Soutien à la Révolution Bolivarienne

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Une fois de plus, la Révolution Bolivarienne est menacée. Et cette fois la menace semble plus réelle que jamais. Il y a quelques jours, déjà, un petit groupe issu de l’armée avait tenté de fomenter un coup d’Etat contre le gouvernement légitime. Très vite cette poignée de militaires avait été démasquée et arrêtée par les autorités.

De quels droits certaines nations s’arrogent-elles le droit de s’ingérer, une fois de plus, dans les affaires vénézuéliennes ? C’est que ce doit être un pays important car il ne cesse de faire, ces derniers temps, l’actualité. A y regarder de plus près, et pour ceux qui l’ignoreraient, le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde. Des réserves de pétroles dont les bénéfices ne sont malheureusement pas destinés aux compagnies américaines. Si l’on ajoute à cela que le gouvernement vénézuélien est un gouvernement socialiste, les raisons sont suffisantes pour comprendre d’une part cette acharnement médiatique, d’autre part cette tentative de coup d’Etat

Mercredi 23 janvier dernier, en effet, Juan Guaido, opposant du gouvernement légitime de Maduro, et président de l’Assemblée nationale, s’est autoproclamé président du Venezuela. Il a été immédiatement reconnu par Washington. Cela fait des années que les Etats-Unis souhaitent voir la fin de la Révolution Bolivarienne par le biais de différents moyens. Et tandis qu’ils ont déjà réussi dans d’autres pays de cette région a fomenté des coups de forces et des destitutions de gouvernements progressistes, le Venezuela continue de résister.

Les forces nationales bolivariennes- l’armée vénézuélienne- ainsi que les organisations sociales, mais plus généralement la majorité du peuple, ont réaffirmé leur soutien au gouvernement et à la Révolution Bolivarienne. La question qui va désormais se poser est de savoir ce qui se passera au cas où l’administration américaine décidait d’une intervention militaire directe, ou indirecte. Washington peut se sentir pousser des ailes de part l’élection de Jair Bolsonaro au Brésil, voisin du Venezuela, et de part la présence  d’un gouvernement allié en Colombie également juste à côté du Venezuela.

De l’autre côté, le Venezuela a reçu le soutien des pays socialistes et progressistes de la région , Cuba, le Nicaragua, la Bolivie, l’Uruguay, le Mexique ou encore le Salvador. Mais il a également reçu le soutien de nombreux pays qui pèsent sur la scène internationale : la Chine, la Turquie, l’Iran, la Syrie ainsi que la Russie. Cette dernière a d’ailleurs prévenu les Américains de ne pas tenter quoi que ce soit contre le gouvernement légitime, tandis que Vladimir Poutine a, personnellement,  réaffirmé, au téléphone, son soutien à Maduro.

Cette tentative de coup d’Etat n’est ainsi qu’une énième tentative de mettre fin à la Révolution par des secteurs qui n’ont jamais accepté la redistribution des richesses, l’alphabétisation de tous, et l’instauration d’une démocratie participative. Car il faut voir comment était le Venezuela avant l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez. La Révolution Bolivarienne a rendu sa dignité au peuple vénézuélien. Une dignité que l’impérialisme veut éradiquer, lui qui ne supporte pas qu’un pays soit libre, digne, souverain et indépendant.

Les progressistes du monde entier devraient se sentir solidaire du gouvernement socialiste et de la Révolution bolivarienne, car les états progressistes sont de plus en plus rares dans le monde, et il est de notre devoir de défendre chacun d’entre eux.

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Pauvre Brésil

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Manifestation de femmes contre le candidat d’extrême droite à la présidentielle au Brésil, Jair Bolsonaro, à Rio de Janeiro le 29 septembre 2018 Photo : AFP

Comme prévu le Brésil a basculé vers un avenir incertain. En élisant Jair Bolsonaro avec 55,1% des voix, le peuple brésilien ouvre la porte à un nostalgique de la dictature militaire aux propos qui font froid dans le dos. Lui qui promet de nettoyer le Brésil de ce qu’il nomme les « marginaux rouges » va donc pouvoir diriger le plus grand pays d’Amérique latine pendant quatre années.

