En défense de notre service public

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Le mouvement de grève des cheminots est désormais lancé. Soutenu par les forces politiques de gauches, et appuyé par les mobilisations des étudiants, des électriciens, des éboueurs, ce mouvement s’annonce long.

L’hostilité affichée de la plupart des médias, du gouvernement, et de la droite, ne fait que confirmer leurs inquiétudes quant à un mouvement d’ampleur des travailleurs, du public comme du privé. Mais ce qui se joue ici dépasse les cheminots eux-mêmes. C’est là l’avenir de notre service public que, tous ceux participants à ces grèves et ces mobilisations, défendent

La suppression du statut des cheminots n’est, en réalité, qu’un simple écran de fumée. Déjà parce qu’en s’en prenant aux cheminots, en les accablant et en les traitant de privilégiés, le gouvernement, et toute la horde médiatique, contribuent à créer un climat de tensions, et a monter la population contre les cheminots. L’adage vieux comme le monde du diviser pour mieux régner fonctionne à merveille et, en accusant les cheminots de privilégiés, les vrais nantis sont exonérés de toutes critiques.

Mais parler du statut des cheminots, et de sa suppression éventuelle- pour les nouveaux embauchés- permet en même temps d’éclipser la vraie réforme préparée par le gouvernement. L’ouverture à la concurrence de la SNCF marquera la fin du service public ferroviaire.

Sous la pression de Bruxelles qui souhaite toujours plus de libéralisations, menant à terme aux privatisations, des pans entiers de notre service public ont disparu. Electricité, gaz, autoroutes, les exemples se suivent et se ressemblent, en France, comme partout en Europe.

Un bras de fer s’enclenche désormais avec le gouvernement qui refuse tout entendement en se bloquant derrière ses positions et en refusant d’entendre la voix de la raison en prenant en compte les revendications des syndicats. Les caisses de solidarité envers les grévistes se sont multipliés et ont d’ores et déjà atteintes au niveau remarquable, preuve, s’il en fallait, de la compassion et de la solidarité des français envers ce mouvement parti pour durer.


Les liens des différentes cagnottes de solidarité :

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Vote bloqué : le gouvernement abandonne les agriculteurs retraités

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Le gouvernement vient de s’opposer à un projet de loi, porté par le député communiste André Chassaigne, visant à revaloriser les pensions de retraites des agriculteurs de 75% à 85% du SMIC. En utilisant la procédure du vote bloqué, ce nouveau coup de force antidémocratique ne laisse rien présager de bon, à l’heure où un profond débat sur la réforme institutionnelle s’instaure.

  • Des paroles, mais pas d’actes

Alors en déplacement au salon de l’agriculture, Emmanuel Macron avait pourtant tenu un discours de solidarité envers les agriculteurs.

« Je sais l’importance qu’a notre agriculture, je sais les attentes, les angoisses et la souffrance sur le terrain. »

Mais une fois de plus, les promesses et les paroles ne suivent pas en actes. Sinon, pourquoi s’être obstiné à bloquer cette loi, de bon sens, et acceptée par tous les bancs de l’Assemblée ? Car la situation des agriculteurs reste l’une des plus préoccupantes et dramatiques de notre pays. 30% d’entre eux gagnent, en effet, moins de 350 euros par mois (1), tandis que la part des suicides dans cette profession est supérieure de 20 à 30% au reste de la population, et que le nombre de suicides a été multiplié par trois en 2016- soit un suicide par jour (2).

Le vote bloqué est prévu dans la Constitution par l’article 44-3. Il stipule que « Si le Gouvernement le demande, l’assemblée saisie se prononce par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par le Gouvernement. » Mais dernièrement, cette procédure n’a été utilisée que très rarement. En 2013, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en avait fait usage, mais c’était il y a 25 ans- en 1993- qu’il avait été utilisé, pour la dernière fois, contre une proposition de loi.

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  • Une réforme de bon sens et d’urgence sociale

Adoptée à l’unanimité le 2 février 2017 à l’Assemblée nationale, la proposition portée par André Chassaigne (PCF) et la députée d’Outre-mer Huguette Bello, visait à revaloriser les pensions de retraites, pour une carrière complète, des agriculteurs. Ces dernières sont parmi les plus faibles de notre pays, 840 euros pour un paysan, 570 euros pour une femme, d’où l’urgence de la situation.

Cette réforme devait ainsi permettre de passer de 75% du SMIC, à 85%, tout cela financé par une augmentation de la taxe sur les transactions financières de 0,1%. Dans une interview donnée à Sud Radio, André Chassaigne regrettait que cette nouvelle taxe soit refusée par le gouvernement, alors même que la droite n’y voyait aucun inconvénient :

« Le problème, c’est que j’ai proposé que ces retraites soient financées par une recette qui ne plaît pas : l’augmentation de la taxe sur les transactions financières de 0,1%. Ça ferait une recette de 500 millions d’euros par an, et ils n’en veulent pas ! » (3).

