Analyse des élections allemandes

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A contre courant des médias dominants qui, sous prétexte, de combattre l’extrême-droite ne font que la renforcer, en parlant systématiquement d’elle, les élections allemandes ont été, de mon point de vue plus marquée par la percée de nos camarades de die Linke ( la gauche ) que par celle des populistes de l’AFD ( Alternative fur Deutschland ), mais nous nous y attarderons un peu plus tard.

D’emblée il est important de remarquer que la grande coalition qui gouverne en Allemagne, à savoir les deux grands partis CDU et SPD sont en net recul. Ainsi le parti de l’actuelle chancelière, Angela Merkel, n’a réalisé qu’un score de 18%, perdant 5 points par rapport aux dernières élections. Même constat du côté du Parti social-démocrate, qui malgré une victoire avec 23% des suffrages exprimés, perd 6,8 points par rapport aux dernières élections. Les deux grands partis perdent donc non seulement des voix mais de fait des sièges. Ainsi, plutôt que de parler d’une percée de l’extrême-droite populiste ; il conviendrait plutôt de parler de la possibilité d’une alternative rouge-verte.

En effet, arrivés respectivement troisième et quatrième de ces élections, die Linke et les verts peuvent prétendre à une alternative crédible. Si les verts sont en légère baisse, nos camarades sont eux en net progrès  et on atteint 15,7% des suffrages. Un réel signal envoyé envoyé au peuple allemand alors que les prochaines élections législatives ne sont désormais plus très loin.

Les électeurs allemands ont ainsi sanctionné une politique qui les asphyxie depuis trop longtemps, une politique d’austérité couplée à des mesures libérales menées de conjoints par la CDU et le SPD, comme c’est le cas dans beaucoup de pays de l’union Européenne où droite et prétendue gauche n’hésitent plus à gouverner ensemble afin de faire barrage à l’émergence de forces progressistes de gauche. Or, souvent cette stratégie, en plus d’être néfaste pour les peuples, se révèlent relativement dangereuse puisqu’elles favorisent l’arrivée sur le devant de la scène des forces d’extrême-droite, voir néonazis dans certains cas.

C’est en ce sens que nous pouvons analyser la percée de de l’AfD dans un pays qui connaît mieux que quiconque les ravages de l’extrême droite. Les dirigeants de ce parti surfent bien évidemment sur l’arrivée des migrants et base leur programme sur le refus de la politique en faveur des réfugiés, tout en sachant pertinemment que ces derniers ne sont pas à l’origine des problèmes de l’Allemagne. D’ailleurs ce sont souvent des immigrés qui occupent les postes que mêmes des allemands refusent, d’où la naïveté de penser que ce sont les immigrés qui prennent le travail des allemands.

Ce ne sont pas les migrants fuyant leur pays en guerre- guerre dans lesquelles l’Allemagne n’est pas toujours exempt de tout reproche- qui baissent les salaires des allemands, adoptent des lois contraires aux intérêts populaires, ou mettent en place des politiques favorables aux banques et à la finance, tout en obéissant aux ordres de l’union européenne. Pourtant, lorsqu’on écoute les principales chaînes de télévisions ou qu’on lit les principaux journaux, les 11,5 % de cette extrême-droite, apparaissent plus important et plus spectaculaire que les 15,7 % de Die Linke.

Le score de l’autre gauche, comme certains aiment à l’appeler, n’a lui rien à voir avec un programme basé sur le rejet de l’autre. Bien au contraire, c’est en prônant la solidarité et la fraternité entre les peuples, en affirmant nos principes, tout en s’opposant fermement aux politiques libérales du gouvernement allemand, que die Linke a pu augmenter son score. Un score qui atteint même près de 24 % ( 27,3%) à Berlin-Est propulsant die Linke 1er des suffrages, alors qu’à l »inverse le score n’atteint que 10,2 % à Berlin-Ouest. Ces scores illustrent une fois de plus, s’il fallait encore des preuves, les clivages pouvant toujours perdurer même plus de 25 ans après la réunification de l’Allemagne. Cela montre aussi, dans une moindre mesure, que le système politique et économique qui existait dans la République démocratique allemande (RDA), n’était pas si terrible et terrifiant que ça puisque les scores de die Linke sont généralement plus élevés dans l’ex-RDA que dans le reste de l’Allemagne. Pour rappel, die Linke est « l’héritier » du SED- le Parti socialiste unifié de la RDA.

Ces élections en Allemagne, bien que simplement cantonnées à une ville, sont révélatrices de plusieurs choses. La première c’est que les politiques prônées par la grande alliance de la CDU et du SPD ont été vivement sanctionné par les électeurs de Berlin. La deuxième c’est que contrairement à d’autres pays, et notamment le nôtre, les voix manquantes n’ont pas toutes été adressé à l’extrême-droite, au contraire. Et la troisième c’est donc de fait qu’il existe bel et bien une alternative crédible à gauche incarnant les aspirations populaires de justice sociale et refusant la haine et la racisme. Ce sera désormais aux électeurs et aux électrices français de s’en inspirer et d’éviter le piège de l’extrême-droite.