Et elles vont être longues ces années pour tous ceux s’étant opposés au candidat de l’extrême-droite. Les militants syndicalistes, associatifs, politiques mais aussi les minorités, et bien-sûr les plus démunis. Bolsonaro est l’incarnation parfaite d’un nationalisme à outrance mais aussi d’un ultralibéralisme assumé. Ce n’est pas un hasard si les marchés financiers brésiliens se sont réjouis à l’annonce des résultats, ni qu’il soit soutenu par les élites économiques de ce pays. Et que dire des médias et des chefs de gouvernement qui désormais s’offusquent de l’élection de Jair Bolsonaro mais qui hier ne trouvaient rien à dire à l’emprisonnement de Lula et à la destitution de Dilma Rousseff. 

Avec Bolsonaro, allié de Washington et de Donald Trump, c’en est fini du Brésil qui, par le biais notamment des BRICS- groupement de pays réunissant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud- donnait un espoir d’un monde multipolaire, où la superpuissance des Etats-Unis, caractérisée notamment par la Banque mondiale et le FMI, prendrait fin. C’en est aussi fini de la solidarité avec les pays d’Amérique latine et tout un processus qui avait été mis en oeuvre visant à la coopération entre les Nations progressistes de ce continent. 

La sécurité fut l’une des obsessions de cette campagne. Et nul doute que ce thème sera l’un des principaux durant la durée de son mandat. En effet, Jair Bolsonaro, veut mettre au pas les gangs qui sévissent dans les favelas. Mais ce n’est pas en autorisant les citoyens à avoir des armes, ni en autorisant la police à tuer que le problème se réglera. Or avec ses solutions très radicales et directes Bolsonaro risque d’embraser un pays qui, avec près de 60 000 homicides par an, n’a pas besoin de cela. 

De son côté, avec plus de 45 millions d’électeurs, Fernando Haddad, candidat du Parti des travailleurs (PT) n’a pas à rougir de sa campagne. Au contraire. Débutée très tardivement, le 11 septembre dernier, il aura tenté, en vain, d’inverser la courbe, s’appuyant notamment sur le bilan social du PT qui, sous les mandats de Lula et de Dilma Rousseff, aura permis à des millions de personnes de sortir de la pauvreté. Dans sa déclaration juste après la proclamation des résultats, Fernando Haddad a appelé le nouveau pouvoir à respecter ses électeurs et donc la démocratie. Une démocratie désormais fébrile. 

Brésil : fascisme ou progrès ? L’heure du choix

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L’heure est grave. Avec plus de 46% des votes du premier tour, Bolsonaro est en position de force pour remporter les élections générales lors du second tour, qui se déroulera le 27 octobre prochain.

Ce candidat de l’oligarchie, d’extrême-droite, a su attirer vers lui un grand nombre d’électeurs soucieux et attentifs de la thématique de la sécurité évoquée par le candidat du Parti social-libéral et soutenue par une multitude de partis de droite.

Ce nostalgique de la dictature militaire qui a gouverné au Brésil pendant plus de vingt ans entre 1964 et 1985 (Brésil : la nostalgie de la dictature) n’a pas caché son intention de donner une place plus importante aux militaires. Ses propos ont de quoi inquiéter et préoccuper, surtout lorsqu’il déclare que : « l’erreur de la dictature a été de torturer sans tuer ». C’était en 2016 à la radio brésilienne, et il semble que ses militants n’hésitent pas à s’inscrire dans la même perspective que lui. En témoignent les nombreuses violences perpétrées par certains à l’encontre des militants de gauche du Brésil après le résultat des élections.

