Au Venezuela se poursuit la construction du socialisme

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Plus d’un mois après les élections vénézuéliennes, il est temps de revenir sur ce temps fort de la vie politique de ce pays et de savoir sous quels aspects se poursuivra la Révolution, sous la présidence de Nicolas Maduro.
Pour rappel, Nicolas Maduro avait été réélu à la tête de la Révolution bolivarienne le 20 mai dernier avec près de 68 % des suffrages exprimés, devançant largement le candidat de la droite Henri Falcon, qui recueillait un peu moins de 21 % des voix. Derrière l’évangéliste Javier Bertucci terminait troisième avec presque 11 % tandis que Reinaldo Quijada fermait la marche avec 0.39 % des voix.
Par ces élections, le peuple vénézuélien donnait une nouvelle claque à tous ceux rêvant l’arrêt de la Révolution bolivarienne et du socialisme au Venezuela. Ceux qui, au moyen de violences, les mêmes utilisées aujourd’hui pour déstabiliser le pouvoir populaire du gouvernement de Daniel Ortega au Nicaragua, ceux qui ont organisé des pénuries et menés des campagnes de désinformation visant à décrédibiliser la moindre action du gouvernement, ceux-là ont échoué dans leur plan, car le peuple vénézuélien est resté fidèle à son gouvernement et conscient de l’intérêt qu’il avait de renouveler sa confiance dans le socialisme.
D’emblée, en prêtant serment, devant la Constituante, Nicolas Maduro a réaffirmé la voix du Venezuela dans la poursuite du socialisme et de la Révolution bolivarienne. Mais, devant les sanctions et les pressions, intérieures comme extérieures, le camarade Nicolas Maduro a défini six lignes d’actions visant à : 
« opérer un changement radical, une rectification en profondeur, et un profond réapprentissage. Nous ne faisons pas les choses correctement et nous devons changer ce pays »
En premier lieu, et malgré les crimes et les violences dont certains ont été reconnu coupable, des prisonniers ont été libéré afin de faciliter un processus de réconciliation nationale. De cette façon, ceux critiquant le gouvernement sur cette ligne ne pourront plus rien dire. Maduro n’était en rien obligé de procéder à ces libérations de personnes condamnés par la justice pour des faits avérés. Mais, en faisant ce geste, il montre un signe de la bonne volonté du gouvernement à faciliter la reprise du dialogue afin que les violences cessent.
C’est le premier point des 6 axes majeurs qui domineront ce mandat. Je ne reviendrai pas sur les six mais simplement sur deux autres qui me paraissent intéressants. D’abord sa volonté- c’est le point numéro cinq- de défendre le pays contre les agressions de l’impérialisme nord-américain, qui n’a semble-t-il toujours pas assimilé que les pays latinos-américains sont indépendants et libres de construire leur propre modèle de société.
Devant la recrudescence des sanctions, depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump à la tête des USA, Maduro a annoncé que ces sanctions « seront surmontées tôt ou tard ».
Le 6ème point concerne la poursuite du socialisme.
 » Le Venezuela a ratifié à nouveau notre socialisme du 20ème siècle, indépendantiste, solidaire, rebelle, chrétien, bolivarien. Nous devons construire le socialisme dans tous ses aspects. »
De quoi rassurer tous les révolutionnaires admiratifs de ce qui se déroule au Veneuela depuis 1999 et la première élection d’Hugo Chavez à la tête du pays. De quoi aussi envoyer un message clair à ceux rêvant d’un retour à l’ordre ancien : le socialisme est la voie qu’à choisi le peuple vénézuélien.
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Rajoy (enfin) chassé du pouvoir

Rajoy Sanchez

Enfin! Au pouvoir depuis 2011, l’ignoble premier ministre espagnol Mariano Rajoy (Parti Populaire- droite) a été chassé du pouvoir par le Parlement. La motion de censure, déposée par le socialiste Pedro Sanchez, a été votée par 180 députés sur 350, soit une majorité suffisante pour chasser du pouvoir le premier ministre conservateur.