Mais qu’importe, car une fois de plus cette proposition avait fait la quasi-unanimité en commission des Affaires sociales du Sénat puisque votée à une très large majorité, droite comprise. Son vote au Sénat était donc une certitude, d’où l’étonnement général des sénateurs d’apprendre que le gouvernement préférait utiliser la procédure du vote bloqué afin d’empêcher une mesure d’urgence.

La volonté du gouvernement est de repousser cette- éventuelle- réforme à 2020 dans le cadre d’une loi plus générale. A raison d’un suicide par jour chez les agriculteurs, combien ne seront déjà plus là en 2020 ? A moins que le but de ce blocage ne soit  d’éviter à la finance de payer un surplus de 0,1% ?


(1).https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/revenus-des-agriculteurs-des-chiffres-qui-restent-inquietants_2414339.html

(2).https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-suicide-des-agriculteurs-en-chiffres-1517491824

(3). https://www.sudradio.fr/politique/blocage-de-la-revalorisation-des-retraites-agricoles-andre-chassaigne-est-furieux

Jour d’élections

M5S élections

Dimanche 4 mars on a voté en Italie, et au Salvador. Deux scrutins qui mettent en avant un retour, inquiétant, des forces conservatrices et un net recul des forces progressistes voir une quasi-disparition dans le cas de l’Italie. 

  • Italie : la reconstruction d’une gauche de combat sera longue

Si la gauche italienne ne s’attendait pas à rafler la majorité des sièges, loin de là, lors des élections générales de ce dimanche 4 mars, les résultats finaux sont pire que prévu.
En tout, deux listes de la gauche radicale avaient une chance d’avoir des parlementaires, le scrutin se déroulant en partie à la proportionnelle. La première, Liberi e Uguali (Libres et Égaux), recueille aux alentours de 3,5% des voix et disposera donc d’élus. En revanche l’autre liste, Potere al popolo (le Pouvoir au peuple) soutenu entre autres par Jean-Luc Mélenchon ne disposera d’aucun élu puisque ne franchissant pas la barre fatidique des 3%. Pour plus de détails : Elections législatives en Italie : le crépuscule de la gauche, et de la gauche communiste.

Droite et extrême-droite se partagent ainsi la victoire dans un pays pourtant victime des cures drastiques d’austérité imposées par les technocrates de Bruxelles.

Le Mouvement 5 étoiles (M5S) est ainsi sorti en tête des suffrages avec un score frôlant les 32%. Ce mouvement, piochant des idées à droite, et à gauche- notamment sur le thème de l’écologie- mais surfant surtout sur sa prétendue opposition au système, a changé son image en vue des élections. Fini Beppe Grillo et son style atypique, place désormais à Luigi di Maio, exit aussi des mesures de gauche dans le programme, désormais le M5S entend mettre en place des politique favorables aux entreprises- on parle de près de 400 lois qui pourraient être supprimées- ainsi que de restriction de l’immigration.

Une revendication sur laquelle ils se retrouvent parfaitement avec la coalition de la droite, et de l’extrême-droite, composée de Forza Italia, mené par Silvio Berlusconi (pourtant inéligible) et la Ligue (ex Ligue du Nord) de Matteo Salvini, soutenue par Marine le Pen. A ces deux forces il faut rajouter le petit parti de droite Fratelli d’Italia. A eux trois, ils obtiennent 37% des voix, dont près de 18% rien que pour le seul parti d’extrême-droite, la Ligue.

Pour un panorama complet des forces en présence, voir l’article de l’Humanité : Elections législatives italiennes. Glossaire pour s’y retrouver. 

Tandis qu’à l’opposé, la coalition de centre-gauche menée par le Parti démocrate et traînant derrière elle le bilan politique, et économique, désastreux de ce dernier, ne recueille que 23,23% des voix (18,98% pour le Parti démocrate). Cette chute dans les sondages du Parti démocrate démontre ce que nous disons depuis des mois, des années. La vieille sociale-démocratie, coupable d’avoir menée les mêmes politiques que la droite, n’a plus sa place ni à gauche, ni dans le paysage politique des différentes pays. Après la Grèce, la France, l’Espagne, l’Allemagne, désormais c’est la sociale-démocratie italienne qui s’effondre dans les sondages. Alors qu’on observe un phénomène inverse dans les pays où les vieux partis sociaux-démocrates, ou socialistes, se recentrent à gauche, comme au Portugal, ou au Royaume-Uni, et de fait connaissent un regain de popularité.

La situation italienne est à peu près similaire à celle au lendemain des élections allemandes. C’est à dire qu’aucune majorité ne peut, pour l’heure, se dégager. Les différents partis seront donc obligés de s’entendre pour former une coalition, sinon de nouvelles élections seront tenues.

