Pour un 1er Mai de progrès social!

Le 1er Mai, traditionnelle fête des travailleurs du monde entier, sera l’occasion, une fois de plus, de dénoncer les politiques d’austérités qui étouffent les peuples européens.Cette année ce message sera d’autant plus fort et symbolique que le 25 mai prochain se tiendront les élections européennes.
Ainsi, les forces de gauches, syndicales et associatives marcheront ce jeudi 1er Mai partout en France pour revendiquer une plus grande justice sociale et l’arrêt définitif des politiques d’austérités à l’échelle européenne.

Mais outre le fait que les élections européennes arrivent à grand pas et que, par conséquent il est important de se mobiliser afin de montrer la voix de l’alternative, celle du vote Front de gauche ; le programme de 50 milliards d’économies de dépenses publiques, la nomination de Manuel Valls, les cadeaux à la finance sont autant de mesures et de réformes néfastes pour les citoyen-ne-s qu’il faudra combattre. Et c’est justement en cette journée, symbolique, du 1er Mai que la gauche et les forces sociales pourront exprimer leur rejet de cette politique. Car c’est une réalité, le peuple de gauche refuse cette orientation politique et, il l’a montré lors des dernières élections municipales en s’abstenant massivement.

Ce 1er mai sera également l’occasion d’affirmer nos idées de progrès social, d’internationalisme et de solidarité envers les peuples du monde, à l’heure où celles de haines, de nationalisme et de xénophobie sévissent partout en Europe.
A leurs idées réactionnaires, nous opposerons nos idées progressistes qui se sont déjà manifestées par la loi sur le mariage pour tous.
Ainsi, à l’appel de la CGT, FSU, Solidaires, rejoins dans certains départements par FO, l’UNEF,la CFDT, la CFTC, CFE-CGC, l’UNL et la JOC, avec l’appui unitaire du Front de gauche, 294 manifestations et rassemblements sont recensés pour cette journée du 1er mai. C’est d’ores et déjà une première victoire, puisque selon toutes vraisemblances nous serons plus nombreux que l’année dernière où 279 manifestations avaient eu lieu.

Plus que jamais, après la réussite de la manifestation du 12 avril, et le vote du pacte d’austérité, la mobilisation s’impose pour insuffler au pays un nouveau souffle progressiste.
Il est désormais clairement établie qu’une autre majorité de gauche est possible au Parlement, puisque 41 députés socialistes se sont abstenus sur le vote concernant le pacte de « responsabilité ». C’est avec eux et avec les écologistes qui ont massivement voté contre que nous pouvons agir. Manuel Valls ne résoudra pas les problèmes de ce pays, aucun homme ne le fera tant que nous nous entêterons dans cette logique de la politique de l’offre. Tant que tout sera mit en oeuvre pour favoriser la sacro-sainte « compétitivité » qui consiste seulement à vider les poches des travailleurs pour donner encore plus d’argent au patronat, nous nous en sortirons pas. Ce qui nous coûte cher c’est le coût du capital, les dividendes versés aux actionnaires représentent des dizaines de milliards d’euros et pourtant, pas une seule fois le gouvernement ne l’a évoqué.

Une autre voix, un autre chemin est possible, celui de la solidarité, du partage, de l’égalité et de l’écologie. Il n’interviendra que grâce à une puissante mobilisation populaire relayé par nos parlementaires à l’Assemblée nationale et au Sénat.
Ce chemin est long, mais à force de mobilisation nous parviendrons à faire entendre nos propositions, et cela commencera par une mobilisation d’ampleur ce 1er Mai!

