La réussite du Nicaragua

Comme dans de nombreux pays d’Amérique latine, le peuple nicaraguayen a porté au pouvoir un gouvernement de gauche. L’actuel président, Daniel Ortega, qui brigue actuellement un second mandat consécutif après avoir été réélu en 2011 dès le 1er tour, avec 62,65% des suffrages, n’est autre que l’un des anciens dirigeants de la guérilla marxiste du Front sandiniste de libération nationale (FSLN).
Transformé depuis en parti politique légal, le FSLN a joué un rôle clé en 1979 lorsqu’il renversa la dictature de Somoza, soutenue par les Etats-Unis. Ne supportant pas l’idée de l’installation d’un gouvernement socialiste dans sa périphérie d’action, qui plus est dans une période de guerre froide, Washington va user de sa puissance afin de tenter de renverser le nouveau pouvoir. Tout comme ils ont pu le faire contre Cuba ou contre le Chili d’Allende, les Etats-Unis vont soutenir et armer des groupes terroristes contres-révolutionnaires nommés « contras ». En parallèle, Daniel Ortega se faisait élire pour la première fois en 1984 par le peuple nicaraguayen. Les « contras » vont provoquer des violences et des affrontements, se rendant également coupables de la mort de plusieurs milliers de personnes. Le tribunal international de la Haye a d’ailleurs condamné à plusieurs reprises les Etats-Unis a payer des réparations au Nicaragua, sans que jamais cela ne soit honoré.

Avec l’implosion de L’URSS, la fin de la guerre froide, et après des années de guerre qui ont coûté la vie à 30 000 personnes, la droite revient au pouvoir. Jusqu’en 2006 le peuple nicaraguayen va souffrir des politiques néolibérales appliquées avec la bénédiction du FMI, de la Banque mondiale et des Etats-Unis.
Toutefois, en 2006 le FSLN revient au pouvoir en faisant élire Daniel Ortega Président de la République. Les premiers changements ne se font pas attendre, et les dépenses sociales deviennent une priorité de l’Etat.

Ainsi, le 29 août 2009 le gouvernement sandiniste déclare le Nicaragua territoire libre d’analphabétisme. Grâce à la méthode cubaine d’alphabétisation : Yo si puedo ( oui, je peux ) faisant partie du programme de la « campagne d’alphabétisation de Fidel à Marti », le pourcentage de personnes ne sachant ni lire ni écrire est passé de 19% en 2007, à 3,56% en 2009. Le Nicaragua devenait ainsi le quatrième pays d’Amérique latine a réaliser cette prouesse après Cuba, le Venezuela, et la Bolivie.
A l’issue de cette annonce, le président Daniel Ortega déclarait que cela ne permettait pas seulement aux personnes de savoir lire et écrire, mais également d’avoir la capacité de défendre leurs droits, et ainsi assurer la stabilité du pays.

Après sa réélection en 2011, et la poursuite d’un gouvernement sandiniste, malgré les pressions de Washington considérant toujours l’Amérique latine comme son arrière-cour, les programmes sociaux s’intensifient. Celui nommé Plan Techo étant par exemple destiné à l’installation de toits de zinc pour les familles les plus pauvres.

Dans le domaine de la santé, les progrès sont également considérables puisque depuis l’élection de Daniel Ortega, les nicaraguayens bénéficient d’un système de santé universel et gratuit. Les programmes sociaux consacrés à la santé ont notamment permis de mener de vastes campagnes de vaccination.
Ainsi, récemment, au mois d’avril dernier, l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) a remis au Nicaragua le prix de la vaccination. En effet, de nombreuses maladies telles que la poliomyélite, le tétanos, la diphtérie, la rougeole, ou la rubéole, ont pu être éradiquées grâce à la politique gouvernementale.
Par ailleurs, une nouvelle campagne de vaccination a été lancée, elle devrait mobiliser 27 000 membres des brigades de la santé, et ainsi permettre de couvrir tout le territoire, y compris les zones les plus rurales et les plus reculées du pays.
Par ailleurs les dépenses consacrées à la santé sont passées de 6,3% du PIB en 2006, à 8,3% en 2013.

La réussite du Nicaragua ne tient toutefois pas seulement aux progrès dans le domaine de la santé et de l’éducation,. Le pays affiche ainsi un taux de chômage de 5,9%, et une croissance de 4,5% sur l’année 2014. Le Nicaragua possède donc la plus importante croissance d’Amérique centrale, une croissance en hausse par rapport à l’année 2013 alors que la tendance est plutôt à la baisse dans cette région du monde. L’économie est aujourd’hui stable grâce notamment aux progrès réalisés dans l’agriculture et dans la création d’emplois.

