100 ans après certains faits oubliés de la Révolution russe

 

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Il y a cent ans, les Bolcheviks, Lénine à leur tête, prenaient le pouvoir en Russie. Cette révolution populaire allait changer le cours du pays, et du monde, pour les décennies à venir. Le premier pouvoir ouvrier au monde était né, et il entendait marquer les esprits dès le début.

Les premiers décrets, approuvés par le Congrès des Soviets, ne tardaient pas à être promulgués. Le premier d’entre eux concernait la guerre qui faisait rage en Europe depuis 1914 ; par le décret sur la paix, la nouvelle Russie cessait les hostilités avec l’Allemagne. S’en suivaient les décrets distribuant la terre aux paysans, nationalisant les industries, et déclarant la « souveraineté des peuples de Russie ».

Il ne sera pas ici question de revenir sur toute l’Histoire de l’URSS, mais de se concentrer sur trois points, qui ont marqué l’histoire de l’URSS et qui sont trop souvent oubliés, à savoir que la révolution russe fut aussi une révolution féministe, que l’URSS a grandement contribué à la victoire sur le fascisme durant la seconde guerre mondiale, enfin qu’elle aura été d’une aide généreuse envers les mouvements de libération nationale et les pays progressistes.

  •  Une révolution féministe

Cette révolution ouvrière et socialiste fut aussi à tout égard une révolution féministe, à une époque où l’inégalité entre hommes et femmes était monnaie courante. Le 8 mars 1921 Lénine décrétait, en hommage aux ouvrières de Saint-Pétersbourg, la journée internationale de la femme, mondialement célébrée aujourd’hui.

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Alexandra Kollontaï, Commissaire du peuple à la Protection sociale

Mais le gouvernement soviétique, avec en son sein la première femme ministre : Alexandra Kollontai (Commissaire du peuple à la protection sociale), alla beaucoup plus loin dans les droits accordés à la gente féminine : droit de vote, droit au divorce, lutte contre l’analphabétisme qui touchait alors 80% des femmes. Le 16 septembre 1918 est crée le code de la famille, et le 18 novembre 1920 le décret qui autorise l’avortement est promulgué. Les congés maternité, ainsi que l’égalité salariale entre hommes et femmes sont également décrétés.

Des réformes qui, encore aujourd’hui, sont impensables dans certains pays prétendument plus avancés que la Russie soviétique.

  • L’URSS, vainqueur de la seconde guerre mondiale

Si aujourd’hui notre vision du monde, et de la seconde guerre mondiale a quelque peu changé, dans le mesure où nous considérons, en majorité, que ce sont les Etats-Unis qui ont le plus contribué à la défaite de l’Allemagne nazie, la perception des choses était différente à l’époque.

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L’URSS a subi des pertes considérables, avec près de 26 millions de morts, le pays se place en effet en tête du classement des Nations ayant eu le plus de victimes. Stalingrad fut sans aucun doute le tournant de la Seconde guerre mondiale ; lorsqu’en 1943, après une résistance héroïque, les soviétiques parvenaient à défaire les armées à Allemande et à amorcer une contre attaque. Ce serait le point de départ de la chute du IIIème Reich et de la défaite d’Hitler.

L’armée rouge allait libérer une grande partie de l’Europe, et les forces nazies envoyées sur le front russe peuvent laisser présager l’issue de la guerre si l’URSS n’avait pas été la. Pour s’en rendre compte il suffit simplement de voir la difficulté qu’on connu les résistants et les troupes qui ont débarqué, et d’imaginer ensuite ce qu’il en aurait été avec des millions de soldats nazis en renforts sur le front ouest. Il ne s’agit donc pas de nier le rôle que d’autres armées ont pu avoir, notamment les troupes américaines, mais de réhabiliter celui de l’URSS qui se plaça en rempart du fascisme à l’image des autres Partis communistes.

