Coup d’Etat financier contre la Grèce

En convoquant un référendum pour le 5 juillet, concernant l’ultimatum lancé par les créanciers, le premier ministre grec Alexis Tsipras ne fait que mettre en pratique la démocratie en se référant à son peuple. Ainsi les grecs devront se prononcer sur la question suivante : doit-on accepter la proposition des créanciers, ces derniers souhaitant notamment une hausse de la TVA sur les médicaments et les produits de première nécessité, ainsi qu’
une diminution des pensions de retraites.

Cette contre-proposition fait suite à celle du gouvernement grec qui proposait à l’inverse de taxer les revenus les plus hauts et d’instaurer un impôt sur les grandes entreprises. Mais pour les créanciers et pour la plupart des gouvernements de l’UE ( l’Autriche ayant apporter son soutien à la Grèce ) prendre aux riches pour redonner aux pauvres n’est pas une proposition réaliste et souhaitable.

Voilà ainsi que se déroule la tentative d’un coup d’Etat financier contre le gouvernement démocratique et légitime du peuple grec. En annonçant la coupe des liquidités aux banques grecques mardi, la BCE force le peuple grec a courir retirer les liquidités dans les banques. Quel autre pays européen doit subir un tel chantage ? Pour les créanciers la démocratie en Europe n’est bonne que si les gouvernements se plient docilement à leurs règles et à leurs diktats, ce que refuse le gouvernement de la Grèce.

Le référendum prévu pour le 5 juillet devrait déterminer les futurs actions du gouvernement qui a déclaré respecter la décision du peuple. A l’heure où la position des principaux partis politiques grecs est connu, le « non » ( à l’acception de la proposition des créanciers ) semble avoir un avantage de quelques points sur le « oui ».
Si la position de Syriza et de son allié gouvernemental l’ANEL ( grecs indépendants ) est déjà connu, tout comme celle de la droite qui votera « oui », les déclarations du comité central du Parti communiste grec (KKE) sont absurdes. En appelant à l’abstention ils témoignent une nouvelle fois de leur sectarisme et de leur volonté de faire échouer le gouvernement grec.
C’est cette position du KKE qui a forcé le gouvernement grec à s’allié avec l’ANEL pour bénéficier d’une majorité, alors qu’un gouvernement Syriza-KKE aurait été tout à fait possible. Pire, le KKE n’a même pas voter les lois progressistes du gouvernement.

Pour l’heure les militants de Syriza s’activent à convaincre le peuple grec de la nécessité d’aller massivement voter pour le « non » lors du référendum. La réponse à cette simple question déterminera l’avenir du peuple grec. Après la négation du « non » français en 2005, par les institutions européennes, il conviendra d’observer leur réaction si le peuple grec refusait la proposition des créanciers. Ces mêmes gouvernements critiquant de nombreux pays qui selon eux ne seraient pas démocratiques, accepterons-ils enfin le jugement démocratique d’un peuple ?

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La Grèce face à la finance

Ce qui se joue actuellement en Grèce nous concerne tous au plus haut point, tant l’issue des négociations, entre le gouvernement légitime du peuple grec et les créanciers que personne n’a élu et qui prétendent vouloir influencer économique la Grèce, sera importante pour l’Europe entière.
Le gouvernement et le peuple grec incarnent ainsi toujours cet esprit de résistance face à la dictature des finances après des années de souffrances marquées par des politiques d’austérités drastiques et dramatiques.

Ce temps là est désormais terminé en Grèce, son peuple, en élisant un gouvernement qui agit pour l’intérêt général, a sonné le glas de la révolte face aux banques et a en même temps retrouvé sa dignité que les financiers lui avait enlevé. Et alors que ces derniers, avec la complicité des autres gouvernements européens s’unissent contre la volonté démocratique et légitime du peuple grec, les autres peuples européens et les forces progressistes témoignent chaque jour un peu plus de leur solidarité envers ce qui est en train de s’accomplir en Grèce.

