Jérusalem n’est pas la capitale d’Israël

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On le savait fou, dangereux, instable, capable du pire, en reconnaissant Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël, Donald Trump a fait part de son immense irresponsabilité. De l’avis de tous, les Etats-Unis ne peuvent désormais plus parrainer les négociations de paix, même s’il était depuis bien longtemps évident que cela n’aurait jamais dû être le cas.

Mercredi 6 décembre, le peuple palestinien a eu la mauvaise surprise d’entendre le discours du président américain, quelques jours seulement après que la Cour suprême américaine ait autorisé le décret interdisant l’accès de ressortissants de sept pays musulmans sur le sol américain, reconnaissant la ville de Jérusalem comme capitale du seul Etat d’Israël, et donc marquant sa volonté de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à la ville trois fois Sainte.

Jérusalem est, en effet, une ville sacrée pour les trois religions du livre. Les juifs viennent prier au Mur des lamentations, les chrétiens à l’Eglise du Saint-Sépulcre, et les musulmans à la Mosquée Al-Aqsa, troisième lieu Saint de l’Islam, après la Mecque et Medine. Inutile de préciser donc que les tensions autour de cette ville sont multiples, et ce qu’elles représentent pour les trois religions.

Or, la politique israélienne, visant systématiquement à reprendre le contrôle de la ville, alors qu’elle devait être partagée entre les deux peuples, ne fait qu’augmenter, depuis des années, les violences et les tensions.

  • Brève histoire de la ville de Jérusalem

Jérusalem a été la ville de toutes les convoitises au cours de l’Histoire, les croisades, lancées au 11ème siècle par le Pape Pie VI avait déjà pour but la reconquête de la ville Sainte aux armées musulmanes.

Après la seconde guerre mondiale et la création, en 1948 de l’Etat d’Israël, la Palestine se retrouve divisée en deux Etats : Israël donc, et un Etat Arabe, tandis que la ville de Jérusalem est démilitarisée et placée sous l’égide du Conseil de tutelles des Nations Unies. La première guerre israélo-arabe, et les guerres qui suivent, celle des 6 jours en 1967 et celle du Kippour en 1973, vont permettre au tout jeune Etat d’Israël d’occuper une grande partie de la Palestine, y compris Jérusalem et le désert syrien du Golan .

En 1980, au mépris du droit international, Israël proclame la ville de Jérusalem comme sa capitale. Aucun pays, jusqu’aux Etats-Unis, n’avaient reconnu la ville Sainte comme la capitale de l’Etat Hébreux, et toutes les ambassades des pays ayant des relations diplomatiques avec Israël, se trouvaient, et se trouvent toujours à Tel-Aviv.

  • Vers une troisième intifada ? 

Une troisième intifada (en arabe « révolte des pierres »), après celles de 1987, 2000 et 2005, est-elle envisageable ? . la déclaration de Trump, il y a maintenant une dizaine jours, l’a rendue de plus en plus possible. Si le Hezbollah libanais, le Hamas palestinien, ainsi que d’autres factions palestiniennes ont appelé à un tel soulèvement, pour le moment les palestiniens ne se sont pas révoltés, comme ils avaient pu le faire auparavant.

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Combattante du Front populaire de libération de la Palestine (marxiste), une des factions de la Résistance.

Une grève générale a été organisée dans les territoires palestiniens, de nombreuses manifestations ont éclaté, et des roquettes ont été lancées depuis la bande de Gaza, certes, mais rien de comparable à ce que l’on avait pu voir précédemment. En revanche, la réaction israélienne est, elle, connue et continue de faire des victimes palestiniennes en nombre, et au mépris du droit international.

Mais nul doute que les médias n’hésiteront pas à nous présenter, sur un pied d’égalité, les forces qui s’opposent. Alors qu’il n’y a absolument rien d’égal entre une armée surentraînée, détentrice de l’arme nucléaire, et de l’aide des puissances occidentales, et les factions palestiniennes qui disposent d’un armement dérisoire, comparé à celui des forces d’occupations. Et même si les palestiniens disposent de roquettes et de certains missiles, quels impacts, si ce n’est symboliques, ont-ils face à l’efficacité des défenses antimissiles israéliennes ?

Mais qu’importe, à la fin Israël ne sera, une nouvelle fois, pas condamné, et les élites bien pensantes pourront verser leur petite larme pour les victimes palestiniennes, sans que cela ne change la moindre chose au drame.

  • Stratégie de guerre au Moyen-Orient

S’attaquer à la Palestine, donc aux différents mouvements qui composent la résistance palestinienne, correspond à une logique bien précise et plus générale. Une logique consistant à détruire toute opposition aux intérêts impérialistes. L’Irak de Saddam Hussein, a été le premier à en faire les frais, puis ce fut le tour de la Libye de Kadhafi.

Mais la machine s’est enrayée en Syrie, où les plans américains ont été annihilés par l’association de la Syrie, de l’Iran, de la Russie, de la Chine, de l’Irak et du Hezbollah libanais. La prochaine cible devrait donc, logiquement, être la République islamique d’Iran, et son allié chiite du Hezbollah. Un conflit qui correspondrait aux intérêts américains, israéliens, mais aussi saoudiens, grand ennemi de l’Iran. Le conflit au Yémen, qui n’attire d’ailleurs pas l’attention de ceux se revendiquant si souvent des droits de l’Homme, est le symbole de cette rivalité entre l’Arabie Saoudite et l’Iran.