Quelques années plus tôt, lorsqu’en 1936 éclatait la guerre d’Espagne opposant fascistes et républicains, c’était déjà l’URSS qui était venue au secours de la République espagnole. Face à la timidité des démocraties occidentales, la France et le Royaume-Uni notamment qui, au nom d’une prétendue neutralité, que personne ne respecta, n’intervinrent pas en Espagne, l’URSS elle envoya armes, chars, munitions et conseillers aux armées de la République. Les Brigades internationales furent créées à cette occasion, permettant à des milliers d’hommes et de femmes communistes, socialistes, républicains, démocrates des quatre coins du monde de venir combattre contre le fascisme.

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Le gouvernement du Front populaire français, Léon Blum a sa tête, se décidera finalement à aider, discrètement, les combattants espagnols. Laissant passer armes et munitions, et ouvrant la frontière aux brigades internationales. Mais ce ne sera pas suffisant. Tandis que le camp démocrate regardait l’Espagne sombrer, les pays fascistes n’hésitèrent pas à envoyer troupes, armes, et avions en nombre. Franco sortait finalement vainqueur de la guerre d’Espagne, et allait s’en suivre, pour celle-ci, près de 40 ans de dictature.

L’URSS, malgré les hésitations du début du conflit, aura finalement été le seul pays a, réellement, venir en aide aux républicains, une aide insuffisante certes, mais qu’en aurait-il été si les démocraties en avaient fait de même ?

  • L’aide aux mouvements de libération nationale 

Aussitôt la seconde guerre mondiale terminée, voilà qu’un autre conflit démarrait, plus subtil, plus idéologique, plus indirect aussi : la guerre froide. Camp occidental contre camp socialiste, l’OTAN contre le Pacte de Varsovie, les Etats-Unis et leur impérialisme contre l’URSS et son internationalisme. L’URSS allait, dans ces années d’après guerre, aider nombres de mouvements de libération nationale et de pays progressistes nouvellement souverains.

Mais revenons d’abord en arrière, lorsque éclate la Révolution russe, et que le pouvoir des Soviets est en place. Dès le départ, le caractère fondamentalement internationaliste de la Révolution socialiste est annoncé et confirmé par Lénine. Ce dernier avait très bien compris que la nouvelle Russie soviétique, qui deviendrait l’URSS en 1922, ne pouvait tenir face aux armées blanches et aux forces de la finance, sans le déclenchement d’autres révolutions en Europe.

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Et les événements, dans les mois qui suivaient la Révolution russe, allaient en ce sens. En Allemagne d’abord, où Lénine plaçait une bonne partie de ces espoirs, une révolution éclatait menée par la Ligue Spartakiste de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. La révolte s’achevait dans le sang et  les deux leaders étaient sauvagement assassinés après cet épisode révolutionnaire. En dépit de l’échec de la prise du pouvoir à Berlin, en Bavière, le 7 avril 1919, la République des conseils de Bavière était proclamée, elle ne durerait, elle aussi, que quelques semaines, écrasée par l’armée allemande le 3 mai 1919.

Un peu plus tôt, en Hongrie, le 21 mars 1919, la République des conseils de Hongrie était proclamée par Bela Kun. Sur le modèle de la nouvelle Russie, la République des soviets Hongrois allait se dresser face aux impérialistes pendant près de 143 jours, avant de finir écrasée, comme celle de Bavière, par les armées occidentales.

Après la seconde guerre mondiale, allaient se multiplier les guerres de décolonisation et de libération nationale. Des mouvements émergeaient dans le monde entier pour faire valoir le droit de chaque peuple à l’auto-détermination. En Amérique latine, en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique l’aide soviétique fut précieuse. D’abord pour les mouvements, puis pour les pays progressistes et socialistes qui recevaient de l’URSS et du camp socialiste, armes, argent, matériels et conseillers.

Chaque mouvement socialiste, chaque nouveau pays progressiste, chaque guérilla marxiste était un moyen de plus de lutter contre l’impérialisme nord-américain qui, de son côté, n’hésitait pas à renverser, déjà, des pays progressistes et des gouvernements démocratiques. Le coup d’Etat chilien de 1973, où le général Pinochet, soutenu par la CIA renversa le pouvoir populaire et démocratique de Salvador Allende, restera, pour le peuple chilien, et la gauche internationale, un drame et une plaie à jamais ouverte.