En effet, si lors des premières semaines du nouveau gouvernement, les choses pouvaient paraître mal engagées, à un point tel qu’y compris au sein des forces de gauches certains commençaient à douter des capacités de Tsipras et de son gouvernement, les premières lois, la volonté de fer, le soutien des BRICS et des pays émergents ont profondément changé la donne. Désormais la Russie, la Chine, mais aussi le Brésil, l’Argentine, la Bolivie, et l’Equateur ont tous apporté leur soutien au gouvernement grec. et offrent à ce dernier un moyen de pression contre les créanciers qui pensent toujours pouvoir gouverner le peuple grec. La possible adhésion de la Grèce à la banque de développement des BRICS ( voir : la Grèce et les BRICS ), les futures fournitures de gaz russe, l’achat de pétrole iranien où encore les relations avec les pays progressistes d’Amérique latine ainsi que le soutien à la cause palestinienne témoignent de la volonté du gouvernement grec de favoriser l’émergence d’un monde multipolaire à l’exact opposé d’une domination impérialiste américaine.

Pour l’heure un accord se fait toujours attendre, alors même que le gouvernement grec manifeste depuis le début sa bonne volonté, les créanciers ne cessent d’insulter le peuple grec en demandant des réformes contraires aux principes de Syriza.

Parallèlement ces discussions nous permettent de constater que la sociale-démocratie européenne a définitivement oubliée ses premiers objectifs de dépassement de la société capitaliste pour la remplacer par le socialisme. De même, les notions de marxismes où de luttes des classes sont des choses que les sociaux-démocrates européens ont volontairement supprimé. Combien de gouvernements sociaux-démocrates dirigent aujourd’hui avec la droite ( l’exemple de l’Allemagne l’atteste alors même que le SPD aurait pu former une coalition de gauche avec die Linke et les verts, il a préféré s’allier à la CDU d’Angela Merkel ) alors qu’ils avaient la possibilité de gouverner avec des forces de gauches radicales sur la base de politiques progressistes ?
Combien de gouvernements sociaux-démocrates ont apporté leur soutien au gouvernement de la gauche grecque ? Aucun.

Les socialistes européens préfèrent désormais défendre et sauver les banques ainsi que les intérêts financiers, plutôt que de protéger les intérêts populaires, ceux de la grande majorité des européens.

Le peuple grec nous a néanmoins prouver qu’une alternative à l’austérité et au diktat des banques est non seulement crédible mais aussi réalisable. Par son seul choix démocratique, il a su prouver à l’Europe entière qu’elle n’était pas condamner a choisir entre, d’une part les sociaux-démocrates et les libéraux qui pratiquent la même politique, et d’autre part la remontée des mouvements et des partis ultranationalistes et fascistes.

Nous devons toutefois rester vigilants face aux tentatives de déstabilisations des médias qui ne cessent de crier à la capitulation du gouvernement grec. Une nouvelle fois il est bon de le rappeler : le bras de fer est certes rude mais le gouvernement peut compter sur l’appui et le soutien du peuple grec, qui place une entière confiance en l’action de ses élus pour rétablir la situation et faire face à la crise.

