Pourquoi une invasion du Venezuela n’a-t-elle aucune chance de réussir ?

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Grande mobilisation pour les 20 ans de la Révolution bolivarienne. © HO/ Venezuelian Presidency / AFP 

Mardi 30 avril dernier l’opposant Juan Guaido, autoproclamé président du Venezuela depuis le 23 janvier, donnait le coup d’envoi de son opération « liberté ». Une opération destinée à renverser le gouvernement, légitime et démocratiquement élu. Cet événement aurait été qualifié par tous, et selon le droit, de coup d’état dans n’importe quel autre pays du monde, mais pas au Venezuela.

Il y a plus d’un mois, dans un article publié sur ce site (Venezuela : fin du spectacle pour Guaido), j’écrivais que Guaido avait échoué dans sa tentative de putsch. Il comptait vraisemblablement sur le soutien d’une majorité de la population. Puis, voyant qu’il ne l’avait pas a souhaité que l’armée se soulève. Son échec, qu’il reconnaît lui-même, nous permet néanmoins d’analyser pourquoi une invasion du Venezuela serait vouée à l’échec. 

  • La loyauté des Forces armées nationales bolivariennes 

D’abord parce que l’armée vénézuélienne reste fidèle au gouvernement. Un soutien qu’elle a d’ailleurs réaffirmé dans un communiqué en date du 8 mai dernier. Comment pourrait-il en être autrement ? Les Forces armées nationales bolivariennes (FANB), desquelles est issu Hugo Chavez, font partie intégrante de la Révolution bolivarienne. 

Certains médias et certains secteurs de l’opposition ne cessent de clamer haut et fort qu’une grande partie de l’armée a rejoint Juan Guaido depuis son auto-proclamation. Or, à la vérité, on remarque qu’ils sont une poignée à avoir fait ce choix. Et encore, parmi eux, certains, déçus des promesses du putschiste, souhaitaient revenir sur leur décision. A l’image de ce groupe de déserteurs se plaignant du traitement qu’ils avaient reçu en Colombie. 

L’union civico-militaire, l’un des piliers de la Révolution bolivarienne, tient donc. Et tant qu’elle le fera le gouvernement légitime du Venezuela demeurera. Même dans le cas où une intervention militaire étrangère serait déclenchée, elle ne pourrait réussir. Car, non seulement le Venezuela dispose d’une armée loyale à sa patrie, mais de surcroît elle est renforcée par la milice bolivarienne. 

Milice bolivarienne

La milice bolivarienne, forte de ses plus de deux millions de membres. © AFP/Federico PARRA

  • La milice bolivarienne : une force populaire de défense 

Initiée en 2008 par Hugo Chavez la milice bolivarienne compterait actuellement plus de deux millions de membres, soit plus d’un Vénézuélien sur vingt. Elle en comptait 1,6 millions au mois de décembre 2018 et Nicolas Maduro souhaiterait que ses effectifs atteignent les 3 millions de membres à la fin de l’année 2019. L’idée de cette organisation est de donner au peuple une formation militaire, et donc de l’armer afin qu’il puisse défendre le Venezuela, un peu à l’image du peuple cubain lors des débuts de la Révolution d’après la doctrine du « peuple en arme » si chère au Che. Grâce à la milice « le peuple s’organise, et se prépare militairement » explique une militante dans un documentaire de la chaîne Youtube Redfish intitulé Venezuela : defending the Revolution. 

Car, à la différence de l’armée traditionnelle, les membres de la milice bolivarienne ne sont pas des professionnels du combat. C’est le peuple tout entier qui y prend part : des femmes et des hommes, des travailleurs, des étudiants, des retraités n’ayant qu’un seul objectif en rejoignant la milice : défendre la Révolution, leur Révolution. 

D’ailleurs Nicolas Maduro a annoncé au mois d’avril dernier que la milice bolivarienne serait intégrée aux Forces armées nationales bolivariennes. Ce faisant il donne à cette organisation une valeur constitutionnelle, même si son rôle reste différent et bien distinct de celui de l’armée. En réalité la milice constitue un niveau de défense du Venezuela, tout comme les FANB en constituent un autre. 

