Répression en Catalogne

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Ce weekend, l’Espagne a montré un bien triste visage au monde entier, et au peuple catalan en particulier, en réprimant massivement le mouvement démocratique souhaitant participer au référendum sur l’autodétermination de la Catalogne. Des scènes qui ne sont pas sans rappelées les pires heures de la dictature franquiste qui a dirigé le pays d’une main de fer entre 1939 et 1975.

Les volontés d’autodétermination du peuple catalan ne datent pas d’hier, et la région a d’ailleurs un statut particulier. Outre la langue catalane, beaucoup plus parlée que l’espagnol, la Catalogne possède aussi ses propres institutions comme un Parlement, élu au suffrage universel.

Il ne sera pas, ici, question des modalités d’indépendance, ou d’autodétermination du peuple catalan, chacun ayant une opinion divergente sur le sujet, à l’image de la gauche espagnole qui oscille entre une volonté d’indépendance pour cette région, et un souhait d’une région plus autonome dans le cadre d’une République fédérale.

A titre d’exemple voici le communiqué de nos camarades des Jeunes communistes espagnols, traduit par le site l’Avant-Garde :

« DEVANT LA BRUTALE RÉPRESSION DU RÉGIME CONTRE LE PEUPLE CATALAN  »

Devant la répression brutale déployée aujourd’hui par les forces de sécurité de l’État pour empêcher la tenue d’un référendum d’autodétermination en Catalogne, la Jeunesse communiste déclare :

Nous montrons tout notre soutien au peuple catalan qui est sorti aujourd’hui pour exercer le droit démocratique au vote et qui, de ce fait, a été sauvagement réprimé.

Nous réitérons l’engagement des communistes pour le droit à l’autodétermination et pour la célébration d’un référendum contraignant qui permette l’expression des Catalan-es.

Le régime a de nouveau montré qu’il ne peut offrir que répression et autoritarisme. Le déploiement policier d’aujourd’hui rappelle celui de l’époque décadente du franquisme, laissant pour le moment derrière lui plus de 700 blessés.

Il est nécessaire d’aborder l’ouverture d’un processus constituant, qui n’affronte pas uniquement la question catalane, mais qui change tout ce qui doit être changé et mette l’État au service de la majorité sociale. La classe travailleuse doit être protagoniste de ce processus.

Nous soutenons, comme il ne saurait en être autrement, les mobilisations qui surgissent actuellement en différents points de l’État. Le moyen de renverser le régime une bonne fois pour toute est la mobilisation massive.
¡No pasarán!

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Une répression brutale 

Face à ce mouvement populaire, et démocratique, la réponse du gouvernement de Madrid, dirigé par le chef de file de la droite espagnole, Mariano Rajoy, fut cinglante : une répression violente envers des personnes pacifistes. Arguant du prétexte que ce référendum n’avait pas été validé par la justice, le gouvernement espagnol a déployé toute la barbarie dont il est capable sur un peuple simplement désireux d’exercer l’un des droits les plus fondamentales dans une démocratie : le droit de vote.

Les images et vidéos ont tourné en boucle ce weekend, celles de femmes, d’hommes, de personnes âgées le visage ensanglanté, où celles de personnes évacuées de forces des bureaux de vote et brutalement matraquées, au total plusieurs centaines de blessés sont à répertorier.

Pourtant, étrangement, aucune trace du qualificatif de régime autoritaire ou de dictature, ce qui est scandaleux dans certains pays, ne l’est pas dans d’autres et la France, comme bon nombres d’autres pays européens n’a pas pris la peine de condamner fermement ces actes d’une violence inouïe.

Maintenant, imaginons les mêmes scènes dans des pays habituellement haïs par les médias dominants et les gouvernement européens. Imaginons la même répression en Russie, en Chine, à Cuba, où au Venezuela et tâchons de voir quelles réactions auraient eu toute ces élites bien-pensantes. A n’en pas douter elles auraient été bien différentes, des sanctions diplomatiques, voir économiques, des condamnations sur la scène internationale et surtout des mots qui reviendraient dans tous les journaux : dictature, régime autoritaire, voir totalitaire. Le président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro, ne s’sest d’ailleurs pas trompé en dénonçant vivement le gouvernement espagnol (1). Un gouvernement qui n’avait pas hésité à qualifier le Venezuela de dictature suite à la convocation d’une Assemblée Constituante par le gouvernement bolivarien pour que le peuple puisse s’exprimer par les urnes (Venezuela : poursuivre la Révolution).

