Poursuivre les processus révolutionnaires

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La victoire du peuple vénézuélien le 15 octobre dernier lors des élections régionales du pays a soulagé une grande partie du mouvement révolutionnaire, notamment d’Amérique latine, qui essuyait depuis quelques temps des défaites au profit d’une droite revancharde financée par les Etats-Unis. En donnant une large majorité au Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV- Parti du président Nicolas Maduro) le peuple vénézuélien donne par la même un nouveau souffle à la Révolution bolivarienne. Ainsi, sur les 23 Etats qui composent le Venezuela, 18 ont été remportés par le PSUV, contre 5 pour la droite, dont une partie n’a pas manqué, comme à son habitude, de contester les résultats.

La question de la couverture médiatique

Une fois n’est pas coutume, les principaux médias français, et européens, qui avaient dépeint le régime vénézuélien comme autoritaire et dictatorial, n’ont cette fois-ci pas émis de trop sévères critiques vis à vis de cette élection. Certes, certains « bien-pensants » y sont allés de leurs petits mots pour critiquer la Révolution, mais si l’on compare aux élections de l’Assemblée Constituante (voir : Venezuela, poursuivre la Révolution) la couverture médiatique a été totalement différente.

Pourquoi deux élections, dans le même pays, et remportées par le même Parti, ont-t-elles été traitées de manière différente ? La réponse est simple. Lors de l’élection de l’Assemblée Constituante, la droite vénézuélienne, soutenue par tous les médias dominants, malgré le fait qu’elle soit à l’origine des violences dans le pays, avait appelé à ne pas prendre part au vote. A partir de ce moment là, il était donc évident que, n’appelant pas à voter, la droite ne pouvait être que perdante, et donc les médias avaient tout le loisir à dépeindre ce vote populaire en plébiscite pour le gouvernement socialiste vénézuélien.

La différence notable avec ces élections régionales, est que lors de cette échéance électorale, la droite participait activement au processus. Pire, quelques jours à peine, avant les élections, elle était sûre de l’emporter, portée par des sondages qui prédisaient une rafle des Etats par l’opposition. Quelle ne fut pas la désillusion pour la contre-révolution à l’annonce des résultats, quand le mouvement populaire semblait reprendre de toute sa vigueur et infligeait une claque à tous ceux voyant avec enthousiasme la fin du « chavisme ».

Problème, comme une partie de la droite, a reconnu la défaite, il est de fait plus dur de porter un jugement négatif sur ces élections, d’autant plus que de nombreux observateurs internationaux avaient été conviés pour garantir le bon déroulement du scrutin.

Une victoire porteuse d’un nouveau souffle

Bien que concernant en premier lieu le Venezuela, cette victoire de la gauche est signe d’un nouvel espoir pour toute l’Amérique latine qui voit un retour aux affaires des forces de la finance, n’hésitant pas à user de tous les moyens possibles pour retrouver le pouvoir. Violences au Venezuela, destitution illégale au Brésil, répression du mouvement ouvrier en Argentine, aucun pays voulant mener une autre politique n’échappe au giron de l’impérialisme américain, toujours persuadé que cette région du monde constitue son « arrière-cour », selon la théorie de Monroe de 1823.

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Fort heureusement, certains pays résistent toujours à ces déstabilisations et entendent continuer à mener les politiques bénéfiques pour leur peuple. Une volonté qui leur vaut d’ailleurs le privilège d’être vus comme des pays dangereux par l’impérialisme. La Bolivie d’Evo Morales, le Venezuela de Maduro ou encore le Nicaragua d’Ortega poursuivent ce rêve d’une Amérique latine où les peuples seraient souverains, libérés de la finance internationale.

Malgré les déstabilisations, qui rappellent des heures sombres de l’histoire du Nicaragua, notamment lorsque les Etats-Unis finançaient les ignobles « contras », le gouvernement populaire, soutenu par le peuple dans les diverses élections, a toujours su répondre de manière démocratique aux menaces américaines. C’est fort d’un bilan social qui a sorti des millions de Nicaraguayens de la pauvreté, développant éducation et infrastructures médicales, que le Front Sandiniste de Libération Nationale (FSLN) à remporté, dimanche 5 novembre, les élections municipales du pays, à une très forte majorité.

