La fin du bipartisme espagnol

Le scrutin de ce dimanche 20 décembre en Espagne vient confirmer les résultats électoraux des dernières municipales, qui avaient vu une grande partie des grandes villes espagnoles être remportées par les listes d’unité populaire composées de citoyens, et des forces de gauches.
Avec 20,6% des voix, Podemos apparaît comme le parti victorieux de ces élections, alors qu’il n’a que deux ans d’existence. A droite le Parti populaire (PP) aura le plus d’élus mais enregistre son plus faible score depuis 1989 tandis que le Parti socialiste des ouvriers espagnols (PSOE) réalise le pire score de son histoire.

Avec ses alliés régionaux de gauches, notamment les indépendantistes catalans et basques, et en comptant les deux députés qu’obtient Izquierda Unida (IU), la gauche radicale a donc 71 députés. Un nombre qui aurait pu être plus élevé si un accord avait été conclu avec IU et si le système électoral avait réellement été proportionnel. Ainsi la gauche radicale aurait pu obtenir 85 sièges au lieu de 71.

Pour autant la percée de Podemos est historique et apparaît aux yeux du peuple espagnol comme un tournant dans la paysage politique. Surtout à travers ce scrutin les espagnols ont annoncé un signal fort aux dirigeants de leur pays : ils n’en peuvent plus de cette situation.
Comme partout en Europe les politiques d’austérités ont ravagé le pays, la misère sociale et le chômage prospèrent partout en Espagne tandis que les élites, gangrenées par la corruption, amassent toujours plus de richesses.

L’Espagne pourrait se révéler être ingouvernable. Aucun parti ne bénéficie de la majorité absolue et les alliances possibles ne sont pas nécessairement évidente. Ainsi le PP pourrait choisir de s’allier au nouveau parti de centre-droit Ciudadanos (« citoyens »). Toutefois, ce nouveau parti prendrai le risque de se décrédibiliser en faisant alliance avec le PP, représentant de l’ordre ancien. A gauche, le dilemme est sensiblement le même, une alliance entre Podemos, le PSOE, IU, ainsi que les régionalistes de gauche pourraient entacher Podemos et la gauche radicale qui n’ont eu de cesse de critiquer le PSOE pour sa politique d’austérité.

Il ne faut pas exclure en revanche une alliance entre le PP et le PSOE, qui permettrait à ces partis d’avoir la majorité. Cette alliance serait catastrophique pour le peuple espagnol du fait des politiques qui en découleraient. Mais elle permettrait à Podemos et à la gauche radicale de voir son score bondir, en faisant la parfaite démonstration de la proximité des deux grands partis.

Si aucune alliance n’est trouvée, et aucun gouvernement stable formé, de nouvelles élections pourraient être organisées. D’ici là, si la gauche radicale ne cède pas sur ses propositions et qu’elle parvient à s’entendre entre ses différentes composantes : Podemos, indépendants de gauche, Izquierda Unida, la voie vers une gouvernement progressiste pourrait être tracée.

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