Ils ont peur, c’est bon signe !

téléchargement

La possibilité de voir Jean-Luc Mélenchon présent au second tour commence à inquiéter tout ce petit monde de bien-pensants et d’oligarques qui, sans doute, prennent peur pour leurs intérêts et leurs privilèges. La peur que tout un peuple prenne conscience et prenne son destin entre ses mains en élisant un programme qui le défendra en engageant une profonde rupture démocratique, écologique et sociale.

Comme lors de la campagne de 2012, le très objectif journal du Figaro a ainsi ressorti les habituels clichés et références destinés à faire peur. « Chavez français » « Maximilien Ilitch »– en référence à Robespierre et à Lénine- tout cela en annonçant de fausses informations sur le programme afin de décrédibiliser le candidat de la France insoumise. Ce petit jeu ne date pas d’hier puisque déjà en 1981 les chars soviétiques auraient dû débarquer après la victoire de François Miterrand et la nomination de ministres communistes à son premier gouvernement. C’est donc une constante : celle de faire ressortir de vieux clichés, et de se servir du vieil-anticommunisme primaire comme celui du révolutionnaire bolchevique, le couteau entre les dents, prêt à en découdre.

Quelle personne consciente et intelligente pourrait croire à une telle propagande et se laisser influencer par de tels torchons et propos mensongers ? A l’image de Sophie de Ravinel, journaliste au Figaro qui a déclaré sur Twitter que le PCF dissimulait- ou avait dissimulé- des chars dans les sous-sols de la place du Colonel-Fabien, siège du Parti communiste français. Après de telles déclarations, qui pourrait croire au sérieux et à la sincérité de ce journal ?

Récemment une nouvelle polémique est née concernant un point spécifique du programme. Une mesure prévue consiste en effet à participer à l’ALBA- l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique- qui est un organisme de coopération développé notamment par Fidel Castro et Hugo Chavez. Je ne reviendrai pas ici sur l’action politique de ces deux grands hommes qui ont su mener des politiques de solidarité, de progrès et de justice sociale malgré la pression du voisin américain. D’ailleurs il suffit de regarder l’état de Cuba et du Venezuela lorsque les amis de ceux qui aujourd’hui dénigrent ces pays étaient au pouvoir pour se rendre compte des changements rendus possibles par l’action de ces leaders.

L’ALBA est donc un mécanisme de coopération qui n’a aucune vocation commerciale ou militaire, et qui donc dérange car le libre-échange y est prohibé. 11 pays sont membres de cette alliance : Cuba et le Venezuela donc, le Nicaragua, la Bolivie, l’Equateur, Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Grenade, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. La Russie en fut membre observateur en 2009 et actuellement quatre autres Etats jouent le rôle d’Etat observateur : Haïti, l’Iran, la Syrie et le Surinam. Il n’aura échappé à personne que, comme la Guyane n’est pas une île comme d’aucuns le pense, elle constitue notre plus grande frontière terrestre avec le Brésil. Ainsi le programme l’Avenir en commun propose que la Guyane participe à ce mécanisme de coopération qui lui serait bénéfique et s’y insère pleinement.

Cuba, Venezuela, Iran, Syrie, Bolivie : placer ces pays dans une seule et même phrase est évidemment destiné, une nouvelle fois, à faire peur aux personnes qui écoutent. D’autant plus que ceux qui, encore une fois, apportent les plus vives critiques à cette organisation, ne s’émeuvent pas que la France soit membre d’organisations où figurent des pays comme le Qatar et l’Arabie Saoudite qui comme chacun le sait sont des exemples de démocratie et de promotion des droits de la femme.

D’un autre côté, voir toute cette oligarchie prendre peur et tenter de freiner la dynamique de Jean-Luc Mélenchon a comme un goût de victoire. Car si nos chances d’être au second tour n’étaient pas réelles ils n’auraient pas pris la peine de s’en inquiéter. François Hollande est, d’ailleurs, lui aussi sorti de son silence afin de manifester son inquiétude vis à vis du candidat de la France insoumise. Une inquiétude à géométrie variable puisqu’il n’avait pas réalisé une telle sortie lorsque Marine le Pen avait prétendu que la France n’était pas responsable de la Rafle du Vél d’Hiv.

Une semaine : c’est à peu près ce qu’il nous reste afin de convaincre ceux autour de nous qui sont encore indécis, et ils sont nombreux. Tous les moyens sont bons pour cela et chaque voix sera importante tant les scores risquent d’être serrés entre les quatre qui font la course en tête. Derrière eux, Benoit Hamon voit son score baisser de jour en jour. Lui qui clamait l’unité à tout bout de champ, pourvu qu’elle se fasse à son profit, aura à porter une lourde responsabilité si au soir du 23 avril nous ne sommes pas au second tour et que, de fait, la gauche sera éliminée. Mais nul doute que nous y serons afin que commencent les jours heureux.

Publicités

Votez pour vous, votez Mélenchon

607e9d969c47e144e745c14e6c6c4

Quelques jours désormais nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle, et si on s’en référait simplement aux sondages il y a un candidat qui bénéficie d’une réelle dynamique c’est Jean-Luc Mélenchon. Mais ce n’est pas le seul indicateur sur lequel nous nous basons : le nombre de personnes, de plus en plus nombreuses chaque jour, qui suivent le candidat de la France insoumise sur les réseaux sociaux, l’affluence à ses meetings, et l’audience qu’il réalise à la télévision, peuvent témoigner d’une réelle dynamique en sa faveur.