Avec 46,03 % des voix Jair Bolsonaro devance de plus de 17 points le candidat de la gauche, membre du Parti des travailleurs, Fernando Haddad, et qui a succédé à Lula après que celui-ci ait été empêché de faire campagne et de se présenter (voir : Brésil : l’espoir d’un peuple). Derrière donc Fernando Haddad recueille 29,28 % des suffrages exprimés. Ciro Gomes, candidat du Parti démocratique travailliste (centre-gauche) complète le podium avec 12,47 % des voix. En tout 13 candidats ont pris part à cette élection.

Dès l’annonce des résultats l’ensemble des progressistes ont compris que ce qui se passe au Brésil est dangereux. Pour le pays, mais aussi pour la région. Ce qui se passe en Amérique latine, depuis plusieurs années, n’est pas anodin. Les gouvernements progressistes et socialistes qui y ont été élu subissent des attaques de plus en plus violentes de la part d’une droite revancharde, avec la bénédiction des nord-américains. Le Brésil avait été l’un des premiers pays à basculer à gauche au début des années 2000 avec l’élection, puis la réélection de Lula. Son rôle de grande puissance régionale, économique et politique est indéniable. Son poids international l’est tout autant. Depuis 2009 le Brésil est membre des BRICS, regroupant initialement le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et- depuis 2011- l’Afrique du Sud. Ces cinq pays, puissances émergentes (Inde, Chine, Brésil), ancienne puissance retrouvant son rang (Russie) et puissance régionale (Afrique du Sud) ont, par leur coopération, commencé à poser les bases d’un monde où les États-Unis n’auraient plus la prééminence. L’élection de Jair Bolsonaro, allié fidèle des américains, pourrait remettre en cause tout le travail effectué depuis plusieurs années.

Lancé dans la bataille pour le second tour, Fernando Haddad cherche des soutiens dans toutes les couches de la société, parmi tout ceux qui réfutent l’idée qu’un fasciste prenne le pouvoir au Brésil.

Pour l’heure, immédiatement après la déclaration des résultats, Ciro Gomes (PDT) a annoncé son ralliement au duo formé par Haddad et Manuela D’Avila. D’autres n’ont pas eu ce courage. Ainsi le candidat du Parti social-démocrate brésilien, Geraldo Alckmin, a annoncé qu’il ne se ralliera à aucun des deux candidats. Sans doute estime-t-il que Bolsonaro et Fernando Haddad peuvent être mis sur un pied d’égalité.

Pour sa part, le Parti communiste brésilien (PCB), qui a soutenu Guilherme Boulos, candidat du Parti socialisme et liberté, au sein d’une coalition de plusieurs partis, et qui a recueilli 0,58 % des voix, a, dans un communiqué (Communiqué du Parti communiste du Brésil), annoncé son ralliement critique à Fernando Haddad.

Cette position ; résumé par cette phrase dans le communiqué du Parti communiste brésilien : « En raison de son expérience historique, le PCB ne sous-estime pas le fascisme, c’est pourquoi, malgré toutes les divergences que nous n’avons jamais manqué d’exposer publiquement, nous appelons pour le second tour à un vote critique en faveur du candidat du PT) », pourrait, en effet être le cas de plusieurs millions de brésiliens se plaçant à gauche, ou à droite du candidat du Parti des travailleurs, celle d’un soutien critique. Leur vote est d’abord une réponse unitaire et antifasciste face à un réel danger qui guette le Brésil.

Mais au-delà de ça, Fernando Haddad, et sa colistière Manuela d’Avila, membre du Parti communiste du Brésil (PcoB) représentent un réel espoir pour tous ceux ayant déjà bénéficié des projets sociaux mis en place par Lula et par Dilma. D’un côté le progrès social et l’assurance de mesures favorables au peuple. De l’autre, un ultra-libéral, admirateur de la dictature militaire, raciste, sexiste et homophobe.

Ce dernier a d’ailleurs vu récemment son conseiller économique, Paulo Guedes, pressenti pour être le futur ministre de l’économie de Bolsonaro en cas de victoire de celui-ci, être mis en cause dans une affaire de corruption.