Déposée par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), la motion de censure avait été également signée par nos camarades d’Unidos-Podemos- la coalition réunissant Podemos et Izquierda Unida-, mais également par les partis indépendantistes catalans et basques. Ce sont d’ailleurs ces derniers, au nombre de cinq, qui ont permis de faire pencher la balance et d’obtenir la majorité, après que Sanchez ait assuré qu’il ne toucherait pas au budget prévu,  puisque comprenant quelques avantages pour le Pays Basque. Il a aussi annoncé vouloir amorcer un dialogue avec les dirigeants de la Catalogne afin de trouver une solution à cette crise.

Pedro Sanchez, chef de file du PSOE, devient ainsi la nouvelle tête de l’exécutif espagnol, sans aucune certitude quant à la stabilité de sa majorité et des réels pouvoirs dont il disposera. Certes les socialistes espagnols disposent de 84 députés, ce qui en fait, de fait, le parti moteur d’une future coalition. Mais sa majorité ne tient qu’à un fil et nécessite l’appui des 67 députés d’Unidos-Podemos ainsi que la confiance des députés des deux partis indépendantistes catalan et basque.

La présence de nos camarades dans cette majorité pourrait être bénéfique, à l’instar de ce qu’il se passe au Portugal (voir : Portugal : une autre voie pour l’Europe) où le gouvernement socialiste, soutenue au Parlement par le Parti communiste portugais et par le Bloc de gauche, mène des politiques de relance à contre-courant des injonctions de Bruxelles. Pedro Sanchez n’a d’ailleurs pas masqué son intention de faire adopter de nouvelles mesures sociales. Ainsi dans une majorité plurielle, Unidos-Podemos pourrait servir de caution de gauche. Mais nos camarades auraient raison de se méfier et d’accorder leur confiance à un PSOE qui n’a plus de socialiste et d’ouvrier que le nom et qui s’est rendu coupable de cures drastiques d’austérités lorsqu’il était au pouvoir avant 2011, en suivant l’agenda ultralibérale de la commission européenne.

Podemos, d’après les premières déclarations de ses leaders, semble aller dans le sens d’une majorité avec les socialistes. Pablo Iglesias souhaite que des membres de Podemos entrent au gouvernement.

« Nous additionnons des forces pour laisser derrière nous une époque de corruption, d’inégalité et de confrontation » Pablo Iglesias.

Gouverner ne sera pas chose facile pour Pedro Sanchez. Il devra constamment jongler entre les attentes des indépendantistes et celles d’Unidos-Podemos, dans ce qui constituera le gouvernement ayant la plus faible majorité de l’histoire de L’Espagne. Quant à Rajoy, il ne devrait pas revenir en politique, la justice espagnole s’étant enfin décidée à reconnaître la corruption généralisée du Parti populaire et de ses dirigeants.

En défense de notre service public

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Le mouvement de grève des cheminots est désormais lancé. Soutenu par les forces politiques de gauches, et appuyé par les mobilisations des étudiants, des électriciens, des éboueurs, ce mouvement s’annonce long.

L’hostilité affichée de la plupart des médias, du gouvernement, et de la droite, ne fait que confirmer leurs inquiétudes quant à un mouvement d’ampleur des travailleurs, du public comme du privé. Mais ce qui se joue ici dépasse les cheminots eux-mêmes. C’est là l’avenir de notre service public que, tous ceux participants à ces grèves et ces mobilisations, défendent

La suppression du statut des cheminots n’est, en réalité, qu’un simple écran de fumée. Déjà parce qu’en s’en prenant aux cheminots, en les accablant et en les traitant de privilégiés, le gouvernement, et toute la horde médiatique, contribuent à créer un climat de tensions, et a monter la population contre les cheminots. L’adage vieux comme le monde du diviser pour mieux régner fonctionne à merveille et, en accusant les cheminots de privilégiés, les vrais nantis sont exonérés de toutes critiques.

Mais parler du statut des cheminots, et de sa suppression éventuelle- pour les nouveaux embauchés- permet en même temps d’éclipser la vraie réforme préparée par le gouvernement. L’ouverture à la concurrence de la SNCF marquera la fin du service public ferroviaire.

