Brésil : coup d’Etat institutionnel

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Il fallait s’y attendre, la chambre des députés du Brésil a finalement votée la destitution de la Présidente, légitime et démocratiquement élue, Dilma Rouseff. Je ne vais pas revenir sur le contexte brésilien, et la division de la société brésilienne entre d’une part la droite, les élites, la bourgeoisie, la finance appuyés par l’impérialisme américain, et d’autre part les classes populaires, les forces syndicales, associatives, politiques de gauche, ainsi que les mouvements des sans-terres. Concernant cela j’avais rédigé un article il y a quelques jours : En défense de la démocratie brésilienne .

Je vais donc essayer de ne pas répéter ce qui a déjà été dis que ce soit sur ce blog où sur d’autres sites. A mon sens il est important de revenir sur ceux qui sont entrain d’organiser ce coup d’Etat institutionnel, parce que c’est bien de cela qu’il s’agit. C’est la droite brésilienne qui tente de renverser le gouvernement, et notamment le Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB) qui était jusqu’à récemment l’allié du Parti des travailleurs (PT), au gouvernement.

Qu’un Parti et des mouvements de droites veuillent critiquer un gouvernement et s’opposer à ses lois, c’est normal et ça s’appelle la démocratie. Le problème intervient lorsque ces mêmes mouvements tentent de renverser un gouvernement démocratiquement élu, il faut le marteler, et légitime de surcroît. D’autant plus lorsqu’on sait que ces personnes avaient soutenu les dictateurs brésiliens qui s’illustraient il y a encore quelques dizaines d’années par des crimes, des arrestations, et des tortures- l’actuelle présidente Dilma Rousseff avait d’ailleurs été torturé à l’époque alors qu’elle résistait à la dictature en 1970.

Mais tâchons de nous éloigner de la situation brésilienne à proprement parlé et de voir cela au vue de la situation internationale actuelle. Ainsi, le Brésil fait partie du groupe de pays qu’on appelle par leurs acronymes BRICS- pour Brasil, Russia, India, China, South Africa. Ces pays considérés pour la plupart comme des Nations émergentes représentent un réel d’espoir d’un monde multipolaire. Multipolaire dans le sens où les Etats-Unis ne domineraient pas et seraient soumis à une vive concurrence international, comme au temps de la guerre froide et de l’URSS.

Le Brésil est donc un membre important, de par sa taille, de par sa population et même de par de son économie- même si depuis quelques temps celle-ci est en difficulté. Il est  non seulement une puissance et un moteur régional, en Amérique latine avec les autres nations progressistes, mais également au niveau mondial. Ainsi, il y a peu les BRICS ont annoncé le lancement d’une Banque mondiale. Celle-ci étant principalement destinée à financer les projets des pays pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine et donc par extension à contrer l’influence de la Banque mondiale et du FMI.

On sait que ces pays commercent avec une multitude de pays en difficultés, et que, contrairement aux puissances occidentales, basent leurs échanges sur le principe du donnant-donnant. A titre d’exemple, malgré les critiques que l’on peut faire à l’encontre de la République populaire de Chine, elle oeuvre pour la construction de routes, d’écoles, de chemin de fer, d’infrastructures dans plusieurs pays défavorisés, notamment en Afrique.

C’est là que s’effectue le lien avec la possible destitution de Dilma Rousseff. Personne n’est naïf quant à l’implication de Washington dans ce coup d’Etat institutionnel, or déstabiliser un pays aussi important dans l’émergence d’un monde multipolaire n’est pas anodin. Il faudra donc surveiller avec attention le vote du Sénat et les suites de cette affaire de destitution de la Présidente. Il y a fort à parier qu’en cas de retour de la droite au pouvoir au Brésil, la coopération de ce dernier avec les autres pays composant les BRICS cesse.

Israël provoque la Syrie

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Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a une fois de plus créer une vive polémique en affirmant lors du conseil des Ministres d’Israël que la partie du Plateau du Golan occupé par Israël « restera pour toujours dans les mains d’Israël ».