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Le logement au coeur des préoccupations

Alors que dans un premier temps le gouvernement, dans son objectif de réduction des dépenses publiques, avait annoncé une possible suppression des aides aux logements (APL) pour les étudiants non boursiers, la Secrétaire d’Etat chargée de l’Enseignement supérieur a annoncé l’annulation de cette mesure. Ce n’est pas que Geneviève Fioraso a subitement pris conscience de la gravité qu’aurait constitué cette mesure, mais c’est bien la mobilisation étudiante qui a permis ce recul. C’est principalement l’Union des étudiants communistes (UEC) et l’UNEF qui ont su mobiliser. Les étudiants communistes par une pétition, qui a rassemblé plus de 10 000 signatures étudiantes, et le syndicat étudiant par la création d’une page facebook qui a recueilli plusieurs milliers de signatures en quelques heures, ont su faire plier et reculer le gouvernement.
Cette réforme aurait pu constituer une grave atteinte aux principes de justice sociale, d’égalité des droits et des chances car, elle aurait privé pas moins de 550 000 étudiants, soit environ un étudiant sur quatre, de bourses destinées au loyer. Ces bourses constituent une aide considérable aux étudiants puisqu’elles permettent environ de payer la moitié d’un loyer bien trop onéreux. La suppression des APL pour les étudiants non boursiers auraient donc conduit plusieurs dizaines voire centaines de milliers d’étudiants à abandonner leurs études et à rentrer chez leurs parents, du fait de l’incapacité de se loger.

Le gouvernement avait pourtant annoncé, et ce à plusieurs reprises, que la jeunesse sera une priorité de ce quinquennat. Force est de constater qu’en ce qui concerne les logements étudiants, les bourses étudiantes ou encore les possibilités d’insertion, le gouvernement est pour le moins inactif. Pire, Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, s’est même permis d’expulser hors de France des étudiants étrangers, violant par cette action le droit à chacun d’avoir une éducation.
Le Mouvement des jeunes communistes de France prône quant à lui une nouvelle politique en faveur du logement, en particulier pour les jeunes. La réquisition des logements vides, et la construction de logements sociaux notamment pour les jeunes doivent être une priorité, tant la situation du logement en France est préoccupante.

C’est d’ailleurs sur ce point que je vais continuer, car la question du logement devrait être une priorité nationale d’un gouvernement se disant de gauche. Si ce n’est pas le cas au niveau gouvernemental, ça l’est en revanche dans les villes de gauche, plus particulièrement celles où ce sont des élus communistes et du Front de gauche qui en sont chargés. Ainsi, à Paris, par exemple, la question du logement revient à Ian Brossat (PCF) qui prévoit de grandes avancées. Outre la construction de 10 000 logements par an, sont prévus également : la transformation de 200 000 mètres carrés de bureaux vides en logement ou encore  une plus grande mixité sociale avec la construction de logements sociaux partout, même dans les « ghettos de riches ».

La réquisition des logements vides doit également être une priorité car, il est absolument intolérable que plus de 141 000 personnes soient privées de logements alors qu’il y a en France plus de 3 millions de logements vacants. Il faut ajouter aux personnes sans domiciles fixes (SDF) les millions de personnes mal logées, vivant dans des logements insalubres et n’ayant aucun moyen de s’assurer un toit décent.
Plus que jamais la question du logement doit être au coeur des débats politiques, et il ne fait nul doute que tous les élus communistes et du Front de gauche feront leur maximum pour que chacun puisse se prévaloir d’un toit digne. 

Maintenant ça suffit : 100 000 personnes!

Samedi 12 avril, le peuple de gauche était dans la rue pour dire non aux politiques d’austérité qui étouffent les peuples européens et pour dire oui à l’égalité et au partage des richesses.