Sous la pression de Bruxelles qui souhaite toujours plus de libéralisations, menant à terme aux privatisations, des pans entiers de notre service public ont disparu. Electricité, gaz, autoroutes, les exemples se suivent et se ressemblent, en France, comme partout en Europe.

Un bras de fer s’enclenche désormais avec le gouvernement qui refuse tout entendement en se bloquant derrière ses positions et en refusant d’entendre la voix de la raison en prenant en compte les revendications des syndicats. Les caisses de solidarité envers les grévistes se sont multipliés et ont d’ores et déjà atteintes au niveau remarquable, preuve, s’il en fallait, de la compassion et de la solidarité des français envers ce mouvement parti pour durer.


Les liens des différentes cagnottes de solidarité :

La diplomatie macronienne

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La politique française à l’internationale depuis l’élection d’Emmanuel Macron, et de la nouvelle majorité parlementaire, n’a guère changé, et se situe dans la continuité de celles qu’ont mené Hollande et Sarkozy.

Aucune remise en question des institutions européennes, et de la politique qui en découle, ni de la sacro-sainte alliance militaire de l’OTAN. Macron s’applique, au contraire, à rentrer parfaitement dans le moule de ses prédécesseurs, allant même jusqu’à exagérer ses sorties médiatiques contre certains pays souverains- on imagine aisément lesquels- tout en fermant les yeux sur les agissements bien plus graves d’autres Nations.

A titre d’exemple, le Venezuela, sujet récurrent de l’actualité des médias, n’a pas échappé aux critiques d’Emmanuel Macron qui déclarait à ce sujet :

Nous avons pris des sanctions individuelles contre des dirigeants vénézuéliens qui ont un impact limité. Je souhaite que nous puissions aller plus loin compte tenu des décisions récentes.

Avant de dénoncer une « dérive autoritaire inacceptable » des autorités vénézuéliennes. Plutôt curieux d’entendre ça de la part d’un président dont le gouvernement vient d’avoir recours au vote bloqué, privant les agriculteurs retraités d’une revalorisation de leur pension de retraite (Vote bloqué : le gouvernement abandonna les agriculteurs retraités). Les ordonnances utilisées lors de la loi travail, où lors de la future réforme de la SNCF, associées à la prochaine réforme institutionnelle visant à réduire le rôle du Parlement ne constituent-elles pas, là aussi, des certaines dérives inacceptables ?

Sans oublier les guerres où la France est toujours impliquée en Afrique, et au Moyen-Orient et où, en dépit des technologies accrues de nos armes, celles-ci tuent bel et bien des civils.

  • Les affaires avant l’humain

Mais c’est une autre affaire qui a attiré mon attention. Une histoire relatée par le Canard enchaîné du mercredi 14 mars 2018. Alors en visite en Inde, dans le but de vendre- entre autres- des réacteurs nucléaires, Emmanuel Macron a été amené à côtoyé Yogi Adityanah- ministre de l’Uttar Pradesh.

« Maître de yoga poursuivi pour incitation à la haine et tentative de meurtre » décrit le Canard, citant les paroles de ce très fréquentable personnage qui avait en outre déclaré :

Ceux qui s’opposent au yoga et refusent le « salut au soleil » doivent soit quitter l’Inde, soit se noyer dans l’océan » ou encore avait appelé à « déterrer les cadavres des fermes musulmanes pour les violer.

Des propos qui choquent, et à juste titre, n’importe quelle personne. Mais en politique, business is business. L’Inde nous achète des armes, des rafales, des sous-marins, c’est d’ailleurs notre premier client dans ce domaine depuis cinq ans, hors de question donc de froisser un si bon acheteur. Même si son actuel Premier ministre- toujours selon le Canard- est potentiellement impliqué dans une sombre histoire d’assassinats où quelques 2 000 musulmans avaient trouvé la mort.

Maintenant imaginons de tels propos, similaires à ceux de Yogi Adityanah,  tenus par un ministre d’un pays classé dangereux, où moins fréquentables, par l’establishment. Si des pays tels que la Russie, l’Iran, Cuba, la Chine où le Venezuela avaient eu de tels propos ; de multiples sanctions et condamnations auraient été prononcé. Sous ses airs de grand démocrate, jeune, dynamique, moderne, Macron n’a pas eu l’air choquer de ces appels à la haine.