Nul doute que la décision de Trump vient de jeter de l’huile sur le feu sur une région qui n’en avait vraiment pas besoin.

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Pologne : nouvelle terre de l’anticommunisme

 

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Depuis novembre 2015, la Pologne, et son gouvernement ultraconservateur du PiS (Droit et Justice), mènent une politique visant à éradiquer les symboles communistes et le passé de la République populaire de Pologne. Cette politique s’accompagne de condamnations des militants et dirigeants du Parti communiste polonais actuel mais aussi, en parallèle, d’une montée en puissance du nationalisme qui inquiète, à juste titre.

  • Un gouvernement réactionnaire pour éliminer un passé progressiste 

Au pouvoir depuis 2015, le PiS n’a pas tardé à appliquer son programme libéral, ultraconservateur, et anti-immigration, qui correspond à la vague nationaliste qui sévit en Europe, dans les pays Baltes, en Hongrie, ou en Allemagne (voir : Angela Merkel échoue à former une coalition). Par nature anti-communiste, le gouvernement polonais n’hésite pas à mettre dans le même panier les forces nazis et communistes (imitant de ce point de vue le gouvernement hongrois), un comble pour parti de droite-extrême.

Les autorités polonaises ont depuis quelques mois pris des mesures visant à effacer toutes traces du passé socialiste de la Pologne. Les statues sont détruites, les rues porteuses de noms d’hommes communistes sont débaptisées : celles de Staline, Lénine, Marx, mais aussi celles de militants polonais, engagés dans les Brigades internationales, et partis combattre en Espagne contre Franco (1).

Au risque de surprendre les plus ignorants, les démocraties populaires, et la République populaire de Pologne, nom officiel de la Pologne socialiste jusqu’en 1989, n’ont pas été seulement les pays que certains prennent plaisir à toujours critiquer, comme si absolument tout avait été négatif. Je laisserai le soin à ceux-ci de rappeler les échecs, les fautes, les limites des démocraties populaires, mais je rappellerai seulement que, du temps du socialisme, santé, éducation, logement, culture, emploi, étaient des priorités de l’Etat qui pourvoyaient à tous les besoins élémentaires de la population. Or depuis la chute du camp socialiste, sauf erreur de ma part, la situation des polonais ne s’est pas améliorée d’un point de vue économique et social, elle aurait même tendance à se détériorer.

Partout dans le pays, des militants, des élus, combattent cette politique de décommunisation (2). Mais les appels à la solidarité du Parti communiste polonais (KPP) restent pour le moment trop peu diffusés, et la situation a tendance à s’aggraver en Pologne où militants, et dirigeants, sont victimes de la répression gouvernementale et condamnés en justice pour le simple fait d’être communiste (3).

  • Une montée inquiétante du nationalisme 

images (1)Cette politique de décommunisation va de pair avec un contexte plus général qui est celui de la montée en puissance de l’extrême-droite nationaliste et identitaire polonaise. Comme chaque année, le 11 novembre, jour de la Fête d’Indépendance de la Pologne, les nationalistes organisent une marche pour réaffirmer leur position. Force est de constater que ce rassemblement a été un véritable succès, puisqu’il a rassemblé près de 60 000 personnes, ce qui en fait l’un des plus grands- si ce n’est le plus grand- rassemblement nationaliste européen.

La marche, organisée par l’extrême-droite, a réuni tout ce que la Pologne compte de racistes, d’islamophobes, de nationalistes, d’identitaires et de certains hooligans. D’ordinaire, des violences entre forces policières et militants éclatent toujours lors de cette marche, mais cette année, d’après les organisateurs eux mêmes, il n’y a pas eu d’incidents. Est-ce un signe que le gouvernement cautionne cette marche et a donc ordonné aux forces de sécurité de se tenir à l’écart ?

« Oui au Gospel, non au Coran »,  « la Pologne pure, la Pologne blanche », « foutez le camp avec vos réfugiés » ou « A coups de marteau, à coups de faucille, battre la racaille rouge » (4).

Tels sont les slogans que l’on pouvait écouter lors de cette manifestation. Les classiques chants pour une Pologne blanche, se mêlant à ceux anti-immigrés,  anti-musulmans, anti-russes, et anti-communistes. Les organisateurs ont ainsi rappelé qu’ils ne voulaient pas vivre sous le règne de la Sharia, comme si un projet d’un Etat islamique polonais était à l’ordre du jour. Les tenants de ce discours ne seront pas inquiétés par le gouvernement qui cherche à flatter son électorat d’extrême-droite.

D’ailleurs, les pensées anti-immigrés du gouvernement ne sont une surprise pour personne, il suffit, pour s’en convaincre, de regarder et d’écouter les déclarations des dirigeants polonais : « Nous n’avons pas exploité les pays dont proviennent les réfugiés qui arrivent maintenant en Europe. Nous n’avons pas utilisé leur main d’œuvre et ne les avons pas invités en Europe. Nous avons le droit moral de dire « non »». Ainsi s’exprimait Jaroslaw Kaczynski, dirigeant du PiS.

La montée du nationalisme, qui va de pair avec l’arrivée au pouvoir de gouvernements nationalistes, en Europe de l’Est devraient alerter l’UE, qui est bien plus active lorsqu’il s’agit de prendre des sanctions à l’encontre des pays progressistes comme le Venezuela. De simples injonctions ne suffiront pas à arrêter ces forces réactionnaires qui resurgissent dans des pays ou l’extrême-droite a pourtant eu un rôle dramatique.


(1) : Pologne. La chasse aux symboles communistes. Courrier international.