L’aide soviétique sera bénéfique pour de nombreux pays : l’Egypte de Nasser, la Chine populaire, du moins durant les premières années, la Cuba socialiste, ou la Syrie baasiste bénéficieront des largesses soviétiques à l’instar de toute nation se dressant contre l’impérialisme.

Avec la chute du camp socialiste à la fin des années 80, c’est toute une croyance qui allait s’effondrer, c’est aussi une nouvelle période qui s’ouvrait, laissant l’impérialisme américain promouvoir son mode de vie, et sa vision politique et économique. Une ère unilatérale que certains pays, tels que la Chine et la Russie, voudraient aujourd’hui voir s’achever pour faire place à un monde multipolaire.

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Portugal : une autre voie pour l’Europe

 

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Sous la conduite d’un gouvernement socialiste, le Portugal a, depuis novembre 2015, entamé un virage à gauche, prenant de cours les technocrates de Bruxelles qui réclamaient toujours plus d’austérité et de régression des droits sociaux. A l’opposé de cette spirale infernale qui a conduit de nombreux pays d’Europe du Sud, y compris le Portugal, a la misère et au chômage de masse, le gouvernement portugais a décidé de mener des politiques de relance, prenant en compte la volonté du peuple portugais.

Soutenu par tous les partis de gauche, Parti communiste portugais (PCP), les verts, Bloc de gauche, le premier ministre Antonio Costa sait qu’il a tout intérêt à mener une telle politique s’il ne veut pas voir son gouvernement renversé par la droite au Parlement. Ainsi, alors qu’il avait été baissé par la droite, le salaire minimum a été augmenté à deux reprise : en 2016 tout d’abord où il était passé de 485€ à 530€, et au mois de janvier 2017 où il était passé de 530€ à 557€. En parallèle cette augmentation a été accompagné d’une d’augmentation de diverses allocations, ainsi qu’un arrêt des privatisations qui avaient contribué à ruiner l’économie portugaise.

Bruxelles, et les gouvernements libéraux européens, voyaient d’un très mauvais oeil ce gouvernement et ses réformes, l’accusant de tous les maux. Hors, comme on pouvait s’y attendre, ce virage à gauche a été plus que bénéfique à la fois pour le peuple portugais, mais aussi pour l’économie du pays dans son ensemble, avec notamment un taux de chômage en baisse. En 2016 ce dernier était de 11,1 %- 14,4% en 2014- seulement de 8,8% pour le deuxième trimestre de 2017 : des chiffres qui montrent la parfaite absurdité des recommandations de la commission européenne, qui réclamait toujours plus de coupes budgétaires, et toujours plus de sacrifices. Ironie du sort, le Portugal a même atteint l’un des objectifs fixé par Bruxelles, à savoir faire passer le déficit en dessous de la barre des 3% du PIB, un objectif non atteint par les autres pays ayant accepté de mener des politiques ultra-libérales et austéritaires sous les ingérences de Bruxelles.

Aller plus loin dans la rupture

Le gouvernement portugais doit toutefois se méfier, et ne pas être trop modéré dans ses réformes. Certes de profonds changements ont été initiés, sur le plan économique et social comme on vient de l’évoquer mais aussi sur le plan de l’accueil des immigrés, puisque le gouvernement socialiste a, dès le début, manifesté sa volonté d’accueillir plus de migrants, et dans des conditions dignes, à l’inverse de tant de pays européens (1).  A l’occasion d’un discours devant la commission européenne le 19 février 2016, le premier ministre Antonio Costa rappelait une triste réalité de l’accueil des migrants, et refusait de voir se dessiner « une Europe qui ferme ses frontières, pour bloquer l’accès aux réfugiés ». Ainsi, pour chaque réfugié arrivant au Portugal, le gouvernement a mis en place toute une série de mesure, visant à faciliter leur intégration : un logement gratuit les premiers mois, des cours de portugais pour les rendre autonomes le plus rapidement possible, et ils reçoivent également une aide pour trouver du travail, sans oublier l’accès au système de santé et la scolarisation des enfants.