Pour la première fois un conseil des Ministres se tenait sur le plateau du Golan, ce qui en soit était déjà une provocation faîte à la République Arabe Syrienne.

Historiquement la région appartient en effet à la Syrie, et n’est tombée aux mains de l’Etat Hébreux qu’en 1967 à la suite de la guerre des 6 jours. Le plateau du Golan est alors occupé par l’armée israélienne avant d’être officiellement annexé en 1981. Naturellement jamais la Syrie n’a accepté une telle annexion qui par ailleurs constitue une violation de la souveraineté selon le droit international.

Les deux Nations n’ont d’ailleurs jamais signées la paix et la question du Golan semble avoir été remise sur la table des litiges après ces déclarations. En effet la Syrie n’entend pas rester impassible, et elle l’a fait savoir par le biais de son Ambassadeur à l’ONU ainsi que par la voix de son Vice-Ministre des affaires étrangères qui a déclaré à ce titre qu’ils ( le gouvernement syrien )  » seraient prêts à tout pour faire revenir le Golan au sein de la patrie syrienne, y compris à utiliser l’option militaire ».

Une provocation de plus de la part d’Israël qui pourrait conduire à de nouvelles escalades de violences dans une région qui est déjà beaucoup trop touchée par les guerres, le terrorisme et les luttes entre différentes puissances. Certes ce territoire a été conquis au terme d’une guerre qui opposait Israël à plusieurs pays arabes dont la Syrie, mais aujourd’hui, près de 60 ans après ce conflit, la restitution du Golan à la Syrie montrerait un espoir de paix pour les peuples et pour les minorités y résidant.

Non que ça améliorerait l’image d’Israël, qui ne cessera d’être vu- à juste titre- comme un Etat colonisateur, pratiquant l’apartheid, et violant les droits fondamentaux des palestiniens, mais cela permettrait peut-être d’éviter à l’avenir un nouveau conflit entre deux pays que tout oppose. En effet, si Israël s’est montré si optimiste à l’égard de la chute du régime de Bachar Al-Assad, c’est bien parce que la Syrie, avec l’Iran, est l’un des seuls pays de la région à encore armer et soutenir de manière officielle et sans tergiversations le peuple palestinien dans sa lutte contre l’occupation.

La question n’est pas ici de savoir si la Syrie est une démocratie ou une dictature, si la lutte armée est une solution ou non, mais bien de simplement exposer les faits tels qu’ils sont et ceci en est un. Que ce soit directement ou indirectement, via le Hezbollah libanais, Damas soutient la résistance palestinienne. Cette dernière qui est par ailleurs également engagée aux côtés de la Syrie dans sa lutte contre les groupes terroristes, une manière de bien montrer à tous que la lutte pour un Etat palestinien n’est en rien une guerre de religion contre un autre peuple. C’est simplement la lutte d’un peuple colonisé contre un Etat colonisateur, qualifié de « seule démocratie du Proche-Orient » et qui, en dépit de l’action des Nations-Unis semble posséder l’arme nucléaire.

En ce qui concerne la situation du Golan, l’annexion en 1981 par Israël n’est pas reconnu par l’ONU et elle condamnée par la résolution 497 du Conseil de sécurité. La solution idéale résiderait comme toujours dans des négociations de pourparlers entre les deux Nations pour rendre le territoire à la Syrie ou tout du moins une partie sous l’égide de l’ONU. Mais comme ni Israël ni la Syrie ne semble décider à céder sur ce point cela paraît compliqué et compromis. Une guerre dans cette région serait dévastatrice pour les peuples car il y a fort a parier qu’elle impliquerait un grand nombre de belligérants, comme c’est le cas en Syrie on en Irak, et cela pourrait conduire à terme à une recrudescence du jihadisme si celui-ci venait à être partiellement éradiquer au cours de la guerre en Syrie.