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  • Salvador : nouveau coup porté à un gouvernement populaire

On votait également dans ce petit pays d’Amérique centrale, gouverné depuis 2009 par le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMNL), parti de gauche issue de l’ancienne guérilla marxiste. Le président actuel, Salvador Sànchez Cerén, issu de ce parti, devra, une nouvelle fois, faire face à une Assemblée à droite. C’était déjà le cas lors de la précédente législature, le renouvellement de l’Assemblée intervenant tous les trois ans au Salvador. L’ARENA, l’alliance républicaine nationaliste, arrive ainsi en tête des suffrages. Certes le FMLN arrive second, mais les partis se classant troisième, quatrième, et cinquième sont tous également issus de la droite.

Ces résultats sont donc une preuve de plus, s’il en fallait, que la gauche latino-américaine doit faire face, partout, à une recrudescences des forces contre-révolutionnaires et de la finance, appuyées activement par l’impérialisme nord-américain. Une telle majorité à l’Assemblée permettra en effet à la droite de bloquer, comme elle le fait déjà, toutes les mesures sociales et économiquement profitable aux plus démunis du gouvernement de Cerén. Les élections municipales, qui se tenaient en même temps, ont également permis à la droite d’arriver en tête, et notamment de rafler la capitale San Salvador.

Reste à savoir comment le FMLN, et les autres partis de gauche de la région, pourront gérer cette situation délicate. Les pays progressistes sont tous victimes d’attaques de plus en plus virulentes, si bien que désormais, en comptant le Salvador qui a toujours un gouvernement de gauche, il ne reste que le Venezuela, la Bolivie, Cuba, le Nicaragua, et l’Uruguay qui peuvent être qualifiés de gouvernements progressistes.

 

Angela Merkel échoue à former une coalition

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Les électeurs allemands devront, sans doute, retourner aux urnes au début de l’année 2018. Incapable de s’entendre avec les libéraux du FDP, et les verts, Angela Merkel a donc échoué à former une coalition pour gouverner le pays. Une situation qui place la chancelière dans une situation délicate mais qui confirme aussi l’échec de sa politique.

  • Une victoire sans majorité absolue

Avec 32,93% des suffrages, et 246 sièges de députés, certes le parti de la chancelière, la CDU-CSU, était arrivé largement en tête des élections du 24 septembre dernier. Mais la perte du nombre de siège est considérable, 65 par rapport à la précédente législature, si bien que ce score, bien que relativement élevé, est le plus faible de la CDU-CSU depuis l’après guerre.

Mais mis à part cet affaiblissement des partis classiques de gouvernement (voir : Vers la fin de la sociale-démocratie en Europe ? ), Angela Merkel paye aussi sa politique libérale d’austérité. Car loin du modèle économique, vanté par tant d’autoproclamés « experts », la situation économique de l’Allemagne est préoccupante. A tel point que même le FMI, pourtant peu partisan du sort des classes laborieuses, s’en est alerté. Dans son rapport annuel, publié en mai dernier, l’organisme mondial déclarait :

« Malgré un filet de sécurité sociale bien développé et une forte progression de l’emploi, le risque de pauvreté relative en Allemagne demande une attention constate. » (voir l’article de Marianne : Risque de pauvreté en Allemagne, même le FMI met en garde Berlin).

Avec un taux de pauvreté de 17%- contre 14% en France- l’Allemagne n’est certainement pas un « modèle économique ». Au contraire les emplois, payés une misère, sont monnaie courant en Allemagne, et 9,7% des personnes possédant un emploi vivent toujours sous le seuil de pauvreté. En revanche l’Allemagne figure en véritable modèle des politiques imposées par la commission européenne, c’est-à-dire des politiques néolibérales visant à rendre entreprises et économies plus compétitives, ce qui, en langage courant, et pour la majorité d’entre nous, signifie la détérioration des conditions de travail et de vie, la baisse des salaires, l’augmentation des horaires, et une sécurité de l’emploi quasi-nulle.

C’est cette logique de profit au nom de la sacro-Sainte compétitivité qui est en train de changer. Les diverses élections l’ont prouvé, à la fois en Espagne, en France, et en Allemagne, les peuples européens relèvent la tête, petit à petit certes, mais la patience est une vertu révolutionnaire et le changement viendra inexorablement.

  • Une crise qui ne profite pas au SPD

Autre parti classique de gouvernement, le Parti social-démocrate allemand n’a pas su tirer son épingle du jeu lors de cette élection. Avec 20,51% des voix, il est lui aussi en chute et perd 20 députés au Bundestag. Est-ce vraiment une surprise ? Non si l’on suit le cours logique des choses et que l’on comprend que, comme ses homologues français, grecs, espagnols, le SPD allemand s’est engagé, depuis plusieurs années, dans une politique profondément libérale.

