Elections régionales : rassembler une gauche forte

Plus les jours passent, plus les élections régionales se rapprochent et plus le temps presse pour faire de ces échéances électorales un réel succès de la gauche anti-austérité. Le Parti communiste, par la voix de notre secrétaire national Pierre Laurent, a exprimé son souhait de listes unis du Front de gauche dans toutes les régions avec, partout où ce sera possible, un élargissement de ces listes.

Des forces citoyennes, aux écologistes, mais toujours sur une ligne clairement de gauche, l’union des forces opposées à la politique gouvernementale est une nécessité. Comme à chaque élection les médias, plutôt que de parler de notre programme et de nos revendications, préfèrent évoquer les différents désaccords entre les forces du Front de gauche où entre les écologistes et le PCF. Ce n’est pas pour autant que nos représentants et nos candidats sont invités sur les plateaux télés où sur les stations de radios. Les médias n’ont même pas pris la peine, comme d’ordinaire, de se déplacer aux universités d’étés du Parti communiste, à l’exception de l’Humanité, de Politis et de France 3 régionales.

Néanmoins nous sommes à présents habitués à ce traitement médiatique, qui n’a rien de démocratique. Une fois encore ce seront les militants qui feront l’essentiel du travail de diffusion des idées progressistes.
Lorsqu’on s’aperçoit qu’Emmanuel Macron se targue de ne pas être socialiste, et qu’il fait des éloges sur le patronat lors des universités d’été du MEDEF, comment peut-on encore concevoir un avenir de gauche avec ce gouvernement ?
Les socialistes eux-mêmes l’ont compris, et militants comme élus commencent à quitter le Parti qui ne sert que les intérêts d’une classe élitiste.

La politique d’austérité menée par ce gouvernement ne peut conduire qu’à une aggravation de la situation économique du pays. Il n’y a qu’à analyser les chiffres sous l’austérité pour s’en rendre compte. Pourtant François Hollande et Manuel Valls persistent et signent dans ce déni total de la réalité pour satisfaire les attentes de l’Allemagne et des banquiers européens.

Rassembler les forces anti-austérités s’est donc assurer à la France un avenir, une issue qui se fasse dans le progrès et dans la solidarité, à l’inverse de ce que nous pouvons observer aujourd’hui avec ces milliers de migrants que nous laissons mourir aux portes de l’Europe. La droite nous dira que nous ne pouvons accueillir toute la misère du monde. A-t-elle oubliée que c’est par sa faute, tout comme celle de l’actuel gouvernement, que des millions de gens se sont retrouvés contraints de fuir leurs pays du fait de la guerre ? ( voir : l’UE est responsable des morts en Méditerranée ).

Comme chaque année, la fête de l’Humanité sera l’occasion pour toute la gauche de se rassembler et de discuter ensemble du futur. Cette année il se pourrait que cet événement soit décisif pour la campagne qui s’annonce. Contrairement aux idées reçues, ce vote sera important tant la présence d’élus de gauche est primordial pour garantir le maintien des politiques sociales en faveur des plus démunis. D’où la nécessité d’avoir, pour le Front de gauche, une position claire au niveau national.

Les dernières élections ont été une mascarade du point de vue des listes que nous avons constituées. J’entends par là qu’elles étaient différentes suivant telle où telle ville où en fonction des départements avec de temps en temps des alliances larges avec les écologistes et tout le front de gauche, tantôt des binômes exclusivement du Parti communiste en rivalité avec d’autres binômes Front de gauche.
La division ne sert en rien ceux que nous voulons aider. Et s’il appartient aux forces citoyenne et aux autres mouvements hors Front de gauche de décider s’il veulent s’engager à nos côtés, nous nous devons au sein même du Front de gauche d’être unis et d’abandonner nos querelles internes.

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Varoufakis leader de la gauche radicale européenne ?

L’échec de l’expérience Syriza ( voir : la démission d’Alexis Tsipras ) et la capitulation du gouvernement grec face à la Troïka nous ont obligé a repenser notre vision de la situation actuelle. Toutefois malgré les désillusions, l’espoir en Grèce n’est pas mort, et la lutte contre la Troïka et les politiques d’austérités n’en est qu’à son début. La création du Parti dénommé Unité populaire, en référence au mouvement qui avait porté au pouvoir Salvador Allende au Chili, nous permet de toujours croire à la fin des souffrances du peuple grec.