Ainsi, à l’appel du Front de gauche, du NPA, du MJCF ainsi que de plusieurs syndicats ( dont Solidaires, FSU et plusieurs fédérations de la CGT ) d’associations ( dont Droit au logement et ATTAC ) et d’un nombre important de personnalités, 100 000 personnes ont battu le pavé de République à Nation. 
Après le beau meeting de la veille, qui avait lancé la campagne pour les européennes, et la présence d’Alexis Tsipras ( leader du parti de gauche grec Syriza et candidat du Parti de la gauche européenne à la présidence de la commission européenne ) c’est donc une mobilisation importante qui marquera sans doute un tournant. En effet, si la marche était prévue bien avant le changement de premier ministre, la nomination de Manuel Valls à ce poste n’a fait que donner un nouvel élan à cette marche. Il est certain qu’un nombre important de personnes ont finalement décidé de participer à cette marche en raison de ce changement « imprévu ». Manuel Valls commence donc son activité de premier ministre par une manifestation qui est hostile à la politique qu’il compte mener.
Il ne faut pas s’arrêter sur ce succès, ce doit être au contraire un point de départ vers des mobilisations de plus grande ampleur. Les élections européennes qui arriveront très prochainement doivent marquer un tournant à gauche. Car si les élections municipales ont été marquées par une vague bleue de l’UMP, rien n’est moins sûr pour les élections européennes. Pour cela nous devons mobiliser les écologistes et les socialistes déçus de ce gouvernement, et ils sont nombreux. La présence d’un membre du bureau national du Parti socialiste en première ligne de la manifestation, aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Tsipras et Pierre Laurent, ne peut qu’être accueillie positivement puisque cela signifie que certains socialistes sont prêts à franchir un cap : celui de désobéir. 
La guerre des chiffres aura, comme à son ordinaire, opposé organisateurs et préfecture. Et encore une fois, il est certain que les autorités ne cherchent qu’à minimiser notre mobilisation. Après la farce qui avait conduit Manuel Valls ( alors ministre de l’Intérieur ) à affirmer que nous n’étions que 7 000 le 1er décembre 2013, voila que cette fois-ci les chiffres officiels font état de 25 000 personnes. 
Alors que nous sommes cohérents dans la proclamation de nos chiffres, la préfecture elle ne l’est pas. Ainsi, lors de la manifestation du 1er décembre nous annoncions 100 000 personnes, là ou les autorités n’en voyaient que 7000. Quelques mois après, en ce 12 avril, au vu de nos anciennes mobilisations, nous annoncions de nouveau 100 000 personnes, estimant que cette mobilisation était aussi forte que la précédente. Mais la surprise est venue de la part des autorités, qui ont recensé 25 000 personnes, au delà de la minimisation de cette réussite, c’est l’incohérence des chiffres qui est marquante. En effet pourquoi augmenter le nombre de manifestants d’environ 20 000, alors que la mobilisation était équivalente à la dernière ? 
Quoi qu’il en soit, ce fut un succès total qui aura également marqué l’unité et la réconciliation d’un Front de gauche retrouvé et prêt pour les élections européennes. Si nous parvenons à mobiliser les abstentionnistes et les déçus de ce gouvernement, il est certain que nous pourrions doubler ou tripler notre nombre de députés européens. Et avecd’ autres forces de gauche européennes, notre groupe pourrait ainsi devenir le 3ème groupe au Parlement européen. Il sera d’autant plus important d’élire un maximum de députés de gauche du fait de l’alliance possible entre sociaux démocrates et partis de droite, comme c’est déjà le cas en Allemagne.
Poursuivons la dynamique de cette belle marche, votons Front de gauche le 25 mai prochain! 

L’orientation libérale de Valls

A 306 voix contre 239, et avec 26 abstentions, l’Assemblée Nationale a voté la confiance au nouveau premier ministre, Manuel Valls. Les radicaux, les socialistes et les verts auront, pour la quasi-majorité, accordé leur confiance au nouveau locataire de Matignon. Seuls 3 députés radicaux, 7 députés écologistes ( 6 abstentions, 1 vote contre ) et 11 députés socialistes ne se sont pas rangés derrière Manuel Valls.
Les députés communistes et Front de gauche ont, quant à eux, voté contre la confiance estimant- à juste titre- que la dérive libérale de ce quinquennat allait s’accélérer.
Elle est déjà loin la « fronde » d’une petite centaine de députés socialistes qui réclamaient plus de justice sociale et moins d’austérité. Désormais, le tournant libéral est clairement assumé et les mesures annoncées vont conduire vers toujours plus de précarité et de cadeaux aux patrons et vers toujours moins de droits sociaux.
Ainsi Manuel Valls a annoncé, dans son discours, une suppressions, à terme, des cotisations patronales sur les SMIC, une baisse des cotisations salariales, ou encore une division par deux du nombre de régions. Et cela dans un soucis, toujours plus grandissant, de compétitivité, de baisse du « coût du travail », et de réduction des dépenses publiques.