CDU-CSU et SPD formaient d’ailleurs une coalition sous le précédent mandat d’Angela Merkel et gouvernaient le pays ensemble. Et ce n’est pas avec Martin Schulz, et son (très) léger revirement à gauche que la sociale-démocratie allemande allait redorer son blason et se faire pardonner les innombrables trahisons sociales qu’elle a réalisées au cours des dernières années. D’ailleurs le peuple allemand ne s’y est pas trompé, et, comme le Parti de la chancelière, le SPD réalise son pire score depuis les élections d’après guerre.

  • L’entrée au Parlement de l’extrême-droite

Si le dernier suffrage n’a pas profité au SPD, il a en revanche vu l’émergence d’une nouvelle force, à l’extrême-droite de l’échiquier politique. Alternative für Deutschland est le nom de cette formation politique, qui a réalisé son entrée au Parlement après les dernières élections. Obtenant 12,64% des voix, contre 4,7% en 2013, et 94 députés, la formation de Jörg Meuthen se positionne en tant que troisième force du pays.

Pour la première fois depuis la fin de la guerre, des députés membres d’un parti d’extrême-droite siègent donc en nombre à la Chambre allemande. Connue pour ses prises de positions anti-islam, anti-immigration, mais aussi très libérale, l’AfD a parfaitement su tirer son épingle du jeu en remettant en cause les deux partis de gouvernement que sont le SPD et la CDU-CSU. Une stratégie payante, certes, mais qui interroge sur le futur de cette formation. A l’heure où les nationalismes européens connaissent une flambée en Europe de l’Est, principalement en Ukraine, en Pologne, et en Hongrie, l’Allemagne basculera-t-elle, dans un futur proche, dans une gouvernance d’extrême-droite ?

Si la réponse est oui , alors il y a de quoi s’inquiéter, car les partis ultras-conservateurs des pays précédemment cités n’éprouvent aucun balbutiement à appliquer leur programme à la lettre. Un programme constitué de prises de positions très réactionnaires sur des sujets comme le droit à l’avortement, d’un libéralisme à outrance, d’une chasse aux pauvres, et aux immigrés. La Pologne, comme l’Ukraine, ont, par ailleurs, entamé un travail de « décommunisation » du pays, visant à enlever tous les symboles des démocraties populaires et du socialisme en Europe qui avaient contribué à créer de nombreuses avancées sociales dans cette région de l’Europe, en dépit de toutes les critiques que l’on peut exercer à leur encontre.

  • Quelles perspectives pour Die Linke ? 

Seule force de gauche, qui peut se revendiquer en tant que telle, nos camarades de Die Linke n’ont pas réalisé un score synonyme de pouvoir faire bouger les choses. Certes ils gagnent 5 députés par rapport à 2013- avec 9,24% des voix contre 8,60%- mais depuis plusieurs années Die Linke stagne et n’arrive pas à canaliser l’énergie populaire qui existe indéniablement en Allemagne.

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Sans surprise Die Linke a réalisé ses meilleurs scores dans les territoires de l’ancienne RDA (République démocratique allemande), preuve que le socialisme allemand n’était pas l’abomination décrite par certains et qu’il offrait bien des avantages sociaux. Mais c’est à l’ouest que la formation de gauche radicale devra faire des progrès et réaliser sans doute un travail d’ancrage plus profond. Car Die Linke aurait dû capter le mécontentement produit par des années de politiques libérales et par les accords nationaux du SPD avec la droite allemande. Pourtant rien de tout cela ne s’est produit et Die Linke reste au même niveau depuis plusieurs années sans pouvoir passer ce cap qui ferait passer le parti de simple opposition, à une force capable de prendre le pouvoir.

Pour l’heure, devant l’impossibilité pour quiconque d’obtenir une majorité absolue, Die Linke souhaite que de nouvelles élections soient organisées. Ce serait la « seule voie démocratiquement praticable » résume Katja Kipping, coprésidente de Die Linke.

Mais ce pouvoir [de convoquer de nouvelles élections] seul le président allemand (Frank-Walter Steinmeier- SPD) le possède, et sa décision devrait être connue dans les semaines à venir. D’ici là, Die Linke a tout le temps de préparer sa nouvelle campagne et sa nouvelle stratégie pour tenter de sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouve.

100 ans après certains faits oubliés de la Révolution russe

 

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Il y a cent ans, les Bolcheviks, Lénine à leur tête, prenaient le pouvoir en Russie. Cette révolution populaire allait changer le cours du pays, et du monde, pour les décennies à venir. Le premier pouvoir ouvrier au monde était né, et il entendait marquer les esprits dès le début.

Les premiers décrets, approuvés par le Congrès des Soviets, ne tardaient pas à être promulgués. Le premier d’entre eux concernait la guerre qui faisait rage en Europe depuis 1914 ; par le décret sur la paix, la nouvelle Russie cessait les hostilités avec l’Allemagne. S’en suivaient les décrets distribuant la terre aux paysans, nationalisant les industries, et déclarant la « souveraineté des peuples de Russie ».