Une politique qui tranche avec ce à quoi on peut d’assister dans d’autres pays européens comme en Pologne, en Hongrie, où même en France. Car si cette politique est, certes d’abord, la volonté du gouvernement, elle est aussi celle du peuple portugais. Malgré la crise qui a frappé le pays ces dernières années, il n’y a pas eu de manifestations à l’encontre de l’arrivée supplémentaires de réfugiés, au contraire les portugais se sont montrés chaleureux et désireux d’aider ceux qui venaient trouver refuge sur leur terres.

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Les inquiétudes ne portent donc pas sur cet aspect si, mais sur les déstabilisations et les menaces économiques que pourraient subir le Portugal du fait du tournant antilibéral qu’a osé prendre le gouvernement portugais. Et malheureusement les récentes expériences d’une politique sociale tournant le dos aux exigences de Bruxelles ont pour le moins déplu aux technocrates de l’Union européenne. Que ce soit à Chypre, où en Grèce, lorsque des formations de la gauche souhaitant mettre en place un réel programme de gauche, étaient portées au pouvoir par leur peuple respectif, la machine de propagande se mettait en route. Dans ces deux cas, en plus des habituelles critiques sur l’irresponsabilité des dirigeants où sur leur programme inapplicable, de fermes mesures économiques à l’encontre de ces pays ont été mises en place, notamment le non-approvisionnement des banques. Une manière à la fois de mettre le couteau sous la gorge du gouvernement élu, mais également un moyen de commencer à monter le peuple contre son nouveau gouvernement.

A mon sens, l’erreur du gouvernement grec d’Alexis Tsipras, a été de céder, trop rapidement, et sans contreparties, aux exigences des banquiers. Une erreur que ne devra pas faire le gouvernement portugais, si d’aventure de telles sanctions étaient prise en son encontre. Pour le moment, et devant les réelles progrès de l’économie portugaise, on voit mal comment Bruxelles pourrait reprocher quoique que ce soit au gouvernement portugais.

Au contraire, les réussites économiques pourraient encourager d’autres pays à tourner le dos aux injonctions de la commission européenne, et certains partis socialistes, qui ont depuis un certains temps renoncer à mener des politiques antilibérales, pourraient de nouveau se tourner vers des choix marqués à gauche. Le fait que le gouvernement socialiste dispose de la majorité parlementaire grâce entre autres au PCP et au Bloc de gauche permet à nos camarades d’exercer un « contrôle » sur l’action du premier ministre. Une manière de garantir que le Parti socialiste portugais tiendra ses promesses électorales et ne rebroussera pas chemin en cours de route.


 

(1) : Amnesty International : Portugal, en attendant les réfugiés. 

L’apport de Cuba à la paix mondiale

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Annoncé depuis plusieurs mois, un accord de paix a été trouvé entre d’une part le gouvernement colombien, et d’autre part l’une des plus vieilles guérilla d’Amérique latine les FARC-AP- Forces armées révolutionnaires de Colombie- Armée du peuple. Ses guérilleros sont parmi les plus anciens de l’Amérique latine, en effet la guérilla existe et combat depuis les années 60. Les FARC se revendiquent toujours du marxisme, malgré leur « séparation » avec le Parti communiste colombien, ce qui explique leur proximité idéologique avec l’ETA basque ou les kurdes du PKK.

Aujourd’hui la paix est plus proche que jamais; signé le 23 juin 2016, l’accord avec le gouvernement colombien devrait bientôt entrer en vigueur. S’il inclut que la guérilla doit déposer les armes, il comprend également plusieurs contre -parties qui seront, à n’en pas douter, favorables au peuple colombien. En effet, dans un pays où les assassinats politiques sont encore courants, le gouvernement colombien doit s’engager à assurer la sécurité des guérilleros qui voudront se reconvertir dans la vie politique. Nombreuses personnalités de gauches, de militants des droits de l’Homme, associatifs ou syndicaux ont déjà été tués ou on subi des violences. Un véritable processus de paix devra donc également régler cette question-ci, en désarmant les groupes paramilitaires.

