Ils ont peur, c’est bon signe !

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La possibilité de voir Jean-Luc Mélenchon présent au second tour commence à inquiéter tout ce petit monde de bien-pensants et d’oligarques qui, sans doute, prennent peur pour leurs intérêts et leurs privilèges. La peur que tout un peuple prenne conscience et prenne son destin entre ses mains en élisant un programme qui le défendra en engageant une profonde rupture démocratique, écologique et sociale.

Comme lors de la campagne de 2012, le très objectif journal du Figaro a ainsi ressorti les habituels clichés et références destinés à faire peur. « Chavez français » « Maximilien Ilitch »– en référence à Robespierre et à Lénine- tout cela en annonçant de fausses informations sur le programme afin de décrédibiliser le candidat de la France insoumise. Ce petit jeu ne date pas d’hier puisque déjà en 1981 les chars soviétiques auraient dû débarquer après la victoire de François Miterrand et la nomination de ministres communistes à son premier gouvernement. C’est donc une constante : celle de faire ressortir de vieux clichés, et de se servir du vieil-anticommunisme primaire comme celui du révolutionnaire bolchevique, le couteau entre les dents, prêt à en découdre.

Quelle personne consciente et intelligente pourrait croire à une telle propagande et se laisser influencer par de tels torchons et propos mensongers ? A l’image de Sophie de Ravinel, journaliste au Figaro qui a déclaré sur Twitter que le PCF dissimulait- ou avait dissimulé- des chars dans les sous-sols de la place du Colonel-Fabien, siège du Parti communiste français. Après de telles déclarations, qui pourrait croire au sérieux et à la sincérité de ce journal ?

Récemment une nouvelle polémique est née concernant un point spécifique du programme. Une mesure prévue consiste en effet à participer à l’ALBA- l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique- qui est un organisme de coopération développé notamment par Fidel Castro et Hugo Chavez. Je ne reviendrai pas ici sur l’action politique de ces deux grands hommes qui ont su mener des politiques de solidarité, de progrès et de justice sociale malgré la pression du voisin américain. D’ailleurs il suffit de regarder l’état de Cuba et du Venezuela lorsque les amis de ceux qui aujourd’hui dénigrent ces pays étaient au pouvoir pour se rendre compte des changements rendus possibles par l’action de ces leaders.

L’ALBA est donc un mécanisme de coopération qui n’a aucune vocation commerciale ou militaire, et qui donc dérange car le libre-échange y est prohibé. 11 pays sont membres de cette alliance : Cuba et le Venezuela donc, le Nicaragua, la Bolivie, l’Equateur, Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Grenade, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. La Russie en fut membre observateur en 2009 et actuellement quatre autres Etats jouent le rôle d’Etat observateur : Haïti, l’Iran, la Syrie et le Surinam. Il n’aura échappé à personne que, comme la Guyane n’est pas une île comme d’aucuns le pense, elle constitue notre plus grande frontière terrestre avec le Brésil. Ainsi le programme l’Avenir en commun propose que la Guyane participe à ce mécanisme de coopération qui lui serait bénéfique et s’y insère pleinement.

Cuba, Venezuela, Iran, Syrie, Bolivie : placer ces pays dans une seule et même phrase est évidemment destiné, une nouvelle fois, à faire peur aux personnes qui écoutent. D’autant plus que ceux qui, encore une fois, apportent les plus vives critiques à cette organisation, ne s’émeuvent pas que la France soit membre d’organisations où figurent des pays comme le Qatar et l’Arabie Saoudite qui comme chacun le sait sont des exemples de démocratie et de promotion des droits de la femme.

D’un autre côté, voir toute cette oligarchie prendre peur et tenter de freiner la dynamique de Jean-Luc Mélenchon a comme un goût de victoire. Car si nos chances d’être au second tour n’étaient pas réelles ils n’auraient pas pris la peine de s’en inquiéter. François Hollande est, d’ailleurs, lui aussi sorti de son silence afin de manifester son inquiétude vis à vis du candidat de la France insoumise. Une inquiétude à géométrie variable puisqu’il n’avait pas réalisé une telle sortie lorsque Marine le Pen avait prétendu que la France n’était pas responsable de la Rafle du Vél d’Hiv.

Une semaine : c’est à peu près ce qu’il nous reste afin de convaincre ceux autour de nous qui sont encore indécis, et ils sont nombreux. Tous les moyens sont bons pour cela et chaque voix sera importante tant les scores risquent d’être serrés entre les quatre qui font la course en tête. Derrière eux, Benoit Hamon voit son score baisser de jour en jour. Lui qui clamait l’unité à tout bout de champ, pourvu qu’elle se fasse à son profit, aura à porter une lourde responsabilité si au soir du 23 avril nous ne sommes pas au second tour et que, de fait, la gauche sera éliminée. Mais nul doute que nous y serons afin que commencent les jours heureux.