La conscience révolutionnaire du peuple vénézuélien 

Dès le début, en 1999, Hugo Chavez et les dirigeants du Venezuela, avaient compris que l’impérialisme nord-américain ne laisserait jamais de répit à la Révolution. Et que, pour défendre les acquis de celle-ci, il fallait un peuple conscient et des organisations puissantes qui soutiennent le processus révolutionnaire. C’est le cas de la milice bolivarienne, présente sur tout le territoire. Mais c’est aussi le cas du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) qui fait office de véritable organisation de masse avec ses millions d’adhérents. D’autres, comme le Parti communiste du Venezuela, des syndicats, des associations participent à la conscientisation des Vénézuéliens. Hugo Chavez avait d’ailleurs lui même précisé cette pensée :

« Je ne crée pas un parti révolutionnaire, j’éduque un peuple révolutionnaire ». 

Le vice-président actuel du PSUV, Diosdado Cabello, a récemment tenu des propos allant eux aussi dans ce sens : « ces jours de harcèlement, de blocus, de sanctions, ce peuple noble du Venezuela s’en est servi pour forger sa conscience »

Le signal envoyé par ces millions de Vénézuéliens, soutenant Nicolas Maduro, est clair : ils ne se reposeront pas tant que la menace sera réelle. Chaque gouvernement progressiste devrait avoir un peuple avec ce niveau de conscience. C’est sans doute ce qui a manqué à d’autres pays d’Amérique latine à l’image du Brésil. Sinon, comment expliquer que les plus de trente millions de Brésiliens, sortis de la pauvreté grâce aux politiques du Parti des travailleurs, sous Lula et sous Dilma Rousseff, ne se soient pas, ou très peu, mobilisés pour défendre Dilma lors du coup d’état institutionnel mené contre elle en 2016 ? 

Les habitants du Venezuela ne demandent qu’une chose, une seule : que les Etats-Unis respectent leur souveraineté et leur dignité. C’est pour cela qu’ils participent, massivement à chaque fois, aux différentes marches et initiatives pour réaffirmer leur soutien au gouvernement. Tantôt la marche anti-impérialiste du 6 avril dernier, tantôt la journée nationale de la Dignité le 13 avril. Et ils étaient encore plusieurs milliers à se rassembler, spontanément, devant le palais présidentiel le 30 avril, après le coup d’état avorté de Juan Guaido. 

En parallèle le gouvernement continue pourtant d’appeler à la négociation et à la discussion. A l’image du ministre des Affaires étrangères Jorge Arreaza qui souhaitait que l’opposition reprenne le dialogue, preuve que le gouvernement vénézuélien entend privilégier une solution pacifique et diplomatique. 

Lavrov et Maduro
Sergueï Lavrov et Nicolas Maduro. © AFP 2019 / CANCILLERIA

Le soutien international 

Dans cet affrontement, et face aux sanctions économiques et à l’embargo de plus en  plus féroces, le Venezuela peut compter sur le soutien d’un certain nombre de pays importants.  

D’abord parce qu’ils ne sont qu’une cinquantaine d’Etats à reconnaître Guaido comme président. Or, même si dans ce groupe figurent les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni ou le Brésil, rapporté aux 197 pays reconnus par l’ONU cela ne représente que 25% de l’ensemble des Nations. D’ailleurs, la Russie, l’un des principaux soutien du gouvernement vénézuélien, a annoncé vouloir créer, à l’ONU, un groupe de pays afin de défendre le Venezuela. 

Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a également demandé aux Etats-Unis de stopper leurs sanctions économiques, en vertu du droit international. Faut-il rappeler en effet que les pertes pour le Venezuela se chiffrent en milliards de dollars ?  Avec les conséquences désastreuses que cela a engendré. Alfred de Zayas, expert au sein de l’ONU a d’ailleurs comparé l’embargo américain à un « siège médiéval »

Mais les Russes vont plus loin dans leur aide. En vertu des accords signés entre les deux pays, une centaine de militaires russes sont arrivés il y a quelques semaines afin de former les militaires vénézuéliens dans certains domaines mais aussi de les conseiller. 

La Chine soutien aussi Nicolas Maduro. Et, si l’information selon laquelle des militaires Chinois seraient présents au Venezuela était fausse, la Chine a en revanche envoyé, dès fin mars, près de 65 tonnes de matériel médical, dont des médicaments et du matériel chirurgical. En outre, elle et la Russie fourniront, chaque mois, au Venezuela 99 conteneurs de matériel médical afin de contourner l’embargo américain. 