A tel point que certains journalistes qui avaient déjà enterrées le candidat osent désormais évoquer l’idée d’un second tour. Bien sûr nous n’en doutons pas une seconde, nous pouvons être au second tour tant le reste de l’offre politique de ceux qui sont devant nous -selon les sondages- est dangereuse pour notre pays. Entre la continuité d’une politique que nous connaissons depuis cinq ans, un repli sur soi identitaire, et une politique encore plus libérale qu’actuellement, les perspectives de changement progressiste s’éloignent pour notre peuple.

C’est en ce sens que la candidature de rupture qu’incarne Jean-Luc Mélenchon, appuyé par des centaines de milliers de citoyens, et soutenu par le PCF, peut être une réelle chance d’espoir pour notre pays à conditions que chaque citoyen prenne conscience de l’importance de cette échéance électorale. Enfin, pour une fois, nous avons l’occasion de voter pour un vrai programme et non pas contre quelqu’un ou pour le moins pire. Nous avons l’occasion de mettre un terme à cette Monarchie présidentielle qui confère au Président de la République un mandat de 5 ans sans aucun contre-pouvoir, et qui lui permet d’être élu sur un programme et de faire tout l’inverse de ce pour quoi il fut élu pendant toute la durée de son mandat.

Je ne vais pas y revenir dans cet article mais une VIème République apparaît désormais plus que nécessaire afin de redonner confiance aux français dans la politique, en leur conférant un véritable pouvoir, et en leur donnant la possibilité de révoquer n’importe quel élu. Les élus de la République doivent être irréprochables, Marine le Pen et François Fillon ne devraient pas être éligibles et pourtant ils culminent en tête des sondages à côté d’un jeune banquier se présentant candidat anti-système et semblant vouloir recycler tout ce dont les français ne veulent plus.

Les solutions que nous proposent ces candidats sont connues depuis des dizaines d’années et ont déjà montré leur inefficacité. Chômage, inégalités, et pauvreté en augmentation, cadeaux au grand patronat, fermeture de centaines d’usines, libéralisation des services publics, baisse du pouvoir d’achat des travailleurs, recul de l’âge à la retraite voilà ce à quoi nous ont mené ceux qui s’auto-qualifiaient de « candidats responsables ». Ce sont eux qui tout en parlant de rigueur, d’austérité, n’hésitent pas à se servir dans les caisses de l’Etat, à dilapider des milliards d’euros dans des guerres en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient et à donner l’argent de nos impôts aux banques et aux actionnaires.

Cette situation ne peut plus durer, d’ailleurs les forts taux d’absentions aux dernières élections ne peuvent qu’en attester. La candidature de Jean-Luc Mélenchon propose l’inverse de ces vieilles recette libérales. Mais surtout, le caractère écologiste de son programme est en parfaite adéquation avec la situation que nous vivons. Pour les autres cela semble n’être qu’un chapitre de leur programme, parmi tant d’autres, alors que cela devrait être au coeur de nos préoccupations. Car personne ne sera épargné par les changements climatiques que nous serons amenés à subir, et des millions de réfugiés climatiques sont à prévoir pour les dizaines d’années qui suivront.

Le programme l’Avenir en commun réponds ainsi à toutes les attentes sociales, écologiques, économiques et démocratiques de notre pays. Non seulement parce qu’il a été écrit grâce aux contributions de plusieurs milliers de citoyens et citoyennes, mais aussi car il a été chiffré par des économistes et que nous savons donc qu’il rapportera plus que ce qu’il ne coûtera.

Le second tour n’est pas inaccessible, bien au contraire si chaque militant convainc autour de lui, diffuse notre programme et nos idées, il deviendra plus qu’envisageable. Chaque voix comptera, chaque personne convaincue comptera. Le 23 avril votez pour vous, votez Jean-Luc Mélenchon.


 

Imposer un changement de cap en Europe

téléchargement

Comme cela a déjà été dit à maintes reprises, je ne m’étendrais pas sur la nécessité qu’il y a à changer nos institutions en vue d’une VIème République véritablement démocratique, participative, sociale, et écologique (1). Ce changement apparaît comme nécessaire si nous ne voulons pas aller droit dans le mur et laisser le pouvoir à des personnes aux idées dangereuses. Pour autant, transformer nos institutions en France et changer de cap politique ne suffira pas. Il faudra que nous arrivions à imposer un rapport de Force au sein de l’Union européenne, hostile à tout changement démocratique et/ou politique.

Comme le spécifie le programme l’Avenir en commun, nous pensons en effet, qu’il est possible d’imposer une nouvelle Europe par la sortie et la renégociation des traités actuels en vigueur, véritables carcans qui nous obligent à adopter des mesures économiques absurdes et inefficaces. Pour preuve, il n’y a qu’à observer les exemples irlandais, italiens, grecs, espagnols, chypriote ou portugais. Partout où des mesures drastiques d’austérité ont été appliquées, les résultats ont été désastreux pour les économies et pour les peuples. A un point tel qu’en Grèce le nombre de suicides a augmenté, tout comme la mortalité infantile.

Depuis 2015 toutefois, au Portugal, c’est un gouvernement de gauche qui est au pouvoir. Les socialistes, soutenus par le Parti communiste portugais, le Bloc de gauche et les écologistes au Parlement mènent une politique qui bien qu’en rupture partielle avec celle préconisée par l’UE a conduit à des changements bénéfiques pour la population. Les dirigeants portugais ont ainsi fait le choix d’une augmentation du salaire minimum, d’une revalorisation des retraites, d’une lutte contre le travail précaire imposé au peuple portugais sous les précédents gouvernements mais aussi d’un arrêt des privatisations des infrastructures (2).

Le tournant Grec : 

Avant l’élection d’Alexis Tsipras en Grèce, nous pensions pouvoir transformer l’Union européenne afin d’en faire une Europe des peuples, de l’égalité et de la solidarité, libérée de la dictature de la finance. Il n’y avait presque pas de doutes, l’élection de nos camarades de Syriza devait suffire au changement.