Une victoire que d’autres peuples n’ont pas eu la chance de connaître. En Argentine, malgré le désastre du néolibéralisme mis en place par le président Mauricio Macri, et les graves atteintes au droit de l’homme, commises depuis son arrivée au pouvoir, sa coalition a remporté, le 22 octobre dernier, les élections législatives du pays. Malgré l’élection de l’ancienne président Cristina Kirchner au Sénat, l’opposition de gauche n’a pas réussie à surfer sur la vague de protestation qui traverse la pays.

Inculquer une conscience de classe

L’occasion de s’interroger sur les millions de personnes qui, en bénéficiant des programmes sociaux des gouvernements progressistes, ont vu leur niveau de vie s’élever et n’ont par la suite plus accordé leur vote à ceux qui leur ont permis de vivre mieux.

Marx avait défini  la conscience de classe comme le fait d’être conscient d’appartenir à une classe sociale, le prolétariat pour la majorité de la population. D’ailleurs cette conscience, et la lutte des classes, sont deux théories très bien assimilées par la classe des possédants. Warren Buffet avait déclaré, à ce sujet, il y quelques années : « c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner ». Preuve en est, s’il en fallait une, de la réalité de la lutte de classe, et de la nécessité de la conscience de classe.

Problème : comment des personnes ayant participé avec enthousiasme aux différents processus populaires et progressistes d’Amérique Latine, et ayant largement profité des mesures des gouvernements, ont-ils pu à un moment donné changer de fusil d’épaule et passer du côté obscur ?

Sans doute influencés par une désinformation constante, cela montre aussi l’importance de l’éducation d’un peuple. La conscience d’appartenir à une classe sociale, celle des opprimés, celle des travailleurs, et donc la nécessité de mener la lutte des classes ne doit pas disparaître dès lors que sa situation personnelle s’améliore. Or, à l’image de ce qui s’est passé au Brésil, en Argentine, ou au Venezuela, certains ont très vite oublié la situation économique et sociale dans laquelle ils se trouvaient, avant les réformes des gouvernements progressistes, pour donner leur voix, ou soutenir, le retour au pouvoir d’une droite hystérique.

Le mouvement populaire révolutionnaire n’est pas mort en Amérique latine, bien au contraire les partis et mouvements de gauche continuent d’être présents, sur tous les fronts. Mais ces dernières années ont bel et bien été marquées par le retour de la droite, aidée, et financée par les Etats-Unis, dans le seul but de faire tomber les pays ne souhaitant pas revenir dans l’orbite nord-américain.

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Venezuela : poursuivre la Révolution

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C’est une claque magistrale que vient d’infliger le peuple vénézuélien à tous ceux qui pensaient que la Révolution bolivarienne était sur le point de s’achever. Près de 8 millions de personnes se sont ainsi déplacés ce dimanche 30 juillet afin de voter pour le projet de l’Assemblée Nationale Constituante, convoqué par le Président Maduro. Avec cette victoire, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), et ses alliés, ont montré leur maturité face à une opposition de plus en plus violente, et n’hésitant pas à user d’assassinats contre des militants et des élus de gauche. Plutôt que de tomber dans l’escalade de la violence, les dirigeants vénézuéliens ont choisi de remettre leur destin entre les mains du seul décisionnaire du pays : le peuple.

Cette victoire permet, certes, de consolider la Révolution, mais elle va surtout permettre d’ouvrir un large cadre de débats afin d’établir la prochaine Constitution et d’améliorer celle actuellement en place, instaurée par le Commandant Hugo Chavez. En somme, résoudre les erreurs qu’a pu commettre la Révolution bolivarienne, tout en garantissant une fin des conflits par la paix et la négociation. Bien-sûr il n’a pas fallu longtemps pour que l’opposition d’extrême-droite et les Etats-Unis contestent ce résultat, ils l’avaient d’ailleurs déjà fait avant même le scrutin.