La répression organisée par le gouvernement espagnol pose de nouvelles questions quant aux institutions espagnoles. Corruption généralisée, droits sociaux bafoués, système électoral qui favorise le pouvoir en place, peuvent sans doute expliquer la montée des volontés indépendantistes et des partis de gauche, tel que Podemos,qui revendiquent, à raison, une nouvelle Espagne. A l’instar de nos camarades communistes espagnols, nous pensons que le futur de l’Espagne passera par l’abolition de la Monarchie et la proclamation de la République.


(1) : « Qui est le dictateur ? » :  Nicolas Maduro torpille Mariano Rajoy pour la répression en Catalogne.

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Portugal : une autre voie pour l’Europe

 

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Sous la conduite d’un gouvernement socialiste, le Portugal a, depuis novembre 2015, entamé un virage à gauche, prenant de cours les technocrates de Bruxelles qui réclamaient toujours plus d’austérité et de régression des droits sociaux. A l’opposé de cette spirale infernale qui a conduit de nombreux pays d’Europe du Sud, y compris le Portugal, a la misère et au chômage de masse, le gouvernement portugais a décidé de mener des politiques de relance, prenant en compte la volonté du peuple portugais.

Soutenu par tous les partis de gauche, Parti communiste portugais (PCP), les verts, Bloc de gauche, le premier ministre Antonio Costa sait qu’il a tout intérêt à mener une telle politique s’il ne veut pas voir son gouvernement renversé par la droite au Parlement. Ainsi, alors qu’il avait été baissé par la droite, le salaire minimum a été augmenté à deux reprise : en 2016 tout d’abord où il était passé de 485€ à 530€, et au mois de janvier 2017 où il était passé de 530€ à 557€. En parallèle cette augmentation a été accompagné d’une d’augmentation de diverses allocations, ainsi qu’un arrêt des privatisations qui avaient contribué à ruiner l’économie portugaise.

Bruxelles, et les gouvernements libéraux européens, voyaient d’un très mauvais oeil ce gouvernement et ses réformes, l’accusant de tous les maux. Hors, comme on pouvait s’y attendre, ce virage à gauche a été plus que bénéfique à la fois pour le peuple portugais, mais aussi pour l’économie du pays dans son ensemble, avec notamment un taux de chômage en baisse. En 2016 ce dernier était de 11,1 %- 14,4% en 2014- seulement de 8,8% pour le deuxième trimestre de 2017 : des chiffres qui montrent la parfaite absurdité des recommandations de la commission européenne, qui réclamait toujours plus de coupes budgétaires, et toujours plus de sacrifices. Ironie du sort, le Portugal a même atteint l’un des objectifs fixé par Bruxelles, à savoir faire passer le déficit en dessous de la barre des 3% du PIB, un objectif non atteint par les autres pays ayant accepté de mener des politiques ultra-libérales et austéritaires sous les ingérences de Bruxelles.

Aller plus loin dans la rupture

Le gouvernement portugais doit toutefois se méfier, et ne pas être trop modéré dans ses réformes. Certes de profonds changements ont été initiés, sur le plan économique et social comme on vient de l’évoquer mais aussi sur le plan de l’accueil des immigrés, puisque le gouvernement socialiste a, dès le début, manifesté sa volonté d’accueillir plus de migrants, et dans des conditions dignes, à l’inverse de tant de pays européens (1).  A l’occasion d’un discours devant la commission européenne le 19 février 2016, le premier ministre Antonio Costa rappelait une triste réalité de l’accueil des migrants, et refusait de voir se dessiner « une Europe qui ferme ses frontières, pour bloquer l’accès aux réfugiés ». Ainsi, pour chaque réfugié arrivant au Portugal, le gouvernement a mis en place toute une série de mesure, visant à faciliter leur intégration : un logement gratuit les premiers mois, des cours de portugais pour les rendre autonomes le plus rapidement possible, et ils reçoivent également une aide pour trouver du travail, sans oublier l’accès au système de santé et la scolarisation des enfants.