L’apport de Cuba à la paix mondiale

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Annoncé depuis plusieurs mois, un accord de paix a été trouvé entre d’une part le gouvernement colombien, et d’autre part l’une des plus vieilles guérilla d’Amérique latine les FARC-AP- Forces armées révolutionnaires de Colombie- Armée du peuple. Ses guérilleros sont parmi les plus anciens de l’Amérique latine, en effet la guérilla existe et combat depuis les années 60. Les FARC se revendiquent toujours du marxisme, malgré leur « séparation » avec le Parti communiste colombien, ce qui explique leur proximité idéologique avec l’ETA basque ou les kurdes du PKK.

Aujourd’hui la paix est plus proche que jamais; signé le 23 juin 2016, l’accord avec le gouvernement colombien devrait bientôt entrer en vigueur. S’il inclut que la guérilla doit déposer les armes, il comprend également plusieurs contre -parties qui seront, à n’en pas douter, favorables au peuple colombien. En effet, dans un pays où les assassinats politiques sont encore courants, le gouvernement colombien doit s’engager à assurer la sécurité des guérilleros qui voudront se reconvertir dans la vie politique. Nombreuses personnalités de gauches, de militants des droits de l’Homme, associatifs ou syndicaux ont déjà été tués ou on subi des violences. Un véritable processus de paix devra donc également régler cette question-ci, en désarmant les groupes paramilitaires.

Depuis toujours la guérilla est porteuse de revendications sociales, dont la principale est la mise en place d’une réforme agraire. Les habitants des campagnes colombiennes souffrent encore de la pauvreté, du manque d’éducation et de santé, et ceci explique parfaitement pourquoi la majorité des combattants des FARC sont issus des zones rurales, que la guérilla y est bien implantée, et qu’elle reçoit un soutien de ces populations. Depuis plusieurs années la guérilla a formulé d’autres propositions visant à sortir les populations colombiennes de la pauvreté. Ces propositions comprennent par exemple la modernisation de l’économie colombienne, et le développement du service public, l’affectation de 50% du budget national aux dépenses sociales, ou encore la protection des agriculteurs colombiens contre la concurrence internationale.

La fin des hostilités devraient également voir la naissance d’un débat visant à renvoyer les troupes américaines chez elles. La Colombie demeure toujours un valet de l’impérialisme américain et ce dernier dispose de nombreuses bases en Colombie. Si les FARC venaient à déposer les armes définitivement, leurs présences ne seraient plus justifiées, même si l’autre entité rebelle : l’Armée de Libération nationale n’a elle toujours pas déposé les armes. Quoi qu’il en soit, ce processus de paix permet une nouvelle fois de rappeler que Cuba est un acteur clé de la paix en Amérique latine et dans le monde.

Cuba : son rôle déterminant pour les peuples

Outre le fait que les négociations de paix soient placées sous l’égide de la Norvège et de Cuba, et que la signature des accords ait eu lieu à la Havane, la capitale cubaine, Cuba est depuis toujours partisan de la paix en Colombie. D’ailleurs depuis la Révolution cubaine et l’instauration de la République socialiste, Cuba demeure l’un pays acteur de la paix. Pour preuve la seule intervention étrangère cubaine, en Afrique, ne fut pas motivé par des intérêts économiques mais par la cause de l’indépendances des peuples et de la lutte contre le régime raciste de l’apartheid en Afrique du Sud. Plus récemment, Cuba a dès le début condamné les soi- disant « rebelles démocratiques et modérés » libyens et syriens en ne cessant d’appeler à la paix contre ceux qui voulaient renverser Kadhafi et ceux souhaitant toujours la mort d’El Assad.

Que ce soit au niveau de réglementation des armes à l’échelle mondiale, de la cessation de conflit, ou de la lutte contre le terrorisme, Cuba se trouve toujours parmi ceux qui défendent la paix et n’hésitent pas à condamner les Etats prônant la guerre et s’ingérant dans les affaires des autres pays. C’est donc tout naturellement que Cuba est le fer de lance de la lutte contre l’impérialisme américain, et se trouve également au premier plan de la cause palestinienne, ne cessant d’appeler à la création d’un Etat Palestinien indépendant et souverain.

La médecine cubaine est réputée de partout dans le monde. Lors de catastrophes majeurees ce sont souvent les médecins cubains les premiers sur place et les derniers à repartir, apportant avec eux tout leur savoir faire et prodiguant nombreux conseils aux médecins locaux. Dernier exemple en cas : l’envoi de médecins dans divers pays de l’Afrique de l’Ouest afin d’endiguer et d’éradiquer le virus Ebola.

Grâce à la coopération latino-américaine via les diverses organisations regroupant les Etats, telles que la CELAC, l’UNASUR, le MERCOSUR sans oublier l’ALBA, les pays bénéficient des compétences des médecins cubains qui, par internationalisme, n’hésitent pas à quitter leur famille et leur patrie pour aider des populations défavorisées dans des pays où les médecins locaux rechignent parfois à exercer dans les zones les plus reculées. Il y a quelques jours Cuba a été nommé présidente de l’Alliance des Associations de la Santé Publique des Amérique, une récompense à la hauteur du travail fourni par le gouvernement révolutionnaire de Cuba.