Tous ces facteurs montrent qu’il sera difficile, voire impossible, pour les Etats-Unis de réaliser une intervention armée et de la réussir si telle était leur intention. L’échec du coup d’état de Guaido a peut-être marqué la fin de ses velléités et ouvre peut-être une nouvelle ère de négociation dans le respect de la souveraineté vénézuélienne. 

Venezuela : fin du spectacle pour Guaido

Manifestation des partisans du président autoproclamé vénézuélien Juan Guaido à Maracaibo, le 12 février.
Les manifestants, favorables au putschiste Juan Guaido, utilisent dans leurs démonstrations des drapeaux des Etats-Unis, parfois aussi des drapeaux d’Israël. Une preuve de plus, s’il en fallait, de l’implication impérialiste dans ces actions politiques. ISAAC URRUTIA / REUTERS

La marionnette des Etats-Unis, qui s’était autoproclamé président de la République le 23 janvier dernier, n’a pas réussi son coup. Dans la nuit du 02 au 03 avril l’Assemblée constituante lui a retiré son immunité parlementaire. Avec lui, c’est tout un secteur d’une droite-extrême qui voit ses illusions tomber. Celles et ceux qui pensaient que la Révolution bolivarienne était finie se sont lourdement trompés.

Il faut, bien entendu, rester prudent. Les actualités évoluent rapidement et qui sait de quoi demain sera fait ? Mais pour l’heure le gouvernement légitime du Venezuela- validé par le peuple par l’élection présidentielle du mois de mai 2018- est toujours en place. En dépit des provocations, des menaces, et des sanctions économiques. Tout le monde aura d’ailleurs pu observer l’hypocrisie occidentale qui, tout en sanctionnant économiquement le Venezuela et en retenant son argent (voir : La Banque d’Angleterre refuse de rendre 1,2 milliard de dollars en or au Venezuela), le privant de milliards de dollars, souhaitait faire rentrer une prétendue aide humanitaire correspondant à quelques millions à peine.

Nul besoin de l’aide humanitaire américaine. La Yougoslavie, la Libye, l’Irak, la Syrie s’en seraient bien passés. On peut bien-sûr reprocher à Maduro sa gestion économique. Il est certain qu’il y a beaucoup à faire pour que la situation s’améliore, même si une bonne partie de la crise est en partie due aux sanctions économiques imposées de l’étranger. Aucun pays n’est parfait. En revanche ceux souhaitant mener une politique indépendante et différente, de la doxa néolibérale et néocoloniale, pourraient sans aucun doute mieux le faire s’ils n’étaient pas constamment déstabilisés.

Et quand on voit la situation actuelle du monde, et plus particulièrement de l’Amérique latine, on comprend mieux pourquoi et comment le Venezuela subit ce genre de déstabilisations depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en 1999. Mais cette fois-ci leur plan a semble-t-il échouer. L’armée bolivarienne soutien le gouvernement, et l’union civico-militaire demeure stable au Venezuela. Les soutiens au gouvernement sont encore massifs, en témoignent les nombreuses manifestations en faveur du président et de la Révolution.

Surtout, si un temps la possibilité d’une intervention armée, qui aurait été dirigé contre Nicolas Maduro, a été craint, elle semble désormais loin depuis que la Russie et la Chine ont spécifié qu’ils ne toléreraient pas une attaque directe contre le Venezuela. D’ailleurs des conseillers militaires et du matériel, ainsi que des vivres, sont arrivés en provenance de la Russie. Guaido aura sans doute du mal à rebondir après ça. D’autant plus que désormais toute une partie de la population est indifférente à ses revendications et entend juste vivre en paix. Une paix rendue impossible par ces provocations et ces déstabilisations comme lors du probable sabotage qui avait causé une panne générale dans le pays.

Sans compter qu’il est dorénavant possible qu’il soit poursuivi par la justice de son pays après que l’Assemblée constituante ait levé son immunité de parlementaire (il demeurait le président de l’Assemblée nationale) dans la nuit du 02 au 03 avril. Auparavant le contrôleur général avait spécifié que Juan Guaido ne pourrait exercer de mandat public pendant 15 ans.

