Gilets jaunes, après l’Acte V ? La convergence des luttes !

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©Sipa Press

L’Acte V s’étant désormais déroulé avec, quoi qu’en diront les médias, toujours une détermination semblable et un soutien majoritaire du peuple français, d’autres questions se posent à présent. En premier lieu duquel celle de la convergence des luttes qui doit maintenant s’imposer. 

Emmanuel Macron ayant décidé, de lui-même, d’entamer un bras de fer contre le peuple en ne reculant sur quasiment aucun point (voir : Discours de Macron : entre mesurettes et enfumage), c’est maintenant au peuple d’accentuer ce mouvement qui est né, en organisant cette convergence des luttes nécessaires. Car ce président, et ce gouvernement, ne céderont pas à moins que les grèves fleurissent de partout.

C’est en ce sens que Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a appelé les salariés à multiplier les mobilisations et les journées de grève. Mais aussi à augmenter les rencontres et les discussions entre les syndicalistes et les Gilets jaunes. Loin de la position de la CFDT qui, sans aucune honte, appelle désormais les Gilets jaunes à cesser leur juste mobilisation.

A l’image de la CGT,  les partis de gauche appellent, eux aussi, leurs militants respectifs à se joindre aux différentes mobilisations qui fleurissent dans le pays. En ce sens l’appel de 15 organisations progressistes, dont la France Insoumise, Attac, le NPA, fait figure d’une bonne base de départ. (https://lafranceinsoumise.fr/2018/12/14/gilets-jaunes-appel-collectif-a-rejoindre-et-soutenir-la-manifestation/). De son côté, bien que non signataire de l’appel, le Parti communiste français est, comme la France Insoumise, de tous les combats dans la rue et à l’Assemblée nationale.

De mon point de vue il semble évident que le climat est plus que propice à une multiplication des grèves, certes, mais dans un but précis, celui d’arriver à la grève générale pour faire reculer cette petite clique qui nous gouverne et nous vole un peu plus chaque fois qu’elle le peut. Et d’ailleurs mêmes les grands patrons ne s’y trompent pas. Puisque qu’ici et là ils commencent à céder sur les salaires, sur les heures supplémentaires, sur les primes. Michelin, Total, Orange, les annonces d’augmentations de salaires se multiplient preuve qu’ils craignent quelque chose. Et il y a bien longtemps que ce n’était pas arrivé.

C’est le peuple tout entier qui doit maintenant saisir l’opportunité de bousculer le gouvernement et de gagner de nouveaux droits. Tandis que certains préfèrent depuis des années détricoter nos acquis sociaux, gagnés après de longues luttes, nous devons désormais nous organiser pour inverser cette courbe et aller vers une transformation de la société.


Ci dessous voici les interventions d’André Chassaigne et de Jean-Luc Mélenchon pour défendre la motion de censure déposée par les groupes parlementaires de la France Insoumise, des socialistes, et des communistes (Gauche démocrate et républicaine).


Quel avenir pour les gilets jaunes ?

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© Compte Twitter de François Ruffin

Le mouvement des gilets jaunes constitue, à n’en pas douter, un mouvement populaire de contestation par rapport à la politique menée par Emmanuel Macron et son gouvernement. Mais que penser de ce mouvement ? Tant les personnes, et les soutiens, proviennent d’horizons divers et ont, parfois, des revendications totalement différentes.

La première chose à dire c’est que ce mouvement est parti pour durer. Débuté il y a maintenant plus de deux semaines, les gilets jaunes semblent poursuivre sur leur lancée. S’installant un peu partout en France, aux péages ou aux ronds-points, et manifestant à intervalle régulier avec le soutien majoritaire des Français.

A titre personnel, et sans doute comme beaucoup d’autres militants de gauche, je dois avouer avoir été sceptique face à ce mouvement. D’abord gêné par la diversité des opinions politique qui s’y retrouvait, mais aussi par l’absence de revendications claires au départ de la mobilisation. La colère est légitime, elle est même vitale et cruciale tant la situation de notre pays ne cesse de se détériorer. Mais elle aurait dû se manifester lorsque d’autres se mobilisaient pour les salaires, les retraites, l’emploi, où plus récemment lorsque les cheminots menaient une grève admirable pour défendre le service public ferroviaire.