Un autre exemple révélant la réussite de ce pays est la construction d’un canal interocéanique reliant l’océan pacifique à l’océan atlantique. Ce chantier, qui devrait prendre fin en 2019, est assuré par le gouvernement chinois qui investir de plus en plus dans les pays latino-américains. Si le projet peut-être discuté, parce qu’il n’émane pas du gouvernement lui même, ou vis à vis des contraintes que cela pourrait engendrer, une étude a toutefois révélé que 80% des nicaraguayens y étaient favorables.
Outre la construction du canal, sont également prévus les constructions de deux ports, d’un aéroport international, et d’un centre touristique, ce qui devrait permettre l’embauche d’environ 25 000 nicaraguayens.
Ce projet sera ainsi bénéfique pour le Nicaragua, mais également pour les autres pays progressistes d’Amérique latine tels que Cuba où le Venezuela qui verront leurs ports se développer. Enfin il permettra de contrecarrer l’hégémonie américaine pour le moment assurée par le canal de Panama.

Cependant, aucun pays n’étant parfait, le Nicaragua a lui aussi ses limites et ses défauts, le principal d’entre eux étant sans aucun doute l’absence de droit à l’avortement pour les femmes, dans un pays où l’influence de l’Eglise catholique et la place de la religion restent importantes.

Le Nicaragua s’inscrit néanmoins dans la la lignée de Cuba, du Venezuela, où de la Bolivie, et même si le Front sandiniste de libération nationale a quelque peu adouci son marxisme-léninisme, la volonté de transformer la société en profondeur reste elle inchangée. Par ailleurs le Nicaragua est le seul pays au monde à posséder une brigade militaire entièrement destinée à la protection de l’environnement et à la lutte contre la déforestation dans une région où l’écologie n’est pas toujours une priorité. Au lieu de critiquer sans cesse ces pays progressistes, tels que le Nicaragua, il serait préférable que nos
gouvernements approfondissent les relations avec ces pays, qui pourraient nous donner des leçons en matière d’écologie, de démocratie, où dans le domaine social.

Syriza et Podemos ouvrent une brèche

Syriza avait ouvert une brèche le 25 janvier dernier, Podemos et la gauche citoyenne espagnole viennent de s’y engouffrer en réalisant une percée spectaculaire lors des dernières élections. Les deux plus grandes villes du pays, Barcelone et Madrid étant en passe d’être diriger par des indignés, soutenus par Podemos et par Izquierda Unida ( voir : En avant Podemos ).
Que retenir de ces résultats ? Premièrement que l’idée qu’il n’y est que l’austérité comme politique possible est purement et simplement fausse. Deuxièmement que en dépit de tous les mensonges qui ont pu être véhiculés il est possible d’accéder au pouvoir afin de modifier le rapport de force et de mener des politiques en faveur des plus modestes. Troisièmement que la volonté d’un peuple en lutte sera toujours victorieuse, même si cela doit prendre du temps.

Ces résultats ne sont pas anodins, puisque là où les forces de gauches, j’entends pas là distinctes des sociaux-démocrates, réussissent le mieux, c’est là où les politiques d’austérités ont été les plus élevées et les plus pesantes sur les peuples. Ce n’est pas un hasard si en Grèce, en Espagne, où en Irlande nos camarades réalisent d’excellents scores, sont en passes de le faire, où l’ont déjà fait.
En effet, ces trois pays ont été des terrains d’expérimentations des politiques d’austérités, avec à chaque fois des résultats catastrophique pour les populations. Hausses du chômage, de la précarité et de la misère, baisses des retraites, des salaires et de l’espérance de vie. La pauvreté a atteint des sommets, alors même que nous sommes censés vivre dans l’endroit du monde le plus développé.