Le référendum convoqué en Juillet 2015, que le peuple grec gratifiait d’un « Oxi » (non) retentissant quant au mémorandum proposé par les institutions de l’UE, n’avait fait qu’amplifier notre conviction. Une conviction très vite balayée par la commission européenne qui, par l’intermédiaire de son président- Jean-Claude Juncker- mentionnait qu’il ne pouvait avoir « de choix démocratiques contre les traités ». Mais l’espoir fut aussi balayé d’un revers de main par le gouvernement Grec lui-même et son premier ministre Alexis Tsipras. Certes les pressions contre le peuple grec et ses dirigeants ont été scandaleuses de la part des institutions européennes, ces dernières allant même jusqu’à couper les liquidités aux banques grecques, mais les dirigeants grecs auraient dû avoir un autre plan afin de parer à l’éventualité que les technocrates de Bruxelles, appuyés par les autres chefs de gouvernement feraient tout pour qu’aucune politique différente apparaisse (3).

La suite nous la connaissons : la démission d’Alexis Tsipras, puis sa réélection et l’application du nouveau mémorandum à l’opposé du programme de nos camarade de Syriza qui d’ailleurs implosera peu après donnant lieu à l’émergence d’un nouveau parti à sa gauche : Unité populaire.

Imposer un rapport de force

Voilà pourquoi désormais nous avons adapté notre stratégie vis à vis de l’Union Européenne. Une stratégie clairement expliquée dans le programme l’Avenir en commun. Elle est divisée en deux plans. Le premier, le plan A consistant, par la négociation, à renégocier les traités européens afin de les rendre favorables aux intérêts des peuples et non plus à ceux des banques. C’est ce qui est préférable pour tout le monde, d’autant plus que la France n’est pas la Grèce en terme de poids économique puisque nous représentons 18% du PIB européen.

Néanmoins si les institutions de l’UE, commission européenne et BCE en tête, qui ne sont élues par aucun citoyen européen, s’entêtaient à refuser un changement de politique européenne nous n’aurions d’autres choix que de quitter les traités européens actuels.

Cette question là est toutefois essentielle à comprendre car c’est aussi l’une des différences majeures que nous pouvons avoir avec Benoît Hamon qui ne souhaite pas remettre en cause l’ordre européen établi et qui croit encore au vieux rêve des sociaux-démocrates d’une Europe sociale sans rien changer au niveau du fonctionnement et de la politique économique.

eurofish3_copie

Rendre l’Europe plus démocratique et plus viable

Ce n’est pas un hasard si tant de personnes et de pays affichent désormais leur opposition à l’Europe, telle qu’elle est. Le manque de démocratie au sein de ses institutions et les directives absurdes prises par les financiers de l’UE ont conduit à un tel dégoût. Par exemple, les débats concernant le CETA, et le TAFTA qui pourtant vont décider de la vie de centaines de millions d’européens, ont été menés de la manière la moins démocratique possible. A aucun moment les peuples européens n’ont pu se prononcer sur des traités qui les concernent directement, et il a fallu que nos députés du Front de Gauche et du Parti communiste (parmi lesquels Patrick le Hyaric, directeur du journal l’Humanité, et Jean-Luc Mélenchon) réunis au sein du groupe parlementaire européen GUE/NGL- Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique- ainsi que les écologistes nous alertent depuis plusieurs années sur ces projets néfastes.

Les peuples européens ont perdu l’habitude d’être questionnés sur les traités européens alors qu’il devrait y avoir un référendum organisé dans chaque pays de l’UE à chaque nouveau traité. Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs affirmé à plusieurs reprises son intention de demander l’avis du peuple français- et de s’y plier- à chaque fois qu’un traité européen devra être renégocié ou appliqué. Car il faut bien avoir à l’esprit que ce sont ces traités qui conditionnent nos choix économiques et ont un impact dangereux sur nos vies. Un exemple parmi d’autres celui de la SNCF. Les politiques de libéralisation forcées demandées par Bruxelles et appliquées docilement par nos gouvernements ont conduit à une apparition de la logique de marché sur un secteur normalement réservé à l’Etat.

Cela s’est fait, malgré une vive opposition des syndicats cheminots, et au détriment de l’usager. En effet, un service public a vocation à rendre service à la population mais n’a pas de but lucratif en soi. Or, dès lors qu’une logique de marché est introduite dans ces secteurs là, et que le but premier de l’entreprise devient le profit, la qualité s’en trouve forcément amoindrie. Car pour réaliser des profits conséquents, et gaver les actionnaires au détriment des salariés, l’entreprise devra baisser les salaires ou licencier, augmenter les prix ou bien diminuer la qualité du service. Ce sont exactement les mêmes logiques qui prévalent pour la Poste par exemple et qui mènent à la disparition de nos services publics.

La question européenne apparaît donc comme centrale dans cette élection présidentielle, d’autant plus avec le Brexit, d’autant plus avec le référendum italien. Les élections en Hollande ont quant à elles placé le parti d’extrême-droite, allié du Front national second. En Pologne et en Hongrie ces partis d’extrême-droite sont arrivés au pouvoir et mènent des politiques désastreuses.

Les élections françaises, puis allemandes au mois de Septembre devraient donc être observées dans toute l’UE car elles devraient montrer ce que ressentent les peuples de deux pays essentiels pour la construction européenne. Marx avait prévenu que « ceux qui ne connaissent pas l’Histoire sont condamnés à la revivre », le passé nous a montré que la haine entre les peuples européens pouvaient conduire aux pires atrocités, réorganiser l’Europe sera donc bénéfique à la paix qui plus que jamais est menacée.