Grèce : l’espoir déçu

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Janvier 2015 : toutes les forces progressistes européennes, et au delà de ça plusieurs partis asiatiques, africains, américains, voyaient l’arrivée d’Alexis Tsipras ( issu du Parti de la gauche radicale Syriza ) au poste de premier ministre de la Grèce d’un oeil rempli d’espoir. Alors que la Grèce avait été soumise pendant des années à la dictature des marchés financiers, humiliée par Bruxelles et ses technocrates, lâchée par les sociaux-démocrates et confrontée à l’une des plus grandes crises financière, monétaire et humaine qu’elle n’ait jamais connue.

Ces élections voyaient pour la première fois, depuis le rétablissement de la démocratie en Grèce  en 1974, une majorité et un premier ministre qui n’était issu ni de la droite ni du PASOK ( le Parti socialiste grec ). Porté par un programme populaire, légitime et ambitieux, Syriza ne disposait toutefois pas d’une majorité suffisante au Parlement, l’obligeant à négocier avec les Grecs indépendants de l’ANEL- un parti de droite souverainiste mais désireux d’en finir avec les mémorandums imposés par l’Union européenne. Surtout, Syriza pensait avoir l’appui et le soutien du KKE- le Parti communiste grec qui refusa de participer au gouvernement expliquant que Tsipras céderait rapidement aux exigences des financiers.

Plus d’un an après l’arrivée au pouvoir de Syriza, le moins que l’on puisse faire c’est de donner raison au Parti communiste grec qui, en dépit des critiques que l’on peut faire à son encontre et notamment envers son « sectarisme », a su rester cohérent tout au long de cette période. Pourtant, à l’inverse de François Hollande, qui s’est abaissé immédiatement aux exigences de Bruxelles , Alexis Tsipras a d’abord engagé un bras de fer avec le reste de l’Europe notamment avec le concours de son ministre des finances, Yanis Varoufakis. Et c’est lorsque l’on pensait la Grèce la plus puissante, après la victoire écrasante du « Non » au référendum du mois de Juillet- qui donnait à Alexis Tsipras une légitimité pour poursuivre et accentuer le bras de fer- que celui-ci décida de se coucher devant les créanciers de la Grèce.

Le 13 juillet 2015 un accord est donc trouvé entre d’une part le gouvernement grec et d’autre part les créanciers de la Grèce, c’est à dire les autres Etats européens tous ligués contre Syriza. Avant d’accabler Tsipras et ses promesses non tenues, il faut remettre les choses dans leur contexte. A savoir que dès le début ,l’Union européenne a usé de pressions contre les intérêts du peuple grec. En portant atteinte au choix démocratique d’un peuple, l’Union européenne a violé la souveraineté de la Grèce, à l’instar de Jean-Claude Juncker- ancien premier ministre du Luxembourg et désormais président de la commission européenne- qui déclarait qu’il ne « peut avoir de choix démocratiques contre les traités » .

La Grèce aurait pu s’appuyer sur des pays tels que la Chine, le Brésil, la Russie ou encore l’Iran pour réellement mener un bras de fer. Mais en dépit de la volonté du peuple grec, le gouvernement a finalement pris la décision de renoncer à son programme, même s’il est vrai qu’ils ont dû faire face à l’arrêt de l’approvisionnement des banques grecques par la BCE, ce qui par ailleurs constitue une autre grave atteinte à la souveraineté de ce pays.

Après cet épisode, véritable coup d’arrêt à l’élan qu’avait insufflé la victoire de la gauche radicale, Alexis Tsipras a choisi de démissionner, pour mieux revenir quelques semaines après et pouvoir appliquer le programme des créanciers. Adieu les promesses de fin de l’austérité, d’une redistribution des richesses, la Grèce est de nouveau rentrée dans le rang : privatisations, baisse des retraites, abandon d’une renégociation de la dette ; Syriza semble avoir cédé sur tous les points. Et ce n’est pas simplement nous ou d’autres personnes hors de Grèce qui le disons, auquel cas certains pourraient nous rétorquer d’aller voir ce qu’il s’y passe vraiment, mais y compris au sein de Syriza on condamne cette attitude. Ainsi, par une scission du Parti, des députés, des élus et des militants ont créé Unité populaire qui se veut comme une force de gauche de transformation sociale désireuse d’appliquer le programme initial de Syriza, et même d’aller plus loin.

