Retour en arrière pour l’Espagne

Tout comme en Grèce, l’Espagne bouleverse le paysage européen en ayant connu l’émergence de forces progressistes opposées à l’austérité et au monde de la finance. Nous n’allons pas ici évoquer a proprement parler Podemos, Izquierda Unida où les différents mouvements citoyens, mais plutôt la nouvelle loi qui est entrée en vigueur le 1er juillet et qui va affecter de manière significative les libertés de manifester et le droit d’exprimer librement son opinion.

En effet, depuis 2011 et l’apparition du mouvement des indignés, les espagnols luttent toujours avec autant de courage et de générosité multipliant grèves, manifestations et occupations de places. Tout cela afin de revendiquer la fin des politiques d’austérité qui ont conduit le pays à la catastrophe et le peuple à la misère, comme partout où des politiques similaires ont été appliqué.
Les deux grands partis le Parti populaire (PP) de droite et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) de centre gauche ont vu leurs scores chuté lors des dernières élections régionales ( mai 2015 ) à leur niveau le plus bas depuis la transition démocratique de 1975 suite à la mort du dictateur fasciste Franco ( voir : En avant Podemos ).

Malgré ce revers, la droite, au pouvoir depuis 2011, ne semble pas vouloir remettre en cause sa façon réactionnaire et conservatrice de gouverner. Le Parlement a ainsi adopté une loi restreignant le droit de manifestation. Sont désormais interdits les occupations de places, les distributions de tracts et les collages d’affiches ainsi que l’appel à manifester via les différents sociaux, en clair tout ce que le gouvernement juge coupable de « troubles à l’ordre public ». Un gouvernement qui a cyniquement intitulé cette loi « loi de sécurité citoyenne ».

C’est un véritable retour en arrière que connaît là le peuple espagnol et à travers lui l’Europe entière, censée être garante de la démocratie et des droits de l’hommes. Alors qu’en Grèce le gouvernement honore la démocratie en convoquant un référendum, et se voit pour cela discrédité, le gouvernement espagnol n’a pour l’instant reçu aucun avertissement d’ampleur, mise à part ceux des forces progressistes et des organisations internationales telles que Amnesty international.

La mise en pratique de cette loi vise bien entendu à freiner l’expansion de Podemos et des mouvements citoyens qui, lorsqu’ils sont alliés avec nos camarades d’Izquierda Unida notamment du Parti communiste espagnol (PCE), ont démontré leurs succès comme ce fut le cas en mai dernier où ils ont remporté les villes de Madrid et de Barcelone.

Par ailleurs la dite loi s’accompagne d’autres amendements comme celui qui réduit voir supprime les recherches de crimes commis sous la dictature de Franco, où encore celui rendant légal le processus d’expulsion immédiate des migrants souhaitant trouver refuge en Espagne.
Mais que les énarques et les financiers se rassurent, ils ne sauront pas touché par cette loi qui prévoit même de relever le montant d’euros à partir duquel la justice entame une procédure visant à punir l’évasion fiscale. En clair si un riche espagnol dissimule moins de 120 000 euros cela ne saura pas considérer par la justice comme une fraude. De même que le financement des partis politiques et désormais limité à la modique somme de 500 000 euros.

Ces nouvelles mesures ne vont en réalité que consolider le système de corruption qui gangrène toutes les institutions espagnoles, d’où l’importance des prochaines échéances électorales. C
es élections générales de fin d’années seront donc décisives pour l’avenir de la démocratie en Espagne. 

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