Je trouve que ce serait une drôle de conception que de défendre la démocratie seulement quand elle colle avec nos valeurs.

Dans ce cas là pourquoi porter des jugements et des critiques à l’égard de pays comme la Russie, la Chine, où Cuba, s’il admet que le modèle de démocratie libérale à l’occidentale n’est pas le seul possible ?

Israël, l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie, l’Egypte bénéficient de l’aide et d’un soutien fort de la France. La guerre qui se déroule au Yémen, bien moins médiatisé que le conflit syrien, est menée avec des armes françaises, utilisées contre les civils yéménites.

Des pays, parmi nos meilleurs clients, et nos meilleurs alliés, dans certaines régions du monde ne peuvent avoir comme qualificatif que le terme de dictature. Ce n’est pas le cas du Venezuela qui, en dépit d’une campagne médiatique infâme, ne lapident pas les femmes, ne crucifient pas des opposants parce qu’ils auraient une autre religion, où ne soumet pas à un blocus inhumain et à une colonisation meurtrière un peuple tout entier.

Mais ces pays ont un point commun : celui d’être dans le bon camp. Ils n’étaient pas dans celui de l’URSS lors de la guerre froide, ils ne sont pas, aujourd’hui, dans le camp de ceux favorables à un monde multipolaire et de droit international.

Vote bloqué : le gouvernement abandonne les agriculteurs retraités

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Le gouvernement vient de s’opposer à un projet de loi, porté par le député communiste André Chassaigne, visant à revaloriser les pensions de retraites des agriculteurs de 75% à 85% du SMIC. En utilisant la procédure du vote bloqué, ce nouveau coup de force antidémocratique ne laisse rien présager de bon, à l’heure où un profond débat sur la réforme institutionnelle s’instaure.

  • Des paroles, mais pas d’actes

Alors en déplacement au salon de l’agriculture, Emmanuel Macron avait pourtant tenu un discours de solidarité envers les agriculteurs.

« Je sais l’importance qu’a notre agriculture, je sais les attentes, les angoisses et la souffrance sur le terrain. »

Mais une fois de plus, les promesses et les paroles ne suivent pas en actes. Sinon, pourquoi s’être obstiné à bloquer cette loi, de bon sens, et acceptée par tous les bancs de l’Assemblée ? Car la situation des agriculteurs reste l’une des plus préoccupantes et dramatiques de notre pays. 30% d’entre eux gagnent, en effet, moins de 350 euros par mois (1), tandis que la part des suicides dans cette profession est supérieure de 20 à 30% au reste de la population, et que le nombre de suicides a été multiplié par trois en 2016- soit un suicide par jour (2).

Le vote bloqué est prévu dans la Constitution par l’article 44-3. Il stipule que « Si le Gouvernement le demande, l’assemblée saisie se prononce par un seul vote sur tout ou partie du texte en discussion en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par le Gouvernement. » Mais dernièrement, cette procédure n’a été utilisée que très rarement. En 2013, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en avait fait usage, mais c’était il y a 25 ans- en 1993- qu’il avait été utilisé, pour la dernière fois, contre une proposition de loi.

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  • Une réforme de bon sens et d’urgence sociale

Adoptée à l’unanimité le 2 février 2017 à l’Assemblée nationale, la proposition portée par André Chassaigne (PCF) et la députée d’Outre-mer Huguette Bello, visait à revaloriser les pensions de retraites, pour une carrière complète, des agriculteurs. Ces dernières sont parmi les plus faibles de notre pays, 840 euros pour un paysan, 570 euros pour une femme, d’où l’urgence de la situation.

Cette réforme devait ainsi permettre de passer de 75% du SMIC, à 85%, tout cela financé par une augmentation de la taxe sur les transactions financières de 0,1%. Dans une interview donnée à Sud Radio, André Chassaigne regrettait que cette nouvelle taxe soit refusée par le gouvernement, alors même que la droite n’y voyait aucun inconvénient :

« Le problème, c’est que j’ai proposé que ces retraites soient financées par une recette qui ne plaît pas : l’augmentation de la taxe sur les transactions financières de 0,1%. Ça ferait une recette de 500 millions d’euros par an, et ils n’en veulent pas ! » (3).