Le gouvernement s’acharne donc à poursuivre sur cette voie du libéralisme, qui ne mène qu’au chômage et à la précarité. Les chiffres ne sont là que pour le confirmer : outre l’augmentation mensuelle du chômage, et la rémunération toujours plus grande des grands patrons et des actionnaires, le nombre d’industries ayant fermé ne cessent d’augmenter. Ainsi, selon l’humanité du 9 avril, en 2013, ce sont 4736 entreprises qui ont fermé leurs porte, ajoutant des dizaines de milliers de travailleurs aux files d’attente de pôle emploi.

Autre fait marquant de ce discours, Valls a déclaré vouloir redonner du pouvoir d’achat aux français. Comment ? En baissant les cotisations salariales et en augmentant les salaires d’à peine 500 euros par an, soit environ deux euros par jour. Cette « hausse » sera donc insignifiante, alors que les pertes des cotisations sociales seront, quant à elle, un véritable danger pour le financement de notre sécurité sociale.
C’est d’ailleurs l’ensemble de nos services publics qui seront touchés, du fait de la baisse des dépenses publiques. Et n’en déplaise à Manuel Valls qui pense, encore, que l’on peut baisser les dépenses publiques sans porter atteinte au niveau de vie de la population, ces baisses se caractériseront par des fermetures d’hôpitaux, un réseau de transport moins performant. L’éducation et la culture seront également des domaines qui seront touchés.

Manuel Valls continue donc le travail entamé par Jean-Marc Ayrault,  avec une volonté d’accélérer le rythme de ces réformes. Le MEDEF et les actionnaires ne peuvent qu’applaudir, toutes leurs revendications sont entrain d’être réalisées, sous un gouvernement de « gauche ».
Quant à ceux qui auront constitué une grande partie de l’électorat de François Hollande c’est à dire les salariés, les intermittents du spectacle, les ouvriers, les retraités ou les jeunes, ils ont désormais le choix : soit ils se lamentent sur leur propre sort et encaissent coup par coup. Soit à la résignation ils opposent le combat et la lutte, en nous rejoignant pour exiger un changement de cap politique. Nous portons des propositions justes et nécessaires, et le 25 mai prochain, lors des élections européennes, nous appelons toutes les forces de gauche, étant déçues
de ce gouvernement, à voter massivement pour nous.
En France, et en Europe, notre seul dessein c’est : l’humain d’abord! 

Elections européennes : c’est parti!

A l’heure où le Parlement a voté la confiance au premier ministre, et, où ce dernier a clairement donné le ton de ce que serait sa politique (suppression des cotisations patronales sur le SMIC, réduction des dépenses publiques, politique de l’offre etc), le Front de gauche, quant à lui, part en campagne uni et solidaire. Avec un programme intitulé : « Rompre, et refonder l’Europe » nous entendons devenir la première force de gauche de ce pays, en redonnant aux abstentionnistes de gauche l’envie du changement et du progrès social.
Combien de temps les élus et militants socialistes vont-ils rester impassibles face à ce tournant libéral ?
Combien de temps faudra-t-il avant qu’ils rejoignent nos rangs ?

Certes notre entrée en campagne est tardive, du fait des désaccords survenus lors des élections municipales, mais j’ai l’intime conviction que nous réussirons une de nos plus belles campagnes.
Le premier danger que nous devrons combattre c’est l’abstention, qui s’était élevée à 59.5% lors des précédentes élections de 2009. Les résultats des élections municipales l’ont montré : ce sont les citoyens de gauche qui se sont abstenus, lassés de cette politique libérale, de ces cadeaux à la finance et de cette casse des acquis sociaux. Nous devons concentrer nos efforts sur ces millions de personnes qui, en s’abstenant, ont voulu faire passer un message. Le président de la République, en nommant Manuel Valls premier ministre, ne l’ayant pas écouté, c’est à nous de faire entendre notre voix et de convaincre ces personnes de la nécessité de soutenir les listes Front de gauche. Car l’abstention du peuple de gauche mène, irrémédiablement, à la montée du front national. Nous l’avons observé lors des dernières élections municipales où, jamais l’abstention n’avait été aussi élevé.