Et maintenant ?

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Avec du recul, on ne peut s’empêcher de penser que Tsipras aurait pu et dû faire autrement. Il a son seulement trahi ses camarades grecs et européens, mais surtout son peuple qui souhaitait un changement radical des politiques menées. Pourtant, dans les premiers mois du premier gouvernement, plusieurs mesures et annonces pouvaient laisser supposer un bel avenir. Fin des privatisations, rétablissement de la durée légale du travail et du salaire minimum, réouverture de ERT- la télévision publique-, ouverture d’une commission d’audit de la dette. De même qu’encore aujourd’hui la Grèce est l’un des seuls pays européens, avec le Portugal également, a vouloir trouver une solution humaine et progressiste pour les réfugiés en ne les laissant ni à la mer, ni dans des camps insalubres.

Désormais, le risque est de se trouver avec une extrême-droite relativement puissante et à même de prendre le pouvoir. Si ce n’est pas le cas pour le moment, le futur peut laisser envisager le pire, d’autant plus lorsqu’on connaît le Parti Aube Dorée. A côté lui le Front national peut apparaître comme relativement modéré. En effet, les néonazis grecs n’hésitent pas à user de la violence contre des populations ciblées, leur propositions font penser aux pires heures de notre histoire, quant à leur symbole, ce n’est ni plus ni moins qu’une croix gammée modifiée. Et quand on sait que la pauvreté est un terreau pour le fascisme, les mesures qu’imposent le nouveau mémorandum peuvent laisser place au pire.

D’où l’importance de se démarquer du gouvernement Syriza-ANEL et d’affirmer au peuple grec que l’austérité n’est pas une fatalité et qu’une politique au service des peuples est possible comme c’est par exemple le cas au Portugal ,si nous voulons rester dans des exemples européens. Pourquoi ne pas rassembler toute les forces vives à gauche, qu’elles soient politiques, associatives ou syndicales autour de l’Unité populaire et du Parti communiste grec ? Pour le moment une telle union semble difficile à réaliser mais nous avons confiance en la capacité de nos camarades grecs à réagir après cette désillusion.

Le bilan catastrophique de François Hollande

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Comme beaucoup de français j’ai regardé et écouté avec attention l’émission de France 2 « dialogues citoyens » en présence de François Hollande. Alternant questions de journalistes et dialogues avec des citoyens, le Président a ainsi pu faire un bilan- tout du moins tenté- de sa politique menée depuis 2012. Un bilan catastrophique. Alors que le candidat socialiste avait été élu sur un programme de gauche, non pas une gauche révolutionnaire ou même radicale, mais une gauche qui marquait un réel espoir pour des millions de personnes après dix ans de gouvernance de droite.

Quatre après, le constat est simple et alarmant : le chômage  n’a fait qu’augmenter, l’économie est à l’arrêt, et la pauvreté gangrène des millions de personnes. Il n’est pas question ici de faire un bilan précis et détaillé de la politique menée par le gouvernement, de multiples articles ont déjà été consacrés à ce sujet, y compris sur ce blog. Mais il est plutôt question de revenir sur quelques points précis qui ont conduit à la situation.