(1) : La VIème République 

(2) : Portugal : comment l’union des socialistes et de la gauche radicale a mis un terme à l’austérité

(3) : Grèce : l’espoir déçu 

Les débuts de Trump

Le 19 janvier, à Washington DC, Donald Trump était investi et devenait de fait le 45ème président des Etats-Unis d’Amérique, en succédant à Barack Obama. L’image que laissera ce dernier n’est guère joyeuse puisqu’au cours de ses deux mandats il aura alterné entre renoncements, déstabilisation d’Etats souverain, et bombardements de civils. Certes quelques avancées auront été obtenues par le peuple américain, mais à quel prix ? La pauvreté, les gangs, le chômage, le racisme envers les noirs, les musulmans, les migrants venus d’Amérique latine ou d’Asie sont eux toujours là, et ce ne sera sans doute pas le nouveau chef de la Maison Blanche qui résoudra ces problèmes.

trump_decret_musulmans_interdiction_etats-unis_0

Si il y a une chose dont on peut-être certain, c’est que Trump tiendra ses promesses électorales. Tout du moins il mettra tout en oeuvre pour le faire. Ses premières mesures n’ont d’ailleurs pas attendu longtemps avant d’être mises en place. Plusieurs décrets ont ainsi été signés, toutefois il est important de garder à l’idée que certains ne sont que provisoires et que le nouveau président américain use de cette technique sachant pertinement que le Sénat, bien que républicain, lui est en partie hostile.

L’immigration

De ce côté-ci il y a une réelle inquiétude. Durant sa campagne Trump a multiplié les discours contre l’immigration, qu’elle provienne du Moyent-Orient, de l’Afrique ou de l’Amérique latine. Il avait ainsi déclaré vouloir interdire l’entrée de musulmans sur le territoire américain. Force est de constater qu’il a l’intention de mettre en application ses idées. Ainsi un premier décret a interdit l’accès aux Etats-Unis, à des ressortissants de 7 pays : l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Libye, le Soudan, la Somalie et le Yémen. Un décret qui touche non seulement les habitants de ces pays, mais également les américains originaires de ces Etats qui auraient pu se trouver hors du sol américain pour des raisons professionnelles ou privées. On a ainsi pu assister à des scènes surréalistes où des personnes ayant le passeport américain se voyaient refuser l’accès au pays et restaient bloquées dans les aéroports.

Fort heureusement, la Justice américaine vient (Samedi 4 février) de bloquer le décret anti-immigration du président américain (1). Une décision lourde de conséquence qui pourrait signifier que d’autres décrets pourraient être bloqués par la suite.

L’autre proposition phare du programme de Trump, en matière d’immigration, c’était la construction d’un mur à la frontière mexicaine- mur qui existe déjà en partie- payé aux frais du Mexique. A la suite d’un autre décret, lançant la construction du mur, le président mexicain, Enrique Pena Nieto, a riposté. Tout d’abord en réaffirmant que le Mexique ne payerait pas pour la construction de ce mur, puis pour signaler, en guise de protestation, qu’il ne participerait pas à la rencontre avec le président américain initialement prévue le 31 janvier dernier (2).

Un président réactionnaire ?

Le Parti républicain n’a jamais été connu pour son progressisme en matière sociétale. Mariage homosexuel, IVG, droits des femmes, droits des LGBT, l’électorat de ce Parti est bien souvent traditionaliste, rétrograde, et réactionnaire. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec Donald Trump ils ont trouvé un président qui leur ressemble.

Ainsi un de ses premiers décrets fut d’interdire le financement d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement. Concrètement cela signifie qu’à travers le monde des femmes pourront se voir privées du droit à l’avortement. L’image de la photo est également très révélatrice. Trump est entouré d’hommes pour signer un décret relatif au droit des femmes, une image qui a fait le tour du monde et qui n’a pas manqué de provoquer des réactions d’organisations progressistes de partout dans le monde.

Poutine Trump Xi Pano

La politique extérieure

Plus que la politique intérieure qui au fond concerne en premier lieu le peuple américain, l’aspect relations internationales devra être scruté de très prés. A n’en pas douter, l’élection de Donald Trump va changer la donne dans le monde entier. D’une part parce qu’il considère que l’OTAN est désormais une organisation obsolète, ce qui est une excellente chose car cette organisation n’apporte que la guerre partout où elle va- et d’autre part parce qu’il envisage une refonte des relations internationales basée sur son slogan « America first ».

Cette vision s’est traduite par une première mesure forte, que nous ne pouvons désapprouver : le retrait des Etats-Unis du Traité de libre-échange du Pacifique. A l’heure où certains parlementaires européens- notamment du groupe Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique (GUE/NGL)- tentent de s’opposer au CETA, traité de libre-échange avec le Canada, cette mesure pourrait conduire à inverser la tendance.

Donald Trump a également affirmé à plusieurs reprises son intention de renouer un dialogue constructif avec la Russie de Vladimir Poutine. Une alliance à la fois pour combattre Daech en Syrie, et à la fois pour apaiser les tensions entre les deux pays. Mais en dessous de ces discours se cache une autre vérité. Depuis 1945 les Etats-Unis et la Russie (où l’URSS jusqu’en 1991) étaient en compétition pour le leadership mondial. Une compétition qui ne sait pas arrêtée avec la chute de l’URSS, loin de là. De fait toutes les « attaques » américaines étaient dirigées contre la Russie : campagne de communication, diabolisation, envoi de troupes aux frontières russes, intégration dans l’OTAN de pays frontaliers de la Russie. Il n’y à qu’à imaginer si, durant la guerre froide, un pays comme le Mexique où le Canada avait intégré le Pacte de Varsovie pour comprendre la réaction russe.