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Rentrée politique de combat

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Comme chaque mois de Septembre, chaque année scolaire annonce, de fait, la rentrée politique. Cette année, peut-être plus que les autres, sera importante et décisive pour plusieurs raisons. D’abord et surtout, parce qu’au mois de Mai auront lieu les élections les plus importantes de notre système politique, celles qui vont nous permettre d’élire un nouveau Président, où une nouvelle Présidente.

Après la fête de l’Humanité, traditionnelle fête de la gauche mêlant politique et culture dans une atmosphère de solidarité et de fraternité entre les peuples, beaucoup d’interrogations demeurent. Quel(le) candidat(e) et quel programme pour le Parti communiste et plus généralement pour ce que certains appellent l’autre gauche ? Des interrogations qu’il va nous falloir vite résoudre tant la possibilité d’une élection avec second tour opposant la droite au Front national est de plus en plus menaçante. Une perspective effrayante pour tous ceux croyant encore en une politique juste et progressiste au service des peuples.

En attendant cela, la lutte contre la Loi travail va également occuper  beaucoup d’espace lors de ce mois de Septembre. Pour rappel, cette loi antisociale et anti-travailleurs a été adopté de force via le 49-3. Une manière pour le gouvernement de montrer une fois de plus son allégeance au monde de la finance, qu’il prétendait vouloir combattre avant 2012. Avec les syndicats et plus généralement tout le mouvement social nous allons devoir poursuivre et amplifier cette lutte. Le retrait de cette loi serait ainsi un signal fort envoyé à tous ceux étant encore indécis quant à l’existence d’un fort mouvement social, toujours à même de défendre en masse les intérêts populaires. Plus qu’un soulagement, ce serait un réel signe d’espoir pour la prochaine échéance électorale ; à n’en pas douter la suite de ce mouvement aura des répercussions sur ces dernières.

En réalité,  une candidature unie de notre gauche associée à un programme ambitieux, représente une chance pour sortir la France de l’impasse économique et politique dans laquelle elle se trouve. En effet, si l’on se réfère aux sondages qui se font de plus en plus nombreux, il est possible qu’à l’heures des présidentielles Nicolas Sarkozy, François Hollande, et Marine le Pen soient candidats, comme en 2012. Pour rappel, de 2007 à 2012, Sarkozy exerçait la fonction de Président de la République avec le bilan, et les conséquences désastreuses que nous connaissons. Hollande sort lui d’un quinquennat peut-être pire que le précédent menant une politique économique ultralibérale associée à une politique extérieure agressive et attisant la haine entre les communautés. Enfin, Marine le Pen, de par ses théories racistes et son programme économique voué à l’échec, ne peut être une solution viable pour la France. D’ailleurs, il n’y a qu’à voir la gestion des villes tenues par le Fn pour voir le désastre que cela représenterait pour la population.

Encore nous faudra-t-il paraître crédible aux yeux des français, et pour cela se mettre d’accord sur une seule candidature unie et non pas une stratégie illisible comme nous avons pu le faire lors des élections départementales où régionales.

Mais plus que le candidat, le programme aura encore plus d’importance à mon sens. Le grand questionnement lancé par le Parti communiste intitulé Que demande le peuple ? apparaît être ainsi une formidable démarche pour  faire de notre programme une demande de la base, donc nécessairement démocratique, plutôt que d’un programme qui serait imposé par le haut.

De mon point de vue, le programme de 2012 l’Humain d’Abord, doit nous servir de base puisqu’il comprenait des thématiques simples et précises et de surcroît compréhensibles de tous. Et puisqu’en cinq ans de gouvernement prétendu de gauche rien n’a changé, si ce n’est en pire, nos propositions sont toujours, et plus que jamais, d’actualités, comme c’est le cas du changement de République pour en finir avec ce système monarchique qui permet à un candidat d’arriver à l’Elysée avec un programme et de faire tout l’inverse.

Surtout, nous devrons clairement annoncé les mesures phares de notre programme, lors des rares fois où nous pourrons le faire à la télévision où à la radio. Au lieu de nous attarder sur des polémiques qui ne servent qu’a nous éloigner des vrais problèmes de ce pays, comme c’est le cas de l’actuel faux problème du burkini qui n’a de sens que de permettre d’éviter d’autres sujets beaucoup plus préoccupants.                                                                           Ainsi pour les élus de droite et de l’extrême-droite, ce débat inutile et profondément raciste, n’a qu’un seul objectif, en dehors du fait de discriminer une population, ne pas parler de leur condamnations judiciaires et des affaires en cour pour lesquelles ils devraient tous être en prison et inéligible.

Il est tellement plus simple de s’en prendre à une femme portant le voile, de l’insulter et de la condamner que d’arrêter ceux coupable de corruption, de fraude fiscales et de multiples autres affaires.

Quoiqu’il en soit, vous l’aurez compris les prochaines semaines vont être déterminantes pour l’avenir de la gauche et du mouvement social. Nous allons avoir trois objectifs primordiaux en ligne de mire à réaliser le plus rapidement possible. Dans un premier temps : présenter un programme crédible, réaliste, ambitieux et radical, dans un second temps se rassembler derrière une candidature unique et enfin réaliser cela en parallèle de la mobilisation contre la Loi travail que nous devrons amplifier.