La démission d’Alexis Tsipras

Il fallait s’y attendre, la rumeur est désormais confirmée, Alexis Tsipras, le premier ministre grec a démissionné ce mercredi de son poste et a appelé à de nouvelles élections le 20 septembre.
Comme je l’avais énoncé dans mon précédent article ( voir : la (possible) rupture au sein de Syriza ? ) l’annonce d’élections pourraient conduire à une implosion de Syriza, tant les divergences sont désormais majeurs au sein des dirigeants de la gauche radicale. En prenant en compte cela, 25 députés frondeurs viennent de créer un groupe parlementaire, indépendamment de Syriza, nommé Unité populaire. Ce groupe, dont le chef de file sera Panagiotis Lafazanis, ex-ministre du gouvernement Tsipras, devrait être le troisième parti du Parlement grec après Syriza et Nouvelle Démocratie.

En sa qualité de dirigeant de la  troisième force politique du Parlement, il incombera à Panagiotis Lafazanis de tenter de créer un gouvernement, si la droite échoueait. Dans le cas où aucun des trois premiers partis ne parviendraient pas à créer un nouveau gouvernement avec une majorité, ce qui a de fortes chances d’arriver, les élections auraient alors lieu et le peuple grec devrait une nouvelle fois décidé de son avenir, pour la troisième fois en huit mois.

C’est d’ailleurs dans cette optique que Unité populaire a été crée, afin de faire vivre le « Non » qu’avait prononcé en grande majorité le peuple grec lors du référendum du 5 juillet dernier. L’espoir renaît à nouveau pour tous ceux qui refusent ce troisième mémorandum. Désormais la création d’un « Front du non » qui réunirait les dissidents de Syriza -j’entends par la ceux issus de la Plateforme de gauche et refusant en tout point le mémorandum et les politiques austéritaires- les différents partis de la gauche radicales hostiles à l’accord ( KKE exclus ), ainsi que plusieurs mouvements sociaux et diverses associations, est plus qu’imaginable, elle est nécessaire.

En démissionnant, Alexis Tsipras espère pouvoir bénéficié d’une majorité qu’il n’a plus et ainsi revenir aux affaires du pays, en continuant de clamer que cet accord est mauvais. Je n’accable pas Alexis Tsipras, mais nous ne pouvons plus prétendre désormais le soutenir. Notre soutien doit aller à ceux qui continuent à militer pour une fin de l’austérité totale en Grèce. Les propositions de l’Unité populaires sont simples. La fin des privatisations, le rejet du troisième mémorandum, les nationalisations des secteurs clés, une sortie de l’OTAN, et la cessation des accords militaires avec Israël, tout cela accompagnés de mesures sociales et progressistes en faveur des travailleurs de ce pays.

L’Unité Populaire plaide pour un réel rapport de force contre l’Europe, et n’exclut pas une sortie de l’euro afin de mettre en oeuvre son programme. Quoiqu’il en soit, le 20 septembre sera une date fatidique, nous serons alors si les politiques voulues par la Troïka auront un mandat légitime, ce qui serait une catastrophe pour le peuple grec, où si l’élection d’un large Front des différents mouvements de gauche radicale conduira à une rupture avec l’ordre établi. Si ces derniers venaient à l’emporter, cette victoire donnerait à la gauche radicale européenne un nouveau souffle pour les prochaines échéances électorales. 

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