Le gouvernement piétine la démocratie

Comme lors de la première lecture de la loi Macron à l’Assemblée nationale, au mois de février dernier ( voir : 49-3 : le déni de la démocratie ) le gouvernement a une nouvelle fois usé de la force pour faire passer un texte critiqué de toute part. Ceci ayant été réalisé afin d’éviter le rejet de cette loi qui aura contribué à l’érosion de la majorité socialiste, dont une partie souhaitait voter contre. 
La droite et le centre ont ainsi déposé une motion de censure contre le gouvernement qui, en usant de l’article 49-3, engage sa responsabilité devant le Parlement. Les députés du Front de gauche, André Chassaigne en tête ont voté en majeur partie pour cette motion de censure, après avoir échoué à proposer une motion de censure de gauche, faute d’avoir réuni les 58 voix nécessaires. Ainsi, en dépit de leurs protestations, les frondeurs socialistes ont une nouvelle fois décidé de rentrer dans le rang en ne votant pas la motion de censure. Qu’ils ne votent pas cette motion de droite est une chose, le problème réside surtout dans le fait qu’ils ont refusé de proposer eux mêmes avec d’autres députés de gauche leur propre motion de censure. 
C’est d’ailleurs ce refus de réellement assumer les différences avec la ligne Hollande-Valls, cette volonté de ne pas rompre réellement avec le gouvernement, qui conduit les frondeurs à l’échec et à l’absence de véritables perspectives. C’est ce manque d’engagement que les militants ont reproché aux frondeurs lors du dernier congrès du Parti socialiste à Poitiers, où la motion de la gauche du PS n’a même pas su réunir 30% des suffrages exprimés. 
Pourtant, nous ne cesserons de le répéter, l’ensemble des forces de gauches s’opposant radicalement au gouvernement et à l’austérité doivent s’entendre sur des bases communes. Les succès électoraux de nos camarades espagnols et grecs ne sont pas le fait d’un seul Parti où d’une minorité, mais bien d’un large rassemblement à gauche, dont le centre n’est pas la ligne sociale-démocrate. Ceux qui se nomment aujourd’hui Parti socialiste n’ont de socialiste que le nom, ils n’hésitent plus à assumer leur appartenance à la sociale-démocratie où au social-libéralisme. C’est la raison pour laquelle les élus et militants qui se sentent encore animer par ce sentiment de la lutte des classes, et revendiquant une redistribution des richesses en faveurs des plus démunis doivent quitter le navire avant qu’il ne coule, comme c’est le cas en Grèce où le PASOK n’a plus aucune influence. 
Quoiqu’il en soit le gouvernement ne respecte ni la souveraineté du Parlement, ni le peuple qui a élu ce même Parlement. En refusant le débat aux députés et en usant de l’article 49-3 pour faire passer en force la loi Macron, c’est le peu de crédibilité qui lui restait que le gouvernement vient de perdre. Cette loi qui ne va faire qu’empirer la situation des chômeurs, des jeunes, des retraités, des travailleurs, ne trouvent pas non plus réellement grâce aux yeux de la droite qui voudrait aller encore plus loin.
Le MEDEF aura donc réussi durant ce quinquennat a imposer sa logique au gouvernement, ne cessant de clamer plus dès qu’une loi en sa faveur été voté. C’est ce qui aura successivement conduit à l’ANI, au CICE, au pacte de responsabilité et à la loi Macron. 
Les prochaines échéances électorales auront lieu dans quelques mois, il sera alors de notre devoir de montrer une nouvelle voie possible en nous appuyant sur les exemples de nos voisins espagnols, là où nos camarades dirigent désormais Madrid, Barcelone et une multitude d’autres grandes villes. 
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