Une politique qui tranche avec ce à quoi on peut d’assister dans d’autres pays européens comme en Pologne, en Hongrie, où même en France. Car si cette politique est, certes d’abord, la volonté du gouvernement, elle est aussi celle du peuple portugais. Malgré la crise qui a frappé le pays ces dernières années, il n’y a pas eu de manifestations à l’encontre de l’arrivée supplémentaires de réfugiés, au contraire les portugais se sont montrés chaleureux et désireux d’aider ceux qui venaient trouver refuge sur leur terres.

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Les inquiétudes ne portent donc pas sur cet aspect si, mais sur les déstabilisations et les menaces économiques que pourraient subir le Portugal du fait du tournant antilibéral qu’a osé prendre le gouvernement portugais. Et malheureusement les récentes expériences d’une politique sociale tournant le dos aux exigences de Bruxelles ont pour le moins déplu aux technocrates de l’Union européenne. Que ce soit à Chypre, où en Grèce, lorsque des formations de la gauche souhaitant mettre en place un réel programme de gauche, étaient portées au pouvoir par leur peuple respectif, la machine de propagande se mettait en route. Dans ces deux cas, en plus des habituelles critiques sur l’irresponsabilité des dirigeants où sur leur programme inapplicable, de fermes mesures économiques à l’encontre de ces pays ont été mises en place, notamment le non-approvisionnement des banques. Une manière à la fois de mettre le couteau sous la gorge du gouvernement élu, mais également un moyen de commencer à monter le peuple contre son nouveau gouvernement.

A mon sens, l’erreur du gouvernement grec d’Alexis Tsipras, a été de céder, trop rapidement, et sans contreparties, aux exigences des banquiers. Une erreur que ne devra pas faire le gouvernement portugais, si d’aventure de telles sanctions étaient prise en son encontre. Pour le moment, et devant les réelles progrès de l’économie portugaise, on voit mal comment Bruxelles pourrait reprocher quoique que ce soit au gouvernement portugais.

Au contraire, les réussites économiques pourraient encourager d’autres pays à tourner le dos aux injonctions de la commission européenne, et certains partis socialistes, qui ont depuis un certains temps renoncer à mener des politiques antilibérales, pourraient de nouveau se tourner vers des choix marqués à gauche. Le fait que le gouvernement socialiste dispose de la majorité parlementaire grâce entre autres au PCP et au Bloc de gauche permet à nos camarades d’exercer un « contrôle » sur l’action du premier ministre. Une manière de garantir que le Parti socialiste portugais tiendra ses promesses électorales et ne rebroussera pas chemin en cours de route.


 

(1) : Amnesty International : Portugal, en attendant les réfugiés. 

Venezuela : poursuivre la Révolution

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C’est une claque magistrale que vient d’infliger le peuple vénézuélien à tous ceux qui pensaient que la Révolution bolivarienne était sur le point de s’achever. Près de 8 millions de personnes se sont ainsi déplacés ce dimanche 30 juillet afin de voter pour le projet de l’Assemblée Nationale Constituante, convoqué par le Président Maduro. Avec cette victoire, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), et ses alliés, ont montré leur maturité face à une opposition de plus en plus violente, et n’hésitant pas à user d’assassinats contre des militants et des élus de gauche. Plutôt que de tomber dans l’escalade de la violence, les dirigeants vénézuéliens ont choisi de remettre leur destin entre les mains du seul décisionnaire du pays : le peuple.

Cette victoire permet, certes, de consolider la Révolution, mais elle va surtout permettre d’ouvrir un large cadre de débats afin d’établir la prochaine Constitution et d’améliorer celle actuellement en place, instaurée par le Commandant Hugo Chavez. En somme, résoudre les erreurs qu’a pu commettre la Révolution bolivarienne, tout en garantissant une fin des conflits par la paix et la négociation. Bien-sûr il n’a pas fallu longtemps pour que l’opposition d’extrême-droite et les Etats-Unis contestent ce résultat, ils l’avaient d’ailleurs déjà fait avant même le scrutin.

