Syriza et Podemos ouvrent une brèche

Syriza avait ouvert une brèche le 25 janvier dernier, Podemos et la gauche citoyenne espagnole viennent de s’y engouffrer en réalisant une percée spectaculaire lors des dernières élections. Les deux plus grandes villes du pays, Barcelone et Madrid étant en passe d’être diriger par des indignés, soutenus par Podemos et par Izquierda Unida ( voir : En avant Podemos ).
Que retenir de ces résultats ? Premièrement que l’idée qu’il n’y est que l’austérité comme politique possible est purement et simplement fausse. Deuxièmement que en dépit de tous les mensonges qui ont pu être véhiculés il est possible d’accéder au pouvoir afin de modifier le rapport de force et de mener des politiques en faveur des plus modestes. Troisièmement que la volonté d’un peuple en lutte sera toujours victorieuse, même si cela doit prendre du temps.

Ces résultats ne sont pas anodins, puisque là où les forces de gauches, j’entends pas là distinctes des sociaux-démocrates, réussissent le mieux, c’est là où les politiques d’austérités ont été les plus élevées et les plus pesantes sur les peuples. Ce n’est pas un hasard si en Grèce, en Espagne, où en Irlande nos camarades réalisent d’excellents scores, sont en passes de le faire, où l’ont déjà fait.
En effet, ces trois pays ont été des terrains d’expérimentations des politiques d’austérités, avec à chaque fois des résultats catastrophique pour les populations. Hausses du chômage, de la précarité et de la misère, baisses des retraites, des salaires et de l’espérance de vie. La pauvreté a atteint des sommets, alors même que nous sommes censés vivre dans l’endroit du monde le plus développé.

Et lorsque qu’enfin des forces anti-austérité émergent et proposent des alternatives à cela, les banquiers, les financiers, les médias, tous s’accordent pour dire que ces propositions sont irréalistes. Dans leurs vision du monde il est donc parfaitement acceptable qu’une minorité profitent de la crise au dépend de la quasi-totalité de la population, mais il n’est pas réaliste de mener une politique favorables aux populations.
Comment osent-ils se permettre de faire des leçons de moral alors qu’ils ont précipité des millions de personnes dans la misère sociale ? Qu’à cause d’eux les forces les plus obscures et les plus réactionnaires réapparaissent de partout et menacent une nouvelle fois la paix ?
Comment peuvent-ils se prétendre au dessus des lois, au dessus de la volonté des peuples ? N’était-ce pas Jean Claude Juncker, président de la commission européenne, qui déclarait il y a quelques mois « qu’il ne peut avoir de choix démocratiques contre les traités ? » 

Et pourtant, lorsque les peuple décident de prendre leur avenir en main, lorsqu’ils expriment leur refus d’autres souffrances et d’autres sacrifices en votant pour des forces qui défendent leurs intérêts, les financiers de l’Union européenne n’ont d’autres moyens que de systématiquement dénigrer ce peuple et calomnier ses dirigeants. Il n’y à qu’a voir avec quel mépris ils traitent Syriza et le peuple grec. Depuis la victoire de nos camarades, les médias n’ont eu de cesse de parler de la capitulation du gouvernement grec, sans jamais évoquer que la majorité du peuple grec fait confiance à son gouvernement. Car s’il y avait réellement eu capitulation comme ils le sous-entendent, toutes les lois progressistes d’ores et déjà votées n’auraient jamais vu le jour ( voir : Quel bilan après les 100 premiers jours de Syriza ? ).

L’Europe des peuples, celles que nous réclamons depuis des années est entrain d’apparaître.
L’élection de Syriza, et la victoire de Podemos démontrent que tout est possible malgré le discours des médias qui veulent nous faire croire le contraire et nous pousser à penser que nous ne pourrons rien changer.

En France, malheureusement nous n’en sommes pas là. Le Front de gauche avait pourtant fait sensation en 2012 en dépassant les 11% aux élections présidentielles, mais depuis ce bel élan n’a pas été confirmé. Problèmes de stratégies, difficultés à se faire entendre, et divisions lors des élections nous ont conduits à n’être qu’une simple voix d’opposition quand nous aurions pu être l’alternative.
Il faut néanmoins prendre en compte le fait que notre pays a été moins durement touché par la crise que la Grèce où l’Espagne. Ainsi nombre de français s’imaginent encore que la droite où les sociaux démocrates peuvent encore nous sortir de la crise. Or c’est l’inverse qui se produira, les politiques d’austérité vont se durcir, les attaques contre les travailleurs vont s’amplifier, tout cela sous fond de couverture médiatique nous répétant sans cesse qu’il faut que nous nous serrions la ceinture.

Le chemin est encore long pour que nous parvenions à nos objectifs, mais il est clairement établi qu’à long terme l’Europe sociale se fera, une Europe qui serait solidaire, démocratique et qui porteraient au coeur de son projet les valeurs de fraternité, d’égalité, de liberté, de justice sociale et de paix. Cette Europe ne se fera ni avec les forces d’extrêmes droites fascistes, ni avec la droite et les sociaux démocrates qui organisent conjointement la destruction de nos services publics, mais bien avec les forces progressistes et citoyennes.

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