Mais depuis quelques jours, suite à la publication d’une liste de revendications sur des dizaines de points, essentiels, ce scepticisme s’est effacé, pour moi, comme pour beaucoup d’autres camarades. En effet, sur près de quarante point publiés, dans un communiqué, la majorité font partie des programmes des forces de gauche comme la France Insoumise ou le Parti communiste. Retour à la retraite à 60 ans, augmentation du SMIC, instauration d’un salaire maximum, retour dans le giron de l’Etat des sociétés stratégiques toutes ses propositions constituent un bon début pour enrayer la crise dans laquelle nous nous trouvons.

Bien sûr tout n’est pas parfait, loin de là. On pourrait s’attarder sur les violences qui ont émaillé certaines mobilisations. Même si, là encore, le rôle des médias est bien de nous montrer uniquement cet aspect et non pas la majorité des manifestants défilant dans le calme où bien, comme ce fut le cas dans plusieurs villes de France, l’union des défilés des gilets jaunes et de ceux composés des militants de la CGT. C’est d’ailleurs là aussi un point essentiel de ce mouvement. La ralliement des forces de gauches, de la CGT, et de plusieurs personnalités est non seulement une bonne chose, mais surtout permet d’apporter un nouveau souffle. A l’image d’un François Ruffin exhortant les parisiens à se mobiliser sur le modèle de Nuit Debout, afin de venir soutenir un mouvement qui pour l’essentiel est venu des personnes des petites et moyennes villes.

L’avenir nous dire comment se poursuivra ce mouvement. Pour l’heure le gouvernement ne semble pas décidé à reculer. Et il apparaît clair qu’il ne le fera que si des grèves massives prennent le relais, appuyées par une forte solidarité des travailleurs, des étudiants, des retraités etc. Car la question n’est plus uniquement le prix de l’essence. Désormais c’est un tout qu’il faut revendiquer.

En défense de notre service public

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Le mouvement de grève des cheminots est désormais lancé. Soutenu par les forces politiques de gauches, et appuyé par les mobilisations des étudiants, des électriciens, des éboueurs, ce mouvement s’annonce long.

L’hostilité affichée de la plupart des médias, du gouvernement, et de la droite, ne fait que confirmer leurs inquiétudes quant à un mouvement d’ampleur des travailleurs, du public comme du privé. Mais ce qui se joue ici dépasse les cheminots eux-mêmes. C’est là l’avenir de notre service public que, tous ceux participants à ces grèves et ces mobilisations, défendent

La suppression du statut des cheminots n’est, en réalité, qu’un simple écran de fumée. Déjà parce qu’en s’en prenant aux cheminots, en les accablant et en les traitant de privilégiés, le gouvernement, et toute la horde médiatique, contribuent à créer un climat de tensions, et a monter la population contre les cheminots. L’adage vieux comme le monde du diviser pour mieux régner fonctionne à merveille et, en accusant les cheminots de privilégiés, les vrais nantis sont exonérés de toutes critiques.

Mais parler du statut des cheminots, et de sa suppression éventuelle- pour les nouveaux embauchés- permet en même temps d’éclipser la vraie réforme préparée par le gouvernement. L’ouverture à la concurrence de la SNCF marquera la fin du service public ferroviaire.

Sous la pression de Bruxelles qui souhaite toujours plus de libéralisations, menant à terme aux privatisations, des pans entiers de notre service public ont disparu. Electricité, gaz, autoroutes, les exemples se suivent et se ressemblent, en France, comme partout en Europe.

Un bras de fer s’enclenche désormais avec le gouvernement qui refuse tout entendement en se bloquant derrière ses positions et en refusant d’entendre la voix de la raison en prenant en compte les revendications des syndicats. Les caisses de solidarité envers les grévistes se sont multipliés et ont d’ores et déjà atteintes au niveau remarquable, preuve, s’il en fallait, de la compassion et de la solidarité des français envers ce mouvement parti pour durer.