Il ne sera pas ici question de revenir sur toute l’Histoire de l’URSS, mais de se concentrer sur trois points, qui ont marqué l’histoire de l’URSS et qui sont trop souvent oubliés, à savoir que la révolution russe fut aussi une révolution féministe, que l’URSS a grandement contribué à la victoire sur le fascisme durant la seconde guerre mondiale, enfin qu’elle aura été d’une aide généreuse envers les mouvements de libération nationale et les pays progressistes.

  •  Une révolution féministe

Cette révolution ouvrière et socialiste fut aussi à tout égard une révolution féministe, à une époque où l’inégalité entre hommes et femmes était monnaie courante. Le 8 mars 1921 Lénine décrétait, en hommage aux ouvrières de Saint-Pétersbourg, la journée internationale de la femme, mondialement célébrée aujourd’hui.

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Alexandra Kollontaï, Commissaire du peuple à la Protection sociale

Mais le gouvernement soviétique, avec en son sein la première femme ministre : Alexandra Kollontai (Commissaire du peuple à la protection sociale), alla beaucoup plus loin dans les droits accordés à la gente féminine : droit de vote, droit au divorce, lutte contre l’analphabétisme qui touchait alors 80% des femmes. Le 16 septembre 1918 est crée le code de la famille, et le 18 novembre 1920 le décret qui autorise l’avortement est promulgué. Les congés maternité, ainsi que l’égalité salariale entre hommes et femmes sont également décrétés.

Des réformes qui, encore aujourd’hui, sont impensables dans certains pays prétendument plus avancés que la Russie soviétique.

  • L’URSS, vainqueur de la seconde guerre mondiale

Si aujourd’hui notre vision du monde, et de la seconde guerre mondiale a quelque peu changé, dans le mesure où nous considérons, en majorité, que ce sont les Etats-Unis qui ont le plus contribué à la défaite de l’Allemagne nazie, la perception des choses était différente à l’époque.

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L’URSS a subi des pertes considérables, avec près de 26 millions de morts, le pays se place en effet en tête du classement des Nations ayant eu le plus de victimes. Stalingrad fut sans aucun doute le tournant de la Seconde guerre mondiale ; lorsqu’en 1943, après une résistance héroïque, les soviétiques parvenaient à défaire les armées à Allemande et à amorcer une contre attaque. Ce serait le point de départ de la chute du IIIème Reich et de la défaite d’Hitler.

L’armée rouge allait libérer une grande partie de l’Europe, et les forces nazies envoyées sur le front russe peuvent laisser présager l’issue de la guerre si l’URSS n’avait pas été la. Pour s’en rendre compte il suffit simplement de voir la difficulté qu’on connu les résistants et les troupes qui ont débarqué, et d’imaginer ensuite ce qu’il en aurait été avec des millions de soldats nazis en renforts sur le front ouest. Il ne s’agit donc pas de nier le rôle que d’autres armées ont pu avoir, notamment les troupes américaines, mais de réhabiliter celui de l’URSS qui se plaça en rempart du fascisme à l’image des autres Partis communistes.

Quelques années plus tôt, lorsqu’en 1936 éclatait la guerre d’Espagne opposant fascistes et républicains, c’était déjà l’URSS qui était venue au secours de la République espagnole. Face à la timidité des démocraties occidentales, la France et le Royaume-Uni notamment qui, au nom d’une prétendue neutralité, que personne ne respecta, n’intervinrent pas en Espagne, l’URSS elle envoya armes, chars, munitions et conseillers aux armées de la République. Les Brigades internationales furent créées à cette occasion, permettant à des milliers d’hommes et de femmes communistes, socialistes, républicains, démocrates des quatre coins du monde de venir combattre contre le fascisme.

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Le gouvernement du Front populaire français, Léon Blum a sa tête, se décidera finalement à aider, discrètement, les combattants espagnols. Laissant passer armes et munitions, et ouvrant la frontière aux brigades internationales. Mais ce ne sera pas suffisant. Tandis que le camp démocrate regardait l’Espagne sombrer, les pays fascistes n’hésitèrent pas à envoyer troupes, armes, et avions en nombre. Franco sortait finalement vainqueur de la guerre d’Espagne, et allait s’en suivre, pour celle-ci, près de 40 ans de dictature.

L’URSS, malgré les hésitations du début du conflit, aura finalement été le seul pays a, réellement, venir en aide aux républicains, une aide insuffisante certes, mais qu’en aurait-il été si les démocraties en avaient fait de même ?

