L’apport de Cuba à la paix mondiale

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Annoncé depuis plusieurs mois, un accord de paix a été trouvé entre d’une part le gouvernement colombien, et d’autre part l’une des plus vieilles guérilla d’Amérique latine les FARC-AP- Forces armées révolutionnaires de Colombie- Armée du peuple. Ses guérilleros sont parmi les plus anciens de l’Amérique latine, en effet la guérilla existe et combat depuis les années 60. Les FARC se revendiquent toujours du marxisme, malgré leur « séparation » avec le Parti communiste colombien, ce qui explique leur proximité idéologique avec l’ETA basque ou les kurdes du PKK.

Aujourd’hui la paix est plus proche que jamais; signé le 23 juin 2016, l’accord avec le gouvernement colombien devrait bientôt entrer en vigueur. S’il inclut que la guérilla doit déposer les armes, il comprend également plusieurs contre -parties qui seront, à n’en pas douter, favorables au peuple colombien. En effet, dans un pays où les assassinats politiques sont encore courants, le gouvernement colombien doit s’engager à assurer la sécurité des guérilleros qui voudront se reconvertir dans la vie politique. Nombreuses personnalités de gauches, de militants des droits de l’Homme, associatifs ou syndicaux ont déjà été tués ou on subi des violences. Un véritable processus de paix devra donc également régler cette question-ci, en désarmant les groupes paramilitaires.

Depuis toujours la guérilla est porteuse de revendications sociales, dont la principale est la mise en place d’une réforme agraire. Les habitants des campagnes colombiennes souffrent encore de la pauvreté, du manque d’éducation et de santé, et ceci explique parfaitement pourquoi la majorité des combattants des FARC sont issus des zones rurales, que la guérilla y est bien implantée, et qu’elle reçoit un soutien de ces populations. Depuis plusieurs années la guérilla a formulé d’autres propositions visant à sortir les populations colombiennes de la pauvreté. Ces propositions comprennent par exemple la modernisation de l’économie colombienne, et le développement du service public, l’affectation de 50% du budget national aux dépenses sociales, ou encore la protection des agriculteurs colombiens contre la concurrence internationale.

La fin des hostilités devraient également voir la naissance d’un débat visant à renvoyer les troupes américaines chez elles. La Colombie demeure toujours un valet de l’impérialisme américain et ce dernier dispose de nombreuses bases en Colombie. Si les FARC venaient à déposer les armes définitivement, leurs présences ne seraient plus justifiées, même si l’autre entité rebelle : l’Armée de Libération nationale n’a elle toujours pas déposé les armes. Quoi qu’il en soit, ce processus de paix permet une nouvelle fois de rappeler que Cuba est un acteur clé de la paix en Amérique latine et dans le monde.

Cuba : son rôle déterminant pour les peuples

Outre le fait que les négociations de paix soient placées sous l’égide de la Norvège et de Cuba, et que la signature des accords ait eu lieu à la Havane, la capitale cubaine, Cuba est depuis toujours partisan de la paix en Colombie. D’ailleurs depuis la Révolution cubaine et l’instauration de la République socialiste, Cuba demeure l’un pays acteur de la paix. Pour preuve la seule intervention étrangère cubaine, en Afrique, ne fut pas motivé par des intérêts économiques mais par la cause de l’indépendances des peuples et de la lutte contre le régime raciste de l’apartheid en Afrique du Sud. Plus récemment, Cuba a dès le début condamné les soi- disant « rebelles démocratiques et modérés » libyens et syriens en ne cessant d’appeler à la paix contre ceux qui voulaient renverser Kadhafi et ceux souhaitant toujours la mort d’El Assad.

Que ce soit au niveau de réglementation des armes à l’échelle mondiale, de la cessation de conflit, ou de la lutte contre le terrorisme, Cuba se trouve toujours parmi ceux qui défendent la paix et n’hésitent pas à condamner les Etats prônant la guerre et s’ingérant dans les affaires des autres pays. C’est donc tout naturellement que Cuba est le fer de lance de la lutte contre l’impérialisme américain, et se trouve également au premier plan de la cause palestinienne, ne cessant d’appeler à la création d’un Etat Palestinien indépendant et souverain.