Malgré la fin de la guerre froide il y a près de 30 ans, jamais les Etats-Unis n’ont renoncé à renverser tout gouvernement progressiste ou socialiste d’Amérique Latine. Coup d’Etat, assassinats, déstabilisations, financement d’une opposition armée, attentats, tout moyen est bon pour obtenir la fin d’un dirigeant ayant choisi de placer les intérêts de son peuple avant ceux de la finance internationale. Déjà en 2002 l’opposition avait tenté un coup d’Etat militaire, mettant en prison le Président de l’époque Hugo Chavez. C’était sans compter sur la vigilance du peuple vénézuélien qui était parvenu à faire libérer Hugo Chavez en manifestant par millions dans les rues du pays.

Rien de surprenant donc à ce que les Etats-Unis aient pris de nouvelles sanctions à l’égard du pouvoir en place et ne cessent de soutenir une opposition violente et armée, qualifiée de démocratique, du moment qu’elles luttent contre un pouvoir ne partageant pas les mêmes intérêts que l’Oncle Sam. En France, lorsque qu’une personne prend les armes et tue civils, policiers ou militaires cela s’appelle du terrorisme, une définition semble-t-il variable suivant de quel bord se trouvent les dirigeants de tel ou tel pays. Pourtant les exemples sont nombreux, et le fait que le Venezuela soit la première puissance en terme de réserve de pétrole aurait dû en alerter plus d’un sur les volontés impérialistes du voisin Nord-Américain qui rêve de revenir à la situation d’avant Chavez, où les bénéfices du pétrole revenaient en grande partie aux multinationales américaines.

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Approfondir le processus révolutionnaire

Cette nouvelle étape dans la Révolution Bolivarienne doit amener dirigeants et base populaire à continuer dans cette voie révolutionnaire. Tout n’est pas parfait au Venezuela, loin de là, mais quel pays peut se vanter d’être parfait ? Certes le gouvernement vénézuélien a sans doute fait des erreurs, vouloir baser l’économie entière du pays sur le pétrole en était une, ne pas prendre au sérieux le désir de vengeance de l’oligarchie, après 18 ans de Révolution, en fut une autre.

Malgré les sanctions internationales et des déstabilisations, les avancées du Venezuela Bolivarien sont considérables et reconnues de tous. Des avancées démocratiques avec l’instauration du référendum révocatoire permettant de destituer tout élu- y compris le Président- si le peuple le souhaite, la mise en place d’une démocratie participative pour qu’à chaque échelon de décision, le peuple puisse exprimer ses revendications. Mais c’est surtout au niveau social que la Révolution Bolivarienne a agi en profondeur. Réduction drastique de la pauvreté, éradication de l’analphabétisme, augmentation des salaires, des retraites, construction de logements sociaux sur tout le territoire. De plus, l’entretien d’excellentes relations avec le pays frère Cuba a permis au peuple vénézuélien de bénéficier des soins et des aides des médecins cubains, souvent situés dans les zones les plus pauvres, là où les médecins locaux refusaient d’exercer. Pratiquant des soins gratuits, les médecins cubains ont également formé des milliers de vénézuéliens, améliorant de fait considérablement le système de santé de la Patrie de Chavez.

Avec cette nouvelle victoire dans les urnes, le gouvernement et le peuple vénézuélien se sont donnés les moyens d’approfondir la Révolution. N’en déplaise à ceux qui voulaient voir le gouvernement chuter, ou souhaitaient que la violence l’emporte sur la paix, cette victoire, saluée par tous les pays progressistes d’Amérique latine, montre que s’en remettre à une décision populaire est la plus révolutionnaire des décisions. Il est quand même incroyable qu’un pays soit diffamé de la sorte, pour avoir convoqué son peuple aux urnes, alors que dans le même temps, le gouvernement français use de la politique des ordonnances pour faire passer des lois antipopulaires sans débats.

