explique leur proximité idéologique avec l’ETA basque ou les kurdes du PKK.

Aujourd’hui la paix est plus proche que jamais; signé le 23 juin 2016, l’accord avec le gouvernement colombien devrait bientôt entrer en vigueur. S’il inclut que la guérilla doit déposer les armes, il comprend également plusieurs contre -parties qui seront, à n’en pas douter, favorables au peuple colombien. En effet, dans un pays où les assassinats politiques sont encore courants, le gouvernement colombien doit s’engager à assurer la sécurité des guérilleros qui voudront se reconvertir dans la vie politique. Nombreuses personnalités de gauches, de militants des droits de l’Homme, associatifs ou syndicaux ont déjà été tués ou on subi des violences. Un véritable processus de paix devra donc également régler cette question-ci, en désarmant les groupes paramilitaires.

Depuis toujours la guérilla est porteuse de revendications sociales, dont la principale est la mise en place d’une réforme agraire. Les habitants des campagnes colombiennes souffrent encore de la pauvreté, du manque d’éducation et de santé, et ceci explique parfaitement pourquoi la majorité des combattants des FARC sont issus des zones rurales, que la guérilla y est bien implantée, et qu’elle reçoit un soutien de ces populations. Depuis plusieurs années la guérilla a formulé d’autres propositions visant à sortir les populations colombiennes de la pauvreté. Ces propositions comprennent par exemple la modernisation de l’économie colombienne, et le développement du service public, l’affectation de 50% du budget national aux dépenses sociales, ou encore la protection des agriculteurs colombiens contre la concurrence internationale.

La fin des hostilités devraient également voir la naissance d’un débat visant à renvoyer les troupes américaines chez elles. La Colombie demeure toujours un valet de l’impérialisme américain et ce dernier dispose de nombreuses bases en Colombie. Si les FARC venaient à déposer les armes définitivement, leurs présences ne seraient plus justifiées, même si l’autre entité rebelle : l’Armée de Libération nationale n’a elle toujours pas déposé les armes. Quoi qu’il en soit, ce processus de paix permet une nouvelle fois de rappeler que Cuba est un acteur clé de la paix en Amérique latine et dans le monde.

Cuba : son rôle déterminant pour les peuples

Outre le fait que les négociations de paix soient placées sous l’égide de la Norvège et de Cuba, et que la signature des accords ait eu lieu à la Havane, la capitale cubaine, Cuba est depuis toujours partisan de la paix en Colombie. D’ailleurs depuis la Révolution cubaine et l’instauration de la République socialiste, Cuba demeure l’un pays acteur de la paix. Pour preuve la seule intervention étrangère cubaine, en Afrique, ne fut pas motivé par des intérêts économiques mais par la cause de l’indépendances des peuples et de la lutte contre le régime raciste de l’apartheid en Afrique du Sud. Plus récemment, Cuba a dès le début condamné les soi- disant « rebelles démocratiques et modérés » libyens et syriens en ne cessant d’appeler à la paix contre ceux qui voulaient renverser Kadhafi et ceux souhaitant toujours la mort d’El Assad.

Que ce soit au niveau de réglementation des armes à l’échelle mondiale, de la cessation de conflit, ou de la lutte contre le terrorisme, Cuba se trouve toujours parmi ceux qui défendent la paix et n’hésitent pas à condamner les Etats prônant la guerre et s’ingérant dans les affaires des autres pays. C’est donc tout naturellement que Cuba est le fer de lance de la lutte contre l’impérialisme américain, et se trouve également au premier plan de la cause palestinienne, ne cessant d’appeler à la création d’un Etat Palestinien indépendant et souverain.

La médecine cubaine est réputée de partout dans le monde. Lors de catastrophes majeurees ce sont souvent les médecins cubains les premiers sur place et les derniers à repartir, apportant avec eux tout leur savoir faire et prodiguant nombreux conseils aux médecins locaux. Dernier exemple en cas : l’envoi de médecins dans divers pays de l’Afrique de l’Ouest afin d’endiguer et d’éradiquer le virus Ebola.

Grâce à la coopération latino-américaine via les diverses organisations regroupant les Etats, telles que la CELAC, l’UNASUR, le MERCOSUR sans oublier l’ALBA, les pays bénéficient des compétences des médecins cubains qui, par internationalisme, n’hésitent pas à quitter leur famille et leur patrie pour aider des populations défavorisées dans des pays où les médecins locaux rechignent parfois à exercer dans les zones les plus reculées. Il y a quelques jours Cuba a été nommé présidente de l’Alliance des Associations de la Santé Publique des Amérique, une récompense à la hauteur du travail fourni par le gouvernement révolutionnaire de Cuba.

Dans le domaine de l’éducation, Cuba est également reconnu internationalement. D’abord parce que le système cubain est l’un des plus perfectionné au monde et de surcroît gratuit et ouvert à tous. Des milliers d’étudiants provenant ainsi de tous les continents viennent ainsi chaque année à Cuba afin d’étudier, notamment la médecine. Mais Cuba est aussi célèbre pour sa méthode d’alphabétisation « Yo si puedo »- oui je peux- qui a été exportée dans de nombreux pays d’Amérique latine, d’Asie ou d’Afrique. En Argentine, par exemple, ce sont 30 000 personnes qui ont pu apprendre à lire et à écrire grâce à Cuba. Le Nicaragua sandiniste, le Venezuela bolivarien, la Bolivie, ou encore Haïti ont aussi pu en profiter. Globalement; depuis 2002, ce sont près de 10 millions de personnes, réparties dans une trentaine de pays, qui ont pu bénéficier, gratuitement de la méthode d’alphabétisation cubaine.

L’aide et la contribution de Cuba pour la paix mondiale, et pour la solidarité entre les peuples est ancrée dans les mentalités cubaines depuis le triomphe de la Révolution et l’annonce de son caractère socialiste par Fidel Castro. Et malgré les nombreuses tentatives de déstabilisation, de renversements, les campagnes médiatiques de désinformation, les attentats sur le sol cubain, et le blocus en place depuis 1962, l’internationalisme continue de caractériser l’esprit cubain.