Malgré la fin de la guerre froide il y a près de 30 ans, jamais les Etats-Unis n’ont renoncé à renverser tout gouvernement progressiste ou socialiste d’Amérique Latine. Coup d’Etat, assassinats, déstabilisations, financement d’une opposition armée, attentats, tout moyen est bon pour obtenir la fin d’un dirigeant ayant choisi de placer les intérêts de son peuple avant ceux de la finance internationale. Déjà en 2002 l’opposition avait tenté un coup d’Etat militaire, mettant en prison le Président de l’époque Hugo Chavez. C’était sans compter sur la vigilance du peuple vénézuélien qui était parvenu à faire libérer Hugo Chavez en manifestant par millions dans les rues du pays.

Rien de surprenant donc à ce que les Etats-Unis aient pris de nouvelles sanctions à l’égard du pouvoir en place et ne cessent de soutenir une opposition violente et armée, qualifiée de démocratique, du moment qu’elles luttent contre un pouvoir ne partageant pas les mêmes intérêts que l’Oncle Sam. En France, lorsque qu’une personne prend les armes et tue civils, policiers ou militaires cela s’appelle du terrorisme, une définition semble-t-il variable suivant de quel bord se trouvent les dirigeants de tel ou tel pays. Pourtant les exemples sont nombreux, et le fait que le Venezuela soit la première puissance en terme de réserve de pétrole aurait dû en alerter plus d’un sur les volontés impérialistes du voisin Nord-Américain qui rêve de revenir à la situation d’avant Chavez, où les bénéfices du pétrole revenaient en grande partie aux multinationales américaines.

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Approfondir le processus révolutionnaire

Cette nouvelle étape dans la Révolution Bolivarienne doit amener dirigeants et base populaire à continuer dans cette voie révolutionnaire. Tout n’est pas parfait au Venezuela, loin de là, mais quel pays peut se vanter d’être parfait ? Certes le gouvernement vénézuélien a sans doute fait des erreurs, vouloir baser l’économie entière du pays sur le pétrole en était une, ne pas prendre au sérieux le désir de vengeance de l’oligarchie, après 18 ans de Révolution, en fut une autre.

Malgré les sanctions internationales et des déstabilisations, les avancées du Venezuela Bolivarien sont considérables et reconnues de tous. Des avancées démocratiques avec l’instauration du référendum révocatoire permettant de destituer tout élu- y compris le Président- si le peuple le souhaite, la mise en place d’une démocratie participative pour qu’à chaque échelon de décision, le peuple puisse exprimer ses revendications. Mais c’est surtout au niveau social que la Révolution Bolivarienne a agi en profondeur. Réduction drastique de la pauvreté, éradication de l’analphabétisme, augmentation des salaires, des retraites, construction de logements sociaux sur tout le territoire. De plus, l’entretien d’excellentes relations avec le pays frère Cuba a permis au peuple vénézuélien de bénéficier des soins et des aides des médecins cubains, souvent situés dans les zones les plus pauvres, là où les médecins locaux refusaient d’exercer. Pratiquant des soins gratuits, les médecins cubains ont également formé des milliers de vénézuéliens, améliorant de fait considérablement le système de santé de la Patrie de Chavez.

Avec cette nouvelle victoire dans les urnes, le gouvernement et le peuple vénézuélien se sont donnés les moyens d’approfondir la Révolution. N’en déplaise à ceux qui voulaient voir le gouvernement chuter, ou souhaitaient que la violence l’emporte sur la paix, cette victoire, saluée par tous les pays progressistes d’Amérique latine, montre que s’en remettre à une décision populaire est la plus révolutionnaire des décisions. Il est quand même incroyable qu’un pays soit diffamé de la sorte, pour avoir convoqué son peuple aux urnes, alors que dans le même temps, le gouvernement français use de la politique des ordonnances pour faire passer des lois antipopulaires sans débats.

Certains diront que la Révolution n’est pas allé assez vite, ni assez loin. Mais pour l’heure, face aux menaces putschistes de l’extrême-droite vénézuélienne, rappelant les pires heures de l’Amérique latine, celle de la dictature militaire argentine, ou celle de Pinochet, pantin de la CIA et qui avait renversé le gouvernement socialiste, démocratiquement élu, de Salvador Allende, les progressistes doivent affirmer leur solidarité envers le processus révolutionnaire bolivarien.