Et lorsque qu’enfin des forces anti-austérité émergent et proposent des alternatives à cela, les banquiers, les financiers, les médias, tous s’accordent pour dire que ces propositions sont irréalistes. Dans leurs vision du monde il est donc parfaitement acceptable qu’une minorité profitent de la crise au dépend de la quasi-totalité de la population, mais il n’est pas réaliste de mener une politique favorables aux populations.
Comment osent-ils se permettre de faire des leçons de moral alors qu’ils ont précipité des millions de personnes dans la misère sociale ? Qu’à cause d’eux les forces les plus obscures et les plus réactionnaires réapparaissent de partout et menacent une nouvelle fois la paix ?
Comment peuvent-ils se prétendre au dessus des lois, au dessus de la volonté des peuples ? N’était-ce pas Jean Claude Juncker, président de la commission européenne, qui déclarait il y a quelques mois « qu’il ne peut avoir de choix démocratiques contre les traités ? » 

Et pourtant, lorsque les peuple décident de prendre leur avenir en main, lorsqu’ils expriment leur refus d’autres souffrances et d’autres sacrifices en votant pour des forces qui défendent leurs intérêts, les financiers de l’Union européenne n’ont d’autres moyens que de systématiquement dénigrer ce peuple et calomnier ses dirigeants. Il n’y à qu’a voir avec quel mépris ils traitent Syriza et le peuple grec. Depuis la victoire de nos camarades, les médias n’ont eu de cesse de parler de la capitulation du gouvernement grec, sans jamais évoquer que la majorité du peuple grec fait confiance à son gouvernement. Car s’il y avait réellement eu capitulation comme ils le sous-entendent, toutes les lois progressistes d’ores et déjà votées n’auraient jamais vu le jour ( voir : Quel bilan après les 100 premiers jours de Syriza ? ).

L’Europe des peuples, celles que nous réclamons depuis des années est entrain d’apparaître.
L’élection de Syriza, et la victoire de Podemos démontrent que tout est possible malgré le discours des médias qui veulent nous faire croire le contraire et nous pousser à penser que nous ne pourrons rien changer.

En France, malheureusement nous n’en sommes pas là. Le Front de gauche avait pourtant fait sensation en 2012 en dépassant les 11% aux élections présidentielles, mais depuis ce bel élan n’a pas été confirmé. Problèmes de stratégies, difficultés à se faire entendre, et divisions lors des élections nous ont conduits à n’être qu’une simple voix d’opposition quand nous aurions pu être l’alternative.
Il faut néanmoins prendre en compte le fait que notre pays a été moins durement touché par la crise que la Grèce où l’Espagne. Ainsi nombre de français s’imaginent encore que la droite où les sociaux démocrates peuvent encore nous sortir de la crise. Or c’est l’inverse qui se produira, les politiques d’austérité vont se durcir, les attaques contre les travailleurs vont s’amplifier, tout cela sous fond de couverture médiatique nous répétant sans cesse qu’il faut que nous nous serrions la ceinture.

Le chemin est encore long pour que nous parvenions à nos objectifs, mais il est clairement établi qu’à long terme l’Europe sociale se fera, une Europe qui serait solidaire, démocratique et qui porteraient au coeur de son projet les valeurs de fraternité, d’égalité, de liberté, de justice sociale et de paix. Cette Europe ne se fera ni avec les forces d’extrêmes droites fascistes, ni avec la droite et les sociaux démocrates qui organisent conjointement la destruction de nos services publics, mais bien avec les forces progressistes et citoyennes.

En avant Podemos !

Les résultats électoraux espagnols sonnent comme un véritable séisme politique. Certains allant même jusqu’à parler d’une seconde transition démocratique. En effet, avec la percée confirmée de Podemos, c’est à la fin du bipartisme à laquelle on assiste en Espagne.
En Catalogne, le mouvement Barcelone en commun est en passe d’accéder à la mairie de Barcelone. Ce rassemblement composé d’acteurs citoyens, de Podemos et d’Izquierda Unida, ainsi que par quelques écologistes, a devancé la droite indépendantiste. Partout en Espagne ces mêmes rassemblements enregistrent des hautes progressions en terme de voix. Car, même si au niveau national Podemos se place troisième, c’est bien la chute des deux grands partis, le Parti populaire et le Parti socialiste ouvrier espagnol, qui est significative. Le parti de droite perd en effet 40% de ses votes, quand le PSOE en perd 12,5%.

La droite pourrait ainsi perdre plusieurs régions qu’elle dirigeait jusque là. La politique menée par le Parti populaire, à coup de mesures drastiques d’austérité, a usé le peuple espagnol qui voit dans l’émergence de Podemos, et des différents mouvements sociaux opposés à l’austérité, le moyen de mettre fin à plusieurs années de souffrance.