Mais désormais la Russie n’est plus le « danger » numéro 1, au niveau économique. C’est la République populaire de Chine, en passe de devenir la première puissance économique du monde, qui inquiète les Etats-Unis. D’où les annonces de Trump sur son intention d’augmenter les droits de douanes sur les produits venant de Chine, d’où sa position sur les îles que réclame la Chine. Il sera donc intéressant de voir dans quelques mois quand l’administration américaine aura renoué avec la Russie et commencera à diriger ses attaques contre la Chine le discours des médias. Il est fort probable que certaines critiques sur la Russie cessent, tandis que se multiplieront celles contre la Chine.

L’élection de Trump bouleverse donc à la fois la politique intérieure américaine, mais aussi les relations internationales, chaque pays devra maintenant s’adapter au fait qu’à partir de maintenant ce sera l’Amérique d’abord.


Sources : 

(1) : La Justice américaine vient de bloquer le décret anti-immigration de Trump

(2) : Le président mexicain annule sa rencontre avec Donald Trump 

 

La bataille du logement

56669086_p

A l’image de l’action politique de Ian Brossat (PCF), adjoint au logement à la mairie de Paris, le programme l’Avenir en commun de la France insoumise et de son candidat Jean-Luc Mélenchon propose des mesures ambitieuses pour répondre à la crise du logement que connaît notre pays.

Les chiffres parlent d’eux mêmes, la France présente un bilan désastreux en matière de logement qui empire année après année, quels que soient les gouvernements qui se succèdent. Ainsi, selon les chiffres de l’INSEE, datant de janvier 2014, il y a en France 2 640 000 logements vacants, ou vides. Dans le même temps, et toujours selon les chiffres de l’INSEE, près d’un million de personnes seraient demandeuses de logements sociaux. Certes tous les logements vacants ne signifient pas qu’ils sont abandonnés, c’est parfois un choix volontaire des propriétaires de les laisser vacants (1). Pourtant, lorsque 30 000 enfants sont sans-abri, lorsque près d’un million de personnes n’ont pas de logements personnels, lorsque 4 millions de personnes sont mal logées, tandis que 12 millions sont menacées d’un problème lié à leur logement, la question d’une prise en main sérieuse par l’Etat ne doit plus faire débat.

Six propositions sont mises en avant dans le programme l’Avenir en commun afin de répondre à la crise du logement que traverse notre pays :

  • Interdire les expulsions locatives, sans relogement
  • Construire 200 000 logements publics en 1 an, et pendant 5 ans, aux normes écologiques
  • Mettre en place une garantie universelle des loyers pour favoriser l’accès de tous au logement, par l’intermédiaire d’une caisse de solidarité alimentée par les bailleurs comme le défend la Confédération nationale du logement
  • Lancer un plan d’éradication du logement insalubre, de renouvellement urbain et de construction de logements sociaux en renforçant les sanctions des communes trop faiblement dotées en parc social
  • Imposer les hautes transactions immobilières par une taxe progressive
  • Soutenir les projets d’habitats participatif et coopératif

Le droit au logement est un droit vital, fondamental pour chacun et chacune, comme l’est d’ailleurs le droit à une santé, et une éducation gratuite. L’urgence est telle, d’autant plus avec les vagues de froid que nous connaissons actuellement, que des mesures fortes doivent être engagées dans l’immédiat, en se basant notamment sur les propositions de l’association Droit au Logement (DAL), et de la Confédération nationale du logement, dont les militants sont au coeur des réalités quotidiennes et des luttes concernant le logement.

Les réquisitions de logements vides, l’encadrement des loyers, la construction de nouveaux logements, ou bien la transformation de bureaux vides et inutilisés- comme le fait actuellement la Mairie de Paris, permettront d’améliorer considérablement la situation. Mais les efforts ne devront pas seulement se concentrer  sur les personnes n’ayant pas de logement, puisque des millions de personnes, qui possèdent un logement, connaissent des problèmes récurrents d’insalubrité, sont menacées d’expulsions, ou peuvent rencontrer des problèmes liés à l’eau, au chauffage, ou à l’isolation. D’où le lien évident entre la précarité, et le logement.

affiche-prenez-le-pouvoir-droit-au-logement

L’hypocrisie de la droite et de l’extrême-droite

Depuis quelques mois, des élus de droite, et d’extrême-droite ne sont révélés être d’ardents défenseurs des sans-abris et des mal logés français, principalement du fait de l’arrivée de migrants, et donc de la nécessité de les accueillir dans des conditions dignes et humaines, selon les droits évoqués dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, texte qui se trouve au coeur de notre bloc de constitutionnalité. Pour cela, une des solutions serait de construire des centres pour ces réfugiés, qui ne viennent pas en France par plaisir, mais pour fuir des guerres dont nous sommes en grande partie responsables. Personne n’est heureux de quitter son lieu de naissance, sa famille, ses amis, son travail, pour rejoindre un pays à des milliers de kilomètres, risquer sa vie, en la confiant à des passeurs seulement intéressés par leur argent.

Une fois cette vérité rétablie, il convient d’évoquer les faits. La droite, et l’extrême-droite ne défendent en réalité la construction de logements sociaux, et les sans-abris que pour flatter leur électorat le plus hostile aux immigrés. S’opposer à la construction de logements- ou de centres- pour des réfugiés, tout en clamant que rien n’est fait pour les sans-abris français n’est pas nouveau. La logique voudrait donc que lorsque des constructions de logements sociaux ou de centres pour sans-abris sont proposées, la droite et l’extrême-droite devraient approuver ces mesures. Or c’est tout l’inverse qui se produit, avec parfois des actes ignobles comme l’incendie volontaire d’un centre pour sans-abris qui était prévu dans le XVIème arrondissement de Paris (2).