Dès le mois de juillet, si mes souvenirs sont exacts, Hollande a montré qu’il ne ferait rien pour changer la situation en refusant de renégocier le traité européen, chose qu’il avait pourtant promise. Cela aurait pu apparaître comme un acte fort de désobéissance à l’Union européenne, telle qu’elle est aujourd’hui, mais notre Président a préféré se coucher sans opposer la moindre résistance. Ce premier acte a par la suite dicté toute la ligne politique et économique tenue au long de ces années. Une ligne qui s’est peu à peu droitisée, tant sur le plan économique- avec la nomination de Macron, et les choix libéraux du gouvernement- que politique avec notamment la nomination de Manuel Valls au poste de premier ministre.

On a ainsi pu entendre de la part d’un premier ministre socialiste, des propos habituellement tenus par le Front national, que ce soit envers les musulmans ou envers les roms. Et si la France est aujourd’hui en proie à la montée du racisme, de l’islamophobie, de l’antisémitisme, c’est en partie à cause de ce gouvernement qui, en prétendant agir au nom de la gauche, a rendu crédible aux yeux de certains français le discours du Fn qui se résume à dire que « PS = les républicains ». Si cela s’applique parfaitement au gouvernement en place, le reste de la gauche et notamment celle incarnée par le Parti communiste a dès le début marqué son opposition à de tels choix économiques.

Les lois et mesures favorisant les patrons se sont multipliées : accord national interprofessionnel (ANI), pacte de compétitivité, crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi ( CICE ), sans oublier la loi Macron, ou plus récemment la loi El-Khomri qui n’a pas encore été votée ( voir : #LoiTravail : la mobilisation ne faiblit pas  et 500 000 personnes contre la loi travail ). Toutes ces lois ont eu pour but premier d’aider les patrons, et par là j’entends essentiellement les grands patrons, ceux qui concentrent et amassent une grande partie des richesses, à licencier. Un chiffre peut en illustrer tout le sens : celui du chômage qui n’a cessé d’augmenter en dépit des affirmations du gouvernement et du président.

Plusieurs fleurons de notre industrie ont fermé, entraînant une colère juste, légitime et nécessaire que n’a pas su entendre, ou pas voulu entendre François Hollande. D’ailleurs le gouvernement a, là aussi, laisser passer une chance de montrer son soutien à la lutte des syndicalistes en refusant de voter une loi d’amnistie, chose qu’avait pourtant réalisée Chirac. Mais encore une fois, la liste des renoncements est trop importante pour les évoquer tous un par un.

De plus ceux qui liront cet article savent parfaitement, à mon sens, ce que François Hollande a fait ces quatre dernières années, il n’est donc pas nécessaire de tout rappeler.

J’aimerais simplement revenir sur la question des affaires étrangères. Entre guerres et déstabilisations de pays, la France aura parfaitement tenu son rôle de puissance impérialiste. Outre une totale réintégration dans l’OTAN, cette organisation militaire sous contrôle des américains et issue de la guerre froide, la France a plus généralement tout fait dans le sens des Etats-Unis. La France n’a ainsi pas hésité à armer les rebelles syriens, des armes qui sont par la suite tombées dans les mains des terroristes qui ont frappé notre territoire ces derniers mois. Il y a eu l’intervention armée au Mali et en Centrafrique, l’amitié réitérée à l’Etat d’Israël qui continue d’opprimer les palestiniens, ou encore l’accroissement des relations avec des Etats peu fiables quant à leurs relations avec certains groupes terroristes d’Irak et de Syrie.

Toutefois il faut souligner la position de la France relativement importante quant à Cuba avec notamment la visite de François Hollande sur l’île révolutionnaire ( voir : ) et celle, plus récente de son homologue cubain Raùl Castro.

Le bilan de Hollande n’en reste pas moins catastrophique. Et le simple fait qu’il pense aujourd’hui se représenter à la présidence de 2017 montre son mépris pour notre peuple et pour ceux qui ont voté pour lui. Comment, alors qu’il a trahi toute la gauche, peut-il imaginer pouvoir être réélu, si ce n’est par le centre qui semble relativement satisfait de cette politique. Jean-Marie le Guen n’a t-il pas dit qu’il ne serait pas choqué si « demain, après 2017, il y ait des personnalités d’horizons différents qui travaillent ensemble »  ? En clair, le Secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement n’exclut pas des convergences droite-gauche pour les prochaines échéances.