Mais qu’importe, car une fois de plus cette proposition avait fait la quasi-unanimité en commission des Affaires sociales du Sénat puisque votée à une très large majorité, droite comprise. Son vote au Sénat était donc une certitude, d’où l’étonnement général des sénateurs d’apprendre que le gouvernement préférait utiliser la procédure du vote bloqué afin d’empêcher une mesure d’urgence.

La volonté du gouvernement est de repousser cette- éventuelle- réforme à 2020 dans le cadre d’une loi plus générale. A raison d’un suicide par jour chez les agriculteurs, combien ne seront déjà plus là en 2020 ? A moins que le but de ce blocage ne soit  d’éviter à la finance de payer un surplus de 0,1% ?


(1).https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/revenus-des-agriculteurs-des-chiffres-qui-restent-inquietants_2414339.html

(2).https://www.francebleu.fr/infos/societe/le-suicide-des-agriculteurs-en-chiffres-1517491824

(3). https://www.sudradio.fr/politique/blocage-de-la-revalorisation-des-retraites-agricoles-andre-chassaigne-est-furieux

Jour d’élections

M5S élections

Dimanche 4 mars on a voté en Italie, et au Salvador. Deux scrutins qui mettent en avant un retour, inquiétant, des forces conservatrices et un net recul des forces progressistes voir une quasi-disparition dans le cas de l’Italie. 

  • Italie : la reconstruction d’une gauche de combat sera longue

Si la gauche italienne ne s’attendait pas à rafler la majorité des sièges, loin de là, lors des élections générales de ce dimanche 4 mars, les résultats finaux sont pire que prévu.
En tout, deux listes de la gauche radicale avaient une chance d’avoir des parlementaires, le scrutin se déroulant en partie à la proportionnelle. La première, Liberi e Uguali (Libres et Égaux), recueille aux alentours de 3,5% des voix et disposera donc d’élus. En revanche l’autre liste, Potere al popolo (le Pouvoir au peuple) soutenu entre autres par Jean-Luc Mélenchon ne disposera d’aucun élu puisque ne franchissant pas la barre fatidique des 3%. Pour plus de détails : Elections législatives en Italie : le crépuscule de la gauche, et de la gauche communiste.

Droite et extrême-droite se partagent ainsi la victoire dans un pays pourtant victime des cures drastiques d’austérité imposées par les technocrates de Bruxelles.

Le Mouvement 5 étoiles (M5S) est ainsi sorti en tête des suffrages avec un score frôlant les 32%. Ce mouvement, piochant des idées à droite, et à gauche- notamment sur le thème de l’écologie- mais surfant surtout sur sa prétendue opposition au système, a changé son image en vue des élections. Fini Beppe Grillo et son style atypique, place désormais à Luigi di Maio, exit aussi des mesures de gauche dans le programme, désormais le M5S entend mettre en place des politique favorables aux entreprises- on parle de près de 400 lois qui pourraient être supprimées- ainsi que de restriction de l’immigration.

Une revendication sur laquelle ils se retrouvent parfaitement avec la coalition de la droite, et de l’extrême-droite, composée de Forza Italia, mené par Silvio Berlusconi (pourtant inéligible) et la Ligue (ex Ligue du Nord) de Matteo Salvini, soutenue par Marine le Pen. A ces deux forces il faut rajouter le petit parti de droite Fratelli d’Italia. A eux trois, ils obtiennent 37% des voix, dont près de 18% rien que pour le seul parti d’extrême-droite, la Ligue.

Pour un panorama complet des forces en présence, voir l’article de l’Humanité : Elections législatives italiennes. Glossaire pour s’y retrouver. 