Le gouvernement piétine la démocratie

Comme lors de la première lecture de la loi Macron à l’Assemblée nationale, au mois de février dernier ( voir : 49-3 : le déni de la démocratie ) le gouvernement a une nouvelle fois usé de la force pour faire passer un texte critiqué de toute part. Ceci ayant été réalisé afin d’éviter le rejet de cette loi qui aura contribué à l’érosion de la majorité socialiste, dont une partie souhaitait voter contre. 
La droite et le centre ont ainsi déposé une motion de censure contre le gouvernement qui, en usant de l’article 49-3, engage sa responsabilité devant le Parlement. Les députés du Front de gauche, André Chassaigne en tête ont voté en majeur partie pour cette motion de censure, après avoir échoué à proposer une motion de censure de gauche, faute d’avoir réuni les 58 voix nécessaires. Ainsi, en dépit de leurs protestations, les frondeurs socialistes ont une nouvelle fois décidé de rentrer dans le rang en ne votant pas la motion de censure. Qu’ils ne votent pas cette motion de droite est une chose, le problème réside surtout dans le fait qu’ils ont refusé de proposer eux mêmes avec d’autres députés de gauche leur propre motion de censure. 
C’est d’ailleurs ce refus de réellement assumer les différences avec la ligne Hollande-Valls, cette volonté de ne pas rompre réellement avec le gouvernement, qui conduit les frondeurs à l’échec et à l’absence de véritables perspectives. C’est ce manque d’engagement que les militants ont reproché aux frondeurs lors du dernier congrès du Parti socialiste à Poitiers, où la motion de la gauche du PS n’a même pas su réunir 30% des suffrages exprimés. 
Pourtant, nous ne cesserons de le répéter, l’ensemble des forces de gauches s’opposant radicalement au gouvernement et à l’austérité doivent s’entendre sur des bases communes. Les succès électoraux de nos camarades espagnols et grecs ne sont pas le fait d’un seul Parti où d’une minorité, mais bien d’un large rassemblement à gauche, dont le centre n’est pas la ligne sociale-démocrate. Ceux qui se nomment aujourd’hui Parti socialiste n’ont de socialiste que le nom, ils n’hésitent plus à assumer leur appartenance à la sociale-démocratie où au social-libéralisme. C’est la raison pour laquelle les élus et militants qui se sentent encore animer par ce sentiment de la lutte des classes, et revendiquant une redistribution des richesses en faveurs des plus démunis doivent quitter le navire avant qu’il ne coule, comme c’est le cas en Grèce où le PASOK n’a plus aucune influence. 
Quoiqu’il en soit le gouvernement ne respecte ni la souveraineté du Parlement, ni le peuple qui a élu ce même Parlement. En refusant le débat aux députés et en usant de l’article 49-3 pour faire passer en force la loi Macron, c’est le peu de crédibilité qui lui restait que le gouvernement vient de perdre. Cette loi qui ne va faire qu’empirer la situation des chômeurs, des jeunes, des retraités, des travailleurs, ne trouvent pas non plus réellement grâce aux yeux de la droite qui voudrait aller encore plus loin.
Le MEDEF aura donc réussi durant ce quinquennat a imposer sa logique au gouvernement, ne cessant de clamer plus dès qu’une loi en sa faveur été voté. C’est ce qui aura successivement conduit à l’ANI, au CICE, au pacte de responsabilité et à la loi Macron. 
Les prochaines échéances électorales auront lieu dans quelques mois, il sera alors de notre devoir de montrer une nouvelle voie possible en nous appuyant sur les exemples de nos voisins espagnols, là où nos camarades dirigent désormais Madrid, Barcelone et une multitude d’autres grandes villes. 

L’Etat choisit la violence

Des policiers frappant des réfugiés et des élus de la République, ces scènes nous rappellent de tristes heures de notre histoire, pourtant elles se sont déroulées il y a quelques jours seulement en plein coeur de Paris, à la halle Pajol.
Les migrants, provenant en grande partie de pays en guerre, avaient trouvé refuge dans ce lieu, une centaine approximativement qui n’avaient pu être relogés.

Une solidarité s’est alors témoignée envers ces personnes, humaines avant tout. Les habitants du quartiers et les élus de gauche, notamment ceux du PCF et du Front de gauche n’ont pas hésité a apporter leur aides. Lundi 8 juin donc, des CRS arrivent par dizaines dans le but de chasser ces migrants de ce lieu. Une chaîne humaine se met rapidement en place, composée d’élus et de militants, mais en vain. Les policiers usent de leur pouvoir, de leurs matraques, et de leurs gaz lacrymogènes pour déloger les personne se trouvant sur place.
Comment peut-on après ces actes parler de République, et de dignité ? Dans un pays qui se targue d’être la Patrie des droits de l’hommes, de l’égalité et de la fraternité, l’Etat se permet d’envoyer des CRS chasser de simples migrants ne demandant qu’un logement.

Bien sûr le problème n’est pas que français, les morts dramatiques de milliers de personnes au bord de l’Europe le démontre bien. Nous devons trouver des solutions afin d’aider non seulement les migrants qui viennent en Europe, mais également les pays qui accueillent le plus de personnes c’est à dire les pays voisins des zones de guerre. Comme je l’expliquais dans un précédent article : l’UE est responsable des morts en méditerranée . C’est en effet par les multiples guerres et interventions armées des Etats-Unis mais aussi des européens que des milliers de personnes sont obligés de trouver refuge ailleurs.

La France pourrait pourtant assurer un bien plus grand rôle que celui qu’elle porte aujourd’hui en accueillant plus de personnes et en leur fournissant une vraie aide. Les chiffres le démontre, la France est largement dépassée en terme d’accueil de migrants, où de pourcentages d’étrangers dans sa population, par d’autres pays européens, dont certains sont pourtant plus petits et sois-disant moins puissant.
D’autant que nous en avons la capacité. Les espaces immenses de bâtiments laissés vacants par des particuliers où par l’Etat doivent servir au logement, à la fois pour les français mais aussi pour ceux qui se réfugient dans notre pays.