L’un des problèmes des élections européennes est qu’elles ne passionnent pas les citoyens, et pour cause : le Parlement européen semble être une institution coupée des réalités de la vie, et des attentes populaires. De plus, les habitants des différents pays de l’UE se sentent avant tout citoyen de leur propre pays, ce qui contribue à maintenir l’abstention à des niveaux records.
 Il faut démocratiser les institutions de l’UE, il faut transformer en profondeur cette Europe des banques pour qu’elle devienne une Europe sociale, une Europe des peuples. En ce sens la candidature d’Alexis Tsipras (Syriza/PGE) à la présidence de la commission européenne peut nous permettre de porter nos propositions et notre vision de l’Europe au sein des plus grandes instances européennes.
Pour être efficaces, et peser sur les décisions qui seront prises, nous devrons élire un maximum de députés qui rejoindront le groupe Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique (GUE/NGL). Ainsi, les différentes forces de gauche comme le Front de gauche en France, le Bloc de gauche au Portugal, die Linke en Allemagne, Syriza en Grèce ou encore le Parti socialiste irlandais, ainsi que leurs élus, seront un rempart contre l’austérité. Il faudra que nous engagions la bataille contre le Grand marché transatlantique (GMT). Ce traité- purement libéral- visera, à terme, à donner encore plus de pouvoir aux multinationales, notamment américaines, il permettra aussi  aux Etats-Unis d’exporter massivement leurs poulets au chlore, et autres plats de ce type, dans nos assiettes. Mais comme les médias et les élites ne semblent pas disposés à  en avertir les peuples, la tâche en reviendra à nous militants comme élus, citoyens et citoyennes de gauche.

Les listes Front de gauche seront donc un moyen pour les citoyens de transmettre leur colère à l’égard de cette commission européenne qui, chaque jour, nous enfonce un peu plus dans la crise.
Nous ne voulons pas détruire l’Europe, bien au contraire : nous voulons la réformer de fond en comble afin qu’elle devienne un outil de coopération et de solidarité entre les peuples. L’Europe austéritaire et libérale est une abomination pour les peuples, une bénédiction pour les banques. Transformer l’Europe c’est  la rendre sociale, afin que les intérêts des peuples priment sur ceux de la finance.
L’Europe des peuples nous appelle! 

Nouveau gouvernement, mêmes enjeux.

Le nouveau gouvernement étant à peine formé, voilà qu’on le surnomme déjà le « gouvernement de combat ». Un gouvernement de combat au service du patronat et de la finance avec à sa tête un membre du Parti socialiste, Manuel Valls, qui avait déclaré que « le mot socialisme est dans doute dépassé« .
Par ailleurs, le terme « nouveau » n’est pas non plus approprié puisque, sur les 16 ministres composant ce gouvernement, 14 figuraient déjà au sein du précédent gouvernement. Les nouveaux entrants étant Ségolène Royal qui devient ministre de l’Ecologie  et François Rebsamen qui hérite du Ministère du dialogue social. Un comble pour celui qui ne porte pas dans son coeur les syndicats.
Ainsi, la plupart des ministres étant reconduits, le cap politique ne changera pas même avec un Benoît Hamon, censé représenter l’aile encore un tant soit peu socialiste du PS, au sein du gouvernement.
Une chose est en revanche plus frappante, c’est le nombre extrêmement restreint du nombre de ministres. Ce n’est pas que nous regrettons les ministres partis, mais c’est que nous regrettons le regroupement de plusieurs ministères. C’est  assez simple à comprendre, un ministre, ayant la responsabilité de quatre ministères à la fois, sera nécessairement moins appliqué et efficace dans son travail que s’il avait hérité d’un seul ministère et ce, malgré les différents conseillers auquels ont le droit les différents ministres.
Ainsi, Najat Vallaud-Belkacem hérité à la fois du Ministère du droit des femmes, poste pour lequel elle est compétente, du Ministère du sport, de la ville et de la jeunesse. Triste sort pour la jeunesse et les femmes qui étaient pourtant certaines des priorités du candidat Hollande. Comment peut-on rassembler à la charge d’une seule personne quatre ministères et non des moindres?
Par ailleurs, le Ministère de la santé n’existe plus à proprement parler, il a été remplacé par un Ministère « fourre-tout » des affaires sociales.