(2). En Pologne, des résistances à la décommunisation. Histoire et société

(3). Interview sur la répression anticommuniste en Europe. Initiave Communiste

(4). Pologne : importante manifestation nationaliste pour la Fête de l’Indépendance. Libération.

Angela Merkel échoue à former une coalition

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Les électeurs allemands devront, sans doute, retourner aux urnes au début de l’année 2018. Incapable de s’entendre avec les libéraux du FDP, et les verts, Angela Merkel a donc échoué à former une coalition pour gouverner le pays. Une situation qui place la chancelière dans une situation délicate mais qui confirme aussi l’échec de sa politique.

  • Une victoire sans majorité absolue

Avec 32,93% des suffrages, et 246 sièges de députés, certes le parti de la chancelière, la CDU-CSU, était arrivé largement en tête des élections du 24 septembre dernier. Mais la perte du nombre de siège est considérable, 65 par rapport à la précédente législature, si bien que ce score, bien que relativement élevé, est le plus faible de la CDU-CSU depuis l’après guerre.

Mais mis à part cet affaiblissement des partis classiques de gouvernement (voir : Vers la fin de la sociale-démocratie en Europe ? ), Angela Merkel paye aussi sa politique libérale d’austérité. Car loin du modèle économique, vanté par tant d’autoproclamés « experts », la situation économique de l’Allemagne est préoccupante. A tel point que même le FMI, pourtant peu partisan du sort des classes laborieuses, s’en est alerté. Dans son rapport annuel, publié en mai dernier, l’organisme mondial déclarait :

« Malgré un filet de sécurité sociale bien développé et une forte progression de l’emploi, le risque de pauvreté relative en Allemagne demande une attention constate. » (voir l’article de Marianne : Risque de pauvreté en Allemagne, même le FMI met en garde Berlin).

Avec un taux de pauvreté de 17%- contre 14% en France- l’Allemagne n’est certainement pas un « modèle économique ». Au contraire les emplois, payés une misère, sont monnaie courant en Allemagne, et 9,7% des personnes possédant un emploi vivent toujours sous le seuil de pauvreté. En revanche l’Allemagne figure en véritable modèle des politiques imposées par la commission européenne, c’est-à-dire des politiques néolibérales visant à rendre entreprises et économies plus compétitives, ce qui, en langage courant, et pour la majorité d’entre nous, signifie la détérioration des conditions de travail et de vie, la baisse des salaires, l’augmentation des horaires, et une sécurité de l’emploi quasi-nulle.

C’est cette logique de profit au nom de la sacro-Sainte compétitivité qui est en train de changer. Les diverses élections l’ont prouvé, à la fois en Espagne, en France, et en Allemagne, les peuples européens relèvent la tête, petit à petit certes, mais la patience est une vertu révolutionnaire et le changement viendra inexorablement.

  • Une crise qui ne profite pas au SPD

Autre parti classique de gouvernement, le Parti social-démocrate allemand n’a pas su tirer son épingle du jeu lors de cette élection. Avec 20,51% des voix, il est lui aussi en chute et perd 20 députés au Bundestag. Est-ce vraiment une surprise ? Non si l’on suit le cours logique des choses et que l’on comprend que, comme ses homologues français, grecs, espagnols, le SPD allemand s’est engagé, depuis plusieurs années, dans une politique profondément libérale.

CDU-CSU et SPD formaient d’ailleurs une coalition sous le précédent mandat d’Angela Merkel et gouvernaient le pays ensemble. Et ce n’est pas avec Martin Schulz, et son (très) léger revirement à gauche que la sociale-démocratie allemande allait redorer son blason et se faire pardonner les innombrables trahisons sociales qu’elle a réalisées au cours des dernières années. D’ailleurs le peuple allemand ne s’y est pas trompé, et, comme le Parti de la chancelière, le SPD réalise son pire score depuis les élections d’après guerre.

  • L’entrée au Parlement de l’extrême-droite

Si le dernier suffrage n’a pas profité au SPD, il a en revanche vu l’émergence d’une nouvelle force, à l’extrême-droite de l’échiquier politique. Alternative für Deutschland est le nom de cette formation politique, qui a réalisé son entrée au Parlement après les dernières élections. Obtenant 12,64% des voix, contre 4,7% en 2013, et 94 députés, la formation de Jörg Meuthen se positionne en tant que troisième force du pays.

Pour la première fois depuis la fin de la guerre, des députés membres d’un parti d’extrême-droite siègent donc en nombre à la Chambre allemande. Connue pour ses prises de positions anti-islam, anti-immigration, mais aussi très libérale, l’AfD a parfaitement su tirer son épingle du jeu en remettant en cause les deux partis de gouvernement que sont le SPD et la CDU-CSU. Une stratégie payante, certes, mais qui interroge sur le futur de cette formation. A l’heure où les nationalismes européens connaissent une flambée en Europe de l’Est, principalement en Ukraine, en Pologne, et en Hongrie, l’Allemagne basculera-t-elle, dans un futur proche, dans une gouvernance d’extrême-droite ?

Si la réponse est oui , alors il y a de quoi s’inquiéter, car les partis ultras-conservateurs des pays précédemment cités n’éprouvent aucun balbutiement à appliquer leur programme à la lettre. Un programme constitué de prises de positions très réactionnaires sur des sujets comme le droit à l’avortement, d’un libéralisme à outrance, d’une chasse aux pauvres, et aux immigrés. La Pologne, comme l’Ukraine, ont, par ailleurs, entamé un travail de « décommunisation » du pays, visant à enlever tous les symboles des démocraties populaires et du socialisme en Europe qui avaient contribué à créer de nombreuses avancées sociales dans cette région de l’Europe, en dépit de toutes les critiques que l’on peut exercer à leur encontre.