Le très charismatique et ex-ministre des finances grec ; Yanis Varoufakis pourrait-il incarner cette ligne de la gauche grecque, mais plus généralement européenne, qui refuse tout compromis avec la Troïka ? Un seul homme ne peut à lui seul représenter différents mouvements et partis, mais du fait de son expérience il pourrait être un leader, parmi d’autres, des forces anti-austérité.
Et ce d’autant plus lorsqu’on sait que Varoufakis a d’ores et déjà annoncé qu’il ne serait pas candidat sous l’étiquette Syriza lors des prochaines élections grecques le 20 septembre.
Surtout, aux yeux d’une grande partie du peuple grec, il apparaît comme celui qui n’a pas trahi le programme de Thessalonique ( programme initial de Syriza ) en ayant démissionné de son poste avant l’acceptation de l’accord par Alexis Tsipras.

L’expérience de Syriza au pouvoir, si elle a suscitée un certain enthousiasme lors des premières semaines, voir des premiers mois, a maintenant perdu de son rayonnement. Elle pourrait même servir à la propagande médiatique afin de dénigrer tout projet alternatif de gauche à cette Europe libérale. Suivant la rhétorique de l’ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher qui déclarait : « there is no alternativ » pour justifier ses mesures néolibérales.

D’où l’importance, à mes yeux, que nous, militants communistes, nous nous démarquions de la branche de Syriza soutenant l’accord passé avec les créanciers et ayant votée les lois dictées par ces derniers. Le congrès spécial de Syriza qui se tiendra au mois de septembre devrait d’ailleurs avoir une réelle importance compte tenu de la situation actuelle.

L’exemple de l’Espagne le démontre bien, alors qu’après la victoire lors des élections du 25 janvier, Podemos surfait sur la vague Syriza, le parti espagnol doit maintenant faire face à une chute dans les sondages et à une baisse de la popularité de ses dirigeants. Même s’il ne revient pas qu’au gouvernement grec la responsabilité de cette baisse dans les sondages, depuis quelques temps les dirigeants de Podemos ont adouci leurs discours, allant même jusqu’à prôner des alliances avec les sociaux-démocrates du PSOE ( Parti socialiste ouvrier espagnol ).

C’est donc l’image de toute la gauche radicale européenne qui risque de souffrir de l’échec de Syriza. Il est donc crucial d’inculquer un nouveau souffle à nos mouvements ; pour le moment nous ne serions dire si Varoufakis sera candidat aux élections grecques où s’il rejoindra l’Unité populaire. Il conviendra donc d’analyser à nouveau la situation après le congrès de Syriza et après les élections pour faire un bilan plus approfondi.

Mais nous pourrions tout aussi bien choisir comme leader le socialiste britannique Jeremy Corbyn, qui est en passe de devenir le candidat aux élections britanniques du Parti travailliste ( Labour Party ). Se situant à l’exact opposé de Tony Blair, qui avait à l’inverse ramener le Parti vers le centre, Jeremy Corbyn fait de la lutte contre la pauvreté sa priorité. Fervent défenseur du monde ouvrier et de la cause palestinienne, il pourrait être l’espoir pour des millions de britanniques qui s’étaient résignés à choisir pour les mêmes politiques durant des années que ce soit sous les conservateurs où sous les travaillistes.

Dans tous les cas, Alexis Tsipras ne peut plus être celui qui incarne les idéaux de transformations sociales en rupture totale avec la Troïka, alors mêmes que des millions d’européens avaient placé leurs espoirs en lui et en son gouvernement. 

Le Brésil divisé entre pros et anti Dilma

Depuis plusieurs mois, de grandes démonstrations de forces se succèdent entre, d’une part les tenants d’un discours réactionnaire, issus de la droite, et d’autre part les forces progressistes et sociales attachées à la démocratie et qui ont participé en masse à la réélection de Dilma Rousseff en octobre dernier.

A une mobilisation qui a réuni, selon diverses sources, des centaines de milliers de personnes il y a quelques jours, les militants de gauches, syndicalistes ou issus des différents mouvements sociaux ont répliqué massivement pour défendre la présidente légitime et démocratiquement élue.

En tête des cortèges, le Parti des travailleurs (PT) dont sont issus l’ancien président du Brésil, Lula, et l’actuelle présidente, ainsi que les partis de gauches alliés. Tous sont la pour apporter leur soutien à la présidente, mais une grande majorité d’entre eux réclament également un changement de la politique gouvernementale. Depuis quelques temps en effet les solutions préconisées par le gouvernement sont celles qu’utiliseraient plutôt un gouvernement de droite

Pourtant, le Brésil est bien placé pour savoir que l’austérité et les politiques libérales ne sont bénéfiques ni au peuple, ni à l’économie d’une nation.  C’est sous l’impulsion des politiques de gauches menées par Lula, puis par Dilma, lors de son premier mandat, que le Brésil a pu faire valoir son rôle et son importance sur le plan international. C’est aussi grâce aux mesures sociales que des millions de brésiliens ont pu sortir de la pauvreté et bénéficié de programmes sociaux d’ampleurs. L’un des exemples les plus marquants étant la coopération médicale avec Cuba, qui permet aux brésiliens de bénéficier des meilleurs soins gratuitement.