Ne serait-ce pas là une preuve que l’esprit Charlie du 11 janvier existe toujours ? Cet élan fraternel qui avait uni des millions de personnes, pour rendre hommages aux victimes des attentats mais également pour clamer le droit de vivre ensemble; que l’on soit français de souche où immigré, athée, juif, chrétien où musulman, noir, arabe où asiatique, est-il encore présent dans l’esprit des français ?
On peut sérieusement en douter quand la maire communiste de Vénissieux est accusée par la justice d’avoir voulu protéger des dizaines de familles susceptibles de se retrouver dans la rue sans logement.

Comme d’ordinaire la droite et l’extrême droite se rejoindront dans leurs discours discriminatoires en clamant que la France ne peut accueillir toute la misère du monde, en se basant sur des données erronées. Il ne s’agit pas d’accueillir toute la misère du monde, mais simplement de contribuer à notre échelle à réparer des erreurs pour lesquelles nos gouvernements sont en [grande] partie responsable.

Telesur, la réussite d’une information libre

L’information est un sujet qui passionne au delà des frontières, entre ceux qui ne se réfèrent qu’aux seuls médias dominants, et ceux qui tentent d’êtres plus critiques et plus vigilants envers les messages véhiculés. Au niveau national, comme au niveau international, ce que l’on nomme les grands médias ont plus ou moins tous le même message et la même vision du monde, dans le cadre de la « pensée unique » favorable au libéralisme et aux inégalités qui en découlent.
Pourtant si les grandes chaînes internationales telles que CNN où la BBC rentrent parfaitement dans cette analyse, il y en a au moins une qui s’oppose et qui présente une autre vision du monde.

La chaîne d’information Telesur a vu le jour en juillet 2005 à l’initiative du président de la République bolivarienne du Venezuela Hugo Chavez, réalisé conjointement avec Cuba, l’Argentine et l’Uruguay. Son but principal étant de diffuser une information libre et indépendante de l’hégémonie américaine dans une région qui a endurée tant de souffrance du fait de l’impérialisme.
Aujourd’hui la chaîne est retransmise partout dans le monde et est reconnue à sa juste valeur pour son information de qualité.

En plus des quatre pays qui ont participé à sa création, de nouveaux pays possèdent désormais la chaîne : le Nicaragua, la Bolivie, et l’Equateur. Ainsi, non seulement Telesur propose des analyses libérées de l’influence américaine mais elle participe ainsi à l’intégration régionale voulu par ces différents pays progressistes.
Déjà illustrée par les organisations régionales que sont l’Union des nations sud-américaines (UNASUR), l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique ( ALBA), la communauté des Etats latinos-américains et des caraïbes ( CELAC), Telesur permet d’approfondir ce processus en diffusant aux peuples d’Amérique latine une information viable.
D’autant plus que les peuples d’Amériques latines ont une langue commune- hormis le Brésil- ce qui permet à chaque pays d’avoir accès à tous les programmes et de les comprendre, ce qui est plus difficile en Europe par exemple.

Au niveau régional la chaîne a donc une importance clé, mais elle permet également aux pays d’autres continents de connaître l’Amérique latine autrement que par la propagande pro-américaine qui ne consiste qu’à critiquer les gouvernement de cette région.
La chaîne ne se contente toutefois pas de parler de l’Amérique latine. Comme toute source d’information internationale elle exprime son avis et diffuse des reportages sur le monde entier. Ainsi, lors de l’opération israélienne contre la population de Gaza, quand la plupart des médias soutenaient Israël et son  » droit à se défendre « , Telesur prenait position pour le peuple palestinien, comme d’ailleurs les gouvernements de cette région qui, à l’image du Venezuela où de l’Argentine n’ont pas hésité à envoyer des ressources pour soutenir la bande de Gaza.

Telesur ne fait toutefois pas que des heureux, l’Empire médiatique impérialiste voyant cela d’un très mauvaise oeil. En effet avec l’émergence d’une chaîne dont l’un des objectifs est d’informer réellement les populations, les grands médias, et leur vision du monde, se sentent menacer.
Le développement de Telesur en Amérique latine témoigne bien de la volonté de ces peuples de ne plus vivre selon la pensée des chaînes nord-américaines.
Un élément démontre à lui seul la gène qu’occasionne cette chaîne pour les Etats-Unis. Lors de la récente tentative de coup d’Etat au Venezuela, fomenté par l’extrême-droite vénézuélienne revancharde, et avec le soutien de Washington, le plan initial des putschistes visait à bombarder simultanément le palais de la présidence, le ministère de la défense, et le siège de Telesur qui se trouve à Caracas, la capitale du Venezuela. En planifiant cela les contres-révolutionnaires auraient ainsi fait d’une pierre deux coups. A court terme cela aurait permit de cacher ce coup d’Etat aux forces vives du pays qui soutiennent le gouvernement ainsi qu’aux peuples d’Amériques latines n’ayant que cette chaîne comme moyen d’information. A long terme cela aurait permit aux médias dominants de reprendre leurs monopoles dans cette région du monde.