Dans le domaine de l’éducation, Cuba est également reconnu internationalement. D’abord parce que le système cubain est l’un des plus perfectionné au monde et de surcroît gratuit et ouvert à tous. Des milliers d’étudiants provenant ainsi de tous les continents viennent ainsi chaque année à Cuba afin d’étudier, notamment la médecine. Mais Cuba est aussi célèbre pour sa méthode d’alphabétisation « Yo si puedo »- oui je peux- qui a été exportée dans de nombreux pays d’Amérique latine, d’Asie ou d’Afrique. En Argentine, par exemple, ce sont 30 000 personnes qui ont pu apprendre à lire et à écrire grâce à Cuba. Le Nicaragua sandiniste, le Venezuela bolivarien, la Bolivie, ou encore Haïti ont aussi pu en profiter. Globalement; depuis 2002, ce sont près de 10 millions de personnes, réparties dans une trentaine de pays, qui ont pu bénéficier, gratuitement de la méthode d’alphabétisation cubaine.

L’aide et la contribution de Cuba pour la paix mondiale, et pour la solidarité entre les peuples est ancrée dans les mentalités cubaines depuis le triomphe de la Révolution et l’annonce de son caractère socialiste par Fidel Castro. Et malgré les nombreuses tentatives de déstabilisation, de renversements, les campagnes médiatiques de désinformation, les attentats sur le sol cubain, et le blocus en place depuis 1962, l’internationalisme continue de caractériser l’esprit cubain.

Brésil : coup d’Etat institutionnel

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Il fallait s’y attendre, la chambre des députés du Brésil a finalement votée la destitution de la Présidente, légitime et démocratiquement élue, Dilma Rouseff. Je ne vais pas revenir sur le contexte brésilien, et la division de la société brésilienne entre d’une part la droite, les élites, la bourgeoisie, la finance appuyés par l’impérialisme américain, et d’autre part les classes populaires, les forces syndicales, associatives, politiques de gauche, ainsi que les mouvements des sans-terres. Concernant cela j’avais rédigé un article il y a quelques jours : En défense de la démocratie brésilienne .

Je vais donc essayer de ne pas répéter ce qui a déjà été dis que ce soit sur ce blog où sur d’autres sites. A mon sens il est important de revenir sur ceux qui sont entrain d’organiser ce coup d’Etat institutionnel, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. C’est la droite brésilienne qui tente de renverser le gouvernement, et notamment le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) qui était jusqu’à récemment l’allié du Parti des travailleurs (PT), au gouvernement.

Qu’un Parti et des mouvements de droites veuillent critiquer un gouvernement et s’opposer à ses lois, c’est normal et ça s’appelle la démocratie. Le problème intervient lorsque ces mêmes mouvements tentent de renverser un gouvernement démocratiquement élu, il faut le marteler, et légitime de surcroît. D’autant plus lorsqu’on sait que ces personnes avaient soutenu les dictateurs brésiliens qui s’illustraient il y a encore quelques dizaines d’années par des crimes, des arrestations, et des tortures- l’actuelle présidente Dilma Rousseff avait d’ailleurs été torturé à l’époque alors qu’elle résistait à la dictature en 1970.

Mais tâchons de nous éloigner de la situation brésilienne à proprement parlé et de voir cela au vue de la situation internationale actuelle. Ainsi, le Brésil fait partie du groupe de pays qu’on appelle par leurs acronymes BRICS- pour Brasil, Russia, India, China, South Africa. Ces pays considérés pour la plupart comme des Nations émergentes représentent un réel d’espoir d’un monde multipolaire. Multipolaire dans le sens où les Etats-Unis ne domineraient pas et seraient soumis à une vive concurrence international, comme au temps de la guerre froide et de l’URSS.

Le Brésil est donc un membre important, de par sa taille, de par sa population et même de par de son économie- même si depuis quelques temps celle-ci est en difficulté. Il est  non seulement une puissance et un moteur régional, en Amérique latine avec les autres nations progressistes, mais également au niveau mondial. Ainsi, il y a peu les BRICS ont annoncé le lancement d’une Banque mondiale. Celle-ci étant principalement destinée à financer les projets des pays pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine et donc par extension à contrer l’influence de la Banque mondiale et du FMI.

On sait que ces pays commercent avec une multitude de pays en difficultés, et que, contrairement aux puissances occidentales, basent leurs échanges sur le principe du donnant-donnant. A titre d’exemple, malgré les critiques que l’on peut faire à l’encontre de la République populaire de Chine, elle oeuvre pour la construction de routes, d’écoles, de chemin de fer, d’infrastructures dans plusieurs pays défavorisés, notamment en Afrique.

C’est là que s’effectue le lien avec la possible destitution de Dilma Rousseff. Personne n’est naïf quant à l’implication de Washington dans ce coup d’Etat institutionnel, or déstabiliser un pays aussi important dans l’émergence d’un monde multipolaire n’est pas anodin. Il faudra donc surveiller avec attention le vote du Sénat et les suites de cette affaire de destitution de la Présidente. Il y a fort à parier qu’en cas de retour de la droite au pouvoir au Brésil, la coopération de ce dernier avec les autres pays composant les BRICS cesse.