  • Quelles perspectives pour Die Linke ? 

Seule force de gauche, qui peut se revendiquer en tant que telle, nos camarades de Die Linke n’ont pas réalisé un score synonyme de pouvoir faire bouger les choses. Certes ils gagnent 5 députés par rapport à 2013- avec 9,24% des voix contre 8,60%- mais depuis plusieurs années Die Linke stagne et n’arrive pas à canaliser l’énergie populaire qui existe indéniablement en Allemagne.

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Sans surprise Die Linke a réalisé ses meilleurs scores dans les territoires de l’ancienne RDA (République démocratique allemande), preuve que le socialisme allemand n’était pas l’abomination décrite par certains et qu’il offrait bien des avantages sociaux. Mais c’est à l’ouest que la formation de gauche radicale devra faire des progrès et réaliser sans doute un travail d’ancrage plus profond. Car Die Linke aurait dû capter le mécontentement produit par des années de politiques libérales et par les accords nationaux du SPD avec la droite allemande. Pourtant rien de tout cela ne s’est produit et Die Linke reste au même niveau depuis plusieurs années sans pouvoir passer ce cap qui ferait passer le parti de simple opposition, à une force capable de prendre le pouvoir.

Pour l’heure, devant l’impossibilité pour quiconque d’obtenir une majorité absolue, Die Linke souhaite que de nouvelles élections soient organisées. Ce serait la « seule voie démocratiquement praticable » résume Katja Kipping, coprésidente de Die Linke.

Mais ce pouvoir [de convoquer de nouvelles élections] seul le président allemand (Frank-Walter Steinmeier- SPD) le possède, et sa décision devrait être connue dans les semaines à venir. D’ici là, Die Linke a tout le temps de préparer sa nouvelle campagne et sa nouvelle stratégie pour tenter de sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouve.

Libye : ces images intolérables

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Les images, en provenance de Libye, qui ont choqué à juste titre tant de personnes étaient malheureusement prévisibles. Nous avions été nombreux à alerter sur l’état de la Libye après la chute de Kadhafi. Ces images, filmées en caméra cachée par la chaîne CNN, nous ramènent plusieurs siècles en arrière, lorsque l’esclavage était encore en vigueur et que les êtres humains était vendus comme de simples marchandises. Ces images, insupportables aux yeux du plus grand nombre, doivent nous amener à nous poser les bonnes questions.

Depuis la chute de Kadhafi, quoi que l’on puisse penser de lui et de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste, qu’il avait instauré, la Libye n’est plus que l’ombre d’elle-même et, malheureusement, les images captées par CNN sont là pour nous ramener à cette réalité dramatique.

La chute de la Libye populaire et socialiste

On peut au moins s’entendre sur le fait que la prétendue « révolution libyenne » n’était, en réalité, qu’une machination de plus orchestrée depuis les bureaux de l’impérialisme dont le but était clair : renverser un Etat souverain africain et arabe. Et il y a fort à parier que si la Libye avait accepté de brader son économie aux multinationales, elle n’aurait jamais été détruite de la sorte. C’est précisément parce que la Libye s’est posée en Etat souverain, anti-impérialiste, et dans une certaine mesure socialiste, qu’elle a été la cible de l’OTAN, organisation qui du fait de la disparition de l’URSS, donc du Pacte de Varsovie depuis 1991, ne devrait plus exister.

La multitude des analyses, et critiques de la Libye de Kadhafi qui existent d’ores et déjà n’en nécessitent pas de nouvelles de ma part. Toutefois on pourra, encore une fois, être d’accord pour dire que du temps du Colonel, santé, éducation, logement, étaient des priorités de l’Etat et que du fait de la destruction de cet Etat, le peuple libyen a été le principal perdant de cette guerre menée au nom des intérêts impérialistes. Il ne faut pas oublier non plus que l’assassinat du dirigeant libyen, et les bombardements massifs sur les populations civiles d’un pays constituent, jusqu’à preuve du contraire, une sérieuse violation du droit international qui stipule la souveraineté de chaque Etat sur son territoire.

Car si les droits de l’Homme avaient été la réelle cause de l’intervention en Libye, il y a longtemps que la plupart des pays, à commencer par ceux prétendant imposer la démocratie, auraient été inquiétés pour de tels agissements. Les bombardements sur les populations civiles libyennes par l’OTAN, restent d’ailleurs, à ce jour, encore impunis.

Une Libye ingouvernable 

L’histoire se répète. Car les erreurs commises en Irak, ont été reproduites en Libye, et, aujourd’hui en Syrie. Le démantèlement de Nations souveraines, et dans le cas de ces trois Etats, socialistes, a toujours été l’une des pierres angulaires de l’impérialisme nord-américain. La méthode est toujours la même, d’abord on diabolise, par les médias, l’Etat que l’on souhaite détruire, puis on utilise un prétexte pour l’envahir et détruire toutes les infrastructures, tout cela dans le but évident d’instaurer une démocratie.