Les revendications des défenseurs de la démocratie et de Dilma sont donc claires : non à la destitution de la présidente mais oui à une réoritentation de la politique économique en faveur de mesures de gauche.

Deux visions de la société s’affrontent : ceux qui ont tout a gagné en cas de chute de la gauche au pouvoir, et ceux qui verraient les programmes sociaux s’arrêter si la droite revenait au  pouvoir. Plus globalement, ces mouvements et ces déstabilisations internnes se situent dans la stratégie générale des mouvements de droite, soutenus par les Etats-Unis ( voir : Impérialisme et ingérence en Amérique latine ) et qui n’acceptent toujours pas l’arrivée de gouvernements progressistes dans cette région.
Toutefois il ne faut pas omettre les problèmes qui entourent certains dirigeants du Parti des travailleurs, liés aux affaires de corruption qui ont touchées le géant brésilien Petrobras. Si la Présidente n’arrive pas à mettre fin à cette corruption et surtout si le Brésil ne parvient pas à relancer sa croissance, les conséquences pourraient alors être désastreuses. Et même si Dilma Rousseff a assuré que les missions et les programmes sociaux seraient maintenus, et même approfondis, le risque est gros pour le peuple brésilien. Surtout lorsqu’on sait que la droite n’hésite plus a parler ouvertement de coup d’Etat pour destituer la Présidente. Le gouvernement aura besoin de l’appui et de l’unité de son peuple pour continuer à mener les politiques de transformations sociales qui s’imposent. 

La démission d’Alexis Tsipras

Il fallait s’y attendre, la rumeur est désormais confirmée, Alexis Tsipras, le premier ministre grec a démissionné ce mercredi de son poste et a appelé à de nouvelles élections le 20 septembre.
Comme je l’avais énoncé dans mon précédent article ( voir : la (possible) rupture au sein de Syriza ? ) l’annonce d’élections pourraient conduire à une implosion de Syriza, tant les divergences sont désormais majeurs au sein des dirigeants de la gauche radicale. En prenant en compte cela, 25 députés frondeurs viennent de créer un groupe parlementaire, indépendamment de Syriza, nommé Unité populaire. Ce groupe, dont le chef de file sera Panagiotis Lafazanis, ex-ministre du gouvernement Tsipras, devrait être le troisième parti du Parlement grec après Syriza et Nouvelle Démocratie.

En sa qualité de dirigeant de la  troisième force politique du Parlement, il incombera à Panagiotis Lafazanis de tenter de créer un gouvernement, si la droite échoueait. Dans le cas où aucun des trois premiers partis ne parviendraient pas à créer un nouveau gouvernement avec une majorité, ce qui a de fortes chances d’arriver, les élections auraient alors lieu et le peuple grec devrait une nouvelle fois décidé de son avenir, pour la troisième fois en huit mois.

C’est d’ailleurs dans cette optique que Unité populaire a été crée, afin de faire vivre le « Non » qu’avait prononcé en grande majorité le peuple grec lors du référendum du 5 juillet dernier. L’espoir renaît à nouveau pour tous ceux qui refusent ce troisième mémorandum. Désormais la création d’un « Front du non » qui réunirait les dissidents de Syriza -j’entends par la ceux issus de la Plateforme de gauche et refusant en tout point le mémorandum et les politiques austéritaires- les différents partis de la gauche radicales hostiles à l’accord ( KKE exclus ), ainsi que plusieurs mouvements sociaux et diverses associations, est plus qu’imaginable, elle est nécessaire.

En démissionnant, Alexis Tsipras espère pouvoir bénéficié d’une majorité qu’il n’a plus et ainsi revenir aux affaires du pays, en continuant de clamer que cet accord est mauvais. Je n’accable pas Alexis Tsipras, mais nous ne pouvons plus prétendre désormais le soutenir. Notre soutien doit aller à ceux qui continuent à militer pour une fin de l’austérité totale en Grèce. Les propositions de l’Unité populaires sont simples. La fin des privatisations, le rejet du troisième mémorandum, les nationalisations des secteurs clés, une sortie de l’OTAN, et la cessation des accords militaires avec Israël, tout cela accompagnés de mesures sociales et progressistes en faveur des travailleurs de ce pays.