  • L’aide aux mouvements de libération nationale 

Aussitôt la seconde guerre mondiale terminée, voilà qu’un autre conflit démarrait, plus subtil, plus idéologique, plus indirect aussi : la guerre froide. Camp occidental contre camp socialiste, l’OTAN contre le Pacte de Varsovie, les Etats-Unis et leur impérialisme contre l’URSS et son internationalisme. L’URSS allait, dans ces années d’après guerre, aider nombres de mouvements de libération nationale et de pays progressistes nouvellement souverains.

Mais revenons d’abord en arrière, lorsque éclate la Révolution russe, et que le pouvoir des Soviets est en place. Dès le départ, le caractère fondamentalement internationaliste de la Révolution socialiste est annoncé et confirmé par Lénine. Ce dernier avait très bien compris que la nouvelle Russie soviétique, qui deviendrait l’URSS en 1922, ne pouvait tenir face aux armées blanches et aux forces de la finance, sans le déclenchement d’autres révolutions en Europe.

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Et les événements, dans les mois qui suivaient la Révolution russe, allaient en ce sens. En Allemagne d’abord, où Lénine plaçait une bonne partie de ces espoirs, une révolution éclatait menée par la Ligue Spartakiste de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. La révolte s’achevait dans le sang et  les deux leaders étaient sauvagement assassinés après cet épisode révolutionnaire. En dépit de l’échec de la prise du pouvoir à Berlin, en Bavière, le 7 avril 1919, la République des conseils de Bavière était proclamée, elle ne durerait, elle aussi, que quelques semaines, écrasée par l’armée allemande le 3 mai 1919.

Un peu plus tôt, en Hongrie, le 21 mars 1919, la République des conseils de Hongrie était proclamée par Bela Kun. Sur le modèle de la nouvelle Russie, la République des soviets Hongrois allait se dresser face aux impérialistes pendant près de 143 jours, avant de finir écrasée, comme celle de Bavière, par les armées occidentales.

Après la seconde guerre mondiale, allaient se multiplier les guerres de décolonisation et de libération nationale. Des mouvements émergeaient dans le monde entier pour faire valoir le droit de chaque peuple à l’auto-détermination. En Amérique latine, en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique l’aide soviétique fut précieuse. D’abord pour les mouvements, puis pour les pays progressistes et socialistes qui recevaient de l’URSS et du camp socialiste, armes, argent, matériels et conseillers.

Chaque mouvement socialiste, chaque nouveau pays progressiste, chaque guérilla marxiste était un moyen de plus de lutter contre l’impérialisme nord-américain qui, de son côté, n’hésitait pas à renverser, déjà, des pays progressistes et des gouvernements démocratiques. Le coup d’Etat chilien de 1973, où le général Pinochet, soutenu par la CIA renversa le pouvoir populaire et démocratique de Salvador Allende, restera, pour le peuple chilien, et la gauche internationale, un drame et une plaie à jamais ouverte.

L’aide soviétique sera bénéfique pour de nombreux pays : l’Egypte de Nasser, la Chine populaire, du moins durant les premières années, la Cuba socialiste, ou la Syrie baasiste bénéficieront des largesses soviétiques à l’instar de toute nation se dressant contre l’impérialisme.

Avec la chute du camp socialiste à la fin des années 80, c’est toute une croyance qui allait s’effondrer, c’est aussi une nouvelle période qui s’ouvrait, laissant l’impérialisme américain promouvoir son mode de vie, et sa vision politique et économique. Une ère unilatérale que certains pays, tels que la Chine et la Russie, voudraient aujourd’hui voir s’achever pour faire place à un monde multipolaire.

Répression en Catalogne

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Ce weekend, l’Espagne a montré un bien triste visage au monde entier, et au peuple catalan en particulier, en réprimant massivement le mouvement démocratique souhaitant participer au référendum sur l’autodétermination de la Catalogne. Des scènes qui ne sont pas sans rappelées les pires heures de la dictature franquiste qui a dirigé le pays d’une main de fer entre 1939 et 1975.

Les volontés d’autodétermination du peuple catalan ne datent pas d’hier, et la région a d’ailleurs un statut particulier. Outre la langue catalane, beaucoup plus parlée que l’espagnol, la Catalogne possède aussi ses propres institutions comme un Parlement, élu au suffrage universel.

Il ne sera pas, ici, question des modalités d’indépendance, ou d’autodétermination du peuple catalan, chacun ayant une opinion divergente sur le sujet, à l’image de la gauche espagnole qui oscille entre une volonté d’indépendance pour cette région, et un souhait d’une région plus autonome dans le cadre d’une République fédérale.

A titre d’exemple voici le communiqué de nos camarades des Jeunes communistes espagnols, traduit par le site l’Avant-Garde :

« DEVANT LA BRUTALE RÉPRESSION DU RÉGIME CONTRE LE PEUPLE CATALAN  »

Devant la répression brutale déployée aujourd’hui par les forces de sécurité de l’État pour empêcher la tenue d’un référendum d’autodétermination en Catalogne, la Jeunesse communiste déclare :

Nous montrons tout notre soutien au peuple catalan qui est sorti aujourd’hui pour exercer le droit démocratique au vote et qui, de ce fait, a été sauvagement réprimé.