Ces élections semblent être annonciatrices des prochaines échéances électorales qui auront lieu au mois de novembre et où les formations anti-austérité pourraient créer une sensation.
A titre personnel je pense qu’il est primordial que Podemos et nos camarades d’Izquierda Unida s’unissent avec les différents mouvements sociaux, les associations et les syndicalistes.
Les législatives qui s’annoncent pourraient permettre de changer la donne en Europe.
En effet, après la victoire de Syriza en Grèce, l’arrivé au pouvoir dans un second pays de l’UE, de forces anti-austérité permettrait  aux deux pays de s’entraider mutuellement dans les négociations avec les créanciers.

Pour l’heure il conviendra d’observer les mesures que prendront nos amis en Espagne dans les différentes villes qu’ils vont désormais diriger. Il est clair que s’ils parviennent à mettre en place leurs programmes basés sur la redistribution des richesses, la lutte contre la corruption où encore la fin des expulsions locatives, cela donnerait à Podemos une force supplémentaire dans la prochaine bataille électorale.

A Barcelone où Ada Colau est en passe de devenir mairesse de la deuxième plus grande ville du pays, il faudra néanmoins mettre en place des alliance afin d’obtenir une majorité. Mais mise à part une opposition de tous les partis, cela ne devrait pas poser de problèmes, puisque plusieurs partis de gauches ont pu avoir des élus, qu’ils s’agissent d’Esquerra Republicana, où de la CUP (gauche indépendantiste). A Madrid, bien que la liste Ahora Madrid, soutenu par Podemos, n’arrive qu’en seconde position, elle pourrait également gouverner grâce au soutien du Parti socialiste qui n’a obtenu que neuf conseiller. Si c’était le cas, Podemos bénéficierait d’une marge de manoeuvre assez importante puisqu’ils n’ont qu’un siège en moins que la droite.

Quoiqu’il en soit on ne peut nier la réussite de nos camarades qui ont démontré, tout comme l’ont fait nos amis grecs, qu’il existe une alternative à l’austérité capable de gouverner. En votant pour les listes de gauches citoyennes soutenu par Podemos, par Izquierda Unida, et par les écologistes, le peuple espagnol a exprimé son mécontentement et son rejet des politiques menées jusqu’à présent. L’avenir nous dira si Podemos pourra gouverner l’Espagne, mais une chose est certaine, le peuple espagnol ne se laissera plus gouverner par des partis où la corruption est monnaie courante.

La Grèce et les BRICS

Alors que le bras de fer entre les créanciers et le gouvernement grec continue, et que l’exécutif hellénique maintient son refus de céder et de renoncer à son programme, une opportunité nouvelle s’offre à nos camarades. En effet la Russie, qui a déjà apporté son soutien à Syriza, a récemment invité la Grèce à faire partie des BRICS.
Cette proposition pourrait donner au gouvernement grec une aide précieuse dans sa lutte. Mais avant toute chose il serait bon de définir et d’expliquer la signification du mot BRICS.

Le terme BRICS n’est en fait que l’acronyme désignant respectivement le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du sud. Ces cinq pays constituent l’avenir de notre monde. J’entends par là qu’ils représenteront d’ici peu les économies les plus performantes, quand ce n’est pas déjà le cas comme la Chine.
Ces cinq pays représentent donc à la fois une alternative à l’hégémonie américaine et aux institutions financières telles que le FMI et la Banque mondiale, et à la fois l’émergence des pays dits du Sud.
Il ne faut donc pas s’en tenir seulement à ces cinq pays, puisque d’autres puissances régionales illustrent l’idée d’un monde multipolaire.

Cette association de pays a déjà permis d’importantes réalisations, notamment dans le domaine économique. Le plus grand aboutissement étant sans doute la création d’une banque de développement destinée a financer différents projets des pays émergents.
Ainsi, tandis que les Etats-Unis et le FMI sont systématiquement dans une logique de pillage des ressources et non d’yeux que pour leurs propres intérêts économiques, les BRICS, par leurs actions, souhaitent la réussite économique des pays qu’ils aident.
La défense de la souveraineté est donc également une thématique importante, sans toutefois basculer dans le nationalisme. Il est ici simplement question d’indépendance réelle face à l’impérialisme et face au néocolonialisme.

