Défendre la paix, la souveraineté et la démocratie

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Jamais les pays progressistes d’Amérique latine ne pourront donc mener des politiques au service de leurs peuples sans n’avoir a affronté les ingérences et les déstabilisations antidémocratiques. Nous n’allons pas revenir sur tous les coups d’Etat ou tentatives de coup d’Etats mais simplement sur les deux plus récents : celui au Brésil et celui au Venezuela.

Au Brésil c’est après deux votes, à l’Assemblée et au Sénat que Dilma Rousseff a été destituée pour une durer de 180 jours. Il y a donc encore un espoir que la démocratie soit respectée si au terme de ce délai Dilma garde finalement son poste. Cependant, rien que ce simple fait devrait être considéré par tous comme un coup d’Etat institutionnel, avec en sous-main la patte claire de l’impérialisme américain qui ne peut plus supporter de voir des dirigeants démocratiquement élus menés des politiques progressistes au service des peuples.

Dilma serait donc accusée d’avoir « maquillée les comptes publics » : non seulement ces accusations sont fausses et non fondées, mais de surcroît ceux qui viennent de destituer Dilma, et qui rêvent de prendre le pouvoir, sont tout simplement ceux qui n’ont pas pu arriver à leur fin par la voix démocratique. En réalité le gouvernement brésilien a fait ce que tout gouvernement a la possibilité de faire c’est à dire de compléter un budget avec l’argent d’un autre budget pour l’équilibrer. Les démocraties occidentales n’ont pas réagit à ce viol de la démocratie, montrant une nouvelle fois qu’il existe pour eux diverses formes de démocraties selon qu’elles défendent les intérêts financiers ou non.

Le pire réside sans doute dans le fait que ceux qui accusent Dilma sont en revanche clairement impliqués dans diverses affaires, notamment de corruption, et pour certains ont déjà été condamnés. Qu’importe, pour la bourgeoisie brésilienne il était temps que l’ère du Parti des travailleurs cesse après avoir sorti des dizaines de millions de personnes de la pauvreté via de vastes programmes sociaux. Les élites brésiliennes n’avaient en revanche sans doute pas prévu l’importances des manifestations en défense de la Présidente et de la démocratie. Ce sont ainsi succédé plusieurs démonstrations de forces des différents mouvements sociaux, ceux des sans-terres, ceux des peuples autochtones, les partis de gauche, les syndicats ainsi que de multiples associations, afin de s’opposer au coup d’Etat.

La République bolivarienne du Venezuela connaît elle aussi, depuis sa proclamation, de multiples ingérences et déstabilisations violentes et antidémocratiques. Cette fois-ci l’opposition dispose de la majorité à l’Assemblée et semble déterminer a vouloir en finir avec un idéal qui a permit a des millions de personnes de sortir de la pauvreté, de s’instruire, de se soigner ou de se loger, ou tout simplement de s’émanciper. Depuis quelques semaines, encouragée par le Président américain, qui a déclaré souhaité un changement de gouvernement au Venezuela, la droite a repris le chemin de la violence et de la haine.

Face à cette nouvelle tentative de renversement d’un gouvernement démocratique, face aux pénuries organisées par les secteurs de la bourgeoisie possédant encore du pouvoir économique, et face aux appels à une intervention armée extérieure, associés à une campagne médiatique qui s’est transformée en véritable croisade anti-chaviste, le président Nicolas Maduro a décrété l’Etat d’exception afin de ramener la paix.

Ces phénomènes ne concernent pas seulement le Brésil et le Venezuela, mais plus généralement tous les pays progressistes d’Amérique latine ainsi que tous ceux refusant de se soumettre aux Etats-Unis. Il faut malgré tout noter que depuis quelques semaines les droites latinos-américaines sont de plus en plus revanchardes et rêvent de reprendre un pouvoir qu’elles ont perdu par le jeu de la démocratie. Peut-être que les peuples ne se rendent pas compte immédiatement de ce qui est en jeu, mais à en voir la situation du peuple argentin depuis l’arrivée au pouvoir d’un néolibéral, il y a fort à parier pour que cette expérience ne se reproduise plus.

L’empreinte de Washington est à chaque fois présente, directement ou indirectement. Ce que les Etats-Unis considéraient il y a encore quelques dizaines d’années comme leur jardin, est désormais constitué en grande partie de gouvernements qui refusent d’être à la botte de leur impérialisme. Surtout il y a un enjeu économique d’ampleur pour les américains qui ne peuvent tolérer que ce soit désormais des pays comme la Russie ou la Chine qui aient le monopole du commerce avec les pays d’Amérique latine. De manière général tous les pays, plus ou moins anti-impérialistes, ou qui dans un passé assez proche étaient opposé aux Etats-Unis, ont beaucoup plus de facilité à commercer entre eux ; c’est ce qui explique pourquoi il y a des rapprochements et des alliances passées entre des pays comme Cuba, l’Iran, la Russie, la Chine, l’Afrique du Sud, l’Algérie, ou bien le Viêt Nam. Pourtant lorsqu’on y regarde de plus près ils n’ont ni tous la même idéologie, ni les mêmes systèmes, simplement ce désir commun de favoriser l’émergence d’un monde multipolaire à l’opposé de l’unilatéralisme américain. Et dans cette lutte le Brésil et le Venezuela figurent en première ligne, d’où sans doute une autre explication aux tentatives de renversement de leurs dirigeants.

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