La Libye a connu ce sort, et les grandes manifestations de soutien au régime de Kadhafi étaient volontairement passées sous silence. Était-il si surprenant, qu’après la chute de l’Etat, les milices au pouvoir allaient désormais se combattre les unes les autres ? Car voilà la situation en Libye aujourd’hui : une partie du territoire est revendiquée par un groupe, qui se prétend légitime, une autre partie du territoire par un autre, des groupes terroristes ont pris racine dans une autre zone, et au milieu de tout cela, le peuple libyen qui regarde, sans ne pouvoir rien faire, la guerre détruire son pays.

Les armes utilisées par les rebelles libyens en 2011, livrées par les occidentaux, ont servi à alimenter tous les mouvements terroristes qui se sont développés en Afrique Subsaharienne ou au Moyen-Orient. En tenant compte de ces informations qui aurait pu penser le moindre instant que la Libye allait devenir un Etat démocratique et prospère ?

Que faire maintenant ?

Ce rappel des faits historiques nous conduise naturellement à évoquer la question qui choque aujourd’hui. Ces images de migrants vendus aux enchères pour une poignée de dinars sont intolérables pour quiconque ayant  une estime de la vie et de la dignité humaine. Le gouvernement de Tripoli a annoncé ne pas avoir eu connaissance de telles pratiques. Une enquête devrait être ouverte contre des actes inhumains mais le mal est déjà fait. Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, n’a pas mâché ses mots en évoquant la question des migrants situés en Libye :

« la communauté internationale ne peut continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye et prétendre que la situation ne peut être réglée qu’en améliorant les conditions de détention. La politique de l’UE consistant à aider les gardes côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants est inhumaine »

En effet, en vertu de récents accords, les migrants arrêtés en pleine traversée sont effectivement renvoyés en Afrique du Nord, notamment en Libye, où ils sont accueillis dans des conditions ignobles et inhumaines. Rappelons que des violences étaient déjà pratiquées sur les migrants dès 2011 dans les zones contrôlées par les rebelles. Ces actes ne sont donc pas anodins, et devraient constituer, en suivant la logique occidentale, une intervention rapide au nom des droits de l’Homme. Dans ce contexte, de simples mots et de simples dénonciations ne suffiront pas à enlever le mal qui a été fait. Ce fléau de l’esclavage est malheureusement encore présent dans d’autres pays africains, et pour l’instant rien ne semble être fait pour que ces pratiques d’un autre temps cessent une bonne fois pour toute.

100 ans après certains faits oubliés de la Révolution russe

 

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Il y a cent ans, les Bolcheviks, Lénine à leur tête, prenaient le pouvoir en Russie. Cette révolution populaire allait changer le cours du pays, et du monde, pour les décennies à venir. Le premier pouvoir ouvrier au monde était né, et il entendait marquer les esprits dès le début.

Les premiers décrets, approuvés par le Congrès des Soviets, ne tardaient pas à être promulgués. Le premier d’entre eux concernait la guerre qui faisait rage en Europe depuis 1914 ; par le décret sur la paix, la nouvelle Russie cessait les hostilités avec l’Allemagne. S’en suivaient les décrets distribuant la terre aux paysans, nationalisant les industries, et déclarant la « souveraineté des peuples de Russie ».

Il ne sera pas ici question de revenir sur toute l’Histoire de l’URSS, mais de se concentrer sur trois points, qui ont marqué l’histoire de l’URSS et qui sont trop souvent oubliés, à savoir que la révolution russe fut aussi une révolution féministe, que l’URSS a grandement contribué à la victoire sur le fascisme durant la seconde guerre mondiale, enfin qu’elle aura été d’une aide généreuse envers les mouvements de libération nationale et les pays progressistes.

  •  Une révolution féministe

Cette révolution ouvrière et socialiste fut aussi à tout égard une révolution féministe, à une époque où l’inégalité entre hommes et femmes était monnaie courante. Le 8 mars 1921 Lénine décrétait, en hommage aux ouvrières de Saint-Pétersbourg, la journée internationale de la femme, mondialement célébrée aujourd’hui.

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Alexandra Kollontaï, Commissaire du peuple à la Protection sociale

Mais le gouvernement soviétique, avec en son sein la première femme ministre : Alexandra Kollontai (Commissaire du peuple à la protection sociale), alla beaucoup plus loin dans les droits accordés à la gente féminine : droit de vote, droit au divorce, lutte contre l’analphabétisme qui touchait alors 80% des femmes. Le 16 septembre 1918 est crée le code de la famille, et le 18 novembre 1920 le décret qui autorise l’avortement est promulgué. Les congés maternité, ainsi que l’égalité salariale entre hommes et femmes sont également décrétés.

Des réformes qui, encore aujourd’hui, sont impensables dans certains pays prétendument plus avancés que la Russie soviétique.

  • L’URSS, vainqueur de la seconde guerre mondiale

Si aujourd’hui notre vision du monde, et de la seconde guerre mondiale a quelque peu changé, dans le mesure où nous considérons, en majorité, que ce sont les Etats-Unis qui ont le plus contribué à la défaite de l’Allemagne nazie, la perception des choses était différente à l’époque.

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L’URSS a subi des pertes considérables, avec près de 26 millions de morts, le pays se place en effet en tête du classement des Nations ayant eu le plus de victimes. Stalingrad fut sans aucun doute le tournant de la Seconde guerre mondiale ; lorsqu’en 1943, après une résistance héroïque, les soviétiques parvenaient à défaire les armées à Allemande et à amorcer une contre attaque. Ce serait le point de départ de la chute du IIIème Reich et de la défaite d’Hitler.