Le 27 octobre prochain lors du second tour le peuple brésilien aura un choix à faire. Le progrès ou la réaction.

Élections brésiliennes : l’espoir d’un peuple

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Le 7 octobre prochain le peuple brésilien aura l’occasion de mettre fin à ce qui n’aurait jamais dû arriver. A savoir l’imposture du gouvernement, dirigé par la droite et arrivé au pouvoir après un coup d’état institutionnel, en 2016, contre la Présidente élue Dilma Rousseff, digne héritière de Lula. A eux deux, ils peuvent se targuer d’avoir sorti de la pauvreté des millions de personnes via les nombreux programmes sociaux, destinés entre autres à l’éducation, à la santé ou au logement, mis en place entre 2003 et 2016.

L’espoir aurait pu être de nouveau Lula. L’ancien président souhaitait, en effet, revenir. Et toute la gauche brésilienne n’attendait que lui pour repartir de l’avant avec le  progrès social. Mais voilà, devant son incontestable popularité, le pouvoir brésilien, pris de panique, n’a pas hésité à enfermer Lula en prison, sans aucune preuve ni fondement viable. Pour autant ce dernier n’a pas renoncé à son droit légitime à se présenter à l’élection de son pays. Une candidature rendue possible d’abord par les sondages, qui le donnaien largement en tête, mais aussi par l’ONU qui, le 17 août dernier, par le biais d’un comité d’experts, déclarait que Lula devait être autorisé à se présenter à l’élection. Mais le pouvoir de droite est tenace, et n’a pas cédé sur ce point.

Alors l’avenir du peuple brésilien passera par ce duo formé de Fernando Haddad et de Manuela d’Avila. Le premier est né en en 1963, membre du Parti des travailleurs et est le candidat déclaré depuis le 11 septembre dernier. Auparavant il fut Ministre de l’Education entre 2005 et 2012 sous les mandats de Lula et de Dilma Rousseff, puis maire de la ville de São Paulo entre 2013 et 2017. La seconde est journaliste, née en 1981, et membre du Parti communiste du Brésil. Ensemble il forme ce duo inédit représentant deux forces majeures de la gauche brésilienne. Un ticket qui pourrait bien raviver la flamme révolutionnaire dans un pays essentiel de l’Amérique latine de par sa taille, son économie et sa population.

Surtout une victoire de la gauche marquerait un coup d’arrêt à la contre-offensive impérialiste, réactionnaire et bourgeoise à l’oeuvre dans tous les pays où les forces progressistes et révolutionnaires ont pu accéder au pouvoir en Amérique centrale et en Amérique du Sud au cours de ces dernières années (voir : Et Maintenant le Nicaragua).

Face à eux se dresse le candidat de l’extrême-droite brésilienne, soutenu par tous les secteurs privés de l’économie ne souhaitant en aucun cas un retour de la gauche aux affaires politiques du pays. Mais Jair Bolsonaro, candidat du Parti social-libéral, a déjà vu une grande partie de son avance fondre depuis l’annonce de la candidature de Fernando Haddad et de Manuela d’Avila.                                                                                                            D’ailleurs, selon une récente enquête d’opinion publiée lundi dernier, Fernando Haddad sortirait vainqueur, au second tour, s’il était opposé au candidat de l’extrême-droite. Or, d’après ce même sondage, Jair Bolsonaro est donné en tête du premier tour, suivi de près par le candidat du Parti des travailleurs.

Pour rappel le premier tour des élections aura lieu le 7 octobre, et le second tour  le 28 octobre prochain. Rien n’est encore fait mais l’ascension fulgurante du successeur de Lula, parti de loin dans les intentions de vote en raison de son entrée tardive dans la campagne, ne peut qu’être de bon augure pour la suite.