Nous réitérons l’engagement des communistes pour le droit à l’autodétermination et pour la célébration d’un référendum contraignant qui permette l’expression des Catalan-es.

Le régime a de nouveau montré qu’il ne peut offrir que répression et autoritarisme. Le déploiement policier d’aujourd’hui rappelle celui de l’époque décadente du franquisme, laissant pour le moment derrière lui plus de 700 blessés.

Il est nécessaire d’aborder l’ouverture d’un processus constituant, qui n’affronte pas uniquement la question catalane, mais qui change tout ce qui doit être changé et mette l’État au service de la majorité sociale. La classe travailleuse doit être protagoniste de ce processus.

Nous soutenons, comme il ne saurait en être autrement, les mobilisations qui surgissent actuellement en différents points de l’État. Le moyen de renverser le régime une bonne fois pour toute est la mobilisation massive.
¡No pasarán!

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Une répression brutale 

Face à ce mouvement populaire, et démocratique, la réponse du gouvernement de Madrid, dirigé par le chef de file de la droite espagnole, Mariano Rajoy, fut cinglante : une répression violente envers des personnes pacifistes. Arguant du prétexte que ce référendum n’avait pas été validé par la justice, le gouvernement espagnol a déployé toute la barbarie dont il est capable sur un peuple simplement désireux d’exercer l’un des droits les plus fondamentales dans une démocratie : le droit de vote.

Les images et vidéos ont tourné en boucle ce weekend, celles de femmes, d’hommes, de personnes âgées le visage ensanglanté, où celles de personnes évacuées de forces des bureaux de vote et brutalement matraquées, au total plusieurs centaines de blessés sont à répertorier.

Pourtant, étrangement, aucune trace du qualificatif de régime autoritaire ou de dictature, ce qui est scandaleux dans certains pays, ne l’est pas dans d’autres et la France, comme bon nombres d’autres pays européens n’a pas pris la peine de condamner fermement ces actes d’une violence inouïe.

Maintenant, imaginons les mêmes scènes dans des pays habituellement haïs par les médias dominants et les gouvernement européens. Imaginons la même répression en Russie, en Chine, à Cuba, où au Venezuela et tâchons de voir quelles réactions auraient eu toute ces élites bien-pensantes. A n’en pas douter elles auraient été bien différentes, des sanctions diplomatiques, voir économiques, des condamnations sur la scène internationale et surtout des mots qui reviendraient dans tous les journaux : dictature, régime autoritaire, voir totalitaire. Le président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro, ne s’sest d’ailleurs pas trompé en dénonçant vivement le gouvernement espagnol (1). Un gouvernement qui n’avait pas hésité à qualifier le Venezuela de dictature suite à la convocation d’une Assemblée Constituante par le gouvernement bolivarien pour que le peuple puisse s’exprimer par les urnes (Venezuela : poursuivre la Révolution).

La répression organisée par le gouvernement espagnol pose de nouvelles questions quant aux institutions espagnoles. Corruption généralisée, droits sociaux bafoués, système électoral qui favorise le pouvoir en place, peuvent sans doute expliquer la montée des volontés indépendantistes et des partis de gauche, tel que Podemos,qui revendiquent, à raison, une nouvelle Espagne. A l’instar de nos camarades communistes espagnols, nous pensons que le futur de l’Espagne passera par l’abolition de la Monarchie et la proclamation de la République.


(1) : « Qui est le dictateur ? » :  Nicolas Maduro torpille Mariano Rajoy pour la répression en Catalogne.

Portugal : une autre voie pour l’Europe

 

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Sous la conduite d’un gouvernement socialiste, le Portugal a, depuis novembre 2015, entamé un virage à gauche, prenant de cours les technocrates de Bruxelles qui réclamaient toujours plus d’austérité et de régression des droits sociaux. A l’opposé de cette spirale infernale qui a conduit de nombreux pays d’Europe du Sud, y compris le Portugal, a la misère et au chômage de masse, le gouvernement portugais a décidé de mener des politiques de relance, prenant en compte la volonté du peuple portugais.

Soutenu par tous les partis de gauche, Parti communiste portugais (PCP), les verts, Bloc de gauche, le premier ministre Antonio Costa sait qu’il a tout intérêt à mener une telle politique s’il ne veut pas voir son gouvernement renversé par la droite au Parlement. Ainsi, alors qu’il avait été baissé par la droite, le salaire minimum a été augmenté à deux reprise : en 2016 tout d’abord où il était passé de 485€ à 530€, et au mois de janvier 2017 où il était passé de 530€ à 557€. En parallèle cette augmentation a été accompagné d’une d’augmentation de diverses allocations, ainsi qu’un arrêt des privatisations qui avaient contribué à ruiner l’économie portugaise.