L’importance de Telesur ne doit donc pas être ignorée, cela ne peut être accueilli que de manière positive par tous ceux qui au quotidien refusent le dogme de la pensée unique présentée
par la plupart des médias. Une nouvelle fois l’exemple à suivre nous parvient de l’Amérique latine. 

La Grèce ne lâche rien

Le gouvernement du peuple grec résiste toujours alors que les pressions des créanciers sont de plus en plus importantes et qu’aucun accord ne semble pouvoir être trouvé.
Pourtant Tsipras avait récemment montré son optimisme quant à la signature d’un accord qui aurait été bénéfique pour les deux parties mais qui n’aurait pas franchi les lignes rouges du gouvernement grecs qui sont aussi celles du peuple grec.
Or, l’accord proposé par les créanciers a été une insulte faîte à la Grèce et au mandat que le peuple a remit à Syriza. En conséquence de quoi le gouvernement grec a exprimé son rejet de cet accord.

Ainsi les créanciers peuvent continuer à déverser leur lot de désinformation quotidienne sur Syriza, qui  » ne souhaitent faire aucun effort « . Pourtant le gouvernement grec est rempli de bonne volonté, malgré les pressions et l’étranglement financier il a toujours été à la table des négociations tout en ne reculant pas devant les exigences que lui ont confié le peuple grec.
Comment les créanciers et les responsables politiques de l’UE auraient pu penser que le gouvernement accepterait cet accord qui incluait la suppression de l’allocation de solidarité, qui est réservée aux retraités les plus démunis, où bien l’augmentation de 10 points de la TVA ? Qui aurait-pu penser que le Parlement grec l’aurait accepter après des années d’austérités ? Ces propositions sonnent, selon les propres mots du premier ministre grec, comme un retour en arrière après plus de trois mois de négociations.

Dans un discours au Parlement ( voir : Alexis Tsipras ) le premier ministre grec a appelé l’opposition de droite a se prononcer sur ce refus de signer l’accord sachant désormais le contenu de ce dernier.
Alexis Tsipras a par ailleurs annoncé ce que devait contenir le futur accord entre la Grèce et les créanciers, il a de ce fait rappeler les propositions pour lesquels le peuple grec a voté en élisant Syriza. Il est ainsi toujours question d’une réduction et d’une restructuration de la dette, dont une grande partie est illégitime, mais aussi de l’augmentation des pensions de retraites et la réinstauration des conventions collectives. Sur ce dernier point le premier ministre grec a fait savoir qu’une proposition de loi devrait arriver prochainement au Parlement grec afin de rétablir officiellement des conventions collectives supprimées par les politiques d’austérité et les mémorandums.

Selon un récent sondage, Syriza bénéficierait toujours d’un large soutien de la part du peuple grec, et posséderait 45% des intentions de votes, quand la droite n’en aurait que 21,4%. Ces chiffres nous renseignent donc sur la popularité du gouvernement et sur la reconnaissance de son action par le peuple grec qui retrouve, grâce à Syriza, peu à peu sa dignité.

La volonté du gouvernement de ne pas plier reste donc intact malgré la stratégie de « noeud coulant » mise en place par les institutions européennes afin d’obliger la Grèce à céder et à renoncer à ses objectifs en matière d’égalité et de justice sociale. Le refus du gouvernement grec de payer, ce vendredi 5 juin, l’échéance au FMI, puisqu’il a été décidé que le remboursement se ferait en une fois, témoigne de cela. Alors même que Tsipras a rappelé que la Grèce avait honorée ses engagements, l’Europe elle ne les a pas tenu puisque rien n’a été versé à la Grèce depuis le mois d’août 2014.