Une Assemblée en marche arrière

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Avec près de 376 députés, dont une quarantaine pour le Modem, le mouvement d’Emmanuel Macron obtient sans difficulté la majorité absolue. Certes elle est moins large que prévue, puisque les premières estimations, après le premier tour, annonçaient plus de 400 députés en Marche. Preuve en est que les français n’ont pas voulu donner un pouvoir total au président, qui ne devrait toutefois pas se priver de gouverner par ordonnance avec une telle majorité.

La société civile au Parlement ?

C’était une des promesses du candidat Macron, faire rentrer au Parlement ce qu’il appelle la société civile, c’est à dire des gens nouveaux provenant de toutes les catégories de la population. Pourtant loin du renouveau annoncé, ce nouveau Parlement s’annonce moins représentatif qu’auparavant. D’abord parce que, si une bonne partie d’entre eux n’avaient jamais été élu, ils n’étaient pas non plus novices en politiques. Ensuite parce que bien que se proclamant de la société civile, une grande majorité d’entre eux sont des cadres où exercent des professions libérales, même si d’une manière générale ce problème concerne tous les élus.

Ainsi sur 577 députés : 185 sont des cadres, 130 des fonctionnaires et 87 sont issus des professions libérales, soit 402 députés, laissant de fait une part minime voir inexistantes à ce qui constitue la majorité de la population française : employés, ouvriers, agriculteurs, artisans, retraités. L’Assemblée Nationale a pourtant pour vocation de représenter le peuple dans ses différences. Les ouvriers, à la base de toutes les productions, n’ont, par exemple, aucun député élu.

En revanche ce qui est certains c’est que l’Assemblée Nationale sera plus jeune durant ce quinquennat puisque la moyenne d’âge baisse de 5 ans. On passe ainsi d’une moyenne d’âge de 54 ans à 48 ans et 8 mois. Autre satisfaction, la part de femmes présentent au Parlement, puisque qu’avec 223 femmes élus sur 577 députés, jamais la part de représentation féminine n’aura été aussi importante. 38,7% c’est certes un énorme pas en avant, mais notre pays a encore du chemin à faire pour rivaliser avec d’autres Nations au premier rang duquel des Etats progressistes et socialistes. Ainsi en Bolivie le pourcentage de femmes élues au Parlement est de 53,1%. A Cuba il est de 48,9%, tandis qu’au Nicaragua il atteint 45,7%.

2 groupes pour représenter nos intérêts

Au milieu de cette Assemblée libérale, puisque en plus des députés en Marche et Modem, la droite, le centre-droit ainsi que quelques sociaux-libéraux disposent de nombreux sièges, nous sommes parvenu à faire élire des parlementaires qui, à coup sûr, porteront nos revendications et les intérêts de la majorité de la population.

Faute d’entente, communistes et insoumis siégeront à part dans l’Hémicycle. Toutefois c’est peut-être un mal pour un bien. En effet disposer de deux groupes permettra de multiplier par 2 le temps de parole à l’Assemblé, tout en convergeant et en proposant ensemble des projets de loi. Une manière également d’éviter de nouvelles disputes concernant le chef de groupe ou une quelconque discipline de vote. Pour ma part je me réjouis que le nombre de députés de la gauche radicale est doublé en l’espace d’une élection. Nos parlementaires du PCF reconduiront vraisemblablement le groupe de la Gauche républicaine et démocrate avec 4 députés ultramarins. Tandis que nos camarades insoumis auront de leur côté aussi un groupe.

Une des satisfaction de cette échéance électorale aura été l’élection de François Ruffin, rédacteur en chef du journal Fakir, et réalisateur du film Merci Patron. Soutenu par le Parti communiste, Ensemble, la France insoumise et les Verts, il aura réussi une remontée formidable entre les deux tours pour emporter la victoire face à un candidat en Marche. Puisque Macron n’a de cesse d’évoquer la moralisation de la vie politique, peut-être devrait-il prendre exemple sur François Ruffin qui a annoncé qu’il réduirait son indemnité parlementaire au SMIC, reversant le reste à des « bonnes oeuvres ». Il a également déclaré qu’il disposerait d’un mandat révocable, à savoir que si 25% des gens l’ayant élu décidaient qu’il n’a pas rempli son contrat il s’en irait. De même les députés de la majorité pourrait prendre exemple sur les députés communistes qui reversent leur indemnités au Parti et ne touchent qu’un salaire correspondant à leur anciens salaire professionnels.