La médecine cubaine est réputée de partout dans le monde. Lors de catastrophes majeurees ce sont souvent les médecins cubains les premiers sur place et les derniers à repartir, apportant avec eux tout leur savoir faire et prodiguant nombreux conseils aux médecins locaux. Dernier exemple en cas : l’envoi de médecins dans divers pays de l’Afrique de l’Ouest afin d’endiguer et d’éradiquer le virus Ebola.

Grâce à la coopération latino-américaine via les diverses organisations regroupant les Etats, telles que la CELAC, l’UNASUR, le MERCOSUR sans oublier l’ALBA, les pays bénéficient des compétences des médecins cubains qui, par internationalisme, n’hésitent pas à quitter leur famille et leur patrie pour aider des populations défavorisées dans des pays où les médecins locaux rechignent parfois à exercer dans les zones les plus reculées. Il y a quelques jours Cuba a été nommé présidente de l’Alliance des Associations de la Santé Publique des Amérique, une récompense à la hauteur du travail fourni par le gouvernement révolutionnaire de Cuba.

Dans le domaine de l’éducation, Cuba est également reconnu internationalement. D’abord parce que le système cubain est l’un des plus perfectionné au monde et de surcroît gratuit et ouvert à tous. Des milliers d’étudiants provenant ainsi de tous les continents viennent ainsi chaque année à Cuba afin d’étudier, notamment la médecine. Mais Cuba est aussi célèbre pour sa méthode d’alphabétisation « Yo si puedo »- oui je peux- qui a été exportée dans de nombreux pays d’Amérique latine, d’Asie ou d’Afrique. En Argentine, par exemple, ce sont 30 000 personnes qui ont pu apprendre à lire et à écrire grâce à Cuba. Le Nicaragua sandiniste, le Venezuela bolivarien, la Bolivie, ou encore Haïti ont aussi pu en profiter. Globalement; depuis 2002, ce sont près de 10 millions de personnes, réparties dans une trentaine de pays, qui ont pu bénéficier, gratuitement de la méthode d’alphabétisation cubaine.

L’aide et la contribution de Cuba pour la paix mondiale, et pour la solidarité entre les peuples est ancrée dans les mentalités cubaines depuis le triomphe de la Révolution et l’annonce de son caractère socialiste par Fidel Castro. Et malgré les nombreuses tentatives de déstabilisation, de renversements, les campagnes médiatiques de désinformation, les attentats sur le sol cubain, et le blocus en place depuis 1962, l’internationalisme continue de caractériser l’esprit cubain.

Grèce : l’espoir déçu

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Janvier 2015 : toutes les forces progressistes européennes, et au delà de ça plusieurs partis asiatiques, africains, américains, voyaient l’arrivée d’Alexis Tsipras ( issu du Parti de la gauche radicale Syriza ) au poste de premier ministre de la Grèce d’un oeil rempli d’espoir. Alors que la Grèce avait été soumise pendant des années à la dictature des marchés financiers, humiliée par Bruxelles et ses technocrates, lâchée par les sociaux-démocrates et confrontée à l’une des plus grandes crises financière, monétaire et humaine qu’elle n’ait jamais connue.

Ces élections voyaient pour la première fois, depuis le rétablissement de la démocratie en Grèce  en 1974, une majorité et un premier ministre qui n’était issu ni de la droite ni du PASOK ( le Parti socialiste grec ). Porté par un programme populaire, légitime et ambitieux, Syriza ne disposait toutefois pas d’une majorité suffisante au Parlement, l’obligeant à négocier avec les Grecs indépendants de l’ANEL- un parti de droite souverainiste mais désireux d’en finir avec les mémorandums imposés par l’Union européenne. Surtout, Syriza pensait avoir l’appui et le soutien du KKE- le Parti communiste grec qui refusa de participer au gouvernement expliquant que Tsipras céderait rapidement aux exigences des financiers.

Plus d’un an après l’arrivée au pouvoir de Syriza, le moins que l’on puisse faire c’est de donner raison au Parti communiste grec qui, en dépit des critiques que l’on peut faire à son encontre et notamment envers son « sectarisme », a su rester cohérent tout au long de cette période. Pourtant, à l’inverse de François Hollande, qui s’est abaissé immédiatement aux exigences de Bruxelles , Alexis Tsipras a d’abord engagé un bras de fer avec le reste de l’Europe notamment avec le concours de son ministre des finances, Yanis Varoufakis. Et c’est lorsque l’on pensait la Grèce la plus puissante, après la victoire écrasante du « Non » au référendum du mois de Juillet- qui donnait à Alexis Tsipras une légitimité pour poursuivre et accentuer le bras de fer- que celui-ci décida de se coucher devant les créanciers de la Grèce.

