Au cœur des Gilets Jaunes- Acte XV- Clermont-Ferrand- 23 février 2019

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Je me suis rendu pour la première fois depuis le début de ce mouvement, à la manifestation nationale des Gilets jaunes, qui était ce weekend-là à Clermont-Ferrand. L’occasion de me rendre compte par moi-même de ce qu’il en ressortait. Loin des images de casseurs qui ont beaucoup été diffusés dans les médias, j’ai surtout vu un peuple uni, et digne, qui rêve d’autres choses.

Depuis son commencent, le mouvement des Gilets Jaunes a mis un point d’honneur à ne s’affilier à aucun parti, ni aucun syndicat. C’est cela qui a sans doute rebouté beaucoup de militants qui ont eu du mal à assimiler les revendications du mouvement. Pourtant, après la publication des cahiers de revendications, qui reprenaient nombre d’idées portées à gauche, le doute s’est quelque peu estompé. Depuis, chaque weekend, les Gilets Jaunes continuent de déferler et de manifester dans toute la France démontrant que « l’essoufflement » promis par certains médias est faux et non-fondé.

« Quiconque attend une révolution sociale « pure » ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. » Lénine

Cette fois-ci, la ville de Clermont-Ferrand avait été retenu pour rassemblement national des Gilets-Jaunes. La ville s’était préparée à cela, dépensant quelques centaines de milliers d’euros afin de protéger au mieux la place de Jaude et les magasins s’y trouvant. A ce propos il est bon de rappeler avant toute chose que les violences contre les magasins n’ont absolument pas leur place. Non seulement elles contribuent à décrédibiliser, à mon sens, le mouvement, mais en plus elles sont profondément injustes. M’y étant rendu en personne, j’estimerai toutefois le nombre de casseurs à une petite poignée (la police a, en effet, compté 2 500 personnes, les organisateurs près de 5000) ne venant vraisemblablement pas de la région. Soit relativement peu si l’on compare aux chiffres de la manifestation, et surtout n’ayant aucun rapport avec le mouvement lui-même. A ce propos, une élue de la France Insoumise de Clermont-Ferrand, a demandé en Conseil municipal, pourquoi, alors que tout se déroulait bien, les manifestants ont été bloqués dans une petite rue aux alentours de la place de Jaude ? C’est d’ailleurs juste après cela que les premiers heurts ont commencé.

Mais il ne faudrait pas réduire ce samedi après-midi à cela. Les médias le font assez, dans leur large majorité. Bien au contraire. Ce que j’ai vu ce samedi-là c’était tout d’abord une manifestation organisée, calme, regroupant des personnes venues de tout horizon, marchant pour leur droit. Ce qui m’a frappé dans cette manifestation c’était à la fois la diversité des personnes présentes, on trouvait tout aussi bien des gens en famille, des syndicalistes de la CGT, de Solidaires, de FO, où des militants de partis de gauche, comme de droite, mais aussi des citoyens sans étiquettes, des retraités, des étudiants, bref la société française dans sa diversité. Et ce point est crucial, car le mouvement des Gilets Jaunes a réussi à fédérer l’ensemble d’un peuple. Et cela, pour une partie de la gauche, moi au début y compris, c’était difficile à admettre. Comme l’expliquait très bien François Ruffin dans son journal Fakir (n°87, novembre 2018-janvier 2019) « ça sentait le snobisme de gauche, qui a raison avant le peuple, sans le peuple… ».

Or, après des mois de mobilisations, que remarque-t-on ? Que non seulement le mouvement tient et perdure, mais qu’en plus il fédère désormais de larges pans de la société qui jusqu’à étaient restés sceptiques. Ce n’est pas un hasard si de plus en plus des syndicalistes et des militants des partis de gauche se joignent au mouvement. Il n’y a qu’à voir les cahiers des revendications des Gilets Jaunes pour se rendre vite compte que cela va au-delà d’un simple ras-le-bol fiscal.

Mais revenons en à la manifestation de samedi. A peine arrivés sur place, un peu en retard d’ailleurs, nous étions abordés par une dame, vêtue d’un gilet jaune, distribuant des papiers sur ce fameux RIC- le référendum d’initiative citoyenne. Une des mesures phares des Gilets Jaunes qui commence à faire son chemin. C’est à ce moment-là que je remarqua une chose à laquelle je n’avais jamais fait attention. Le nombre incroyable de revendications inscrites sur les Gilets Jaunes allant dans le sens que j’estime être le bon. Pas de « dehors les immigrés » ni de messages haineux vis-à-vis de telle ou telle communauté, mais des messages appelant à une plus grande justice sociale, une meilleure démocratie, la fin des inégalités, une meilleure répartition des richesses. Curieux pour un mouvement présenté par certains comme de droite avec des relents d’extrême-droite. Curieux de voir cette exigence de solidarité, cette exigence aussi que les nantis payent leurs impôts et contribuent à l’effort national. Curieux enfin de voir des revendications que nous portons depuis plusieurs années.

Ce jour-là à Clermont-Ferrand j’ai vu un peuple digne, un peuple dans sa diversité, qui ne se laissera pas faire et qui luttera pour ses droits.

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