La préférence de la diplomatie à l’action militaire caractérise par ailleurs les pays des BRICS. Ainsi les litiges frontaliers qu’ont eu la Russie et la Chine, ou
ceux entre l’Inde et la Chine se sont toujours soldés par des solutions pacifiques et diplomatiques. Pendant ce temps, l’impérialisme américain organisait des guerres et des tentatives de coups d’Etats en Irak, en Iran, au Venezuela, en Bolivie, en Syrie, où en Libye.
La Chine et la Russie sont souvent critiqués à cause de leurs imposantes armées, mais n’a-t-on jamais observé l’armée américaine ? Ses agissements, ses bases navales, sans compter les millions de personnes mortes au nom de la « guerre contre le terrorisme » ?

Pour en revenir aux BRICS, ces pays ne se contentent naturellement pas de commercer entre eux. Au contraire ils aident activement d’autres nations à s’affirmer sur le plan international. Ainsi, grâce notamment à l’aide de la Chine, la Bolivie a pu lancer son premier satellite, et peut envisager, tout comme l’Argentine d’avoir accès à l’énergie nucléaire pour son développement.
Il est évident que la Chine, comme la Russie, ne sont pas des pays de référence pour nous, mais une nouvelle fois il n’est pas ici question de soutenir tel ou tel pays, mais bien de rendre compte de ce qu’ils réalisent pour l’émancipation d’autres pays. Ainsi, tout comme Cuba, la Chine a activement participé à la lutte contre ebola, n’hésitant pas à envoyer des millions de dollars et plus d’un millier d’aide soignants, de médecins et d’infirmiers.

La Grèce aurait donc tout intérêt, selon moi, à accepter cette aide précieuse que lui offrent les BRICS. Il n’est pas question ici d’une sortie de l’euro, mais si la Grèce venait à avoir le soutien inconditionnel de ces cinq pays, cela pourrait pencher en sa faveur.
Car pour le moment la stratégie des créanciers est simple, tout mettre en oeuvre pour que Syriza échoue. La réussite de nos camarades serait une catastrophe pour tous ceux qui nous expliquent, depuis des années, que nous devons faire des efforts et nous serrer la ceinture, alors qu’eux même se gavent et s’enrichissent.
La réussite de Syriza signifierait que la volonté d’un peuple, est plus forte qu’une multitudes de traités visant à étouffer les plus pauvres.
Ce n’est pas seulement l’avenir de la Grèce qui se joue, c’est l’avenir de l’Europe entière. Comprenez bien que lorsque les peuples européens verront les résultats d’un gouvernement issu de la gauche radicale, ils ne se tourneront plus ni vers les forces libérales, nous conseillant l’austérité, ni vers les forces réactionnaires d’extrême droite.

L’avenir réside donc dans la capacité de Syriza à tenir ses engagements électoraux, ce dont nous ne doutons absolument pas. D’ailleurs la mise en place du programme avance au fur et à mesure ( voir : Quel bilan après les 100 premiers jours de Syriza ? ).
Les BRICS sont peut-être le moyen pour la Grèce de s’affranchir totalement de la tutelle des institutions financières qui ne souhaitent que le pire pour le peuple grec.

L’habituelle désinformation médiatique

Ce n’est pas nouveau, les grands médias occidentaux, singulièrement français, ne nous informent pas réellement sur la situation mondiale actuelle, sur les différents conflits où à propos des pays et de leurs dirigeants. Cela n’aura échappé à personne, « l’information » occidentale se calque sur la propagande américaine et sur les discours des élites financières. Naturellement il ne suffit pas de dénoncer ces agissements, encore faut-il prouver qu’il existe bel et bien une désinformation.

Le premier exemple sur lequel nous pouvons nous appuyer est la situation qu’a connu la République bolivarienne du Venezuela il y a quelques mois. Ce pays, démocratique et souverain, avec à sa tête un gouvernement révolutionnaire, de part les programmes et les réformes mises en place, a été confronté à une tentative de coup d’Etat fomenté par le grand patronat, la droite vénézuélienne et Washington.
Ce qui serait passé pour un acte terroriste dans les pays occidentaux ayant un gouvernement se pliant aux bonnes volontés du capital, est ici passé pour un soulèvement populaire contre ce qu’ils ont appelé « la dictature bolivarienne ».
Ce sont donc ainsi succédés des « experts » en tout genre, des reportages, et des analyses avec au final toujours le même constat : ce pays est une dictature socialiste, méprisant son peuple et ayant recours systématiquement à la violence.
En revanche, pas un mot à propos des violences de l’opposition qui n’a pas hésité a assassiner un député et sa compagne, qui n’a pas hésité à tuer des civils, ni à mettre en place des pressions financières sur le gouvernement, ce dernier au contraire n’ayant eu en tête que la paix de son peuple et ayant appelé dès les premières heures aux négociations et à l’apaisement.

