Portugal : la gauche unie renverse la droite

Les récentes élections au Portugal avaient offert à la droite une victoire sans majorité parlementaire.
Le président portugais Anibal Cavaco Silva, en poste depuis le 9 mars 2006, avait dans un premier temps nommé un premier ministre de droite, Pedro Passos Coelho, tout en sachant pertinemment que celui-ci n’aurait pas de majorité à l’Assemblée nationale portugaise.
Pourtant, le président portugais n’a pas souhaité respecter la Constitution qui stipule pourtant que, si le vainqueur des élections ne peut avoir de gouvernement stable, alors il doit être demandé au second en terme de voix aux élections de former un gouvernement.

Or, plutôt que de donner sa chance à la gauche unie, afin de tourner la page de l’austérité, c’est bien Pedro Passos Coelho qui a été nommé premier ministre.
Le gouvernement prenait donc le risque d’être renversé dès le premier vote au Parlement via une motion de censure. Ainsi, en attendant l’occasion de destitué le premier ministre, les forces de gauches portugaises : le Parti socialiste (PS), le Bloc de gauche, le Parti communiste portugais (PCP) et les verts ont conclu un accord en vue de la création d’un futur gouvernement.

Cet accord stipule en outre les premières mesures qui devront être mises en oeuvres afin d’enrayer ce cercle vicieux d’appauvrissement du peuple portugais. Ainsi, une revalorisation du Smic de 505 à 530 euros dès le 1er janvier 2016, puis au cours des années qui suivront, devra être mis en oeuvre. Il est aussi question d’une baisse de la TVA, de l’arrêt de certaines privatisations et de l’arrêt du gel des retraites.

Pour la première fois depuis la Révolution des oeillets, la gauche portugaise est unie et prête à mener les combats conjointement. Si aucun ministre ne sera communiste où du Bloc de gauche, les deux formations ont annoncé qu’elles ne déposeraient pas de motion de censure contre le gouvernement socialiste que devrait mener Antonio Costa. Le PCP, par l’intermédiaire de son comité central a également signalé que toutes les mesures favorables à l’intérêt du peuple portugais seraient approuvées et votées par les parlementaires communistes.

Cette annonce sonne comme un réel espoir de changement au sein de l’Europe, surtout depuis l’échec de Syriza, contraint de plier aux exigences des créanciers en Grèce. De nouveau l’espoir d’une Europe des peuples délivrées des chaînes de l’austérité et du néolibéralisme refait surface.
Toutefois il convient de ne pas crier victoire trop rapidement, tant nous savons comment les instances de l’Union européenne font faire pression sur le Portugal pour que ce dernier continue à mener des politiques drastiques d’austérité contre son peuple.

Mais le fait que le PS n’est pas de majorité sans les autres formations de la gauche radicale est une réelle garantie, pour le peuple portugais, que les socialistes mettront en place les mesures prévues dans l’accord de toutes les forces de gauches.
La page de l’austérité est sans doute entrain de se tourner au Portugal, et si l’expérience est convaincante, cela pourrait donner des idées aux autres peuples européens qui souffrent des politiques imposées par l’Union européenne.
Surtout, cette victoire de la gauche unie témoigne que on peut sortir de cette logique sans passer par des forces réactionnaires d’extrême-droite ( voir : l’extrême-droite surfe en Europe de l’Est ).

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