La Grèce et les BRICS

Alors que le bras de fer entre les créanciers et le gouvernement grec continue, et que l’exécutif hellénique maintient son refus de céder et de renoncer à son programme, une opportunité nouvelle s’offre à nos camarades. En effet la Russie, qui a déjà apporté son soutien à Syriza, a récemment invité la Grèce à faire partie des BRICS.
Cette proposition pourrait donner au gouvernement grec une aide précieuse dans sa lutte. Mais avant toute chose il serait bon de définir et d’expliquer la signification du mot BRICS.

Le terme BRICS n’est en fait que l’acronyme désignant respectivement le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du sud. Ces cinq pays constituent l’avenir de notre monde. J’entends par là qu’ils représenteront d’ici peu les économies les plus performantes, quand ce n’est pas déjà le cas comme la Chine.
Ces cinq pays représentent donc à la fois une alternative à l’hégémonie américaine et aux institutions financières telles que le FMI et la Banque mondiale, et à la fois l’émergence des pays dits du Sud.
Il ne faut donc pas s’en tenir seulement à ces cinq pays, puisque d’autres puissances régionales illustrent l’idée d’un monde multipolaire.

Cette association de pays a déjà permis d’importantes réalisations, notamment dans le domaine économique. Le plus grand aboutissement étant sans doute la création d’une banque de développement destinée a financer différents projets des pays émergents.
Ainsi, tandis que les Etats-Unis et le FMI sont systématiquement dans une logique de pillage des ressources et non d’yeux que pour leurs propres intérêts économiques, les BRICS, par leurs actions, souhaitent la réussite économique des pays qu’ils aident.
La défense de la souveraineté est donc également une thématique importante, sans toutefois basculer dans le nationalisme. Il est ici simplement question d’indépendance réelle face à l’impérialisme et face au néocolonialisme.

La préférence de la diplomatie à l’action militaire caractérise par ailleurs les pays des BRICS. Ainsi les litiges frontaliers qu’ont eu la Russie et la Chine, ou
ceux entre l’Inde et la Chine se sont toujours soldés par des solutions pacifiques et diplomatiques. Pendant ce temps, l’impérialisme américain organisait des guerres et des tentatives de coups d’Etats en Irak, en Iran, au Venezuela, en Bolivie, en Syrie, où en Libye.
La Chine et la Russie sont souvent critiqués à cause de leurs imposantes armées, mais n’a-t-on jamais observé l’armée américaine ? Ses agissements, ses bases navales, sans compter les millions de personnes mortes au nom de la « guerre contre le terrorisme » ?

Pour en revenir aux BRICS, ces pays ne se contentent naturellement pas de commercer entre eux. Au contraire ils aident activement d’autres nations à s’affirmer sur le plan international. Ainsi, grâce notamment à l’aide de la Chine, la Bolivie a pu lancer son premier satellite, et peut envisager, tout comme l’Argentine d’avoir accès à l’énergie nucléaire pour son développement.
Il est évident que la Chine, comme la Russie, ne sont pas des pays de référence pour nous, mais une nouvelle fois il n’est pas ici question de soutenir tel ou tel pays, mais bien de rendre compte de ce qu’ils réalisent pour l’émancipation d’autres pays. Ainsi, tout comme Cuba, la Chine a activement participé à la lutte contre ebola, n’hésitant pas à envoyer des millions de dollars et plus d’un millier d’aide soignants, de médecins et d’infirmiers.

La Grèce aurait donc tout intérêt, selon moi, à accepter cette aide précieuse que lui offrent les BRICS. Il n’est pas question ici d’une sortie de l’euro, mais si la Grèce venait à avoir le soutien inconditionnel de ces cinq pays, cela pourrait pencher en sa faveur.
Car pour le moment la stratégie des créanciers est simple, tout mettre en oeuvre pour que Syriza échoue. La réussite de nos camarades serait une catastrophe pour tous ceux qui nous expliquent, depuis des années, que nous devons faire des efforts et nous serrer la ceinture, alors qu’eux même se gavent et s’enrichissent.
La réussite de Syriza signifierait que la volonté d’un peuple, est plus forte qu’une multitudes de traités visant à étouffer les plus pauvres.
Ce n’est pas seulement l’avenir de la Grèce qui se joue, c’est l’avenir de l’Europe entière. Comprenez bien que lorsque les peuples européens verront les résultats d’un gouvernement issu de la gauche radicale, ils ne se tourneront plus ni vers les forces libérales, nous conseillant l’austérité, ni vers les forces réactionnaires d’extrême droite.

L’avenir réside donc dans la capacité de Syriza à tenir ses engagements électoraux, ce dont nous ne doutons absolument pas. D’ailleurs la mise en place du programme avance au fur et à mesure ( voir : Quel bilan après les 100 premiers jours de Syriza ? ).
Les BRICS sont peut-être le moyen pour la Grèce de s’affranchir totalement de la tutelle des institutions financières qui ne souhaitent que le pire pour le peuple grec.

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