L’Union européenne a de suite prit acte de cela en condamnant, non pas l’opposition qui avait déclenchée les violences, mais le gouvernement démocratiquement élu. A l’inverse, les pays d’Amérique latine ( dont on ne peut pas dire qu’ils soient tous des inconditionnels du système vénézuélien) ont eux apporté leur soutien au gouvernement bolivarien par le biais des différentes institutions ( UNASUR, CELAC, ALBA). En vertu de quoi le jugement de ces pays limitrophes au Venezuela seraient erroné à l’inverse du jugement occidental, se calquant sur celui de l’impérialisme américain ?

D’autant qu’aucun grand média français ne cite les chiffres officiels de l’ONU, de l’UNESCO, de l’OMS concernant le Venezuela depuis l’élection de Chavez en 1999. Ainsi, toutes les élections qui se sont déroulés ont toujours été surveiller par des commissaires venus du monde entier, et les résultats, confirmant les victoires de la gauche ont toujours été reconnus par le monde entier, y compris par Jimmy Carter l’ancien président américain. Il n’y à bien que les Etats-Unis qui refusent de penser que le peuple vénézuélien puisse choisir le socialisme comme système politique.
Par ailleurs aucun grand reportage sur les avancées sociales qu’a apporté la Révolution bolivarienne : importante baisse de la pauvreté, construction massive de logements sociaux et d’hôpitaux, coopération avec Cuba dans le domaine de la santé, augmentation des salaires, des retraites, des allocations et de l’espérance de vie, démocratisation des institutions, création de la Vème République avec référendum révocatoire possible, création de supermarchés à bas prix pour les plus démunis, disparation de l’analphabétisme, nationalisation des revenus du pétrole, et bien d’autres choses encore.

Le cas du Venezuela n’est pas isolé dans le monde, puisque la quasi-totalité des pays se revendiquant du socialisme où de l’anti-impérialisme, en clair ceux ne répondant pas aux exigences économiques et politiques des Etats-Unis et des institutions financières, sont dénigrés.
Il n’y à qu’a voir le traitement infligé à la Russie qui pourtant n’est ni socialiste, ni communiste, que j’ai décrit dans un autre article ( voir : Pourquoi ce déchaînement contre la Russie ? ).

De multiples exemples demeurent pour révéler l’ampleur de la désinformation que nous subissons. Le meilleur exemple à mes yeux reste Cuba et sa Révolution. Lorsqu’il s’agit d’évoquer la République de Cuba les premiers mots qui nous parviennent de la part des médias sont « dictature« , « répression« , « régime castriste » et « droits de l’homme« . Nous n’allons pas revenir sur les avancées sociales qu’a apporté la révolution cubaine ( voir : François Hollande en visite à Cuba ) mais plutôt nous intéresser aux proportions que prends un événement politique à Cuba.

Prenons l’exemple d’une interdiction de manifestation, qui existe dans tous les pays du monde. Lorsqu’au mois de décembre une artiste cubaine, opposée au gouvernement,Le Grand soir ).

demande l’autorisation d’organiser un événement sur la Place de la Révolution, là où ont lieu tous les événements politiques officiels, et là où se situent les sièges du gouvernement, de l’armée et du Parti communiste, cette autorisation lui ait refusée. N’ayant que faire de cette décision gouvernementale, Tania Bruguera décide d’organiser son événement, alors qu’elle n’a même plus le soutien du Conseil national des arts plastiques. Naturellement en vertu de la loi, pour s’être opposée à une décision préfectorale elle est placée en garde à vue quelques heures et c’est alors que la machine à propagande contre-révolutionnaire peut s’enclencher ( pour approfondir n’hésitez pas à lire cet excellent article publié sur le site

Immédiatement les médias et les gouvernements occidentaux ont crié au viol de la liberté d’expression et d’opinion, s’empressant de démontrer à tous que c’est bien là une preuve du caractère antidémocratique du système cubain.
Pourtant, lorsqu’au mois de juillet 2014, la France a interdit des manifestations en soutien au peuple palestinien, où lorsque des policiers américains tuent des jeunes hommes noirs sans réellement être inquiété aucun de ces médias ne semblent choquer. Ils ne leur viendraient pas à l’esprit de dénoncer ni même de critiquer ces actes. Alors comment se fait-il que quand il s’agit de Cuba, chaque événement politique où économique prend une telle envergure ?