Le quinquennat de François Hollande sera donc marqué par cette image de renoncement et de cadeaux fait au MEDEF qui ne peut désormais qu’appeler à voter Hollande si celui-ci se représente. Quant aux militants socialistes qui croient encore à une réelle politique de gauche de transformation sociale, je les invite à faire converger leurs luttes avec nous militants communistes pour qu’ensemble nous organisions la riposte sociale dont ce pays a besoin.

En défense de la démocratie brésilienne

Un coup d’Etat est entrain de se dérouler sous nos yeux au Brésil, sous fond. de fortes tensions sociales. la droite, les élites, appuyées par la diplomatie nord-américaine tentent une fois de plus de renverser un gouvernement de gauche, démocratiquement élu.
Cette fois-ci, ils ont enclenché une double procédure : la première visant à destituer la Présidente Dilma Rousseff, la deuxième visant à arrêter tout processus qui pourrait conduire à une candidature de l’ancien président Lula.

Ainsi, le président de la Chambre des députés, Edouardo Cunha, issu du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB)- jusqu’à récemment allié du Parti des travailleurs, le Parti au pouvoir- a lancé une procédure de destitution de la Présidente pour corruption. Alors même que nombre des élus du PMDB sont eux aussi impliqués dans ces affaires. Dans le même temps, ce sont près de 200 policiers armés qui ont débarqué au domicile de Lula, l’arrêtant sans aucune preuve valable. Cela intervenant quelques temps après que Lula ait évoqué la possibilité de se présenter.

Face à ce qui n’apparaît être qu’une tentative de plus de déstabiliser un gouvernement progressiste, le peuple brésilien a su réagir. Aux manifestations des secteurs de la bourgeoisie brésilienne les plus conservateurs et réactionnaires, les travailleurs brésiliens, les mouvements populaires, les syndicats et les partis de gauches ont tenu à exprimer leur soutien au gouvernement, malgré les critiques légitimes que l’on peut formuler à son encontre.

En effet s’il paraît important de se positionner de manière claire en défense de la démocratie brésilienne, nous ne pouvons passer outre les dernières mesures du gouvernement brésilien. En vertu des accords passés avec certains partis pas réellement révolutionnaires, faute de majorité, Dilma Rousseff s’est vu « obligée » de procéder à des choix économiques libéraux contraires aux attentes populaires.
Elle a non seulement déçu les travailleurs, et la gauche en procédant à cela, mais a surtout permis à la droite d’instrumentaliser ses choix économiques qui n’ont amélioré en rien la situation du Brésil.

Pourtant, dans le même temps, et depuis des années, le Parti des travailleurs (PT) a mis en place des politiques progressiste qui ont sorti des millions de personnes de la pauvreté. Les programmes de santé, en étroite coopération avec les médecins cubains, d’alphabétisation, grâce à la méthode cubaine  » Yo, si puedo », de construction de logements sociaux, ou encore de lutte contre la faim. Il faut ajouter à cela tous les efforts fait par le Brésil dans l’intégration régionale, de soutien aux gouvernements progressistes ou révolutionnaire de la région, ou bien tout ce qui a été entrepris pour favoriser l’émergence d’un monde multipolaire via les BRICS ( Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud ).

Que ce soit Lula, ou Dilma, tous deux ont oeuvré pour une reconnaissance des minorités et des peuples autochtones, ainsi qu’un meilleur partage des terres, et des richesses. Tout cela, la droite, la finance, la bourgeoisie brésilienne et les Etats-Unis ne peuvent l’accepter. D’une manière directe ou indirecte, tous les gouvernements issus de la gauche latino-américaine, et ayant mené une politique indépendante de ce que voulait le FMI ou Washington, ont été soumis à des pressions extérieurs. Les exemples sont multiples ; Cuba, le Venezuela, la Bolivie, l’Argentine, L’Equateur, le Nicaragua, le Salvador, le Panama, le Chili et donc le Brésil.