Depuis toujours la guérilla est porteuse de revendications sociales, dont la principale est la mise en place d’une réforme agraire. Les habitants des campagnes colombiennes souffrent encore de la pauvreté, du manque d’éducation et de santé, et ceci explique parfaitement pourquoi la majorité des combattants des FARC sont issus des zones rurales, que la guérilla y est bien implantée, et qu’elle reçoit un soutien de ces populations. Depuis plusieurs années la guérilla a formulé d’autres propositions visant à sortir les populations colombiennes de la pauvreté. Ces propositions comprennent par exemple la modernisation de l’économie colombienne, et le développement du service public, l’affectation de 50% du budget national aux dépenses sociales, ou encore la protection des agriculteurs colombiens contre la concurrence internationale.

La fin des hostilités devraient également voir la naissance d’un débat visant à renvoyer les troupes américaines chez elles. La Colombie demeure toujours un valet de l’impérialisme américain et ce dernier dispose de nombreuses bases en Colombie. Si les FARC venaient à déposer les armes définitivement, leurs présences ne seraient plus justifiées, même si l’autre entité rebelle : l’Armée de Libération nationale n’a elle toujours pas déposé les armes. Quoi qu’il en soit, ce processus de paix permet une nouvelle fois de rappeler que Cuba est un acteur clé de la paix en Amérique latine et dans le monde.

Cuba : son rôle déterminant pour les peuples

Outre le fait que les négociations de paix soient placées sous l’égide de la Norvège et de Cuba, et que la signature des accords ait eu lieu à la Havane, la capitale cubaine, Cuba est depuis toujours partisan de la paix en Colombie. D’ailleurs depuis la Révolution cubaine et l’instauration de la République socialiste, Cuba demeure l’un pays acteur de la paix. Pour preuve la seule intervention étrangère cubaine, en Afrique, ne fut pas motivé par des intérêts économiques mais par la cause de l’indépendances des peuples et de la lutte contre le régime raciste de l’apartheid en Afrique du Sud. Plus récemment, Cuba a dès le début condamné les soi- disant « rebelles démocratiques et modérés » libyens et syriens en ne cessant d’appeler à la paix contre ceux qui voulaient renverser Kadhafi et ceux souhaitant toujours la mort d’El Assad.

Que ce soit au niveau de réglementation des armes à l’échelle mondiale, de la cessation de conflit, ou de la lutte contre le terrorisme, Cuba se trouve toujours parmi ceux qui défendent la paix et n’hésitent pas à condamner les Etats prônant la guerre et s’ingérant dans les affaires des autres pays. C’est donc tout naturellement que Cuba est le fer de lance de la lutte contre l’impérialisme américain, et se trouve également au premier plan de la cause palestinienne, ne cessant d’appeler à la création d’un Etat Palestinien indépendant et souverain.

La médecine cubaine est réputée de partout dans le monde. Lors de catastrophes majeurees ce sont souvent les médecins cubains les premiers sur place et les derniers à repartir, apportant avec eux tout leur savoir faire et prodiguant nombreux conseils aux médecins locaux. Dernier exemple en cas : l’envoi de médecins dans divers pays de l’Afrique de l’Ouest afin d’endiguer et d’éradiquer le virus Ebola.

Grâce à la coopération latino-américaine via les diverses organisations regroupant les Etats, telles que la CELAC, l’UNASUR, le MERCOSUR sans oublier l’ALBA, les pays bénéficient des compétences des médecins cubains qui, par internationalisme, n’hésitent pas à quitter leur famille et leur patrie pour aider des populations défavorisées dans des pays où les médecins locaux rechignent parfois à exercer dans les zones les plus reculées. Il y a quelques jours Cuba a été nommé présidente de l’Alliance des Associations de la Santé Publique des Amérique, une récompense à la hauteur du travail fourni par le gouvernement révolutionnaire de Cuba.