Poursuivre les processus révolutionnaires

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La victoire du peuple vénézuélien le 15 octobre dernier lors des élections régionales du pays a soulagé une grande partie du mouvement révolutionnaire, notamment d’Amérique latine, qui essuyait depuis quelques temps des défaites au profit d’une droite revancharde financée par les Etats-Unis. En donnant une large majorité au Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV- Parti du président Nicolas Maduro) le peuple vénézuélien donne par la même un nouveau souffle à la Révolution bolivarienne. Ainsi, sur les 23 Etats qui composent le Venezuela, 18 ont été remportés par le PSUV, contre 5 pour la droite, dont une partie n’a pas manqué, comme à son habitude, de contester les résultats.

La question de la couverture médiatique

Une fois n’est pas coutume, les principaux médias français, et européens, qui avaient dépeint le régime vénézuélien comme autoritaire et dictatorial, n’ont cette fois-ci pas émis de trop sévères critiques vis à vis de cette élection. Certes, certains « bien-pensants » y sont allés de leurs petits mots pour critiquer la Révolution, mais si l’on compare aux élections de l’Assemblée Constituante (voir : Venezuela, poursuivre la Révolution) la couverture médiatique a été totalement différente.

Pourquoi deux élections, dans le même pays, et remportées par le même Parti, ont-t-elles été traitées de manière différente ? La réponse est simple. Lors de l’élection de l’Assemblée Constituante, la droite vénézuélienne, soutenue par tous les médias dominants, malgré le fait qu’elle soit à l’origine des violences dans le pays, avait appelé à ne pas prendre part au vote. A partir de ce moment là, il était donc évident que, n’appelant pas à voter, la droite ne pouvait être que perdante, et donc les médias avaient tout le loisir à dépeindre ce vote populaire en plébiscite pour le gouvernement socialiste vénézuélien.

La différence notable avec ces élections régionales, est que lors de cette échéance électorale, la droite participait activement au processus. Pire, quelques jours à peine, avant les élections, elle était sûre de l’emporter, portée par des sondages qui prédisaient une rafle des Etats par l’opposition. Quelle ne fut pas la désillusion pour la contre-révolution à l’annonce des résultats, quand le mouvement populaire semblait reprendre de toute sa vigueur et infligeait une claque à tous ceux voyant avec enthousiasme la fin du « chavisme ».

Problème, comme une partie de la droite, a reconnu la défaite, il est de fait plus dur de porter un jugement négatif sur ces élections, d’autant plus que de nombreux observateurs internationaux avaient été conviés pour garantir le bon déroulement du scrutin.

Une victoire porteuse d’un nouveau souffle

Bien que concernant en premier lieu le Venezuela, cette victoire de la gauche est signe d’un nouvel espoir pour toute l’Amérique latine qui voit un retour aux affaires des forces de la finance, n’hésitant pas à user de tous les moyens possibles pour retrouver le pouvoir. Violences au Venezuela, destitution illégale au Brésil, répression du mouvement ouvrier en Argentine, aucun pays voulant mener une autre politique n’échappe au giron de l’impérialisme américain, toujours persuadé que cette région du monde constitue son « arrière-cour », selon la théorie de Monroe de 1823.

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Fort heureusement, certains pays résistent toujours à ces déstabilisations et entendent continuer à mener les politiques bénéfiques pour leur peuple. Une volonté qui leur vaut d’ailleurs le privilège d’être vus comme des pays dangereux par l’impérialisme. La Bolivie d’Evo Morales, le Venezuela de Maduro ou encore le Nicaragua d’Ortega poursuivent ce rêve d’une Amérique latine où les peuples seraient souverains, libérés de la finance internationale.

Malgré les déstabilisations, qui rappellent des heures sombres de l’histoire du Nicaragua, notamment lorsque les Etats-Unis finançaient les ignobles « contras », le gouvernement populaire, soutenu par le peuple dans les diverses élections, a toujours su répondre de manière démocratique aux menaces américaines. C’est fort d’un bilan social qui a sorti des millions de Nicaraguayens de la pauvreté, développant éducation et infrastructures médicales, que le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) à remporté, dimanche 5 novembre, les élections municipales du pays, à une très forte majorité.