Soutenir le gouvernement démocratiquement élu, tout en ayant conscience des changements à mettre en place, c’est à la fois le moyen d’affirmer la défense de la démocratie, tout en ne tombant pas dans un déni de réalité vis à vis de Dilma, qui apparaît être clairement moins à gauche sur l’échiquier politique que son prédécesseur- et peut-être successeur- Lula.
Toutefois, perdre un gouvernement progressiste, et assister au rétablissement d’une « démocratie de marché »,pour reprendre les termes de Jean Ortiz, serait un véritable coup asséné aux conquêtes et aux progrès sociaux durement acquis ces dernières années.

Panama Papers : un nouveau scandale

Au terme d’une enquête longue de plusieurs mois, associant des dizaines de journalistes provenant de 76 pays différents, un nouveau scandale financier vient une fois de plus démontrer ce que nous dénonçons depuis tant d’années. Cette fois-ci il n’est plus question de quelques milliardaires européens ou autres isolés, ce sont des milliers de personnes, dont des chefs d’Etats et des personnalités politiques importantes qui sont impliquées.
Parmi eux on retrouve le président ukrainien, le nouveau président argentin ( voir : Macri : le cauchemar des argentins ), mais aussi le roi d’Arabie Saoudite ou bien encore le premier ministre islandais. Il y a aussi ceux qui ne sont plus en activité, ou bien ceux étant proche de dirigeants actuels.

L’important n’est pas de tous les nommer, d’autres articles l’ont fait à merveille, mais plutôt de dénoncer un système général d’évasion fiscale via des sociétés offshores. En France néanmoins les noms de Cahuzac, Thevenoud, Balkany ou encore Frédéric Chatillon, proche de Marine le Pen et ancien dirigeant du GUD ( groupuscule fasciste ) ressortent de cette affaire avec comme une impression de déjà vu. Des membres des trois principaux partis français, dont celui qui tente de se donner une posture révolutionnaire en critiquant le système alors qu’il en fait les larges bénéfices.

De manière générale ce scandale financier révèle une fois de plus ce que Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français, tente de démontrer dans son livre- écrit avant ces révélations- intitulé 99%. A savoir que 1% de la population mondiale possède plus de richesses que les 99% autres. Alors que les inégalités ne cessent de croître de partout dans le monde, et singulièrement en Europe, si nous voulons nous contenter d’évoquer un environnement géographique proche, comment peut-on tolérer que nos gouvernements ne mettent pas plus de moyens financiers dans la lutte contre l’évasion fiscale ?

Tout l’argent qui disparaît est en réalité volé aux populations. Au lieu d’être blanchi, où caché dans divers paradis fiscaux, tout cet argent pourrait financer de vastes campagnes d’alphabétisation, de vaccination, où d’aides alimentaires pour les pays en difficultés. Si nous prenons l’exemple de la France il pourrait servir à améliorer les conditions de vie des travailleurs, des jeunes, des chômeurs, des retraités, financer des projets culturelles, sportifs, des logements sociaux, où résorber les déficits de la sécurité sociale.

La commission européenne, qui ne cesse de prôner la coopération entre les pays- en réalité elle prône essentiellement l’imposition de mesures libérales pour tous- pourrait sortir grandie en appelant et en favorisant une lutte collective des pays européens contre l’évasion fiscale. Il faut bien comprendre que tout cet argent nous appartient, c’est donc à nous d’en disposer.