Le 13 juillet 2015 un accord est donc trouvé entre d’une part le gouvernement grec et d’autre part les créanciers de la Grèce, c’est à dire les autres Etats européens tous ligués contre Syriza. Avant d’accabler Tsipras et ses promesses non tenues, il faut remettre les choses dans leur contexte. A savoir que dès le début ,l’Union européenne a usé de pressions contre les intérêts du peuple grec. En portant atteinte au choix démocratique d’un peuple, l’Union européenne a violé la souveraineté de la Grèce, à l’instar de Jean-Claude Juncker- ancien premier ministre du Luxembourg et désormais président de la commission européenne- qui déclarait qu’il ne « peut avoir de choix démocratiques contre les traités » .

La Grèce aurait pu s’appuyer sur des pays tels que la Chine, le Brésil, la Russie ou encore l’Iran pour réellement mener un bras de fer. Mais en dépit de la volonté du peuple grec, le gouvernement a finalement pris la décision de renoncer à son programme, même s’il est vrai qu’ils ont dû faire face à l’arrêt de l’approvisionnement des banques grecques par la BCE, ce qui par ailleurs constitue une autre grave atteinte à la souveraineté de ce pays.

Après cet épisode, véritable coup d’arrêt à l’élan qu’avait insufflé la victoire de la gauche radicale, Alexis Tsipras a choisi de démissionner, pour mieux revenir quelques semaines après et pouvoir appliquer le programme des créanciers. Adieu les promesses de fin de l’austérité, d’une redistribution des richesses, la Grèce est de nouveau rentrée dans le rang : privatisations, baisse des retraites, abandon d’une renégociation de la dette ; Syriza semble avoir cédé sur tous les points. Et ce n’est pas simplement nous ou d’autres personnes hors de Grèce qui le disons, auquel cas certains pourraient nous rétorquer d’aller voir ce qu’il s’y passe vraiment, mais y compris au sein de Syriza on condamne cette attitude. Ainsi, par une scission du Parti, des députés, des élus et des militants ont créé Unité populaire qui se veut comme une force de gauche de transformation sociale désireuse d’appliquer le programme initial de Syriza, et même d’aller plus loin.

Et maintenant ?

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Avec du recul, on ne peut s’empêcher de penser que Tsipras aurait pu et dû faire autrement. Il a son seulement trahi ses camarades grecs et européens, mais surtout son peuple qui souhaitait un changement radical des politiques menées. Pourtant, dans les premiers mois du premier gouvernement, plusieurs mesures et annonces pouvaient laisser supposer un bel avenir. Fin des privatisations, rétablissement de la durée légale du travail et du salaire minimum, réouverture de ERT- la télévision publique-, ouverture d’une commission d’audit de la dette. De même qu’encore aujourd’hui la Grèce est l’un des seuls pays européens, avec le Portugal également, a vouloir trouver une solution humaine et progressiste pour les réfugiés en ne les laissant ni à la mer, ni dans des camps insalubres.

Désormais, le risque est de se trouver avec une extrême-droite relativement puissante et à même de prendre le pouvoir. Si ce n’est pas le cas pour le moment, le futur peut laisser envisager le pire, d’autant plus lorsqu’on connaît le Parti Aube Dorée. A côté lui le Front national peut apparaître comme relativement modéré. En effet, les néonazis grecs n’hésitent pas à user de la violence contre des populations ciblées, leur propositions font penser aux pires heures de notre histoire, quant à leur symbole, ce n’est ni plus ni moins qu’une croix gammée modifiée. Et quand on sait que la pauvreté est un terreau pour le fascisme, les mesures qu’imposent le nouveau mémorandum peuvent laisser place au pire.

D’où l’importance de se démarquer du gouvernement Syriza-ANEL et d’affirmer au peuple grec que l’austérité n’est pas une fatalité et qu’une politique au service des peuples est possible comme c’est par exemple le cas au Portugal ,si nous voulons rester dans des exemples européens. Pourquoi ne pas rassembler toute les forces vives à gauche, qu’elles soient politiques, associatives ou syndicales autour de l’Unité populaire et du Parti communiste grec ? Pour le moment une telle union semble difficile à réaliser mais nous avons confiance en la capacité de nos camarades grecs à réagir après cette désillusion.