Il serait temps pour l’Europe d’apprendre la signification du mot démocratie. Le 25 janvier dernier, en élisant Syriza, le peuple grec a témoigné de sa combativité, de son courage, et de son refus d’être une nouvelle fois à la botte des créanciers et des financiers.
Une nouvelle fois il est de notre devoir à nous, peuples d’Europe, d’exprimer notre solidarité à l’égard du gouvernement et du peuple grec. Un peuple qui a vu ses droits spoliés par des années de politiques au services des banques, sans que jamais il n’y ait eu une quelconque contrepartie pour la majorité de la population, celle qui souffre de la crise.
Syriza a fait renaître l’espoir, celui d’une Europe des peuples, sociale, démocratique, juste et solidaire. 

La République bafouée

La visite du Roi d’Espagne et le changement de nom de l’UMP au profit des républicains ont été deux événements qui, loin de rendre hommage à la République l’ont insulté. 

Alors même que les mouvements et partis prônant la fin de la Monarchie et l’instauration de la République sont en passe de gagner les élections législatives espagnoles au mois de Novembre prochain, principalement Podemos qui propose un référendum sur le maintien- ou non- de la monarchie, la France préfère inviter les symboles d’un régime corrompu.

Ce n’est en effet plus un secret pour personne, l’Espagne est l’un des pays les plus corrompus de l’Union européenne avec pas moins de 350 élus qui seraient impliqués dans des affaires judiciaires, notamment des parlementaires et autres élus du Parti populaire de la droite espagnole, ainsi que des membres du Parti socialiste des ouvriers espagnols (PSOE), c’est à  dire ceux qui n’ont de cesse de dénoncer  « l’assistanat » des plus démunis. La famille royale espagnole est elle aussi directement impliquée puisque l’infante royale est au coeur d’une affaire de blanchiment d’argent.

Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale, a donc choisi d’inviter ce roi-ci, issu d’une lignée qui, faut-il le rappeler, a été instaurée par le dictateur fasciste Franco. A la fin de son règne, ce dernier avait en effet désigné pour monarque Juan-Carlos, son neveu et père de l’actuel roi Felipe VI. Si l’on veut remonter dans le temps, c’est donc une insulte faite à tous les combattants républicains de la liberté qui se sont battus ardemment au sein des Brigades internationales pour tenter de préserver la République espagnole face au putsch des franquistes. Une République espagnole initiée sous le Front populaire qui avait notamment mis en place un programme de réforme agraire et de programmes destinées au peuple. D’autant que le roi espagnol n’est pas le chef du gouvernement espagnol, il n’a qu’une valeur symbolique dans son pays, telle la reine d’Angleterre.

En 2013 Rafael Correa, président socialiste de l’Equateur, avait visité la France et avait notamment donné une conférence à la Sorbonne, mais aucun grand média n’avait relevé cette visite d’un chef d’Etat qui a contribué au bien-être de son peuple par le biais d’une Révolution citoyenne et de sa politique intitulée socialisme de « buen vivir » ( bien vivre ). A un point tel que même les économistes du FMI, que Correa a chassés de son pays, estimant à juste titre que leurs « conseils » n’avaient conduit qu’à la misère, parlent du miracle équatorien. Mais pour le gouvernement français, un président socialiste élu par son peuple semble moins important qu’un monarque représentant l’ancien régime, et qui plus est élu par personne d’autre que par son père.

L’autre événement est le changement de nom de l’UMP pour les républicains. Si ce changement de nom peut paraître anodin, il reflète la volonté de la droite de s’approprier le nom de la République alors même que ce dernier signifie justement le commun et de ce fait est donc destiné à tous puisque profitable à tous. L’idée de République et le mot « républicain » ne peuvent donc pas être appropriés par un seul parti, ou un seul mouvement puisque nous sommes tous des républicains ne souhaitant nullement rétablir la monarchie. Ainsi lorsque nous nous définirons comme républicains, dans le sens de partisans de la République, nous devrons désormais systématiquement marquer la nuance avec le parti du même nom qui par ailleurs ne la respecte pas. La République implique les idées d’égalité, de fraternité, de justice, de solidarité et de liberté, des valeurs que les dirigeants de la droite ne cessent de bafouer. La plupart sont impliqués dans des affaires jucidiaires, et on ne compte plus les multiples procédures en cours concernant le chef des républicains, l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy. 

C’est donc un pur stratagème de communication en vu des prochaines élections et notamment les présidentielles de 2017, que la droite espère de nouveau gagner après 10 ans de gestion désastreuse. Il faudra donc que nous restions vigilants face aux tentatives de récupérations de la part de la droite.