Enfin, rien n’indique que la majorité, que possède actuellement le président, tiendra durant 5 ans tant la diversité des horizons politiques d’où proviennent les parlementaires peuvent être différents. Et avec un gouvernement qui a déjà vu 4 de ces ministres démissionner, notamment à cause de certaines implications dans des affaires, ce quinquennat s’annonce des plus flou.

 

 

Macron : l’enfumage libéral

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Seuls les plus naïfs seront surpris de voir la tournure que prend, déjà le quinquennat d’Emmanuel Macron. La promesse d’un renouveau politique et d’une moralisation semble être déjà loin. Avec des ministres tels que François Bayrou ou Gérard Collomb qui ne sont pas de nouveaux venus ou avec Richard Ferrant qui, à peine nommé Ministre de la Cohésion des territoires, était impliqué dans une affaire révélé par le Canard enchaîné.

Autre fait marquant mais pas surprenant non plus pour quiconque s’était intéressé d’un peu plus près au programme économique du candidat Macron, son souhait de réformer le code du travail dès cet été, et par ordonnance. C’est à dire par un processus non-démocratique consistant à occulter les débats au sein du Parlement. Ceci ne sera bien sûr possible que s’il dispose d’une majorité au Parlement. Une raison de plus de regretter les divisions de la gauche notamment entre la France insoumise et le Parti communiste français.

Quoiqu’il en soit dès qu’un libéral prononce le mot : réforme il faut s’inquiéter. Parce que dans leur bouche il signifie une baisse des droits des travailleurs et des cadeaux toujours plus nombreux au grand patronat. Ce n’est pas un hasard si depuis 15 ans les mêmes politiques sont menées au nom de cette fameuse réforme et que le résultat ne fait qu’empirer : hausse du chômage, de la pauvreté, des inégalités, baisse des salaires, licenciements massifs et fermetures d’usines hebdomadaires.

Le gouvernement entend aussi réformer notre modèle social, et notamment ce qui touche à la sécurité sociale, crée en 1945 par Ambroise Croizat, ministre communiste, dans un pays ruiné par 5 ans de guerre et d’occupation. Pourquoi ce qui était possible lorsque nous étions au plus bas ne le serait plus alors que la France n’a jamais été aussi riche de son histoire ? Il n’y a qu’à voir le nombre de millionnaires français, en hausse, tout comme les dividendes versés aux actionnaires. Certes la France est riche mais la richesse est de plus en plus mal partagé et ne profite qu’à une infime minorité.

Ainsi le premier ministre Edouard Philippe a annoncé ce matin- mercredi 7 juin- la volonté du gouvernement de supprimer les cotisations chômage et maladies. Officiellement pour accroître le pouvoir d’achat des travailleurs, il oublie simplement de préciser que pour financer cela il augmentera la CSG, de fait ce que nous gagnerons d’un côté nous le perdrons de l’autre.

Le coup d’Etat social prévu est en marche et sera réalisé si Macron dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale. Il y a de quoi s’inquiéter de la tournure que risque de prendre ce quinquennat. Avec un premier ministre ancien lobbyiste d’AREVA, avec une volonté d’aller vite et sans forcément s’encombrer de débats démocratique, et avec la suppression d’un Ministère du logement, désormais rattaché au Ministère occupé par Richard Ferrant. Alors même que le logement est la priorité numéro 1 des français. Ceux qui croyaient en un changement commencent à apercevoir le vrai visage de Macron, un jeune certes, mais aux idées vieilles d’avant la Révolution française, celle d’un libéralisme toujours plus agressif envers les plus démunis.

19,58% n’auront pas suffi

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Malgré une belle campagne, innovante, ambitieuse et progressiste, Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, soutenu par le Parti communiste et Ensemble, n’a pas réussi à se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle. Ce que nous craignions est ainsi arrivé, avoir le choix au second tour entre une candidate issue de l’extrême-droite et un candidat de l’oligarchie, soutenu par les banques.

Pourtant nous avons essayé. Essayé de créer un rapport de force qui nous soit favorable en tentant de rassembler non pas autour d’un candidat mais autour d’un programme de justice sociale et de renouveau démocratique. Force est de constater que par rapport à 2012, et aux 11,1% du Front de gauche, notre score augmente significativement puisque Jean-Luc Mélenchon a recueilli 19,58% des suffrages. C’est donc en soit une petite victoire mais surtout un formidable point d’appui pour la suite, et notamment pour les élections législatives.

