La réussite du Nicaragua

Comme dans de nombreux pays d’Amérique latine, le peuple nicaraguayen a porté au pouvoir un gouvernement de gauche. L’actuel président, Daniel Ortega, qui brigue actuellement un second mandat consécutif après avoir été réélu en 2011 dès le 1er tour, avec 62,65% des suffrages, n’est autre que l’un des anciens dirigeants de la guérilla marxiste du Front sandiniste de libération nationale (FSLN).
Transformé depuis en parti politique légal, le FSLN a joué un rôle clé en 1979 lorsqu’il renversa la dictature de Somoza, soutenue par les Etats-Unis. Ne supportant pas l’idée de l’installation d’un gouvernement socialiste dans sa périphérie d’action, qui plus est dans une période de guerre froide, Washington va user de sa puissance afin de tenter de renverser le nouveau pouvoir. Tout comme ils ont pu le faire contre Cuba ou contre le Chili d’Allende, les Etats-Unis vont soutenir et armer des groupes terroristes contres-révolutionnaires nommés « contras ». En parallèle, Daniel Ortega se faisait élire pour la première fois en 1984 par le peuple nicaraguayen. Les « contras » vont provoquer des violences et des affrontements, se rendant également coupables de la mort de plusieurs milliers de personnes. Le tribunal international de la Haye a d’ailleurs condamné à plusieurs reprises les Etats-Unis a payer des réparations au Nicaragua, sans que jamais cela ne soit honoré.

Avec l’implosion de L’URSS, la fin de la guerre froide, et après des années de guerre qui ont coûté la vie à 30 000 personnes, la droite revient au pouvoir. Jusqu’en 2006 le peuple nicaraguayen va souffrir des politiques néolibérales appliquées avec la bénédiction du FMI, de la Banque mondiale et des Etats-Unis.
Toutefois, en 2006 le FSLN revient au pouvoir en faisant élire Daniel Ortega Président de la République. Les premiers changements ne se font pas attendre, et les dépenses sociales deviennent une priorité de l’Etat.

Ainsi, le 29 août 2009 le gouvernement sandiniste déclare le Nicaragua territoire libre d’analphabétisme. Grâce à la méthode cubaine d’alphabétisation : Yo si puedo ( oui, je peux ) faisant partie du programme de la « campagne d’alphabétisation de Fidel à Marti », le pourcentage de personnes ne sachant ni lire ni écrire est passé de 19% en 2007, à 3,56% en 2009. Le Nicaragua devenait ainsi le quatrième pays d’Amérique latine a réaliser cette prouesse après Cuba, le Venezuela, et la Bolivie.
A l’issue de cette annonce, le président Daniel Ortega déclarait que cela ne permettait pas seulement aux personnes de savoir lire et écrire, mais également d’avoir la capacité de défendre leurs droits, et ainsi assurer la stabilité du pays.

Après sa réélection en 2011, et la poursuite d’un gouvernement sandiniste, malgré les pressions de Washington considérant toujours l’Amérique latine comme son arrière-cour, les programmes sociaux s’intensifient. Celui nommé Plan Techo étant par exemple destiné à l’installation de toits de zinc pour les familles les plus pauvres.

Dans le domaine de la santé, les progrès sont également considérables puisque depuis l’élection de Daniel Ortega, les nicaraguayens bénéficient d’un système de santé universel et gratuit. Les programmes sociaux consacrés à la santé ont notamment permis de mener de vastes campagnes de vaccination.
Ainsi, récemment, au mois d’avril dernier, l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a remis au Nicaragua le prix de la vaccination. En effet, de nombreuses maladies telles que la poliomyélite, le tétanos, la diphtérie, la rougeole, ou la rubéole, ont pu être éradiquées grâce à la politique gouvernementale.
Par ailleurs, une nouvelle campagne de vaccination a été lancée, elle devrait mobiliser 27 000 membres des brigades de la santé, et ainsi permettre de couvrir tout le territoire, y compris les zones les plus rurales et les plus reculées du pays.
Par ailleurs les dépenses consacrées à la santé sont passées de 6,3% du PIB en 2006, à 8,3% en 2013.

La réussite du Nicaragua ne tient toutefois pas seulement aux progrès dans le domaine de la santé et de l’éducation,. Le pays affiche ainsi un taux de chômage de 5,9%, et une croissance de 4,5% sur l’année 2014. Le Nicaragua possède donc la plus importante croissance d’Amérique centrale, une croissance en hausse par rapport à l’année 2013 alors que la tendance est plutôt à la baisse dans cette région du monde. L’économie est aujourd’hui stable grâce notamment aux progrès réalisés dans l’agriculture et dans la création d’emplois.

Un autre exemple révélant la réussite de ce pays est la construction d’un canal interocéanique reliant l’océan pacifique à l’océan atlantique. Ce chantier, qui devrait prendre fin en 2019, est assuré par le gouvernement chinois qui investir de plus en plus dans les pays latino-américains. Si le projet peut-être discuté, parce qu’il n’émane pas du gouvernement lui même, ou vis à vis des contraintes que cela pourrait engendrer, une étude a toutefois révélé que 80% des nicaraguayens y étaient favorables.
Outre la construction du canal, sont également prévus les constructions de deux ports, d’un aéroport international, et d’un centre touristique, ce qui devrait permettre l’embauche d’environ 25 000 nicaraguayens.
Ce projet sera ainsi bénéfique pour le Nicaragua, mais également pour les autres pays progressistes d’Amérique latine tels que Cuba où le Venezuela qui verront leurs ports se développer. Enfin il permettra de contrecarrer l’hégémonie américaine pour le moment assurée par le canal de Panama.

Cependant, aucun pays n’étant parfait, le Nicaragua a lui aussi ses limites et ses défauts, le principal d’entre eux étant sans aucun doute l’absence de droit à l’avortement pour les femmes, dans un pays où l’influence de l’Eglise catholique et la place de la religion restent importantes.

Le Nicaragua s’inscrit néanmoins dans la la lignée de Cuba, du Venezuela, où de la Bolivie, et même si le Front sandiniste de libération nationale a quelque peu adouci son marxisme-léninisme, la volonté de transformer la société en profondeur reste elle inchangée. Par ailleurs le Nicaragua est le seul pays au monde à posséder une brigade militaire entièrement destinée à la protection de l’environnement et à la lutte contre la déforestation dans une région où l’écologie n’est pas toujours une priorité. Au lieu de critiquer sans cesse ces pays progressistes, tels que le Nicaragua, il serait préférable que nos
gouvernements approfondissent les relations avec ces pays, qui pourraient nous donner des leçons en matière d’écologie, de démocratie, où dans le domaine social.

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