Avoir une vie digne, ne pas avoir à survivre chaque fin de mois, ne pas être endetté de toute part, n’est pas un privilège réservé aux seuls riches de ce pays. Ce n’est pas une vie que de devoir survivre chaque jour. Ce scandale nous montre toutefois une chose : si nous voulons réellement changer la donne, inverser le rapport de force en notre faveur nous devrons récupérer l’argent qui nous appartient.
Toutes les personnes qui pensent que le Parti communiste, et le Front de gauche ont un programme utopiste, que nous ne pourrions financer en nul point, voilà une manière de leur répondre que l’argent existe, il suffit simplement de savoir où chercher.

Obama à Cuba

Beaucoup de choses ont été dîtes et répétées à l’issu de la visite du président américain sur l’île de Cuba. Beaucoup de mensonges, de contre vérités, et comme à l’habitude une désinformation générale et parfaitement orchestrée pour faire de Cuba une sombre dictature, vestige de l’URSS.
Bien entendu nous avons déjà démontré à maintes reprises le caractère erronée de ces vociférations anti-cubaines. D’ailleurs, ce sont étrangement les mêmes personnes qui critiquent si facilement Cuba, et plus généralement les pays progressistes, mais qui trouvent parfaitement légitime et normale que nous vendions des rafales a certains des Etats les plus obscurs qui soient.

Obama à Cuba, c’est l’occasion pour la presse et les médias dominants de déverser leurs habituelles vociférations anticastriste que nous connaissons parfaitement. La traditionnelle question des droits de l’homme ainsi que celle à propos de la démocratie sont sans cesse rappeler dès lors qu’il s’agit de Cuba. Alors même que les Etats-Unis, la France où d’autres Etat occidentaux considérés comme des modèles démocratique ont toujours des prisonniers politiques dans leur prison ( Georges Ibrahim Abdallah en France, Mumia Abu-Jamal aux Etats-Unis pour ne citer que les plus célèbres ).

La question des prisonniers politique est toutefois formidable et mérite qu’on s’y intéresse de plus près. Il est tellement simple pour nos dirigeants et à travers eux les financiers de dénigrer les pays souverains et progressistes. L’argumentation est simple : à Cuba il y a des prisonniers politiques et c’est une dictature communiste point. Les gens doivent penser cela, parce que c’est ce qu’on leur dit depuis des décennies. Issue de la guerre froide, la propagande à l’encontre de Cuba a, on le sait, été financée en grande partie, à coups de millions de dollars, par les Etats-Unis de quoi la décrédibiliser totalement.

Le président cubain, Raùl Castro ne s’est d’ailleurs pas fait impressionner face à Obama. En dépit des phrases toutes faîtes visant à critiquer le régime cubain, le président de Cuba a parfaitement réagit en affirmant devant les caméras du monde entier que s’il y avait le moindre prisonnier politique ils seraient libérés le soir même.
De même, alors qu’Obama a annoncé vouloir rétablir entièrement les relations, les cubains ont quant à eux demandés fermement à ce que non seulement le blocus soit levé, mais aussi à ce que Guantanamo soit fermé.

Cette prison, en plus d’être inhumaines, de pratiquer la torture où d’enfermer des détenus dans des conditions illégales est bien évidemment un viol quotidien de la souveraineté de l’île puisque ce sont les Etats-Unis qui en sont les dirigeants. Mais là encore les médias oublient étrangement de relever ce point là, estimant sans doute que  » la plus grande démocratie du monde «  peut tout se permettre.

Il semble que malgré tout, le peuple cubain, et le leader historique de la révolution, Fidel Castro, n’ont pas été dupe par rapport à ce voyage. Si tous on salués l’optimisme et sans doute ce réel désir de vouloir changer la politique américaine envers Cuba, tout le monde aura remarqué

l’hypocrisie du dirigeants américain qui, tout en affirmant vouloir changer les choses, n’use pas de tout son pouvoir pour le faire.

Quoiqu’il en soit, Cuba ne renoncera pas au socialisme, à sa souveraineté, à ses principes et à son honneur : jamais le peuple cubain ne sera esclave de l’impérialisme américain, et jamais les banques ne prendront le pouvoir sur l’île révolutionnaire.