Les liens des différentes cagnottes de solidarité :

De nouveaux droits pour les salariés

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Après le premier débat de la primaire du Parti socialiste, et de ses alliés du Parti radical de gauche et de deux autres micros-partis, une chose a sans doute frappé les électeurs de gauche : aucun candidat n’a évoqué les nouveaux droits que doivent avoir les salariés dans leur entreprise. Prétendre vouloir défendre les valeurs de la gauche en défendant sans cesse une politique de l’offre, c’est à dire libérale voir néolibérale, ne peut, en aucun cas, mener à une amélioration des conditions de vie et de travail. Or depuis plusieurs années maintenant, sous des gouvernements de droite comme du PS, c’est cette politique qui est mise en place : toujours plus d’aides pour les patrons, et notamment les grands patrons, puisque TPE et PME restent asphyxiées par les banques. Ce sont les entreprises du CAC 40, côtés en bourse, avec la bénédiction du MEDEF, qui clament toujours plus d’aides alors que les actionnaires n’ont jamais été aussi riches, et qu’il n’y a jamais eu autant de millionnaires en France. D’ailleurs, il y a peu, le CAC 40 a versé à ses actionnaires, au cours de l’années 2016 : 56 milliards d’euros, alors même que le chômage a augmenté, et que plusieurs grandes entreprises ont annoncé des plans de licenciements (1).

C’est pour répondre à cette urgence sociale et démocratique que le programme l’Avenir en commun, élaboré par des milliers de contributions citoyennes, propose des mesures concrètes afin d’accroître le pouvoir des salariés sur leur lieu de travail et ainsi enrayer cette machine infernale qui veut que l’on travaille toujours plus pour gagner toujours moins. Ce programme, c’est celui de la France insoumise et de son candidat Jean-Luc Mélenchon, soutenu par le Parti communiste, mais aussi par la quasi-totalité des autres formations du Front de gauche.

La démocratie dans l’entreprise

Jean Jaurès avait dit « la grande Révolution [ndlr : celle de 1789] a rendu les français rois dans la cité, et les a laissé serfs dans l’entreprise ». C’est par cette citation que commence le paragraphe du programme alloué aux droits nouveaux des salariés dans l’entreprise. Plus vrai que jamais par ailleurs, cette affirmation doit nous faire prendre conscience qu’aujourd’hui les salariés n’ont aucun droit- ou presque- de décision dans leur entreprise, si ce n’est celui d’élire les syndicats qui les représenteront.

Pour combler ce vide démocratique le programme propose en outre trois mesures importantes :

  • Accorder de nouveaux droits de contrôle des comités d’entreprise sur les finances de leur entreprise
  • instaurer le droit pour les salariés à un vote de défiance à l’égard des dirigeants d’entreprises ou des projets stratégiques
  • renforcer le pouvoir d’intervention des salariés contre les licenciements économiques par un droit de vote suspensif des comités d’entreprise.

Il n’est plus possible que les travailleurs n’aient aucun recour lorsque des licenciements, et notamment dans les grandes entreprises, sont annoncés. Au cours des dernières années les exemples se sont multipliés, sans que l’Etat ne fasse quoi que ce soit pour, a minima, limiter cela. De ce fait, la France a perdu des fleurons de son industrie, a privatisé des entreprises étatiques, pour qu’une poignée puisse se gaver, sans jamais que les travailleurs n’aient leur mot à dire à ce sujet. Arcelor Mittal, PSA, Air France, Goodyear, Alstom, les délocalisations et les fermetures d’usines ne peuvent plus durer, surtout lorsqu’on prétend vouloir lutter contre le chômage de masse, surtout lorsque qu’on prétend être un gouvernement de gauche.

Il est impossible de construire une nouvelle République démocratique, sans que les travailleurs, représentant la majorité de la population, n’obtiennent de nouveaux droits dans l’entreprise.

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Protéger les travailleurs, les syndicalistes et les militants associatifs

Ces nouveaux droits devront nécessairement s’accompagner de mesures fortes qui auraient déjà dû être prises durant le mandat de François Hollande selon ses propres paroles. A mon sens il y a en deux fondamentales : l’interdiction des licenciements boursiers, et l’amnistie des syndicalistes, et des militants sociaux et associatifs condamnés pour avoir défendu leur emploi, ou une cause juste.

C’est, en théorie, une tradition républicaine d’amnistier les syndicalistes condamnés sous le précédent quinquennat pour leurs activités militantes. A ce propos, il semble inconcevable qu’en 2017 les syndicalistes soient condamnés, sanctionnés, mis sous pression, simplement du fait de leur militantisme et de leurs idées. La VIème République que nous construirons devra veiller à réaffirmer les droits de chacun et de chacune à s’engager dans l’organisation syndicale de son choix, tout en améliorant le rôle et les droits des syndicats en matière de protection des salariés, en matière de gouvernance de l’entreprise, et en matière de propositions de lois.