Une victoire que d’autres peuples n’ont pas eu la chance de connaître. En Argentine, malgré le désastre du néolibéralisme mis en place par le président Mauricio Macri, et les graves atteintes au droit de l’homme, commises depuis son arrivée au pouvoir, sa coalition a remporté, le 22 octobre dernier, les élections législatives du pays. Malgré l’élection de l’ancienne président Cristina Kirchner au Sénat, l’opposition de gauche n’a pas réussie à surfer sur la vague de protestation qui traverse la pays.

Inculquer une conscience de classe

L’occasion de s’interroger sur les millions de personnes qui, en bénéficiant des programmes sociaux des gouvernements progressistes, ont vu leur niveau de vie s’élever et n’ont par la suite plus accordé leur vote à ceux qui leur ont permis de vivre mieux.

Marx avait défini  la conscience de classe comme le fait d’être conscient d’appartenir à une classe sociale, le prolétariat pour la majorité de la population. D’ailleurs cette conscience, et la lutte des classes, sont deux théories très bien assimilées par la classe des possédants. Warren Buffet avait déclaré, à ce sujet, il y quelques années : « c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner ». Preuve en est, s’il en fallait une, de la réalité de la lutte de classe, et de la nécessité de la conscience de classe.

Problème : comment des personnes ayant participé avec enthousiasme aux différents processus populaires et progressistes d’Amérique Latine, et ayant largement profité des mesures des gouvernements, ont-ils pu à un moment donné changer de fusil d’épaule et passer du côté obscur ?

Sans doute influencés par une désinformation constante, cela montre aussi l’importance de l’éducation d’un peuple. La conscience d’appartenir à une classe sociale, celle des opprimés, celle des travailleurs, et donc la nécessité de mener la lutte des classes ne doit pas disparaître dès lors que sa situation personnelle s’améliore. Or, à l’image de ce qui s’est passé au Brésil, en Argentine, ou au Venezuela, certains ont très vite oublié la situation économique et sociale dans laquelle ils se trouvaient, avant les réformes des gouvernements progressistes, pour donner leur voix, ou soutenir, le retour au pouvoir d’une droite hystérique.

Le mouvement populaire révolutionnaire n’est pas mort en Amérique latine, bien au contraire les partis et mouvements de gauche continuent d’être présents, sur tous les fronts. Mais ces dernières années ont bel et bien été marquées par le retour de la droite, aidée, et financée par les Etats-Unis, dans le seul but de faire tomber les pays ne souhaitant pas revenir dans l’orbite nord-américain.

Venezuela : poursuivre la Révolution

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C’est une claque magistrale que vient d’infliger le peuple vénézuélien à tous ceux qui pensaient que la Révolution bolivarienne était sur le point de s’achever. Près de 8 millions de personnes se sont ainsi déplacés ce dimanche 30 juillet afin de voter pour le projet de l’Assemblée Nationale Constituante, convoqué par le Président Maduro. Avec cette victoire, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), et ses alliés, ont montré leur maturité face à une opposition de plus en plus violente, et n’hésitant pas à user d’assassinats contre des militants et des élus de gauche. Plutôt que de tomber dans l’escalade de la violence, les dirigeants vénézuéliens ont choisi de remettre leur destin entre les mains du seul décisionnaire du pays : le peuple.

Cette victoire permet, certes, de consolider la Révolution, mais elle va surtout permettre d’ouvrir un large cadre de débats afin d’établir la prochaine Constitution et d’améliorer celle actuellement en place, instaurée par le Commandant Hugo Chavez. En somme, résoudre les erreurs qu’a pu commettre la Révolution bolivarienne, tout en garantissant une fin des conflits par la paix et la négociation. Bien-sûr il n’a pas fallu longtemps pour que l’opposition d’extrême-droite et les Etats-Unis contestent ce résultat, ils l’avaient d’ailleurs déjà fait avant même le scrutin.