Tandis qu’à l’opposé, la coalition de centre-gauche menée par le Parti démocrate et traînant derrière elle le bilan politique, et économique, désastreux de ce dernier, ne recueille que 23,23% des voix (18,98% pour le Parti démocrate). Cette chute dans les sondages du Parti démocrate démontre ce que nous disons depuis des mois, des années. La vieille sociale-démocratie, coupable d’avoir menée les mêmes politiques que la droite, n’a plus sa place ni à gauche, ni dans le paysage politique des différentes pays. Après la Grèce, la France, l’Espagne, l’Allemagne, désormais c’est la sociale-démocratie italienne qui s’effondre dans les sondages. Alors qu’on observe un phénomène inverse dans les pays où les vieux partis sociaux-démocrates, ou socialistes, se recentrent à gauche, comme au Portugal, ou au Royaume-Uni, et de fait connaissent un regain de popularité.

La situation italienne est à peu près similaire à celle au lendemain des élections allemandes. C’est à dire qu’aucune majorité ne peut, pour l’heure, se dégager. Les différents partis seront donc obligés de s’entendre pour former une coalition, sinon de nouvelles élections seront tenues.

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  • Salvador : nouveau coup porté à un gouvernement populaire

On votait également dans ce petit pays d’Amérique centrale, gouverné depuis 2009 par le Front Farabundo Marti de libération nationale (FMNL), parti de gauche issue de l’ancienne guérilla marxiste. Le président actuel, Salvador Sànchez Cerén, issu de ce parti, devra, une nouvelle fois, faire face à une Assemblée à droite. C’était déjà le cas lors de la précédente législature, le renouvellement de l’Assemblée intervenant tous les trois ans au Salvador. L’ARENA, l’alliance républicaine nationaliste, arrive ainsi en tête des suffrages. Certes le FMLN arrive second, mais les partis se classant troisième, quatrième, et cinquième sont tous également issus de la droite.

Ces résultats sont donc une preuve de plus, s’il en fallait, que la gauche latino-américaine doit faire face, partout, à une recrudescences des forces contre-révolutionnaires et de la finance, appuyées activement par l’impérialisme nord-américain. Une telle majorité à l’Assemblée permettra en effet à la droite de bloquer, comme elle le fait déjà, toutes les mesures sociales et économiquement profitable aux plus démunis du gouvernement de Cerén. Les élections municipales, qui se tenaient en même temps, ont également permis à la droite d’arriver en tête, et notamment de rafler la capitale San Salvador.

Reste à savoir comment le FMLN, et les autres partis de gauche de la région, pourront gérer cette situation délicate. Les pays progressistes sont tous victimes d’attaques de plus en plus virulentes, si bien que désormais, en comptant le Salvador qui a toujours un gouvernement de gauche, il ne reste que le Venezuela, la Bolivie, Cuba, le Nicaragua, et l’Uruguay qui peuvent être qualifiés de gouvernements progressistes.

 

Jérusalem n’est pas la capitale d’Israël

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On le savait fou, dangereux, instable, capable du pire, en reconnaissant Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël, Donald Trump a fait part de son immense irresponsabilité. De l’avis de tous, les Etats-Unis ne peuvent désormais plus parrainer les négociations de paix, même s’il était depuis bien longtemps évident que cela n’aurait jamais dû être le cas.

Mercredi 6 décembre, le peuple palestinien a eu la mauvaise surprise d’entendre le discours du président américain, quelques jours seulement après que la Cour suprême américaine ait autorisé le décret interdisant l’accès de ressortissants de sept pays musulmans sur le sol américain, reconnaissant la ville de Jérusalem comme capitale du seul Etat d’Israël, et donc marquant sa volonté de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à la ville trois fois Sainte.

Jérusalem est, en effet, une ville sacrée pour les trois religions du livre. Les juifs viennent prier au Mur des lamentations, les chrétiens à l’Eglise du Saint-Sépulcre, et les musulmans à la Mosquée Al-Aqsa, troisième lieu Saint de l’Islam, après la Mecque et Medine. Inutile de préciser donc que les tensions autour de cette ville sont multiples, et ce qu’elles représentent pour les trois religions.

Or, la politique israélienne, visant systématiquement à reprendre le contrôle de la ville, alors qu’elle devait être partagée entre les deux peuples, ne fait qu’augmenter, depuis des années, les violences et les tensions.