D’une manière générale d’ailleurs, les villes- ou les arrondissements parisiens- qualifiées de plus aisées et généralement dirigées par des élus de droite, sont celles qui comptent le moins de logements sociaux. Valérie Pécresse (Les Républicains), présidente de la région Île-de-France, a, quant à elle, décidé de baisser le budget alloué aux logement sociaux (3).

Un logement pour tous 

Une politique sociale qui ne prendrait pas en compte la question du logement restera donc vaine. La pauvreté qui touche notre pays est liée avec les millions de personnes qui ne peuvent prétendre à avoir un logement décent, ou qui n’en n’ont tout simplement pas.

La cinquième puissance du monde ne peut pas se permettre d’avoir un bilan aussi négatif sur un sujet aussi essentiel que celui-ci. Une politique progressiste et ambitieuse devra donc être mise en oeuvre. Et alors qu’en 1954 déjà, l’Abbé Pierre luttait et dénonçait déjà cette situation, plus de 60 ans après ce problème n’est toujours pas résolu, de quoi s’interroger sérieusement sur les politiques menées jusque là. Le logement devient un luxe, nous en ferons un droit.


 

Sources : 

(1) : Y-a-t-il 2,6 millions de logements vides en France ? 

(2) : Paris : incendie volontaire du futur centre pour SDF du 16ème arrondissement

(3) : Logement : tensions autour de la politique de Valérie Pécresse

De nouveaux droits pour les salariés

elkomhri

 

Après le premier débat de la primaire du Parti socialiste, et de ses alliés du Parti radical de gauche et de deux autres micros-partis, une chose a sans doute frappé les électeurs de gauche : aucun candidat n’a évoqué les nouveaux droits que doivent avoir les salariés dans leur entreprise. Prétendre vouloir défendre les valeurs de la gauche en défendant sans cesse une politique de l’offre, c’est à dire libérale voir néolibérale, ne peut, en aucun cas, mener à une amélioration des conditions de vie et de travail. Or depuis plusieurs années maintenant, sous des gouvernements de droite comme du PS, c’est cette politique qui est mise en place : toujours plus d’aides pour les patrons, et notamment les grands patrons, puisque TPE et PME restent asphyxiées par les banques. Ce sont les entreprises du CAC 40, côtés en bourse, avec la bénédiction du MEDEF, qui clament toujours plus d’aides alors que les actionnaires n’ont jamais été aussi riches, et qu’il n’y a jamais eu autant de millionnaires en France. D’ailleurs, il y a peu, le CAC 40 a versé à ses actionnaires, au cours de l’années 2016 : 56 milliards d’euros, alors même que le chômage a augmenté, et que plusieurs grandes entreprises ont annoncé des plans de licenciements (1).

C’est pour répondre à cette urgence sociale et démocratique que le programme l’Avenir en commun, élaboré par des milliers de contributions citoyennes, propose des mesures concrètes afin d’accroître le pouvoir des salariés sur leur lieu de travail et ainsi enrayer cette machine infernale qui veut que l’on travaille toujours plus pour gagner toujours moins. Ce programme, c’est celui de la France insoumise et de son candidat Jean-Luc Mélenchon, soutenu par le Parti communiste, mais aussi par la quasi-totalité des autres formations du Front de gauche.

La démocratie dans l’entreprise

Jean Jaurès avait dit « la grande Révolution [ndlr : celle de 1789] a rendu les français rois dans la cité, et les a laissé serfs dans l’entreprise ». C’est par cette citation que commence le paragraphe du programme alloué aux droits nouveaux des salariés dans l’entreprise. Plus vrai que jamais par ailleurs, cette affirmation doit nous faire prendre conscience qu’aujourd’hui les salariés n’ont aucun droit- ou presque- de décision dans leur entreprise, si ce n’est celui d’élire les syndicats qui les représenteront.

Pour combler ce vide démocratique le programme propose en outre trois mesures importantes :

  • Accorder de nouveaux droits de contrôle des comités d’entreprise sur les finances de leur entreprise
  • instaurer le droit pour les salariés à un vote de défiance à l’égard des dirigeants d’entreprises ou des projets stratégiques
  • renforcer le pouvoir d’intervention des salariés contre les licenciements économiques par un droit de vote suspensif des comités d’entreprise.

Il n’est plus possible que les travailleurs n’aient aucun recour lorsque des licenciements, et notamment dans les grandes entreprises, sont annoncés. Au cours des dernières années les exemples se sont multipliés, sans que l’Etat ne fasse quoi que ce soit pour, a minima, limiter cela. De ce fait, la France a perdu des fleurons de son industrie, a privatisé des entreprises étatiques, pour qu’une poignée puisse se gaver, sans jamais que les travailleurs n’aient leur mot à dire à ce sujet. Arcelor Mittal, PSA, Air France, Goodyear, Alstom, les délocalisations et les fermetures d’usines ne peuvent plus durer, surtout lorsqu’on prétend vouloir lutter contre le chômage de masse, surtout lorsque qu’on prétend être un gouvernement de gauche.

Il est impossible de construire une nouvelle République démocratique, sans que les travailleurs, représentant la majorité de la population, n’obtiennent de nouveaux droits dans l’entreprise.

capture_decran_2016-03-10_a_13-58-15

Protéger les travailleurs, les syndicalistes et les militants associatifs

Ces nouveaux droits devront nécessairement s’accompagner de mesures fortes qui auraient déjà dû être prises durant le mandat de François Hollande selon ses propres paroles. A mon sens il y a en deux fondamentales : l’interdiction des licenciements boursiers, et l’amnistie des syndicalistes, et des militants sociaux et associatifs condamnés pour avoir défendu leur emploi, ou une cause juste.