L’Unité Populaire plaide pour un réel rapport de force contre l’Europe, et n’exclut pas une sortie de l’euro afin de mettre en oeuvre son programme. Quoiqu’il en soit, le 20 septembre sera une date fatidique, nous serons alors si les politiques voulues par la Troïka auront un mandat légitime, ce qui serait une catastrophe pour le peuple grec, où si l’élection d’un large Front des différents mouvements de gauche radicale conduira à une rupture avec l’ordre établi. Si ces derniers venaient à l’emporter, cette victoire donnerait à la gauche radicale européenne un nouveau souffle pour les prochaines échéances électorales. 

La (possible) rupture au sein de Syriza ?

Après l’accord passé entre les créanciers et le gouvernement grec, et après les premiers votes des lois dictées par les créanciers, il a commencé à se créer une première rupture entre d’une part les militants de bases et certains dirigeants de Syriza- ne souhaitant pas renoncer au programme initial de Syriza- et d’autre part le gouvernement grec. Preuve en est du refus, de la majorité du comité central de Syriza de validée l’accord en question. Preuve en est également la démission du gouvernement et l’opposition à ce texte de figures imminentes de Syriza, telles que Varoufakis où encore la présidente du Parlement grec Zoé Konstanpopoulou.

Surtout, des élus et des dirigeants de Syriza commencent à plaider en faveur d’actions, de manifestations, de grèves contre l’accord, ce qui ne s’est pas encore produit sous l’ère Tsipras. Tous ne sont cependant pas hostiles au gouvernement qui, somme toute, a été contraint a accepter ce texte auquel le premier ministre lui même ne croit pas. D’autres en viennent a évoquer une sortie de la zone euro, ce que Tsipras voulait évité à tout prix en signant cet accord avec la Troïka.

Pour le moment Tsipras, le gouvernement et Syriza continuent d’avoir un large soutien de la part de la population. Mais il faut s’attendre dans les mois qui vont venir à une baisse importante de popularité, dès lors que les lois imposées par les créanciers auront commencé à peser sur le peuple grec et sur l’économie du pays, qui est déjà dans un état catastrophique.

Et il n’y a pas que sur la politique intérieure du gouvernement que de profonds désaccords résident désormais entre le gouvernement et les militants de Syriza. La politique extérieure fait maintenant débats entre les deux parties. Le récent accord de coopération militaire signé entre l’armée hellénique et l’armée israélienne ne passe pas pour un certains nombres de progressistes grecs. Et ce d’autant plus qu’avant les élections ; Tsipras défendait la juste lutte du peuple palestinien, qui voit chaque jour ses droits les plus fondamentaux bafoués. Je ne serais dire si désormais le gouvernement grec cautionne l’occupation ou non, mais le fait de coopérer avec l’armée israélienne, celle la même qui occupe illégalement des territoires palestiniens revient à fermer les yeux sur ce qui se passe en Palestine.

De même que les déclarations visant à rassurer les occidentaux quant au maintien de la Grèce dans l’OTAN, revient à cautionner la domination américaine à travers une organisation héritée de la guerre froide et qui a servit à maintes reprises aux Etats-Unis pour leurs différents conflits à travers le monde entier.

Quoiqu’il en soit, si le gouvernement grec persiste à vouloir mettre en oeuvre le programme de la Troïka, il faudra s’attendre à une implosion de Syriza. Un congrès est d’ores et déjà prévus au mois de septembre, nous serons alors fixés sur ce qui adviendra par la suite non seulement de Syriza mais aussi du gouvernement. Ce congrès ne sera manifestement pas marqué par l’unité, les dates de ce dernier faisant elles aussi débats, les militants de la Plateforme de gauche de Syriza ayant souhaité un congrès au mois d’août afin d’éviter a tout prix une acceptation totale de l’accord.

Ces tensions pourraient obliger Alexis Tsipras a organisé des élections anticipées afin de retrouver à la Vouli, le Parlement grec, une majorité au sein de Syriza, qu’il a désormais perdu avec la fronde de plus de quarante députés du parti de la gauche radicale. Un premier ministre grec y compris lâché par l’emblématique présidente de la Vouli : Zoé Konstanpopoulou. 

Impérialisme et ingérence en Amérique latine

Malgré le rétablissement des relations diplomatiques entre Cuba et les Etats-Unis et l’ouverture d’ambassades, les Etats-Unis n’ont toujours pas renoncer à dominer économiquement et politiquement non seulement Cuba mais plus généralement l’ensemble de l’Amérique latine.