Michel Sapin aura, quant à lui, à sa charge le Ministères des finances. Il sera donc chargé de rapport à la commission européenne le budget de l’économie française. Dans ce cas, la nomination d’Arnaud Montebourg au Ministère de l’économie peut sembler dérisoire puisque de toute façon, du fait de la signature des traités européens, nous sommes exposés aux exigences et aux impératifs de la très monétariste et bureaucratique commission européenne.
Seule une désobéissance à ces traités austéritaire nous permettra de retrouver la maîtrise de notre économie et d’orienter nos choix économiques et politiques en fonction des besoins populaires.
Pourquoi consacrer autant d’argent au remboursement de dettes illégitimes, alors que ce même argent pourrait être réinjecté dans les budgets consacrés à la santé, l’éducation, la culture ou le sport ?

Les 50 milliards d’euros d’économies ainsi que le pacte de responsabilité ne sont là que pour prouver la priorité de ce gouvernement. Il est clairement établi que Valls, Hollande et les membres de l’ancien comme du nouveau gouvernement, pensent d’abord aux exigences de rémunérations des banques et des actionnaires plutôt qu’aux besoins populaires et au bien-être de la population. Car il ne faut pas en douter, les réductions des dépenses publiques se feront dans les budgets de la fonction publique, des transports collectifs, de la santé ou encore de l’éducation. Aucune réduction de dépenses ne se fera dans l’armement nucléaire ou dans l’achat de rafales.

Le MEDEF ne peut donc que se satisfaire de la nomination de Manuel Valls, qui sans aucun doute est encore plus libéral que son prédécesseur, à la tête du nouveau gouvernement. Valls, comme son prédécesseur, continuera à appliquer la bonne vieille méthode de la baisse du « coût du travail », qui ne fonctionne pas. Il poursuivra les exonérations de cotisations et les cadeaux fiscaux au patronat. Toutes ces mesures étant destinées à favoriser l’emploi, ne se montrent guère efficaces. En témoignent les chiffres toujours plus élevés du chômage, la précarité grandissante, et les fermetures d’usines. De plus, pour la première fois, la part des dividendes, versés aux actionnaires, a été supérieure à celle de l’investissement. L’argent versé au patronat, payé par la population, sert donc en priorité à rémunérer les actionnaires. C’est donc le coût du capital qu’il faut taxer, au lieu de s’en prendre aux travailleurs, aux jeunes, aux chômeurs, aux retraités ou aux immigrés.

Un autre politique est possible et, ce gouvernement en prend la direction inverse. Le libéralisme est une idéologie qui a conduit à la misère des peuples et des pays entiers. Il n’y a qu’à regarder la situation actuelle de la Grèce ou de l’Espagne pour s’en rendre compte.
Ce n’est donc pas un gouvernement de combat auquel nous aurons à faire, comme l’aime à l’appeler Manuel Valls, mais au contraire un gouvernement de soumission à la finance, aux banques et à la commission européenne. 