C’est, en théorie, une tradition républicaine d’amnistier les syndicalistes condamnés sous le précédent quinquennat pour leurs activités militantes. A ce propos, il semble inconcevable qu’en 2017 les syndicalistes soient condamnés, sanctionnés, mis sous pression, simplement du fait de leur militantisme et de leurs idées. La VIème République que nous construirons devra veiller à réaffirmer les droits de chacun et de chacune à s’engager dans l’organisation syndicale de son choix, tout en améliorant le rôle et les droits des syndicats en matière de protection des salariés, en matière de gouvernance de l’entreprise, et en matière de propositions de lois.

L’amnistie des syndicalistes, et des militants sociaux, aurait pu être décidée par François Hollande dès le début de son mandat, et c’est ce que les syndicats étaient en droit d’attendre d’un président socialiste, le premier depuis Mitterand. Rien n’a pourtant été fait, et il a fallu attendre 2013 pour qu’une loi d’amnistie sociale, à l’initiative des sénateurs du groupe Communiste, républicain et citoyen soit adoptée (2).

Pourtant, dernièrement, des militants syndicalistes, notamment de la CGT, ont été condamnés par la Justice pour des faits mineurs et n’ayant aucune gravité, alors que dans le même temps des personnalités comme Christine Lagarde, à la tête du Fond monétaire international (FMI), jugée pour une « négligence » de 400 millions d’euros, ne font l’objet que de simples remontrances. Il faudra donc également veiller à faire cesser cette justice de classe afin de rendre égal chacun et chacune devant la loi.

L’interdiction des licenciements boursiers pourra répondre, quant à elle, à deux urgences. La première, et celle qui nous intéresse précisément dans cet article, celle de la démocratie dans l’entreprise, et la seconde celle relative au chômage, qui aura le mérite d’être développée dans de futurs articles. On considère comme licenciement boursier, un licenciement opéré par une entreprise réalisant des bénéfices conséquents, et versant des dividendes à ses actionnaires.

Et malheureusement, les exemples se sont multipliés au cours de ces deux derniers quinquennats, de licenciements massifs, comme ce fut par exemple le cas à Air France, suivit d’une augmentation des dividendes, ou d’une annonce d’un parachute doré, qu’il faudra d’ailleurs supprimer. De plus cette mesure permettra de lutter efficacement contre le chômage de masse.

D’autres mesures devront être prises, comme par exemple le développement des coopératives, qui permettra aux salariés de reprendre leur entreprise s’ils estiment leur projet viable dans le temps. Il faudra par ailleurs renforcer les pouvoirs de l’Inspection du travail afin de lutter contre les abus à l’encontre des travailleurs. Récemment, à Tourcoing, dans le magasin d’Auchan, deux cas extrêmement graves ont été révélés : d’une part le licenciement d’une caissière qui s’était trompée de 0,85 centimes, avant sa réintégration suite à la mobilisation syndicale, mais beaucoup plus grave, la fausse couche d’une caissière à son poste. Cette dernière a d’ailleurs décidé de porter plainte contre l’entreprise (3).

La démocratie politique ne peut réellement exister sans une démocratie dans l’entreprise exercée par les travailleurs. Pour autant, toute démocratie dans l’entreprise qui soit, ne pourra pas exister si les conditions de travail ne sont pas améliorées considérablement : par une augmentation du salaire minimum, par un partage et une baisse du temps de travail, par une sixième semaine de congés payés et donc nécessairement par une abrogation de la loi El-Khomri.

 

(1) : Le CAC 40 allonge les milliards aux actionnaires

(2) : Le Sénat adopte la loi d’amnistie sociale 

(3) : Jean-Luc Mélenchon à Tourcoing pour le droit des salariés

 

La VIème République

6eme-republique_0

Thème central du programme du Front de gauche lors des élections présidentielles de 2012, l’idée d’une VIeme République n’a pas été abandonné, loin de là. Au contraire, elle a été approfondie et améliorée et apparaît ainsi être un réel espoir de changement. En effet, la Vème République semble avoir atteint ses limites. Avec ce système qui permet à un candidat d’être élu sur un programme, et de faire l’inverse de ce pour quoi il fut élu, sans que personne ne puisse lui reprocher ce revirement et ne puisse changer le cours de sa politique.

La Vème République, voulue par de Gaulle, a contribué à faire du Président de la République- certes élu au suffrage universel direct- un monarque républicain. Ainsi le peuple, bien que souverain, n’a plus de réel pouvoir après le vote, et ce d’autant plus depuis que les élections législatives font en sorte de donner à chaque fois une majorité au Président nouvellement élu- ou réélu. De fait, il n’est plus possible pour les électeurs de sanctionner une politique gouvernementale en choisissant une autre majorité parlementaire en cours de mandat.

Refonder notre système politique est donc devenu une nécessité démocratique. Car, l’idée même d’un régime républicain et démocratique réside dans la souveraineté populaire, matérialisée par l’adage du « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». La démocratie ne doit pas se résumer qu’à un vote- si régulier soit-il- si par la suite le peuple n’a aucun moyen de pression sur les nouveaux dirigeants. Et même lorsque le rapport de force nous semble favorable, que nous sommes des centaines de milliers voir des millions dans la rue, que la côte de popularité du Président de la République est au plus bas, le gouvernement peut toujours user de l’article 49-3 pour faire passer en force une loi, rejetée au sein même de sa majorité. Une mesure antidémocratique que le Parti Socialiste, François Hollande en tête, avait lourdement condamné avant les élections, avant de l’utiliser à plusieurs reprises lors de son quinquennat.