Que se passe-t-il au Brésil ?

Depuis plusieurs mois le Brésil est en proie à des troubles sociaux importants, et à des mouvements réclamant la démission de la présidente Dilma Rousseff. Cette dernière doit composée avec les attentes populaires brésiliennes, ses promesses électorales, mais également les difficultés économiques que connaît actuellement le Brésil.
En effet, malgré une victoire électorale face à la droite en octobre dernier ( voir : Brésil, Uruguay : nous sommes en tête  et Brésil : Dilma en tête  ), la présidente peine a consolider son pouvoir face à une droite réactionnaire et revancharde qui n’hésite pas à réclamer le retour de la dictature militaire.

Les critiques ne viennent cependant pas seulement de la droite. Après la nomination d’un ministre de l’économie proche des milieux d’affaires, et après l’annonce de quelques mesures d’austérités, les critiques sont également venus de la gauche du gouvernement.

Il faut déplorer le fait que le Brésil n’est pas dans une optique de transformation  « radicale » de sa société, comme cela a pu être le cas dans d’autres pays d’Amérique latine. Pourtant le poids mondial du Brésil, caractérisé notamment par sa présence au sein des BRICS, pourrait lui permettre un total affranchissement de la tutelle des institutions financières.
D’ailleurs, le premier ministre de la Chine, autre pays membre des BRICS, Li Keqiang effectue une visite officielle dans quatre pays d’Amérique latine, dont le Brésil. Destinée à renforcer les liens entre les deux pays, cette visite devrait également permettre d’accentuer les échanges économiques, et de signer plusieurs accords de coopérations.

La droite quant à elle ne cesse de dénoncer les scandales de corruption qui toucheraient le gouvernement et les entreprises publics, oubliant sans doute les affaires de corruptions au sein des partis de droites et des financiers. Si en effet des problèmes ont été révélé, ils n’impliquent en rien la présidente du Brésil. En ne cessant de clamer à la corruption, la droite, soutenue par les médias occidentaux, n’a qu’un objectif en tête : remettre en cause le rôle de l’Etat dans le processus de réformes sociales destiné aux brésiliens les plus pauvres.

Car il ne faut pas perdre à l’esprit que malgré des décisions contestables, Dilma Rousseff a réaliser de grandes choses pour son peuple. Avec la création de multiples programmes sociaux pour l’alimentation, l’éducation, la santé où les logements, avec des revalorisations du salaire minimum sous son dernier mandat, où encore avec des politiques qui ont mené 35 millions de brésiliens à une sortie de la pauvreté, Dilma Rousseff peut s’appuyer sur un bilan flatteur.
Des programmes sociaux qu’elle ne compte pas diminuer ou supprimer, comme l’aurait souhaitée la droite. Elle a ainsi annoncé que, d’ici à 2018, 27 millions de personnes auront accès à un logement. Grâce au projet gouvernemental  » Ma maison, ma vie » des millions de brésiliens devraient donc bientôt avoir accès à des logements neufs et de qualités.

Les réformes concernant l’alphabétisation et l’éducation devraient être également poursuivies. Mais, là où encore une fois la droite ne cesse de critiquer le gouvernement, les professeurs eux clament leur ras-le-bol de la gestion de l’éducation par des gouverneurs de droite dans certaines provinces du pays. Ainsi au début du mai, des manifestations ont éclaté, notamment dans la province de Sao Paulo. Les gouverneurs de droite des régions concernées n’ont pas hésité à envoyer la police, ce qui n’a dérangé ni les dirigeants réactionnaires qui clamaient à la corruption, ni les médias occidentaux qui étaient pourtant présents pour relayer les manifestations anti-Dilma. On voit la tout le cynisme de cette droite brésilienne qui n’a que la violence comme moyen d’action. Là où la présidente tente de mettre en pratique des politiques favorables aux élèves comme aux enseignants, les gouverneurs de droite eux ne se soucient ni de la réussite des élèves, ni de la rémunération des professeurs.


Par ailleurs, la présidente vient d’annoncer il y a peu la protection de 232 544 hectares de terres indigènes appartenant à quatre ethnies différents. Même si la question des indigènes, et des terres leur appartenant, continue à faire débat au Brésil, et en Amérique latine, cette annonce ne peut qu’être accueilli positivement.