Malgré la fin de la guerre froide il y a près de 30 ans, jamais les Etats-Unis n’ont renoncé à renverser tout gouvernement progressiste ou socialiste d’Amérique Latine. Coup d’Etat, assassinats, déstabilisations, financement d’une opposition armée, attentats, tout moyen est bon pour obtenir la fin d’un dirigeant ayant choisi de placer les intérêts de son peuple avant ceux de la finance internationale. Déjà en 2002 l’opposition avait tenté un coup d’Etat militaire, mettant en prison le Président de l’époque Hugo Chavez. C’était sans compter sur la vigilance du peuple vénézuélien qui était parvenu à faire libérer Hugo Chavez en manifestant par millions dans les rues du pays.

Rien de surprenant donc à ce que les Etats-Unis aient pris de nouvelles sanctions à l’égard du pouvoir en place et ne cessent de soutenir une opposition violente et armée, qualifiée de démocratique, du moment qu’elles luttent contre un pouvoir ne partageant pas les mêmes intérêts que l’Oncle Sam. En France, lorsque qu’une personne prend les armes et tue civils, policiers ou militaires cela s’appelle du terrorisme, une définition semble-t-il variable suivant de quel bord se trouvent les dirigeants de tel ou tel pays. Pourtant les exemples sont nombreux, et le fait que le Venezuela soit la première puissance en terme de réserve de pétrole aurait dû en alerter plus d’un sur les volontés impérialistes du voisin Nord-Américain qui rêve de revenir à la situation d’avant Chavez, où les bénéfices du pétrole revenaient en grande partie aux multinationales américaines.

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Approfondir le processus révolutionnaire

Cette nouvelle étape dans la Révolution Bolivarienne doit amener dirigeants et base populaire à continuer dans cette voie révolutionnaire. Tout n’est pas parfait au Venezuela, loin de là, mais quel pays peut se vanter d’être parfait ? Certes le gouvernement vénézuélien a sans doute fait des erreurs, vouloir baser l’économie entière du pays sur le pétrole en était une, ne pas prendre au sérieux le désir de vengeance de l’oligarchie, après 18 ans de Révolution, en fut une autre.

Malgré les sanctions internationales et des déstabilisations, les avancées du Venezuela Bolivarien sont considérables et reconnues de tous. Des avancées démocratiques avec l’instauration du référendum révocatoire permettant de destituer tout élu- y compris le Président- si le peuple le souhaite, la mise en place d’une démocratie participative pour qu’à chaque échelon de décision, le peuple puisse exprimer ses revendications. Mais c’est surtout au niveau social que la Révolution Bolivarienne a agi en profondeur. Réduction drastique de la pauvreté, éradication de l’analphabétisme, augmentation des salaires, des retraites, construction de logements sociaux sur tout le territoire. De plus, l’entretien d’excellentes relations avec le pays frère Cuba a permis au peuple vénézuélien de bénéficier des soins et des aides des médecins cubains, souvent situés dans les zones les plus pauvres, là où les médecins locaux refusaient d’exercer. Pratiquant des soins gratuits, les médecins cubains ont également formé des milliers de vénézuéliens, améliorant de fait considérablement le système de santé de la Patrie de Chavez.

Avec cette nouvelle victoire dans les urnes, le gouvernement et le peuple vénézuélien se sont donnés les moyens d’approfondir la Révolution. N’en déplaise à ceux qui voulaient voir le gouvernement chuter, ou souhaitaient que la violence l’emporte sur la paix, cette victoire, saluée par tous les pays progressistes d’Amérique latine, montre que s’en remettre à une décision populaire est la plus révolutionnaire des décisions. Il est quand même incroyable qu’un pays soit diffamé de la sorte, pour avoir convoqué son peuple aux urnes, alors que dans le même temps, le gouvernement français use de la politique des ordonnances pour faire passer des lois antipopulaires sans débats.

Certains diront que la Révolution n’est pas allé assez vite, ni assez loin. Mais pour l’heure, face aux menaces putschistes de l’extrême-droite vénézuélienne, rappelant les pires heures de l’Amérique latine, celle de la dictature militaire argentine, ou celle de Pinochet, pantin de la CIA et qui avait renversé le gouvernement socialiste, démocratiquement élu, de Salvador Allende, les progressistes doivent affirmer leur solidarité envers le processus révolutionnaire bolivarien.