L’amnistie des syndicalistes, et des militants sociaux, aurait pu être décidée par François Hollande dès le début de son mandat, et c’est ce que les syndicats étaient en droit d’attendre d’un président socialiste, le premier depuis Mitterand. Rien n’a pourtant été fait, et il a fallu attendre 2013 pour qu’une loi d’amnistie sociale, à l’initiative des sénateurs du groupe Communiste, républicain et citoyen soit adoptée (2).

Pourtant, dernièrement, des militants syndicalistes, notamment de la CGT, ont été condamnés par la Justice pour des faits mineurs et n’ayant aucune gravité, alors que dans le même temps des personnalités comme Christine Lagarde, à la tête du Fond monétaire international (FMI), jugée pour une « négligence » de 400 millions d’euros, ne font l’objet que de simples remontrances. Il faudra donc également veiller à faire cesser cette justice de classe afin de rendre égal chacun et chacune devant la loi.

L’interdiction des licenciements boursiers pourra répondre, quant à elle, à deux urgences. La première, et celle qui nous intéresse précisément dans cet article, celle de la démocratie dans l’entreprise, et la seconde celle relative au chômage, qui aura le mérite d’être développée dans de futurs articles. On considère comme licenciement boursier, un licenciement opéré par une entreprise réalisant des bénéfices conséquents, et versant des dividendes à ses actionnaires.

Et malheureusement, les exemples se sont multipliés au cours de ces deux derniers quinquennats, de licenciements massifs, comme ce fut par exemple le cas à Air France, suivit d’une augmentation des dividendes, ou d’une annonce d’un parachute doré, qu’il faudra d’ailleurs supprimer. De plus cette mesure permettra de lutter efficacement contre le chômage de masse.

D’autres mesures devront être prises, comme par exemple le développement des coopératives, qui permettra aux salariés de reprendre leur entreprise s’ils estiment leur projet viable dans le temps. Il faudra par ailleurs renforcer les pouvoirs de l’Inspection du travail afin de lutter contre les abus à l’encontre des travailleurs. Récemment, à Tourcoing, dans le magasin d’Auchan, deux cas extrêmement graves ont été révélés : d’une part le licenciement d’une caissière qui s’était trompée de 0,85 centimes, avant sa réintégration suite à la mobilisation syndicale, mais beaucoup plus grave, la fausse couche d’une caissière à son poste. Cette dernière a d’ailleurs décidé de porter plainte contre l’entreprise (3).

La démocratie politique ne peut réellement exister sans une démocratie dans l’entreprise exercée par les travailleurs. Pour autant, toute démocratie dans l’entreprise qui soit, ne pourra pas exister si les conditions de travail ne sont pas améliorées considérablement : par une augmentation du salaire minimum, par un partage et une baisse du temps de travail, par une sixième semaine de congés payés et donc nécessairement par une abrogation de la loi El-Khomri.

 

(1) : Le CAC 40 allonge les milliards aux actionnaires

(2) : Le Sénat adopte la loi d’amnistie sociale 

(3) : Jean-Luc Mélenchon à Tourcoing pour le droit des salariés

 

Quand Hollande bafoue la démocratie

J’avais initialement rédigé cet article avant la levée de l’interdiction de manifester par François Hollande. La manifestation aura donc lieu ce jeudi 23 juin avec je l’espère le plus de monde possible. Toutefois comme il semblerait que ce ne soit pas la dernière fois que le gouvernement use d’un tel procédé je vais le publier tel qu’il avait été écrit, l’analyse restant singulièrement la même. 

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Après la répression des mouvements anti loi travail, et l’utilisation du 49-3, voilà que le gouvernement franchit un pas de plus dans le déni de la démocratie. En effet, après avoir initialement appelé la CGT- et les autres syndicats- à ne pas reproduire de grandes manifestations d’ampleur ( preuve de l’inquiétude du gouvernement via l’importance du mouvement ), cette fois-ci la préfecture vient d’interdire la manifestation à Paris de ce jeudi 23 juin.

N’étais-ce pas le candidat Hollande qui en 2012 déclarait que le droit de manifester était fondamental dans une République démocratique ? N’est-ce pas ce même Hollande qui prétend défendre les droits de l’Homme et la démocratie aux quatre coins du monde ? Comme je l’indiquais dans mon précédent article ( voir : Combattre le terrorisme, défendre la paix ) on est ici en pleine hypocrisie, propre à la plupart des régimes occidentaux, n’hésitant pas a envoyer avions et soldats dans des pays lointains défendre une certaine idée de démocratie, à partir de bombardements, tout en ne la respectant pas dans leur propre Nations.