  • Brève histoire de la ville de Jérusalem

Jérusalem a été la ville de toutes les convoitises au cours de l’Histoire, les croisades, lancées au 11ème siècle par le Pape Pie VI avait déjà pour but la reconquête de la ville Sainte aux armées musulmanes.

Après la seconde guerre mondiale et la création, en 1948 de l’Etat d’Israël, la Palestine se retrouve divisée en deux Etats : Israël donc, et un Etat Arabe, tandis que la ville de Jérusalem est démilitarisée et placée sous l’égide du Conseil de tutelles des Nations Unies. La première guerre israélo-arabe, et les guerres qui suivent, celle des 6 jours en 1967 et celle du Kippour en 1973, vont permettre au tout jeune Etat d’Israël d’occuper une grande partie de la Palestine, y compris Jérusalem et le désert syrien du Golan .

En 1980, au mépris du droit international, Israël proclame la ville de Jérusalem comme sa capitale. Aucun pays, jusqu’aux Etats-Unis, n’avaient reconnu la ville Sainte comme la capitale de l’Etat Hébreux, et toutes les ambassades des pays ayant des relations diplomatiques avec Israël, se trouvaient, et se trouvent toujours à Tel-Aviv.

  • Vers une troisième intifada ? 

Une troisième intifada (en arabe « révolte des pierres »), après celles de 1987, 2000 et 2005, est-elle envisageable ? . la déclaration de Trump, il y a maintenant une dizaine jours, l’a rendue de plus en plus possible. Si le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien, ainsi que d’autres factions palestiniennes ont appelé à un tel soulèvement, pour le moment les palestiniens ne se sont pas révoltés, comme ils avaient pu le faire auparavant.

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Combattante du Front populaire de libération de la Palestine (marxiste), une des factions de la Résistance.

Une grève générale a été organisée dans les territoires palestiniens, de nombreuses manifestations ont éclaté, et des roquettes ont été lancées depuis la bande de Gaza, certes, mais rien de comparable à ce que l’on avait pu voir précédemment. En revanche, la réaction israélienne est, elle, connue et continue de faire des victimes palestiniennes en nombre, et au mépris du droit international.

Mais nul doute que les médias n’hésiteront pas à nous présenter, sur un pied d’égalité, les forces qui s’opposent. Alors qu’il n’y a absolument rien d’égal entre une armée surentraînée, détentrice de l’arme nucléaire, et de l’aide des puissances occidentales, et les factions palestiniennes qui disposent d’un armement dérisoire, comparé à celui des forces d’occupations. Et même si les palestiniens disposent de roquettes et de certains missiles, quels impacts, si ce n’est symboliques, ont-ils face à l’efficacité des défenses antimissiles israéliennes ?

Mais qu’importe, à la fin Israël ne sera, une nouvelle fois, pas condamné, et les élites bien pensantes pourront verser leur petite larme pour les victimes palestiniennes, sans que cela ne change la moindre chose au drame.

  • Stratégie de guerre au Moyen-Orient

S’attaquer à la Palestine, donc aux différents mouvements qui composent la résistance palestinienne, correspond à une logique bien précise et plus générale. Une logique consistant à détruire toute opposition aux intérêts impérialistes. L’Irak de Saddam Hussein, a été le premier à en faire les frais, puis ce fut le tour de la Libye de Kadhafi.

Mais la machine s’est enrayée en Syrie, où les plans américains ont été annihilés par l’association de la Syrie, de l’Iran, de la Russie, de la Chine, de l’Irak et du Hezbollah libanais. La prochaine cible devrait donc, logiquement, être la République islamique d’Iran, et son allié chiite du Hezbollah. Un conflit qui correspondrait aux intérêts américains, israéliens, mais aussi saoudiens, grand ennemi de l’Iran. Le conflit au Yémen, qui n’attire d’ailleurs pas l’attention de ceux se revendiquant si souvent des droits de l’Homme, est le symbole de cette rivalité entre l’Arabie Saoudite et l’Iran.

Nul doute que la décision de Trump vient de jeter de l’huile sur le feu sur une région qui n’en avait vraiment pas besoin.