L’armée rouge allait libérer une grande partie de l’Europe, et les forces nazies envoyées sur le front russe peuvent laisser présager l’issue de la guerre si l’URSS n’avait pas été la. Pour s’en rendre compte il suffit simplement de voir la difficulté qu’on connu les résistants et les troupes qui ont débarqué, et d’imaginer ensuite ce qu’il en aurait été avec des millions de soldats nazis en renforts sur le front ouest. Il ne s’agit donc pas de nier le rôle que d’autres armées ont pu avoir, notamment les troupes américaines, mais de réhabiliter celui de l’URSS qui se plaça en rempart du fascisme à l’image des autres Partis communistes.

Quelques années plus tôt, lorsqu’en 1936 éclatait la guerre d’Espagne opposant fascistes et républicains, c’était déjà l’URSS qui était venue au secours de la République espagnole. Face à la timidité des démocraties occidentales, la France et le Royaume-Uni notamment qui, au nom d’une prétendue neutralité, que personne ne respecta, n’intervinrent pas en Espagne, l’URSS elle envoya armes, chars, munitions et conseillers aux armées de la République. Les Brigades internationales furent créées à cette occasion, permettant à des milliers d’hommes et de femmes communistes, socialistes, républicains, démocrates des quatre coins du monde de venir combattre contre le fascisme.

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Le gouvernement du Front populaire français, Léon Blum a sa tête, se décidera finalement à aider, discrètement, les combattants espagnols. Laissant passer armes et munitions, et ouvrant la frontière aux brigades internationales. Mais ce ne sera pas suffisant. Tandis que le camp démocrate regardait l’Espagne sombrer, les pays fascistes n’hésitèrent pas à envoyer troupes, armes, et avions en nombre. Franco sortait finalement vainqueur de la guerre d’Espagne, et allait s’en suivre, pour celle-ci, près de 40 ans de dictature.

L’URSS, malgré les hésitations du début du conflit, aura finalement été le seul pays a, réellement, venir en aide aux républicains, une aide insuffisante certes, mais qu’en aurait-il été si les démocraties en avaient fait de même ?

  • L’aide aux mouvements de libération nationale 

Aussitôt la seconde guerre mondiale terminée, voilà qu’un autre conflit démarrait, plus subtil, plus idéologique, plus indirect aussi : la guerre froide. Camp occidental contre camp socialiste, l’OTAN contre le Pacte de Varsovie, les Etats-Unis et leur impérialisme contre l’URSS et son internationalisme. L’URSS allait, dans ces années d’après guerre, aider nombres de mouvements de libération nationale et de pays progressistes nouvellement souverains.

Mais revenons d’abord en arrière, lorsque éclate la Révolution russe, et que le pouvoir des Soviets est en place. Dès le départ, le caractère fondamentalement internationaliste de la Révolution socialiste est annoncé et confirmé par Lénine. Ce dernier avait très bien compris que la nouvelle Russie soviétique, qui deviendrait l’URSS en 1922, ne pouvait tenir face aux armées blanches et aux forces de la finance, sans le déclenchement d’autres révolutions en Europe.

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Et les événements, dans les mois qui suivaient la Révolution russe, allaient en ce sens. En Allemagne d’abord, où Lénine plaçait une bonne partie de ces espoirs, une révolution éclatait menée par la Ligue Spartakiste de Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg. La révolte s’achevait dans le sang et  les deux leaders étaient sauvagement assassinés après cet épisode révolutionnaire. En dépit de l’échec de la prise du pouvoir à Berlin, en Bavière, le 7 avril 1919, la République des conseils de Bavière était proclamée, elle ne durerait, elle aussi, que quelques semaines, écrasée par l’armée allemande le 3 mai 1919.

Un peu plus tôt, en Hongrie, le 21 mars 1919, la République des conseils de Hongrie était proclamée par Bela Kun. Sur le modèle de la nouvelle Russie, la République des soviets Hongrois allait se dresser face aux impérialistes pendant près de 143 jours, avant de finir écrasée, comme celle de Bavière, par les armées occidentales.

Après la seconde guerre mondiale, allaient se multiplier les guerres de décolonisation et de libération nationale. Des mouvements émergeaient dans le monde entier pour faire valoir le droit de chaque peuple à l’auto-détermination. En Amérique latine, en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique l’aide soviétique fut précieuse. D’abord pour les mouvements, puis pour les pays progressistes et socialistes qui recevaient de l’URSS et du camp socialiste, armes, argent, matériels et conseillers.

Chaque mouvement socialiste, chaque nouveau pays progressiste, chaque guérilla marxiste était un moyen de plus de lutter contre l’impérialisme nord-américain qui, de son côté, n’hésitait pas à renverser, déjà, des pays progressistes et des gouvernements démocratiques. Le coup d’Etat chilien de 1973, où le général Pinochet, soutenu par la CIA renversa le pouvoir populaire et démocratique de Salvador Allende, restera, pour le peuple chilien, et la gauche internationale, un drame et une plaie à jamais ouverte.

L’aide soviétique sera bénéfique pour de nombreux pays : l’Egypte de Nasser, la Chine populaire, du moins durant les premières années, la Cuba socialiste, ou la Syrie baasiste bénéficieront des largesses soviétiques à l’instar de toute nation se dressant contre l’impérialisme.

Avec la chute du camp socialiste à la fin des années 80, c’est toute une croyance qui allait s’effondrer, c’est aussi une nouvelle période qui s’ouvrait, laissant l’impérialisme américain promouvoir son mode de vie, et sa vision politique et économique. Une ère unilatérale que certains pays, tels que la Chine et la Russie, voudraient aujourd’hui voir s’achever pour faire place à un monde multipolaire.