Valls premier ministre : la sanction

Dans mon précèdent article consacré au remaniement, j’évoquais le danger que représentait Manuel Valls et sa politique de répression vis à vis des Roms. Force est de constater qu’Hollande se moque bien des sans-papiers et des Roms puisque celui qui organisait cette répression a été nommé chef du gouvernement, après le départ de Jean-Marc Ayrault, à la suite de la défaite électorale qu’a subit le Parti socialiste. Ainsi, comme le titrait l’Humanité du 1/04/2014 : la nomination de Manuel Valls est une double peine. Tout d’abord parce qu’un changement de premier ministre signifie une défaite électorale pour la gauche, qui aura perdu un certain nombre de grandes villes. Et puis surtout la nomination de Manuel Valls montre la volonté du président de la République de continuer sur cette voie libérale en choisissant un premier ministre obsédé par les questions de sécurité.

Le gouvernement étant désormais officiel, deux choses sont marquantes : tout d’abord c’est un des gouvernements les plus restreints qu’il n’y ait jamais eu puisque 16 ministres le composent, Valls a ainsi choisi de regrouper plusieurs ministères en un seul. Il faut également noter les changements importants, les sorties de Pierre Moscovici et de Vincent Peillon, et à l’inverse les entrées de Ségolène Royal et de François Rebsamen.

Il faut, en revanche, saluer la position d’Europe écologie les verts (EELV) qui ont fait le choix courageux de ne pas participer à ce gouvernement. Cécile Duflot avait certes déclaré que, si Manuel Valls accédait au poste de premier ministre elle n’y participerait pas, mais certains au sein du camp des verts étaient favorables à un ou deux ministères. D’autant que les verts auraient eu la possibilité d’accéder au ministère de l’Ecologie . Ce choix important peut-être un tournant majeur dans ce quinquennat, puisque nous avons la possibilité de créer une nouvelle majorité parlementaire de gauche, avec le Front de gauche, les écologistes, les socialistes qui refuseront de donner leur confiance à Manuel Valls ainsi qu’avec le NPA.
Que chacun se rende bien compte de ce qui est en jeu, si nous avions un rassemblement à gauche avec les parlementaires du Front de gauche, des écologistes ainsi qu’avec des dizaines de socialistes, nous pourrions peser dans les débats. Car nous passerions de 15 députés, ceux du groupe Gauche, démocrate et républicaine (GDR), à presque 100, si bien entendu au moins une cinquantaine de députés socialistes décidaient de rompre avec ce gouvernement.

Il est clair qu’Hollande n’a pas entendu l’appel du peuple de gauche qui, en s’abstenant, a revendiqué un nouveau cap politique et non pas un changement d’homme à la tête du gouvernement. Au contraire, en nommant Manuel Valls premier ministre, François Hollande a montré clairement sa volonté de continuer sur cette voie libérale, avec une touche de répression en plus. Puisqu’il faut rappeler que lors des primaires socialistes, Manuel Valls avait fait campagne sur des questions de social-libéralisme et de sécurité, ce dernier point étant un thème cher au front national.
Cette nomination démontre également un manque réel de démocratie, puisque Valls avait recueilli 5.63% des suffrages lors des primaires socialistes. Ainsi, Hollande nomme à la tête du gouvernement une personnalité désavouée au sein même de son parti.
Il faudra donc s’attendre au pire de la part de ce nouveau gouvernement, d’où la nécessité d’intensifier la lutte afin de faire prendre conscience à tous que le libéralisme n’est pas la solution, et qu’à l’inverse, un changement de cap à gauche s’impose si nous voulons changer le cours des choses.

Concernant les municipales,si le PS a subi une défaite électorale majeure, ce n’est pas le cas de toute la gauche, même s’il est vrai que nous ne pouvons pas parler de victoire. Ainsi, le PCF, en plus des 94 villes, de plus de 3500 habitants, acquises dès le premier tour, converse et  gagne des dizaines d’autres villes comme Montreuil ou Thiers. Par ailleurs, nous perdons 87 villes et villages de plus de 1000 habitants. Le PS aura ainsi réussi, en moins de deux ans de gouvernance à détruire des années entières d’implantation locale de gauche.
Malgré tout, le PCF garde le 3ème réseau d’élus locaux, et aura- avec le Front de gauche- mené de belles campagnes sur des enjeux de services publics, de progrès social ou encore d’écologie, là où le front national a préféré parler sécurité et immigration.