Du reste, il ne faut pas perdre de vue que nous aurions pu être au second tour. Sans ce système médiatique qui a préféré taper sur le candidat de la France insoumise que sur le Front national, et qui maintenant vient nous faire la leçon quant au fait que Jean-Luc Mélenchon n’a pas donné de consignes de vote, préférant attendre la décision des près de 450 000 citoyens qui ont soutenu sa candidature, ce qui semble pourtant être la base de la démocratie.

Ce n’est pas un hasard si la France n’est plus classée que 45ème mondial au classement de la liberté de la presse. Le fait que la plupart des journaux, chaînes d’infos et stations de radios soient possédés par 9 milliardaires rend beaucoup plus compréhensif ce déferlement contre la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Des attaques répétées sur le Venezuela, Cuba, la Russie, tout ce qui serait censé effrayer les personnes souhaitant lui apporter son vote. Et surtout cette omniprésence d’experts et d’économistes tous plus libéraux que les autres ne pouvant s’empêcher de décrire notre programme comme « infaisable et dangereux » en essayant de démontrer une quelconque, et absurde, proximité avec le programme haineux de l’extrême-droite.

D’un autre côté ils se seront bien gardés de tout reproche envers Emmanuel Macron et son programme néolibéral qui vont- s’il est élu- nous plonger dans un appauvrissement général. Ce petit jeu médiatique a parfaitement fonctionné puisqu’ils ont réussi à faire élire un candidat ayant le même programme et les mêmes objectifs que le président le plus impopulaire de la Vème République.

Il ne faudra pas non plus  oublier la trahison socialiste, une de plus, puisque Benoît Hamon et le PS ont préféré, plutôt que de créer une unité, qu’ils appelaient de leurs voeux du moment qu’elle était derrière eux, sauver les meubles et leurs apparatchiks. Comme nous l’avions annoncé depuis maintenant plusieurs mois le PS prend la direction du PASOK Grec, en ne pesant désormais plus rien dans le jeu électoral.

Et maintenant ? Cap sur les législatives ! 

Il n’y a donc plus rien à attendre de ces élections présidentielles, et chacun votera le 7 mai en connaissance de cause, aussi devrons-nous respecter nos camarades qui ne souhaitant pas avoir à faire un choix entre la peste et le choléra préféreront voter blanc, tout comme ceux qui, conscients du danger de l’extrême-droite, voudront l’éviter à tout prix.

Désormais nos yeux doivent être rivés sur les prochaines élections qui arriveront très vite et qui détermineront, elles aussi, l’avenir de notre pays. Car sans majorité, aucun président ne pourra mener sa politique. Or faire en sorte que nous ayons un groupe en proportion de notre résultat sera essentiel. Il ne faudra pas refaire comme en 2012 et n’avoir qu’une dizaine de députés pour défendre nos acquis sociaux. Il ne faudra pas non plus se diviser entre France insoumise, PCF, et Ensemble. Diviser la gauche de transformation sociale ne servirait qu’à accroître le pouvoir des futurs dirigeants et faire reculer nos droits. Or nous aurons besoin de députés nombreux pour défendre nos revendications et porter nos propositions.

En attendant, le 1er mai sera comme à son ordinaire un moment important pour montrer notre force et notre nombre. Aux côtés des syndicalistes qui eux aussi devront accentuer les luttes, nous montrerons à tout le pays que nous refusons de laisser nos conditions de vies et de travail se détériorer.

 

Ils ont peur, c’est bon signe !

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La possibilité de voir Jean-Luc Mélenchon présent au second tour commence à inquiéter tout ce petit monde de bien-pensants et d’oligarques qui, sans doute, prennent peur pour leurs intérêts et leurs privilèges. La peur que tout un peuple prenne conscience et prenne son destin entre ses mains en élisant un programme qui le défendra en engageant une profonde rupture démocratique, écologique et sociale.