Répression en Catalogne

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Ce weekend, l’Espagne a montré un bien triste visage au monde entier, et au peuple catalan en particulier, en réprimant massivement le mouvement démocratique souhaitant participer au référendum sur l’autodétermination de la Catalogne. Des scènes qui ne sont pas sans rappelées les pires heures de la dictature franquiste qui a dirigé le pays d’une main de fer entre 1939 et 1975.

Les volontés d’autodétermination du peuple catalan ne datent pas d’hier, et la région a d’ailleurs un statut particulier. Outre la langue catalane, beaucoup plus parlée que l’espagnol, la Catalogne possède aussi ses propres institutions comme un Parlement, élu au suffrage universel.

Il ne sera pas, ici, question des modalités d’indépendance, ou d’autodétermination du peuple catalan, chacun ayant une opinion divergente sur le sujet, à l’image de la gauche espagnole qui oscille entre une volonté d’indépendance pour cette région, et un souhait d’une région plus autonome dans le cadre d’une République fédérale.

A titre d’exemple voici le communiqué de nos camarades des Jeunes communistes espagnols, traduit par le site l’Avant-Garde :

« DEVANT LA BRUTALE RÉPRESSION DU RÉGIME CONTRE LE PEUPLE CATALAN  »

Devant la répression brutale déployée aujourd’hui par les forces de sécurité de l’État pour empêcher la tenue d’un référendum d’autodétermination en Catalogne, la Jeunesse communiste déclare :

Nous montrons tout notre soutien au peuple catalan qui est sorti aujourd’hui pour exercer le droit démocratique au vote et qui, de ce fait, a été sauvagement réprimé.

Nous réitérons l’engagement des communistes pour le droit à l’autodétermination et pour la célébration d’un référendum contraignant qui permette l’expression des Catalan-es.

Le régime a de nouveau montré qu’il ne peut offrir que répression et autoritarisme. Le déploiement policier d’aujourd’hui rappelle celui de l’époque décadente du franquisme, laissant pour le moment derrière lui plus de 700 blessés.

Il est nécessaire d’aborder l’ouverture d’un processus constituant, qui n’affronte pas uniquement la question catalane, mais qui change tout ce qui doit être changé et mette l’État au service de la majorité sociale. La classe travailleuse doit être protagoniste de ce processus.

Nous soutenons, comme il ne saurait en être autrement, les mobilisations qui surgissent actuellement en différents points de l’État. Le moyen de renverser le régime une bonne fois pour toute est la mobilisation massive.
¡No pasarán!

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Une répression brutale 

Face à ce mouvement populaire, et démocratique, la réponse du gouvernement de Madrid, dirigé par le chef de file de la droite espagnole, Mariano Rajoy, fut cinglante : une répression violente envers des personnes pacifistes. Arguant du prétexte que ce référendum n’avait pas été validé par la justice, le gouvernement espagnol a déployé toute la barbarie dont il est capable sur un peuple simplement désireux d’exercer l’un des droits les plus fondamentales dans une démocratie : le droit de vote.

Les images et vidéos ont tourné en boucle ce weekend, celles de femmes, d’hommes, de personnes âgées le visage ensanglanté, où celles de personnes évacuées de forces des bureaux de vote et brutalement matraquées, au total plusieurs centaines de blessés sont à répertorier.

Pourtant, étrangement, aucune trace du qualificatif de régime autoritaire ou de dictature, ce qui est scandaleux dans certains pays, ne l’est pas dans d’autres et la France, comme bon nombres d’autres pays européens n’a pas pris la peine de condamner fermement ces actes d’une violence inouïe.

Maintenant, imaginons les mêmes scènes dans des pays habituellement haïs par les médias dominants et les gouvernement européens. Imaginons la même répression en Russie, en Chine, à Cuba, où au Venezuela et tâchons de voir quelles réactions auraient eu toute ces élites bien-pensantes. A n’en pas douter elles auraient été bien différentes, des sanctions diplomatiques, voir économiques, des condamnations sur la scène internationale et surtout des mots qui reviendraient dans tous les journaux : dictature, régime autoritaire, voir totalitaire. Le président de la République bolivarienne du Venezuela, Nicolas Maduro, ne s’sest d’ailleurs pas trompé en dénonçant vivement le gouvernement espagnol (1). Un gouvernement qui n’avait pas hésité à qualifier le Venezuela de dictature suite à la convocation d’une Assemblée Constituante par le gouvernement bolivarien pour que le peuple puisse s’exprimer par les urnes (Venezuela : poursuivre la Révolution).

La répression organisée par le gouvernement espagnol pose de nouvelles questions quant aux institutions espagnoles. Corruption généralisée, droits sociaux bafoués, système électoral qui favorise le pouvoir en place, peuvent sans doute expliquer la montée des volontés indépendantistes et des partis de gauche, tel que Podemos,qui revendiquent, à raison, une nouvelle Espagne. A l’instar de nos camarades communistes espagnols, nous pensons que le futur de l’Espagne passera par l’abolition de la Monarchie et la proclamation de la République.


(1) : « Qui est le dictateur ? » :  Nicolas Maduro torpille Mariano Rajoy pour la répression en Catalogne.