Tout ce stratagème est tellement bien rodé que les médias arriveront à vous faire croire que cette interdiction est justifiée et rentre parfaitement dans le cadre de la démocratie puisque cela évitera à quelques dizaines de personnes ultra-minoritaires de s’en prendre aux forces de l’ordre, alors que des centaines de milliers de personnes manifestant pacifiquement n’auront donc pas le droit de s’exprimer. Ces mêmes médias vous parviendront même à vous faire penser le contraire, lorsque ce seront des pays, qui ne rentrent pas dans le giron occidental, qui interdirons certaines manifestations pour des raisons parfois justifiées.

Ainsi on prive donc, à titre officiel, des centaines de milliers de personnes de manifester, chose qui n’était plus arrivé depuis la guerre d’Algérie, preuve de l’absurdité d’une telle décision, surtout lorsqu’on sait que les manifestations en province sont pour le moment maintenues et que les parisiens et parisiennes n’hésiteront pas à se rendre massivement dans la rue. Ce sera ainsi l’occasion à la fois de montrer encore et toujours l’opposition à cette loi travail, mais dans le même temps ce sera également le moment de démontrer notre attachement aux libertés publiques et fondamentales qui ne sont jamais réellement acquises.

Par cette interdiction Hollande donne raison à la droite extrême et à l’extrême-droite qui ne cessaient de la réclamer. Une légitimation de plus donnée à ceux qu’ils sont censés combattre. Pour rappel lors des manifestations suite au mariage pour tous, et malgré toutes les violences qui les avaient émaillées jamais elles n’ont été interdites et pourtant le gouvernement avait beaucoup plus de raison de le faire qu’actuellement. Si le gouvernement se prétend toujours de gauche, et pense encore l’être ; alors c’est son propre camp qu’il trahit, celui de la justice sociale, de la tolérance, de la liberté, de l’amitié entre les peuples et de l’égalité. Mais étant donné tous les renoncements de ce quinquennat, Hollande et ses compères ne doivent éprouver aucune peine à trahir ceux qu’ils défendaient en 2012.

Cette fois nous verrons si les frondeurs socialistes et ceux opposés à la dérive ultralibérale du gouvernement oseront enfin quitter ce Parti qui n’a plus de socialiste que le nom, afin de rejoindre et favoriser l’émergence d’une alternative à gauche de ce gouvernement et ne pas tomber dans un choix néfaste pour notre démocratie que serait le vote entre la droite et le Front national.

La Loi travail aura ainsi eu un mérite, celui de rassembler les français sur des valeurs progressistes. Dans tous les sondages il est clairement montré qu’une large majorité des français est opposée à cette loi, plus que ça les français comprennent et soutiennent les mouvements des grévistes même si les médias, dans leur objectivité connue, s’efforceront toujours de vous montrer cette minorité qui ne comprends pas la situation et qui pense toujours être pris en otage par les grévistes. Pour eux, comme pour une certaine élite, ayant une vision arriéré des travailleurs et des syndicats, les grèves ne sont qu’une partie de plaisir, où l’on ne travaille pas et où l’on fait des barbecues à longueur de journées pour tuer le temps. La grève n’est une partie de plaisir pour personne, on ne fais pas grève pour s’amuser ou pour ne pas travailler. C’est tout l’inverse. C’est justement pour continuer à exercer son métier dans des conditions dignes que ces personnes courageuses font grèves, c’est pour défendre nos droits au travail, fort de décennies de lutte des classes, que ces personnes osent arrêter le travail, et ne pas recevoir de salaire. Comment pouvons-nous les discréditer et les comparer à des terroristes si l’on en croit certains médias ?

Les syndicats sont plus que jamais utile à notre démocratie, sans eux le code du travail n’existerait déjà plus et toutes les conquêtes sociales payés au prix fort lors des grèves de 36, de 68 ou lors de la résistance ne seraient qu’un lointain souvenir. Le grand patronat, MEDEF en tête, rêve d’un retour en arrière. Un passé où les travailleurs n’avaient aucun mot à dire, où le simple fait de manifester son désaccord permettait au patron de vous licencier, où le temps de travail était plus important que le temps de repos et où les salaires permettaient à peine de vivre.