Une Assemblée nationale Constituante devra donc être élu, elle aura la charge de la rédaction d’une nouvelle Constitution et des bases de la nouvelle République sociale, participative, écologique, démocratique et populaire. Une fois son travail achevé le peuple devra naturellement valider ce processus par référendum avant d’élire la nouvelle Assemblée pour un nouveau mandat. De mon point de vue il sera nécessaire que les nouveaux élus représentent tous les secteurs de la société, singulièrement ceux qui sont oubliés par la République. D’ores et déjà il faudra définir un cadre : les anciens élus nationaux de la Vème République ne pourront pas être élu au sein de la nouvelle Assemblée, afin de renouveler la classe politique. Ce sera aussi un moyen de redonner confiance dans la représentation nationale. Les mandats devront être limités à une seule unité, permettant à tous de pouvoir être élu- ouvrier comme paysan, journaliste comme jeune, retraité comme résident de banlieue, athée comme croyant de n’importe quelle religion.

Le référendum révocatoire

Déjà présent dans de nombreux pays (1), notamment parmi des pays progressistes et socialistes d’Amérique latine- Cuba, Bolivie, Venezuela, Equateur- le référendum révocatoire peut être l’une des solutions à la crise démocratique que nous connaissons. Ce système permettrait ainsi aux électeurs de destituer un élu local, régional ou national, y compris le Président de la République, si ceux-ci jugent inappropriée l’action de celui ou celle qu’ils ont élu. Cela ne voudrait pas dire que nous aurions à voter toutes les semaines, puisqu’il faudrait naturellement un seuil minimum de voix, ou de pourcentage de voix, suivant les situations pour enclencher un tel processus.

Nous serions ainsi sûr que le candidat que nous aurions à choisir appliquerait réellement son programme, sous peine de ne pas pouvoir finir son mandat. Cela exigerait aussi de fait que les différents élu-e-s tiennent régulièrement des réunions publiques afin d’exposer à ceux qui les ont élus leurs actions, et leur bilan comme c’est déjà le cas à Cuba où la loi exige que les élus, des Assemblées municipales ou provinciales, ou bien ceux de l’Assemblée nationale du Pouvoir populaire, rendent compte de leur action auprès du peuple cubain.

Outre cet aspect purement démocratique, cela permettrait également de ne plus avoir d’élus qui agiraient en toute impunité parce que protégés par leur poste d’élus de la République.

telechargement-12

 

Le vote obligatoire

Il faut commencer par faire un constat : de moins en moins de personne votent en France. Certaines par pur choix militant ou idéologique, d’autres par déception vis à vis de la classe politique, d’autres simplement par fainéantise. Le droit de vote, est pourtant un droit que certains pays et certains peuples n’ont pas la chance d’avoir- où du moins partiellement. Pourtant, les chiffres l’attestent, les électeurs semblent de moins en moins concernés par ces élections, même s’il est vrai que l’élection présidentielle attire plus de monde que les autres échéances électorales. Le constat est d’ailleurs très alarmant lorsque moins de la moitié de ceux ayant la capacité de voter ne se déplacent pas aux urnes. Ces chiffres attestent d’une défiance grandissante du peuple vis à vis de la classe politique perçue comme trop éloignée de la réalité. Ce fait pris en compte doit nous conforter davantage dans notre lutte pour l’instauration d’une VIème République.

Le vote obligatoire pourrait être l’une des solutions pour redonner confiance en la politique. D’ailleurs de nombreux pays l’ont déjà adopté (2) et présentent des résultats très encourageants en terme de pourcentage de vote. Il est évident qu’il n’est pas question d’en faire une mesure autoritaire où ceux n’ayant pas voté iraient en prison. Une amende serait sans doute la meilleure solution comme c’est par exemple le cas en Australie. On peut même aller plus loin si l’on imagine que l’argent récolté, auprès des personnes ne s’étant pas présentées aux bureaux de vote, pourrait être reversé en intégralité à des associations caritatives destinées aux plus démunis.

Abaisser l’âge de vote à 16 ans 

C’est en écoutant le discours de Jean-Luc Mélenchon à la convention de la France insoumise que j’ai pris connaissance de cette mesure et de l’argumentation qui en a découlé. Comme pour le vote obligatoire, d’autres pays ont déjà franchi le pas du vote à 16 ans. Ainsi, pour ne prendre qu’un seul exemple, au sein du Royaume-Uni : l’Ecosse autorise le vote à cet âge.

Beaucoup de français sont aujourd’hui défavorables à une telle mesure, sans doute pensent-ils qu’il serait trop facile d’instrumentaliser le vote d’un adolescent. Pourtant, aux yeux de la loi, lorsqu’on atteint l’âge de 16 ans, on est déjà responsable de beaucoup de choses. En outre, l’école obligatoire se termine à l’âge de 16 ans, par conséquent le travail est légalement possible pour une personne âgée de cet âge là. Si nous ajoutons à cela la majorité sexuelle, le durcissement du droit pénal, et la possibilité d’ouvrir un compte bancaire ainsi que de le gérer, le droit de vote s’impose comme une logique. En effet, si la République considère quelqu’un âgé de 16 ans comme assez mature pour gérer son argent, avoir la possibilité de travailler et d’être jugé, pourquoi ne pourrait-il pas voter ?

Il y aurait encore beaucoup de choses à définir ; le statut du Sénat, la question de la proportionnelle, la fin totale du cumul des mandats, mais d’ores et déjà l’idée la plus importante demeure celle du passage à la VIème République qui devra être approuvé par le peuple. C’est à partir de ce moment que tout le processus de démocratisation pourra véritablement s’enclencher.

(1) : Modalités du référendum révocatoire par pays