La (possible) rupture au sein de Syriza ?

Après l’accord passé entre les créanciers et le gouvernement grec, et après les premiers votes des lois dictées par les créanciers, il a commencé à se créer une première rupture entre d’une part les militants de bases et certains dirigeants de Syriza- ne souhaitant pas renoncer au programme initial de Syriza- et d’autre part le gouvernement grec. Preuve en est du refus, de la majorité du comité central de Syriza de validée l’accord en question. Preuve en est également la démission du gouvernement et l’opposition à ce texte de figures imminentes de Syriza, telles que Varoufakis où encore la présidente du Parlement grec Zoé Konstanpopoulou.

Surtout, des élus et des dirigeants de Syriza commencent à plaider en faveur d’actions, de manifestations, de grèves contre l’accord, ce qui ne s’est pas encore produit sous l’ère Tsipras. Tous ne sont cependant pas hostiles au gouvernement qui, somme toute, a été contraint a accepter ce texte auquel le premier ministre lui même ne croit pas. D’autres en viennent a évoquer une sortie de la zone euro, ce que Tsipras voulait évité à tout prix en signant cet accord avec la Troïka.

Pour le moment Tsipras, le gouvernement et Syriza continuent d’avoir un large soutien de la part de la population. Mais il faut s’attendre dans les mois qui vont venir à une baisse importante de popularité, dès lors que les lois imposées par les créanciers auront commencé à peser sur le peuple grec et sur l’économie du pays, qui est déjà dans un état catastrophique.

Et il n’y a pas que sur la politique intérieure du gouvernement que de profonds désaccords résident désormais entre le gouvernement et les militants de Syriza. La politique extérieure fait maintenant débats entre les deux parties. Le récent accord de coopération militaire signé entre l’armée hellénique et l’armée israélienne ne passe pas pour un certains nombres de progressistes grecs. Et ce d’autant plus qu’avant les élections ; Tsipras défendait la juste lutte du peuple palestinien, qui voit chaque jour ses droits les plus fondamentaux bafoués. Je ne serais dire si désormais le gouvernement grec cautionne l’occupation ou non, mais le fait de coopérer avec l’armée israélienne, celle la même qui occupe illégalement des territoires palestiniens revient à fermer les yeux sur ce qui se passe en Palestine.

De même que les déclarations visant à rassurer les occidentaux quant au maintien de la Grèce dans l’OTAN, revient à cautionner la domination américaine à travers une organisation héritée de la guerre froide et qui a servit à maintes reprises aux Etats-Unis pour leurs différents conflits à travers le monde entier.

Quoiqu’il en soit, si le gouvernement grec persiste à vouloir mettre en oeuvre le programme de la Troïka, il faudra s’attendre à une implosion de Syriza. Un congrès est d’ores et déjà prévus au mois de septembre, nous serons alors fixés sur ce qui adviendra par la suite non seulement de Syriza mais aussi du gouvernement. Ce congrès ne sera manifestement pas marqué par l’unité, les dates de ce dernier faisant elles aussi débats, les militants de la Plateforme de gauche de Syriza ayant souhaité un congrès au mois d’août afin d’éviter a tout prix une acceptation totale de l’accord.

Ces tensions pourraient obliger Alexis Tsipras a organisé des élections anticipées afin de retrouver à la Vouli, le Parlement grec, une majorité au sein de Syriza, qu’il a désormais perdu avec la fronde de plus de quarante députés du parti de la gauche radicale. Un premier ministre grec y compris lâché par l’emblématique présidente de la Vouli : Zoé Konstanpopoulou. 

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