Dans le domaine de l’éducation, Cuba est également reconnu internationalement. D’abord parce que le système cubain est l’un des plus perfectionné au monde et de surcroît gratuit et ouvert à tous. Des milliers d’étudiants provenant ainsi de tous les continents viennent ainsi chaque année à Cuba afin d’étudier, notamment la médecine. Mais Cuba est aussi célèbre pour sa méthode d’alphabétisation « Yo si puedo »- oui je peux- qui a été exportée dans de nombreux pays d’Amérique latine, d’Asie ou d’Afrique. En Argentine, par exemple, ce sont 30 000 personnes qui ont pu apprendre à lire et à écrire grâce à Cuba. Le Nicaragua sandiniste, le Venezuela bolivarien, la Bolivie, ou encore Haïti ont aussi pu en profiter. Globalement; depuis 2002, ce sont près de 10 millions de personnes, réparties dans une trentaine de pays, qui ont pu bénéficier, gratuitement de la méthode d’alphabétisation cubaine.

L’aide et la contribution de Cuba pour la paix mondiale, et pour la solidarité entre les peuples est ancrée dans les mentalités cubaines depuis le triomphe de la Révolution et l’annonce de son caractère socialiste par Fidel Castro. Et malgré les nombreuses tentatives de déstabilisation, de renversements, les campagnes médiatiques de désinformation, les attentats sur le sol cubain, et le blocus en place depuis 1962, l’internationalisme continue de caractériser l’esprit cubain.

Grèce : l’espoir déçu

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Janvier 2015 : toutes les forces progressistes européennes, et au delà de ça plusieurs partis asiatiques, africains, américains, voyaient l’arrivée d’Alexis Tsipras ( issu du Parti de la gauche radicale Syriza ) au poste de premier ministre de la Grèce d’un oeil rempli d’espoir. Alors que la Grèce avait été soumise pendant des années à la dictature des marchés financiers, humiliée par Bruxelles et ses technocrates, lâchée par les sociaux-démocrates et confrontée à l’une des plus grandes crises financière, monétaire et humaine qu’elle n’ait jamais connue.

Ces élections voyaient pour la première fois, depuis le rétablissement de la démocratie en Grèce  en 1974, une majorité et un premier ministre qui n’était issu ni de la droite ni du PASOK ( le Parti socialiste grec ). Porté par un programme populaire, légitime et ambitieux, Syriza ne disposait toutefois pas d’une majorité suffisante au Parlement, l’obligeant à négocier avec les Grecs indépendants de l’ANEL- un parti de droite souverainiste mais désireux d’en finir avec les mémorandums imposés par l’Union européenne. Surtout, Syriza pensait avoir l’appui et le soutien du KKE- le Parti communiste grec qui refusa de participer au gouvernement expliquant que Tsipras céderait rapidement aux exigences des financiers.

Plus d’un an après l’arrivée au pouvoir de Syriza, le moins que l’on puisse faire c’est de donner raison au Parti communiste grec qui, en dépit des critiques que l’on peut faire à son encontre et notamment envers son « sectarisme », a su rester cohérent tout au long de cette période. Pourtant, à l’inverse de François Hollande, qui s’est abaissé immédiatement aux exigences de Bruxelles , Alexis Tsipras a d’abord engagé un bras de fer avec le reste de l’Europe notamment avec le concours de son ministre des finances, Yanis Varoufakis. Et c’est lorsque l’on pensait la Grèce la plus puissante, après la victoire écrasante du « Non » au référendum du mois de Juillet- qui donnait à Alexis Tsipras une légitimité pour poursuivre et accentuer le bras de fer- que celui-ci décida de se coucher devant les créanciers de la Grèce.

