Valls premier ministre : la sanction

Dans mon précèdent article consacré au remaniement, j’évoquais le danger que représentait Manuel Valls et sa politique de répression vis à vis des Roms. Force est de constater qu’Hollande se moque bien des sans-papiers et des Roms puisque celui qui organisait cette répression a été nommé chef du gouvernement, après le départ de Jean-Marc Ayrault, à la suite de la défaite électorale qu’a subit le Parti socialiste. Ainsi, comme le titrait l’Humanité du 1/04/2014 : la nomination de Manuel Valls est une double peine. Tout d’abord parce qu’un changement de premier ministre signifie une défaite électorale pour la gauche, qui aura perdu un certain nombre de grandes villes. Et puis surtout la nomination de Manuel Valls montre la volonté du président de la République de continuer sur cette voie libérale en choisissant un premier ministre obsédé par les questions de sécurité.

Le gouvernement étant désormais officiel, deux choses sont marquantes : tout d’abord c’est un des gouvernements les plus restreints qu’il n’y ait jamais eu puisque 16 ministres le composent, Valls a ainsi choisi de regrouper plusieurs ministères en un seul. Il faut également noter les changements importants, les sorties de Pierre Moscovici et de Vincent Peillon, et à l’inverse les entrées de Ségolène Royal et de François Rebsamen.

Il faut, en revanche, saluer la position d’Europe écologie les verts (EELV) qui ont fait le choix courageux de ne pas participer à ce gouvernement. Cécile Duflot avait certes déclaré que, si Manuel Valls accédait au poste de premier ministre elle n’y participerait pas, mais certains au sein du camp des verts étaient favorables à un ou deux ministères. D’autant que les verts auraient eu la possibilité d’accéder au ministère de l’Ecologie . Ce choix important peut-être un tournant majeur dans ce quinquennat, puisque nous avons la possibilité de créer une nouvelle majorité parlementaire de gauche, avec le Front de gauche, les écologistes, les socialistes qui refuseront de donner leur confiance à Manuel Valls ainsi qu’avec le NPA.
Que chacun se rende bien compte de ce qui est en jeu, si nous avions un rassemblement à gauche avec les parlementaires du Front de gauche, des écologistes ainsi qu’avec des dizaines de socialistes, nous pourrions peser dans les débats. Car nous passerions de 15 députés, ceux du groupe Gauche, démocrate et républicaine (GDR), à presque 100, si bien entendu au moins une cinquantaine de députés socialistes décidaient de rompre avec ce gouvernement.

Il est clair qu’Hollande n’a pas entendu l’appel du peuple de gauche qui, en s’abstenant, a revendiqué un nouveau cap politique et non pas un changement d’homme à la tête du gouvernement. Au contraire, en nommant Manuel Valls premier ministre, François Hollande a montré clairement sa volonté de continuer sur cette voie libérale, avec une touche de répression en plus. Puisqu’il faut rappeler que lors des primaires socialistes, Manuel Valls avait fait campagne sur des questions de social-libéralisme et de sécurité, ce dernier point étant un thème cher au front national.
Cette nomination démontre également un manque réel de démocratie, puisque Valls avait recueilli 5.63% des suffrages lors des primaires socialistes. Ainsi, Hollande nomme à la tête du gouvernement une personnalité désavouée au sein même de son parti.
Il faudra donc s’attendre au pire de la part de ce nouveau gouvernement, d’où la nécessité d’intensifier la lutte afin de faire prendre conscience à tous que le libéralisme n’est pas la solution, et qu’à l’inverse, un changement de cap à gauche s’impose si nous voulons changer le cours des choses.

Concernant les municipales,si le PS a subi une défaite électorale majeure, ce n’est pas le cas de toute la gauche, même s’il est vrai que nous ne pouvons pas parler de victoire. Ainsi, le PCF, en plus des 94 villes, de plus de 3500 habitants, acquises dès le premier tour, converse et  gagne des dizaines d’autres villes comme Montreuil ou Thiers. Par ailleurs, nous perdons 87 villes et villages de plus de 1000 habitants. Le PS aura ainsi réussi, en moins de deux ans de gouvernance à détruire des années entières d’implantation locale de gauche.
Malgré tout, le PCF garde le 3ème réseau d’élus locaux, et aura- avec le Front de gauche- mené de belles campagnes sur des enjeux de services publics, de progrès social ou encore d’écologie, là où le front national a préféré parler sécurité et immigration.

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