Il suffit pour s’en convaincre d’observer les différents mouvements de contestations se produisant dans les pays progressistes de cette région du monde. Ce n’est pas une nouveauté, jamais les Etats-Unis n’ont toléré l’installation démocratique de dirigeants de gauches hostiles à leur impérialisme, dans une région qu’ils considèrent encore comme leur arrière-cour. Récemment c’est en Equateur que l’ingérence américaine s’est révélée en soutenant l’opposition de droite et l’appel à la violence de ces derniers. Ceci afin de faire annuler un projet de loi visant a rendre encore plus équitable la répartition des richesses dans ce pays. Les appels au renversement du gouvernement, démocratiquement élu, étaient si menaçant pour la stabilité du pays que le Président, Rafael Correa, a préféré reporter- temporairement- ce projet de loi afin de mettre en place un débat national autour de cette question.

Alors même que de multiples associations, partis et syndicats ont apporté leur soutien au gouvernement, ce dernier a préféré appelé au dialogue, comme l’avait fait le président bolivarien Nicolas Maduro afin de garantir la paix. D’ailleurs l’Equateur, comme le Venezuela ne sont pas les seuls pays à connaître des déstabilisations internes fomentées depuis l’Amérique du nord. Le Brésil, l’Argentine, le Salvador, où encore la Bolivie sont aussi en proie à ce genre de menace, qui n’ont qu’un seul but : mettre fin aux avancées sociales et à la redistribution des richesses.

Ce sont les secteurs les plus réactionnaires de ces pays qui tentent de reprendre le pouvoir par la force puisqu’ils ont compris qu’ils n’y parviendraient pas par la voix des élections. Ces dernières ont témoigné depuis quelques années que les peuples placent leur confiance dans les partis progressistes qui ont su apporté paix, stabilité, croissance et bien-être sans jamais cédés aux exigences des banques où des Etats-Unis.

Le fait que de telles contestations interviennent dans des pays gouvernées par la gauche nous permet toutefois de nous rendre compte des avancées obtenues par ces différents gouvernements, qui n’auraient certainement pas rencontrés de tels problèmes si leurs politiques étaient dans la lignée des gouvernements américains.

Cette ingérence dans les affaires d’autres pays ne datent pas d’hier. Depuis le triomphe de la Révolution cubaine et la proclamation de son caractère socialiste par Fidel Castro, les Etats-Unis n’ont cessé, directement où indirectement, d’exercé des pressions sur tous les pays souhaitant s’opposer à leur politique. Ces agissements allant parfois jusqu’à provoquer la mort de dirigeants élus comme ce fut le cas en 1973 lorsque Salvador Allende, président socialiste du Chili, fut poussé au suicide après le coup d’Etat de Pinochet soutenu par la CIA.

Des contras du Nicaragua à l’emprisonnement de Chavez en passant par la révolte des policiers en Equateur, à chaque fois la patte des Etats-Unis se manifeste même si ces derniers prétendent agir au
nom de la démocratie, qu’ils violent quotidiennement.

Il faut tout de même reconnaître qu’ils sont avantagés, dans leur propagande, par la plupart des médias occidentaux qui ne cessent de déformer la réalité pour présenter une vision américaine de ce qui se passe en Amérique latine. Les avancées des pays progressistes sont volontairement oubliées tandis que la moindre révolte sera utilisée pour dénoncer l’autoritarisme de tel ou tel gouvernement.
D’où la légitime création de la chaîne Telesur ( voir : Telesur : la réussite d’une information libre ) à l’initiative du Venezuela  il y a dix ans désormais. Ceci dans le but de présenter une information objective et réaliste de la situation de l’Amérique latine toujours soumise à l’impérialisme nord-américain. Une télévision qui semble déranger au plus haut point, puisque lors de la dernière tentative de coup d’Etat au Venezuela, en février dernier, les putschistes avaient pour intention de bombarder le siège de Telesur afin d’empêcher toute retransmission des événements.

Il n’y a donc rien de surprenant à ce que le Venezuela, Cuba, la Bolivie, où d’autres pays d’Amérique latine affichent leurs hostilités à l’égard de la politique et des gouvernements américains, et non pas contre le peuple américain qui lui aussi souffre de l’impérialisme de son propre pays. Que les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux commencent par respecter la souveraineté de chaque pays ( pas seulement ceux d’Amérique latine ) avant de leur donnés des prétendues leçons de démocratie.