Comme lors de la campagne de 2012, le très objectif journal du Figaro a ainsi ressorti les habituels clichés et références destinés à faire peur. « Chavez français » « Maximilien Ilitch »– en référence à Robespierre et à Lénine- tout cela en annonçant de fausses informations sur le programme afin de décrédibiliser le candidat de la France insoumise. Ce petit jeu ne date pas d’hier puisque déjà en 1981 les chars soviétiques auraient dû débarquer après la victoire de François Miterrand et la nomination de ministres communistes à son premier gouvernement. C’est donc une constante : celle de faire ressortir de vieux clichés, et de se servir du vieil-anticommunisme primaire comme celui du révolutionnaire bolchevique, le couteau entre les dents, prêt à en découdre.

Quelle personne consciente et intelligente pourrait croire à une telle propagande et se laisser influencer par de tels torchons et propos mensongers ? A l’image de Sophie de Ravinel, journaliste au Figaro qui a déclaré sur Twitter que le PCF dissimulait- ou avait dissimulé- des chars dans les sous-sols de la place du Colonel-Fabien, siège du Parti communiste français. Après de telles déclarations, qui pourrait croire au sérieux et à la sincérité de ce journal ?

Récemment une nouvelle polémique est née concernant un point spécifique du programme. Une mesure prévue consiste en effet à participer à l’ALBA- l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique- qui est un organisme de coopération développé notamment par Fidel Castro et Hugo Chavez. Je ne reviendrai pas ici sur l’action politique de ces deux grands hommes qui ont su mener des politiques de solidarité, de progrès et de justice sociale malgré la pression du voisin américain. D’ailleurs il suffit de regarder l’état de Cuba et du Venezuela lorsque les amis de ceux qui aujourd’hui dénigrent ces pays étaient au pouvoir pour se rendre compte des changements rendus possibles par l’action de ces leaders.

L’ALBA est donc un mécanisme de coopération qui n’a aucune vocation commerciale ou militaire, et qui donc dérange car le libre-échange y est prohibé. 11 pays sont membres de cette alliance : Cuba et le Venezuela donc, le Nicaragua, la Bolivie, l’Equateur, Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Grenade, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. La Russie en fut membre observateur en 2009 et actuellement quatre autres Etats jouent le rôle d’Etat observateur : Haïti, l’Iran, la Syrie et le Surinam. Il n’aura échappé à personne que, comme la Guyane n’est pas une île comme d’aucuns le pense, elle constitue notre plus grande frontière terrestre avec le Brésil. Ainsi le programme l’Avenir en commun propose que la Guyane participe à ce mécanisme de coopération qui lui serait bénéfique et s’y insère pleinement.

Cuba, Venezuela, Iran, Syrie, Bolivie : placer ces pays dans une seule et même phrase est évidemment destiné, une nouvelle fois, à faire peur aux personnes qui écoutent. D’autant plus que ceux qui, encore une fois, apportent les plus vives critiques à cette organisation, ne s’émeuvent pas que la France soit membre d’organisations où figurent des pays comme le Qatar et l’Arabie Saoudite qui comme chacun le sait sont des exemples de démocratie et de promotion des droits de la femme.

D’un autre côté, voir toute cette oligarchie prendre peur et tenter de freiner la dynamique de Jean-Luc Mélenchon a comme un goût de victoire. Car si nos chances d’être au second tour n’étaient pas réelles ils n’auraient pas pris la peine de s’en inquiéter. François Hollande est, d’ailleurs, lui aussi sorti de son silence afin de manifester son inquiétude vis à vis du candidat de la France insoumise. Une inquiétude à géométrie variable puisqu’il n’avait pas réalisé une telle sortie lorsque Marine le Pen avait prétendu que la France n’était pas responsable de la Rafle du Vél d’Hiv.

Une semaine : c’est à peu près ce qu’il nous reste afin de convaincre ceux autour de nous qui sont encore indécis, et ils sont nombreux. Tous les moyens sont bons pour cela et chaque voix sera importante tant les scores risquent d’être serrés entre les quatre qui font la course en tête. Derrière eux, Benoit Hamon voit son score baisser de jour en jour. Lui qui clamait l’unité à tout bout de champ, pourvu qu’elle se fasse à son profit, aura à porter une lourde responsabilité si au soir du 23 avril nous ne sommes pas au second tour et que, de fait, la gauche sera éliminée. Mais nul doute que nous y serons afin que commencent les jours heureux.