Le 13 juillet 2015 un accord est donc trouvé entre d’une part le gouvernement grec et d’autre part les créanciers de la Grèce, c’est à dire les autres Etats européens tous ligués contre Syriza. Avant d’accabler Tsipras et ses promesses non tenues, il faut remettre les choses dans leur contexte. A savoir que dès le début ,l’Union européenne a usé de pressions contre les intérêts du peuple grec. En portant atteinte au choix démocratique d’un peuple, l’Union européenne a violé la souveraineté de la Grèce, à l’instar de Jean-Claude Juncker- ancien premier ministre du Luxembourg et désormais président de la commission européenne- qui déclarait qu’il ne « peut avoir de choix démocratiques contre les traités » .

La Grèce aurait pu s’appuyer sur des pays tels que la Chine, le Brésil, la Russie ou encore l’Iran pour réellement mener un bras de fer. Mais en dépit de la volonté du peuple grec, le gouvernement a finalement pris la décision de renoncer à son programme, même s’il est vrai qu’ils ont dû faire face à l’arrêt de l’approvisionnement des banques grecques par la BCE, ce qui par ailleurs constitue une autre grave atteinte à la souveraineté de ce pays.

Après cet épisode, véritable coup d’arrêt à l’élan qu’avait insufflé la victoire de la gauche radicale, Alexis Tsipras a choisi de démissionner, pour mieux revenir quelques semaines après et pouvoir appliquer le programme des créanciers. Adieu les promesses de fin de l’austérité, d’une redistribution des richesses, la Grèce est de nouveau rentrée dans le rang : privatisations, baisse des retraites, abandon d’une renégociation de la dette ; Syriza semble avoir cédé sur tous les points. Et ce n’est pas simplement nous ou d’autres personnes hors de Grèce qui le disons, auquel cas certains pourraient nous rétorquer d’aller voir ce qu’il s’y passe vraiment, mais y compris au sein de Syriza on condamne cette attitude. Ainsi, par une scission du Parti, des députés, des élus et des militants ont créé Unité populaire qui se veut comme une force de gauche de transformation sociale désireuse d’appliquer le programme initial de Syriza, et même d’aller plus loin.

Et maintenant ?

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Avec du recul, on ne peut s’empêcher de penser que Tsipras aurait pu et dû faire autrement. Il a son seulement trahi ses camarades grecs et européens, mais surtout son peuple qui souhaitait un changement radical des politiques menées. Pourtant, dans les premiers mois du premier gouvernement, plusieurs mesures et annonces pouvaient laisser supposer un bel avenir. Fin des privatisations, rétablissement de la durée légale du travail et du salaire minimum, réouverture de ERT- la télévision publique-, ouverture d’une commission d’audit de la dette. De même qu’encore aujourd’hui la Grèce est l’un des seuls pays européens, avec le Portugal également, a vouloir trouver une solution humaine et progressiste pour les réfugiés en ne les laissant ni à la mer, ni dans des camps insalubres.

Désormais, le risque est de se trouver avec une extrême-droite relativement puissante et à même de prendre le pouvoir. Si ce n’est pas le cas pour le moment, le futur peut laisser envisager le pire, d’autant plus lorsqu’on connaît le Parti Aube Dorée. A côté lui le Front national peut apparaître comme relativement modéré. En effet, les néonazis grecs n’hésitent pas à user de la violence contre des populations ciblées, leur propositions font penser aux pires heures de notre histoire, quant à leur symbole, ce n’est ni plus ni moins qu’une croix gammée modifiée. Et quand on sait que la pauvreté est un terreau pour le fascisme, les mesures qu’imposent le nouveau mémorandum peuvent laisser place au pire.

D’où l’importance de se démarquer du gouvernement Syriza-ANEL et d’affirmer au peuple grec que l’austérité n’est pas une fatalité et qu’une politique au service des peuples est possible comme c’est par exemple le cas au Portugal ,si nous voulons rester dans des exemples européens. Pourquoi ne pas rassembler toute les forces vives à gauche, qu’elles soient politiques, associatives ou syndicales autour de l’Unité populaire et du Parti communiste grec ? Pour le moment une telle union semble difficile à réaliser mais nous avons confiance en la capacité de nos camarades grecs à réagir après cette désillusion.