Certains diront que la Révolution n’est pas allé assez vite, ni assez loin. Mais pour l’heure, face aux menaces putschistes de l’extrême-droite vénézuélienne, rappelant les pires heures de l’Amérique latine, celle de la dictature militaire argentine, ou celle de Pinochet, pantin de la CIA et qui avait renversé le gouvernement socialiste, démocratiquement élu, de Salvador Allende, les progressistes doivent affirmer leur solidarité envers le processus révolutionnaire bolivarien.

Brésil : coup d’Etat institutionnel

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Il fallait s’y attendre, la chambre des députés du Brésil a finalement votée la destitution de la Présidente, légitime et démocratiquement élue, Dilma Rouseff. Je ne vais pas revenir sur le contexte brésilien, et la division de la société brésilienne entre d’une part la droite, les élites, la bourgeoisie, la finance appuyés par l’impérialisme américain, et d’autre part les classes populaires, les forces syndicales, associatives, politiques de gauche, ainsi que les mouvements des sans-terres. Concernant cela j’avais rédigé un article il y a quelques jours : En défense de la démocratie brésilienne .

Je vais donc essayer de ne pas répéter ce qui a déjà été dis que ce soit sur ce blog où sur d’autres sites. A mon sens il est important de revenir sur ceux qui sont entrain d’organiser ce coup d’Etat institutionnel, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. C’est la droite brésilienne qui tente de renverser le gouvernement, et notamment le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) qui était jusqu’à récemment l’allié du Parti des travailleurs (PT), au gouvernement.

Qu’un Parti et des mouvements de droites veuillent critiquer un gouvernement et s’opposer à ses lois, c’est normal et ça s’appelle la démocratie. Le problème intervient lorsque ces mêmes mouvements tentent de renverser un gouvernement démocratiquement élu, il faut le marteler, et légitime de surcroît. D’autant plus lorsqu’on sait que ces personnes avaient soutenu les dictateurs brésiliens qui s’illustraient il y a encore quelques dizaines d’années par des crimes, des arrestations, et des tortures- l’actuelle présidente Dilma Rousseff avait d’ailleurs été torturé à l’époque alors qu’elle résistait à la dictature en 1970.

Mais tâchons de nous éloigner de la situation brésilienne à proprement parlé et de voir cela au vue de la situation internationale actuelle. Ainsi, le Brésil fait partie du groupe de pays qu’on appelle par leurs acronymes BRICS- pour Brasil, Russia, India, China, South Africa. Ces pays considérés pour la plupart comme des Nations émergentes représentent un réel d’espoir d’un monde multipolaire. Multipolaire dans le sens où les Etats-Unis ne domineraient pas et seraient soumis à une vive concurrence international, comme au temps de la guerre froide et de l’URSS.

Le Brésil est donc un membre important, de par sa taille, de par sa population et même de par de son économie- même si depuis quelques temps celle-ci est en difficulté. Il est  non seulement une puissance et un moteur régional, en Amérique latine avec les autres nations progressistes, mais également au niveau mondial. Ainsi, il y a peu les BRICS ont annoncé le lancement d’une Banque mondiale. Celle-ci étant principalement destinée à financer les projets des pays pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine et donc par extension à contrer l’influence de la Banque mondiale et du FMI.

On sait que ces pays commercent avec une multitude de pays en difficultés, et que, contrairement aux puissances occidentales, basent leurs échanges sur le principe du donnant-donnant. A titre d’exemple, malgré les critiques que l’on peut faire à l’encontre de la République populaire de Chine, elle oeuvre pour la construction de routes, d’écoles, de chemin de fer, d’infrastructures dans plusieurs pays défavorisés, notamment en Afrique.

C’est là que s’effectue le lien avec la possible destitution de Dilma Rousseff. Personne n’est naïf quant à l’implication de Washington dans ce coup d’Etat institutionnel, or déstabiliser un pays aussi important dans l’émergence d’un monde multipolaire n’est pas anodin. Il faudra donc surveiller avec attention le vote du Sénat et les suites de cette affaire de destitution de la Présidente. Il y a fort à parier qu’en cas de retour de la droite au pouvoir au Brésil, la coopération de ce dernier avec les autres pays composant les BRICS cesse.