C’est cette société là que le gouvernement s’attache à restaurer via ces diverses lois favorables seulement au grand patronat et aux actionnaires, lesquelles parviennent à faire des bénéfices faramineux alors que l’Europe est plongée dans la crise depuis plusieurs années maintenant. Mais, à l’image de nos pays voisins où des mouvements de gauches radicales émergent de nouveau, la France peut elle aussi se distinguer et montrer une fois de plus le chemin à toutes les forces progressistes européennes.

Loi travail : amplifier la mobilisation

 

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Avec les nouvelles grèves et les blocages organisés par les salariés, nous avons de nouveau le droit aux discours habituels de la part des élites et de la part des médias dominants sur le fait que nous serions tous otages des syndicalistes. Cette image totalement erronée de la réalité ne sert qu’à détourner l’attention des français des vrais problèmes et notamment de la Loi travail, véritable fléau pour les travailleurs.

Alors que manifestations, rassemblements et grèves, ne faiblissent pas et au contraire tendent à s’intensifier, le gouvernement n’a d’autres choix que de pointer du doigt ceux qui défendent nos conditions de travail afin de les décrédibiliser. Or les récents sondages ont tendance à démontrer que non seulement les français restent opposés à la loi travail à plus de 65% mais que de surcroît l’image de la CGT progresse aux yeux de la société. Et tandis que le gouvernement a annoncé ne pas vouloir céder quant à l’adoption de cette loi, les travailleurs, CGT en tête, n’ont pas l’air non plus enclin à craquer.

Depuis combien de temps les médias, et les principaux dirigeants du PS, des républicains comme du Fn, nous expliquent-ils quelles politiques il faut appliquer ? Et depuis combien de temps les écoutons-nous pour en arriver à cette situation là ? Même si nous nous basons uniquement sur le mandat de François Hollande, on peut voir les effets néfastes de cette politique dite de l’offre, favorisant au maximum patrons et actionnaires au mépris de l’immense majorité des salariés.

Toutes les lois, votées sous cette présidence, j’entends par là les grandes lois économiques telles que le pacte de compétitivité ou la Loi Macron, l’ont été en faveur du grand patronat, plus précisément du MEDEF. Pierre Gattaz et ses acolytes ont bénéficié de la naïveté et de la soumission du gouvernement, et ainsi pu brasser des millions d’euros sur le dos des français en ne remplissant jamais leur part du contrat, à savoir l’embauche massive de travailleurs qu’ils avaient pourtant promis.

Ainsi, lorsque Pierre Gattaz nous explique que les syndicalistes de la CGT, qui organisent manifestations, pétitions, grèves et blocages, sont similaires à des « voyous et des terroristes » ; ce n’est pas seulement la CGT et le monde syndical qu’il insulte, c’est tout ceux que les syndicalistes défendent en s’opposant à cette loi rétrograde pour le monde du travail. Pourtant, au fil du défilé des responsables politiques, des « experts » et autres « spécialistes », au fil des émissions télés et radios, c’est bien la CGT qui est dénoncée, au même titre que les autres syndicats qui refusent de se plier, ou de la gauche radicale, alors qu’ils ne font, que nous ne faisons, que défendre l’honneur des travailleurs et leurs conditions de travail.

Après l’utilisation du 49-3, l’un des articles les plus antidémocratique qui soit, il n’est pas étonnant que les français aient de plus en plus de sympathie envers la CGT et ses actions. Toute cette colère, associée aux personnes participant à Nuit Debout, ne peut émerger que sur des choses positives pour l’avenir. Cela nous prouve également que le Front national n’a pas le monopole dans la rue. Bien au contraire, il est aux abonnés absents. Pire, en appelant lui aussi à l’interdiction des manifestations il participe et se positionne en faveur de la loi travail, puisque de fait il condamne ses opposants.

Une manière de plus de révéler à ceux qui pouvaient encore être indécis la vraie nature du Front national, profondément anti-ouvrière et partisan d’un ordre ancien où les syndicats n’auraient pas leur place, comme sous Vichy. Un ordre où les travailleurs seraient privés de défenseur de leurs droits, et seraient donc totalement soumis aux capitalistes.

Quoiqu’il en soit, le mouvement ne faiblit pas et il est certain que la Loi travail aurait le même sort que le CPE en 2006.