Venezuela : poursuivre la Révolution

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C’est une claque magistrale que vient d’infliger le peuple vénézuélien à tous ceux qui pensaient que la Révolution bolivarienne était sur le point de s’achever. Près de 8 millions de personnes se sont ainsi déplacés ce dimanche 30 juillet afin de voter pour le projet de l’Assemblée Nationale Constituante, convoqué par le Président Maduro. Avec cette victoire, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), et ses alliés, ont montré leur maturité face à une opposition de plus en plus violente, et n’hésitant pas à user d’assassinats contre des militants et des élus de gauche. Plutôt que de tomber dans l’escalade de la violence, les dirigeants vénézuéliens ont choisi de remettre leur destin entre les mains du seul décisionnaire du pays : le peuple.

Cette victoire permet, certes, de consolider la Révolution, mais elle va surtout permettre d’ouvrir un large cadre de débats afin d’établir la prochaine Constitution et d’améliorer celle actuellement en place, instaurée par le Commandant Hugo Chavez. En somme, résoudre les erreurs qu’a pu commettre la Révolution bolivarienne, tout en garantissant une fin des conflits par la paix et la négociation. Bien-sûr il n’a pas fallu longtemps pour que l’opposition d’extrême-droite et les Etats-Unis contestent ce résultat, ils l’avaient d’ailleurs déjà fait avant même le scrutin.

Malgré la fin de la guerre froide il y a près de 30 ans, jamais les Etats-Unis n’ont renoncé à renverser tout gouvernement progressiste ou socialiste d’Amérique Latine. Coup d’Etat, assassinats, déstabilisations, financement d’une opposition armée, attentats, tout moyen est bon pour obtenir la fin d’un dirigeant ayant choisi de placer les intérêts de son peuple avant ceux de la finance internationale. Déjà en 2002 l’opposition avait tenté un coup d’Etat militaire, mettant en prison le Président de l’époque Hugo Chavez. C’était sans compter sur la vigilance du peuple vénézuélien qui était parvenu à faire libérer Hugo Chavez en manifestant par millions dans les rues du pays.

Rien de surprenant donc à ce que les Etats-Unis aient pris de nouvelles sanctions à l’égard du pouvoir en place et ne cessent de soutenir une opposition violente et armée, qualifiée de démocratique, du moment qu’elles luttent contre un pouvoir ne partageant pas les mêmes intérêts que l’Oncle Sam. En France, lorsque qu’une personne prend les armes et tue civils, policiers ou militaires cela s’appelle du terrorisme, une définition semble-t-il variable suivant de quel bord se trouvent les dirigeants de tel ou tel pays. Pourtant les exemples sont nombreux, et le fait que le Venezuela soit la première puissance en terme de réserve de pétrole aurait dû en alerter plus d’un sur les volontés impérialistes du voisin Nord-Américain qui rêve de revenir à la situation d’avant Chavez, où les bénéfices du pétrole revenaient en grande partie aux multinationales américaines.

PUEBLO

Approfondir le processus révolutionnaire

Cette nouvelle étape dans la Révolution Bolivarienne doit amener dirigeants et base populaire à continuer dans cette voie révolutionnaire. Tout n’est pas parfait au Venezuela, loin de là, mais quel pays peut se vanter d’être parfait ? Certes le gouvernement vénézuélien a sans doute fait des erreurs, vouloir baser l’économie entière du pays sur le pétrole en était une, ne pas prendre au sérieux le désir de vengeance de l’oligarchie, après 18 ans de Révolution, en fut une autre.

Malgré les sanctions internationales et des déstabilisations, les avancées du Venezuela Bolivarien sont considérables et reconnues de tous. Des avancées démocratiques avec l’instauration du référendum révocatoire permettant de destituer tout élu- y compris le Président- si le peuple le souhaite, la mise en place d’une démocratie participative pour qu’à chaque échelon de décision, le peuple puisse exprimer ses revendications. Mais c’est surtout au niveau social que la Révolution Bolivarienne a agi en profondeur. Réduction drastique de la pauvreté, éradication de l’analphabétisme, augmentation des salaires, des retraites, construction de logements sociaux sur tout le territoire. De plus, l’entretien d’excellentes relations avec le pays frère Cuba a permis au peuple vénézuélien de bénéficier des soins et des aides des médecins cubains, souvent situés dans les zones les plus pauvres, là où les médecins locaux refusaient d’exercer. Pratiquant des soins gratuits, les médecins cubains ont également formé des milliers de vénézuéliens, améliorant de fait considérablement le système de santé de la Patrie de Chavez.

Avec cette nouvelle victoire dans les urnes, le gouvernement et le peuple vénézuélien se sont donnés les moyens d’approfondir la Révolution. N’en déplaise à ceux qui voulaient voir le gouvernement chuter, ou souhaitaient que la violence l’emporte sur la paix, cette victoire, saluée par tous les pays progressistes d’Amérique latine, montre que s’en remettre à une décision populaire est la plus révolutionnaire des décisions. Il est quand même incroyable qu’un pays soit diffamé de la sorte, pour avoir convoqué son peuple aux urnes, alors que dans le même temps, le gouvernement français use de la politique des ordonnances pour faire passer des lois antipopulaires sans débats.

Certains diront que la Révolution n’est pas allé assez vite, ni assez loin. Mais pour l’heure, face aux menaces putschistes de l’extrême-droite vénézuélienne, rappelant les pires heures de l’Amérique latine, celle de la dictature militaire argentine, ou celle de Pinochet, pantin de la CIA et qui avait renversé le gouvernement socialiste, démocratiquement élu, de Salvador Allende, les progressistes doivent affirmer leur solidarité envers le processus révolutionnaire bolivarien.