Quelles réponses face au terrorisme ?

Le 13 novembre 2015 l’horreur frappait notre pays. Des individus dénués de tout sentiment humain massacraient par dizaines hommes, femmes, jeunes et moins jeunes. A travers ces actes terroristes c’est la liberté qui est visée : celle d’aller à un concert, celle de regarder un match de foot, celle de boire un verre en terrasse. C’est aussi la culture et le sport qui sont attaquées. Lors des attentats de janvier contre Charlie Hebdo et contre la communauté juive, le but était de diviser les français en frappant notamment un journal d’opinion. Cette fois-ci les terroristes ont frappé au hasard, tuant des personnes de toutes origines et de toutes confessions.

C’est important de le rappeler, car des musulmans ont aussi péri, et certaines personnes notamment de la classe politique ne font manifestement pas la différence entre terroristes et musulmans. C’est précisément ce que Daesh souhaite, que nous nous divisions, et que nous cherchions des boucs-émissaires pour expliquer ces actes atroces.
La plus belle des réponses que nous pouvons apporter à cette haine, c’est la solidarité et le partage. La devise la France : liberté, égalité, fraternité, n’a jamais aussi bien résonnée en ces temps troubles.

Pourtant, dès le lendemain des attentats, certains de la classe politiques se sont exprimés, en n’ayant qu’une idée en tête : récupérer toutes ces victimes à des fins politiques. Etrangement c’est dans les partis de droite et d’extrêmes droite que nous trouvons de tels propos. Ainsi entre Marine le Pen qui appelle à stopper le flot de migrant et Laurent Wauquiez qui souhaite des centres d’internements pour tous ceux suspecter de radicalisation, les déclarations allaient
bon train, alors que nous ne savions même pas le nombre exact de victimes.

Ce qui est certains en revanche, c’est que il faut une riposte claire. L’Etat d’urgence est désormais en vigueur pour trois mois, est-ce la bonne solution ? Il faut en tout cas que nos libertés sont respectés, comme l’ont réclamé les députés et sénateurs communistes et Front de gauche. Car restreindre les libertés publiques au nom de la lutte contre le terrorisme équivaudrait à une victoire pour Daesh qui en s’en prenant à la France attaque nos libertés.

Enfin il ne faut pas non plus omettre le rôle de pays occidentaux, y compris du gouvernement de la France, dans ces attentats. Non pas qu’ils en soient les responsables directs, mais en voulant systématiquement armés des groupes rebelles ( que l’on nous présentent comme modérés et démocratiques ) et déstabiliser des pays en Afrique ou au Moyen-Orient, nos dirigeants jouent avec le feu. Combien de fois faudra-t-il rappeler les chaos et les désastres qu’on entraîné les interventions impérialistes en Libye, en Irak, en Afghanistan, au Mali où en Syrie ?

Il serait grand temps que les gouvernements occidentaux comprennent qu’ils ne sont pas les gendarmes du monde et qu’ils ne peuvent imposer un régime qui préserverait leurs intérêts aux populations.
Quant au discours qui consisterait à dire que ce combat est mené pour la liberté et les droits de l’hommes, les pays impérialistes devraient en premier lieu regarder du côté de leurs alliés des monarchies pétrolières qui ne me semblent pas être des modèles de démocratie. 

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Portugal : la gauche unie renverse la droite

Les récentes élections au Portugal avaient offert à la droite une victoire sans majorité parlementaire.
Le président portugais Anibal Cavaco Silva, en poste depuis le 9 mars 2006, avait dans un premier temps nommé un premier ministre de droite, Pedro Passos Coelho, tout en sachant pertinemment que celui-ci n’aurait pas de majorité à l’Assemblée nationale portugaise.
Pourtant, le président portugais n’a pas souhaité respecter la Constitution qui stipule pourtant que, si le vainqueur des élections ne peut avoir de gouvernement stable, alors il doit être demandé au second en terme de voix aux élections de former un gouvernement.

Or, plutôt que de donner sa chance à la gauche unie, afin de tourner la page de l’austérité, c’est bien Pedro Passos Coelho qui a été nommé premier ministre.
Le gouvernement prenait donc le risque d’être renversé dès le premier vote au Parlement via une motion de censure. Ainsi, en attendant l’occasion de destitué le premier ministre, les forces de gauches portugaises : le Parti socialiste (PS), le Bloc de gauche, le Parti communiste portugais (PCP) et les verts ont conclu un accord en vue de la création d’un futur gouvernement.

Cet accord stipule en outre les premières mesures qui devront être mises en oeuvres afin d’enrayer ce cercle vicieux d’appauvrissement du peuple portugais. Ainsi, une revalorisation du Smic de 505 à 530 euros dès le 1er janvier 2016, puis au cours des années qui suivront, devra être mis en oeuvre. Il est aussi question d’une baisse de la TVA, de l’arrêt de certaines privatisations et de l’arrêt du gel des retraites.

Pour la première fois depuis la Révolution des oeillets, la gauche portugaise est unie et prête à mener les combats conjointement. Si aucun ministre ne sera communiste où du Bloc de gauche, les deux formations ont annoncé qu’elles ne déposeraient pas de motion de censure contre le gouvernement socialiste que devrait mener Antonio Costa. Le PCP, par l’intermédiaire de son comité central a également signalé que toutes les mesures favorables à l’intérêt du peuple portugais seraient approuvées et votées par les parlementaires communistes.

Cette annonce sonne comme un réel espoir de changement au sein de l’Europe, surtout depuis l’échec de Syriza, contraint de plier aux exigences des créanciers en Grèce. De nouveau l’espoir d’une Europe des peuples délivrées des chaînes de l’austérité et du néolibéralisme refait surface.
Toutefois il convient de ne pas crier victoire trop rapidement, tant nous savons comment les instances de l’Union européenne font faire pression sur le Portugal pour que ce dernier continue à mener des politiques drastiques d’austérité contre son peuple.

Mais le fait que le PS n’est pas de majorité sans les autres formations de la gauche radicale est une réelle garantie, pour le peuple portugais, que les socialistes mettront en place les mesures prévues dans l’accord de toutes les forces de gauches.
La page de l’austérité est sans doute entrain de se tourner au Portugal, et si l’expérience est convaincante, cela pourrait donner des idées aux autres peuples européens qui souffrent des politiques imposées par l’Union européenne.
Surtout, cette victoire de la gauche unie témoigne que on peut sortir de cette logique sans passer par des forces réactionnaires d’extrême-droite ( voir : l’extrême-droite surfe en Europe de l’Est ).