Brésil : coup d’Etat institutionnel

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Il fallait s’y attendre, la chambre des députés du Brésil a finalement votée la destitution de la Présidente, légitime et démocratiquement élue, Dilma Rouseff. Je ne vais pas revenir sur le contexte brésilien, et la division de la société brésilienne entre d’une part la droite, les élites, la bourgeoisie, la finance appuyés par l’impérialisme américain, et d’autre part les classes populaires, les forces syndicales, associatives, politiques de gauche, ainsi que les mouvements des sans-terres. Concernant cela j’avais rédigé un article il y a quelques jours : En défense de la démocratie brésilienne .

Je vais donc essayer de ne pas répéter ce qui a déjà été dis que ce soit sur ce blog où sur d’autres sites. A mon sens il est important de revenir sur ceux qui sont entrain d’organiser ce coup d’Etat institutionnel, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. C’est la droite brésilienne qui tente de renverser le gouvernement, et notamment le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) qui était jusqu’à récemment l’allié du Parti des travailleurs (PT), au gouvernement.

Qu’un Parti et des mouvements de droites veuillent critiquer un gouvernement et s’opposer à ses lois, c’est normal et ça s’appelle la démocratie. Le problème intervient lorsque ces mêmes mouvements tentent de renverser un gouvernement démocratiquement élu, il faut le marteler, et légitime de surcroît. D’autant plus lorsqu’on sait que ces personnes avaient soutenu les dictateurs brésiliens qui s’illustraient il y a encore quelques dizaines d’années par des crimes, des arrestations, et des tortures- l’actuelle présidente Dilma Rousseff avait d’ailleurs été torturé à l’époque alors qu’elle résistait à la dictature en 1970.

Mais tâchons de nous éloigner de la situation brésilienne à proprement parlé et de voir cela au vue de la situation internationale actuelle. Ainsi, le Brésil fait partie du groupe de pays qu’on appelle par leurs acronymes BRICS- pour Brasil, Russia, India, China, South Africa. Ces pays considérés pour la plupart comme des Nations émergentes représentent un réel d’espoir d’un monde multipolaire. Multipolaire dans le sens où les Etats-Unis ne domineraient pas et seraient soumis à une vive concurrence international, comme au temps de la guerre froide et de l’URSS.

Le Brésil est donc un membre important, de par sa taille, de par sa population et même de par de son économie- même si depuis quelques temps celle-ci est en difficulté. Il est  non seulement une puissance et un moteur régional, en Amérique latine avec les autres nations progressistes, mais également au niveau mondial. Ainsi, il y a peu les BRICS ont annoncé le lancement d’une Banque mondiale. Celle-ci étant principalement destinée à financer les projets des pays pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine et donc par extension à contrer l’influence de la Banque mondiale et du FMI.

On sait que ces pays commercent avec une multitude de pays en difficultés, et que, contrairement aux puissances occidentales, basent leurs échanges sur le principe du donnant-donnant. A titre d’exemple, malgré les critiques que l’on peut faire à l’encontre de la République populaire de Chine, elle oeuvre pour la construction de routes, d’écoles, de chemin de fer, d’infrastructures dans plusieurs pays défavorisés, notamment en Afrique.

C’est là que s’effectue le lien avec la possible destitution de Dilma Rousseff. Personne n’est naïf quant à l’implication de Washington dans ce coup d’Etat institutionnel, or déstabiliser un pays aussi important dans l’émergence d’un monde multipolaire n’est pas anodin. Il faudra donc surveiller avec attention le vote du Sénat et les suites de cette affaire de destitution de la Présidente. Il y a fort à parier qu’en cas de retour de la droite au pouvoir au Brésil, la coopération de ce dernier avec les autres pays composant les BRICS cesse.