  • Résister face à l’impérialisme

Les Nord-Américains ont toujours souhaité faire de l’Amérique latine leur arrière cour, ne tolérant jamais la présence de gouvernements hostiles à leurs intérêts (Cuba, Chili, Grenade, Honduras, Nicaragua, Salvador, Equateur, Venezuela, Bolivie, Argentine, Paraguay, Brésil etc). Aujourd’hui, à l’heure de la contre-offensive menée par la droite partout sur ce continent, visible notamment par les exemples brésiliens, argentins, salvadoriens ou équatoriens, il faut que les pays progressistes puissent résister aux pressions impérialistes.

Et malheureusement, si au début des années 2000 les gouvernements de gauche étaient majoritaires en Amérique latine, force est de constater que ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le Mexique a, certes, été une excellente surprise en élisant le premier président de gauche de son histoire, mais c’est bien l’exception qui confirme la règle. Car les pays progressistes ne sont plus qu’une poignée sur l’ensemble du continent (Mexique, Cuba, Venezuela, Bolivie, Nicaragua, Uruguay, Suriname, Guyana, République Dominicaine, soit neuf sur un total de vingt-quatre pays). Et quand on sait que Donald Trump a fait l’une de ses priorités de renverser le trio Venezuela-Cuba-Nicaragua (voir : Et maintenant le Nicaragua) il y a de quoi s’inquiéter.

Si pour l’heure ces trois états résistent, qu’en sera-t-il de la Bolivie où des élections auront lieu au mois d’octobre prochain ?

Qu’est-ce que le RIC ?

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Photo Geoffroy VAN DER HASSELT/AFP

C’est l’une des revendications majeure qui a émergé suite au mouvement des Gilets Jaunes. A elle seule, elle a réussi à démontrer que ce mouvement n’était pas un simple mouvement de rejet d’une taxe, mais qu’il allait bien plus loin que cela, exigeant une meilleure justice sociale et une meilleure démocratie. A l’heure où certains tirent à boulets rouge sur le Venezuela, arguant d’un manque de démocratie, il est bon de rappeler que la République Bolivarienne a elle déjà adopté le référendum révocatoire, depuis de nombreuses années.

Mais alors que cette demande émanant du peuple est parfaitement légitime, et démocratique, et qu’elle a été portée à l’Assemblée nationale par les groupes insoumis (1) et communistes, elle a été balayée d’un revers de main par la majorité présidentielle qui chaque jour étonne un peu plus par son arrogance et son mépris du peuple.

  • Qu’est-ce que le RIC ? Référendum d’initiative citoyenne 

L’idée a été (re) mise au goût du jour par les Gilets Jaunes. Mais en réalité, l’une de ses composantes, le référendum révocatoire, était déjà proposée dans le programme l’Humain d’abord porté par Jean-Luc Mélenchon et le Front de gauche en 2012. Et en 2017 le programme l’Avenir en commun, toujours porté par Jean-Luc Mélenchon prévoyait aux points 2 et 3 de la Section Une République permettant l’intervention populaire (p25) :

  • Créer un droit de révoquer un élu en cours de mandat, par référendum, sur demande d’une partie du corps électoral 
  • Instaurer le référendum d’initiative citoyenne et le droit des citoyens de proposer une loi 

L’idée n’est donc pas nouvelle, mais elle a le mérite d’avoir pris une autre ampleur et d’avoir été largement adoptée par un mouvement provenant de tous les horizons politiques. Dans l’esprit des Gilets Jaunes, ce référendum se détaillerait en quatre partie :

  • la partie législative : afin de donner au peuple le pouvoir de proposer une loi
  • la partie révocatoire : afin de demander le départ d’un élu de la République, du conseiller municipal jusqu’au Président de la République
  • la partie abrogatoire : afin de supprimer une loi
  • la partie constituant : afin de pouvoir demander une modification de la Constitution ou bien en vue de la création d’une VIème République, nécessitant une Assemblée Constituante

Ce sont quatre points précis, clairs et concis qui pourraient être les piliers d’un nouveau départ. Une démocratie retrouvée dans une République du peuple, pour et par le peuple. Il ne serait pas question de voter tous les quatre matins, loin de là, et il faudrait, au préalable, discuter et déterminer sous quelles conditions un référendum pourrait être enclenché. Notamment, combien de millions de personnes seraient nécessaires au déclenchement du processus. Mais le pouvoir en place n’a pas l’air disposé en introduire plus de démocratie dans son quinquennat.