Enfin, le Brésil a récemment annuler un contrat de 2 milliards d’euros avec une entreprise de sécurité israélienne en vue des Jeux olympiques 2016. L’occasion pour le Brésil de réaffirmer son soutien à la digne lutte du peuple palestinien.

La situation au Brésil reste donc difficile à cerner, avec d’un côté une présidente,

soutenu par les syndicats, les partis de gauche et les mouvements de la société civile, qui tente tant bien que mal de mettre en oeuvre de vastes programmes sociaux, et de l’autre une droite conservatrice et réactionnaire ne rêvant que de la destitution de la présidente et usant de la violence pour se faire entendre.
Certes l’action de Dilma Rousseff n’est pas parfaite, et est critiquable sur de nombreux aspects, mais imaginez juste un instant ce que serait le Brésil avec un gouvernement et un président de droite au pouvoir. 

La réforme des collèges : une erreur de plus

La nouvelle réforme des collèges, présentée par la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, est censée répondre aux problèmes actuels que rencontre notre enseignement. Et il est vrai qu’il faut apporter des changements, or cette réforme, telle qu’elle est présentée ne devrait qu’accentuer les problèmes au lieu de les résoudre.
Ainsi, à droite, comme à gauche, cette réforme trouve des opposants. A un point tel que dans un récent sondage 61% des français s’y déclarent opposés.
Naturellement ce ne sont pas pour les mêmes raisons mais cela témoigne tout de même de l’impopularité de ce projet.

L’idée pensée et développée par cette réforme serait qu’en rendant l’enseignement plus « pratique » et moins « ennuyeux », on parviendrait à la réussite de tous les élèves. Une fois de plus, le gouvernement ne prend pas l’ampleur de la tâche a réaliser pour parvenir à l’école de l’égalité, celle qui donnerait réellement sa chance à tous, en dépit des différences économiques.

Les vrais problèmes de l’enseignement, notamment au collège, résident dans le manque d’égalité entre les élèves, alimentée par un système de compétition permanente.
Pour l’avoir étudié en Terminale ES, l’année dernière, je sais, mais nous le savons tous, que les inégalités économiques entraînent une différence de résultats scolaires. C’est un véritable cercle vicieux, les inégalités économiques de départ, entraînant des inégalités de conditions de travail et donc des inégalités d’obtentions de diplômes à l’arrivée.
Or avoir un diplôme est aujourd’hui primordial pour la vie active, un diplôme moins important entraînera dans la plupart des cas un travail moins bien rémunéré, et ainsi de suite.

C’est vers une école garantissant une réelle égalité des chances que la France doit se diriger, et non pas vers une individualisation de l’enseignement qui ne ferait qu’accentuer les inégalités entre les élèves.

Après les tragiques attentats du mois de janvier dernier, lorsque la France entière était Charlie, nous faisions tous le souhait d’une refondation de l’école, d’un (ré) enseignement des valeurs de la République que sont la liberté, l’égalité et la fraternité.
Un enseignement de qualité, ponctué de l’apprentissage de la tolérance et du vivre-ensemble sont la clé afin de parvenir à une société de mixité sociale, où tout le monde se respecte et où personne n’est rejeté.

Il existe cependant un obstacle majeur à la réalisation de l’école républicaine, telle qu’elle était pensée par Jaurès : la continuité des politiques d’austérités. Des politiques qui nuisent à l’égalité entre les élèves et à la qualité de l’enseignement.

Entre les classes surchargées, le manque de formation pour les professeurs, où le non remplacement d’un enseignant absent, il y a de quoi être inquiet. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les professeurs sont majoritairement opposés à cette réforme, et qu’ils appellent aujourd’hui- mardi 19 mai- à la grève avec le soutien des syndicats.
Comme l’a formulé le PCF- et plus généralement le Front de gauche- il nous faut tendre vers une augmentation du temps de scolarité. Non pas pour « embêter » les élèves mais bien pour leur donner les moyens d’une véritable réussite scolaire.

Qu’on l’admette où non, les politiques d’austérité, imposées par Bruxelles, ont un impact négatif sur tous les services publics, et particulièrement sur l’école. Une réforme de l’enseignement devra donc passer par un arrêt des politiques d’austérités, si nous voulons que l’école soit un lieu d’égalité, de réussite, et de solidarité permanente, ce que ne semble pas souhaiter le gouvernement.