Bruxelles, et les gouvernements libéraux européens, voyaient d’un très mauvais oeil ce gouvernement et ses réformes, l’accusant de tous les maux. Hors, comme on pouvait s’y attendre, ce virage à gauche a été plus que bénéfique à la fois pour le peuple portugais, mais aussi pour l’économie du pays dans son ensemble, avec notamment un taux de chômage en baisse. En 2016 ce dernier était de 11,1 %- 14,4% en 2014- seulement de 8,8% pour le deuxième trimestre de 2017 : des chiffres qui montrent la parfaite absurdité des recommandations de la commission européenne, qui réclamait toujours plus de coupes budgétaires, et toujours plus de sacrifices. Ironie du sort, le Portugal a même atteint l’un des objectifs fixé par Bruxelles, à savoir faire passer le déficit en dessous de la barre des 3% du PIB, un objectif non atteint par les autres pays ayant accepté de mener des politiques ultra-libérales et austéritaires sous les ingérences de Bruxelles.

Aller plus loin dans la rupture

Le gouvernement portugais doit toutefois se méfier, et ne pas être trop modéré dans ses réformes. Certes de profonds changements ont été initiés, sur le plan économique et social comme on vient de l’évoquer mais aussi sur le plan de l’accueil des immigrés, puisque le gouvernement socialiste a, dès le début, manifesté sa volonté d’accueillir plus de migrants, et dans des conditions dignes, à l’inverse de tant de pays européens (1).  A l’occasion d’un discours devant la commission européenne le 19 février 2016, le premier ministre Antonio Costa rappelait une triste réalité de l’accueil des migrants, et refusait de voir se dessiner « une Europe qui ferme ses frontières, pour bloquer l’accès aux réfugiés ». Ainsi, pour chaque réfugié arrivant au Portugal, le gouvernement a mis en place toute une série de mesure, visant à faciliter leur intégration : un logement gratuit les premiers mois, des cours de portugais pour les rendre autonomes le plus rapidement possible, et ils reçoivent également une aide pour trouver du travail, sans oublier l’accès au système de santé et la scolarisation des enfants.

Une politique qui tranche avec ce à quoi on peut d’assister dans d’autres pays européens comme en Pologne, en Hongrie, où même en France. Car si cette politique est, certes d’abord, la volonté du gouvernement, elle est aussi celle du peuple portugais. Malgré la crise qui a frappé le pays ces dernières années, il n’y a pas eu de manifestations à l’encontre de l’arrivée supplémentaires de réfugiés, au contraire les portugais se sont montrés chaleureux et désireux d’aider ceux qui venaient trouver refuge sur leur terres.

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Les inquiétudes ne portent donc pas sur cet aspect si, mais sur les déstabilisations et les menaces économiques que pourraient subir le Portugal du fait du tournant antilibéral qu’a osé prendre le gouvernement portugais. Et malheureusement les récentes expériences d’une politique sociale tournant le dos aux exigences de Bruxelles ont pour le moins déplu aux technocrates de l’Union européenne. Que ce soit à Chypre, où en Grèce, lorsque des formations de la gauche souhaitant mettre en place un réel programme de gauche, étaient portées au pouvoir par leur peuple respectif, la machine de propagande se mettait en route. Dans ces deux cas, en plus des habituelles critiques sur l’irresponsabilité des dirigeants où sur leur programme inapplicable, de fermes mesures économiques à l’encontre de ces pays ont été mises en place, notamment le non-approvisionnement des banques. Une manière à la fois de mettre le couteau sous la gorge du gouvernement élu, mais également un moyen de commencer à monter le peuple contre son nouveau gouvernement.

A mon sens, l’erreur du gouvernement grec d’Alexis Tsipras, a été de céder, trop rapidement, et sans contreparties, aux exigences des banquiers. Une erreur que ne devra pas faire le gouvernement portugais, si d’aventure de telles sanctions étaient prise en son encontre. Pour le moment, et devant les réelles progrès de l’économie portugaise, on voit mal comment Bruxelles pourrait reprocher quoique que ce soit au gouvernement portugais.

Au contraire, les réussites économiques pourraient encourager d’autres pays à tourner le dos aux injonctions de la commission européenne, et certains partis socialistes, qui ont depuis un certains temps renoncer à mener des politiques antilibérales, pourraient de nouveau se tourner vers des choix marqués à gauche. Le fait que le gouvernement socialiste dispose de la majorité parlementaire grâce entre autres au PCP et au Bloc de gauche permet à nos camarades d’exercer un « contrôle » sur l’action du premier ministre. Une manière de garantir que le Parti socialiste portugais tiendra ses promesses électorales et ne rebroussera pas chemin en cours de route.


 

(1) : Amnesty International : Portugal, en attendant les réfugiés.