  • Ailleurs : des exemples de réussites 

D’autres pays ont fait le choix, depuis longtemps, d’introduire le RIC dans leur Constitution. La Suisse, fait figure de bon exemple et de voisin proche. C’est d’ailleurs, bien souvent, l’exemple brandi par les Gilets Jaunes, à raison. Car la Suisse vote souvent sans que cela n’engendre de problème. Et puis il y a les pays qui ont eux fait le choix d’instaurer le référendum révocatoire. L’Equateur, la Roumanie, certains Etats des Etats-Unis, ou encore le Venezuela.

Le terrible Venezuela qui fait en ce moment l’objet d’une campagne médiatique contre lui et son gouvernement a adopté le référendum révocatoire dès l’élection d’Hugo Chavez en 1999. Il permet au peuple de révoquer le Président de la République à mi-mandat, à condition qu’un nombre égal, ou supérieur, de personnes l’ayant élu le demande, et qu’il y ait une participation d’au moins 25%. En 2004, l’opposition vénézuélienne avait d’ailleurs tenté de renverser Hugo Chavez par ce biais-là, après avoir essayé de le faire par un coup d’Etat en 2002. Le référendum effectué en 2004 avait finalement conduit au « non » au départ du Président à 59%.

Preuve qu’une telle mesure fonctionne. Un pays comme le nôtre grandirait à se doter du RIC. Le peuple le veut, ne reste que le pouvoir.


(1) : RIC : « Aucun pouvoir n’est supérieur à celui du peuple » 

Hypocrisies médiatiques à propos du Venezuela

Les médias français, dans leur quasi-majorité, n’ont jamais supporté l’idée d’une Révolution et d’un gouvernement populaire au Venezuela. Depuis le début, jusqu’à la mort d’Hugo Chavez, en 2013, et puis de nouveau après l’élection de Maduro, ils ont toujours cherché à décrédibiliser l’action du gouvernement et les politiques mises en place. L’actuelle conjoncture économique, les sanctions économiques, et l’embargo imposé par les mêmes qui s’offusquent ensuite des pénuries, ne font que renforcer un traitement médiatique réservé aux seuls pays qui clament leur indépendance.

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Sinon, pourquoi les documentaires ou sujets à propos d’autres pays sont si rares ou bien inexistants ? La Birmanie, l’Arabie Saoudite, Israël, sont en effet tranquilles de ce point de vue là. Même quand des milliers de musulmans se font massacrés, même quand des enfants meurent chaque mois à Gaza, où la population vit dans une véritable prison à ciel ouvert, même quand des opposants sont exécutés en place publique simplement parce qu’ils étaient en désaccord avec la doctrine officielle.

Avec le Venezuela les médias français et occidentaux ont trouvé un nouveau bouc-émissaire. C’était Cuba et sa Révolution socialiste, c’est désormais Le Venezuela et sa Révolution bolivarienne. Une propagande médiatique étrangement calquée sur l’agenda diplomatique et militaire de l’OTAN et des Etats-Unis. Avec, à chaque fois, le même mode opératoire. Faire en sorte de faire passer tel pays pour le pire gouvernement et la pire dictature, afin de préparer tout le monde à l’invasion ou à la chute du gouvernement, afin d’en installer un autre bien plus docile et bien plus soumis aux exigences économiques et politiques.

A contrario, jamais il ne sera fait mention des militants chavistes, des leaders syndicaux, politiques et associatifs, ou bien des députés du PSUV, assassinés par une opposition prétendument démocratique. Ni des pillages des magasins d’Etats et des stocks de marchandises, ou de médicaments, volés et dissimulés par ceux souhaitant la chute du gouvernement légitime.

Yougoslavie, Irak, Libye, Syrie, les exemples sont innombrables et les conséquences pour les peuples terribles. Qui peut ignorer le chaos provoqué par toutes ces déstabilisations ? L’apparition de groupes terroristes comme Daesh, la fuite forcée de millions de personnes de leur pays, l’apparition de trafics d’armes, de drogues, et d’humains. Ceux qui ont légitimé ces interventions, Etats-Unis en tête, souhaitaient, selon leurs dires, apporter démocratie et paix. Ils n’auront emmené que destruction, misère et mort. Pourtant, ils sont bien rares parmi la minorité bien-pensante qui se relaie sur les plateaux de télévisions à dénoncer de tels agissements. Ils sont bien rares à vouloir comparer les situations économiques et politiques avant et après les interventions, de même qu’ils sont bien rares à parler de la situation économique du Venezuela avant et après la Révolution.

Mais, comme il y a quelques mois au Nicaragua, les déstabilisateurs échoueront à renverser le gouvernement légitime et élu. L’Amérique latine va vivre une année charnière avec plusieurs élections qui donneront une indication. Soit des gouvernements progressistes reviendront au pouvoir, soit l’impérialisme américain mettra de nouveau sa patte sur cette région. D’où l’importance de rétablir des vérités et de soutenir les pays progressistes de la région.

Soutien à la Révolution Bolivarienne

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Une fois de plus, la Révolution Bolivarienne est menacée. Et cette fois la menace semble plus réelle que jamais. Il y a quelques jours, déjà, un petit groupe issu de l’armée avait tenté de fomenter un coup d’Etat contre le gouvernement légitime. Très vite cette poignée de militaires avait été démasquée et arrêtée par les autorités.

De quels droits certaines nations s’arrogent-elles le droit de s’ingérer, une fois de plus, dans les affaires vénézuéliennes ? C’est que ce doit être un pays important car il ne cesse de faire, ces derniers temps, l’actualité. A y regarder de plus près, et pour ceux qui l’ignoreraient, le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde. Des réserves de pétroles dont les bénéfices ne sont malheureusement pas destinés aux compagnies américaines. Si l’on ajoute à cela que le gouvernement vénézuélien est un gouvernement socialiste, les raisons sont suffisantes pour comprendre d’une part cette acharnement médiatique, d’autre part cette tentative de coup d’Etat

Mercredi 23 janvier dernier, en effet, Juan Guaido, opposant du gouvernement légitime de Maduro, et président de l’Assemblée nationale, s’est autoproclamé président du Venezuela. Il a été immédiatement reconnu par Washington. Cela fait des années que les Etats-Unis souhaitent voir la fin de la Révolution Bolivarienne par le biais de différents moyens. Et tandis qu’ils ont déjà réussi dans d’autres pays de cette région a fomenté des coups de forces et des destitutions de gouvernements progressistes, le Venezuela continue de résister.

Les forces nationales bolivariennes- l’armée vénézuélienne- ainsi que les organisations sociales, mais plus généralement la majorité du peuple, ont réaffirmé leur soutien au gouvernement et à la Révolution Bolivarienne. La question qui va désormais se poser est de savoir ce qui se passera au cas où l’administration américaine décidait d’une intervention militaire directe, ou indirecte. Washington peut se sentir pousser des ailes de part l’élection de Jair Bolsonaro au Brésil, voisin du Venezuela, et de part la présence  d’un gouvernement allié en Colombie également juste à côté du Venezuela.

De l’autre côté, le Venezuela a reçu le soutien des pays socialistes et progressistes de la région , Cuba, le Nicaragua, la Bolivie, l’Uruguay, le Mexique ou encore le Salvador. Mais il a également reçu le soutien de nombreux pays qui pèsent sur la scène internationale : la Chine, la Turquie, l’Iran, la Syrie ainsi que la Russie. Cette dernière a d’ailleurs prévenu les Américains de ne pas tenter quoi que ce soit contre le gouvernement légitime, tandis que Vladimir Poutine a, personnellement,  réaffirmé, au téléphone, son soutien à Maduro.

Cette tentative de coup d’Etat n’est ainsi qu’une énième tentative de mettre fin à la Révolution par des secteurs qui n’ont jamais accepté la redistribution des richesses, l’alphabétisation de tous, et l’instauration d’une démocratie participative. Car il faut voir comment était le Venezuela avant l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez. La Révolution Bolivarienne a rendu sa dignité au peuple vénézuélien. Une dignité que l’impérialisme veut éradiquer, lui qui ne supporte pas qu’un pays soit libre, digne, souverain et indépendant.

Les progressistes du monde entier devraient se sentir solidaire du gouvernement socialiste et de la Révolution bolivarienne, car les états progressistes sont de plus en plus rares dans le monde, et il est de notre devoir de défendre chacun d’entre eux.