Analyses du premier tour des élections municipales

Dimanche 23 mars a eu lieu le 1er tour des élections municipales, marquées par le plus fort taux d’abstention qu’un premier tour de municipale n’ait jamais connu, soit 35%. Deux raisons principales peuvent justifier cette abstention ; d’une part la méfiance grandissante vis à vis des institutions et des représentants qui nous représentent de moins en moins, et d’autre part la trahison du Parti socialiste a engendré, chez ceux qui souhaitaient le changement, une profonde déception. Or, plutôt que de trouver des alternatives et des solutions à gauche, ces personnes ont préféré exprimer leur mécontentement en s’abstenant, favorisant la montée de l’extrême droite dans certaines villes. C’est d’ailleurs sur ce point que je vais m’attarder. A la proclamation des résultats et des estimations, à 20h, dans presque toutes les villes présentées par les chaînes de télévisions : un candidat frontiste était en tête ou dans les 3 premiers. Certes le front national a progressé de manière inquiétante dans certaines villes, mais il faut relativiser et surtout il faut faire barrage aux candidats frontistes qui seraient au second tour. Tout d’abord, il semble que les médias aient exagéré le score du front national au point de duper des millions de français, moi le premier, sur ce 1er tour. En réalité, le front national ne sera présent au second tour que dans 0.33% des villes, on est donc loin de la vague bleue marine annoncée. Par ailleurs, en terme d’élu, seul 1 candidat frontiste a été élu maire dès le 1er tour, alors que le Front de Gauche, quand il est autonome, a 67 candidats élus ou réélus au premier tour. Et le nombre est même plus important si l’on prend les villes où le Parti communiste présentait des candidats avec ou sans le PS. Ainsi, au soir du 1er tour, le Parti communiste conservait 94 villes, en gagnait 12 nouvelles et était en ballottage favorable dans 32 autres. Ainsi Pierre Laurent citait que « sur les 86 villes de plus de 9000 que nous dirigions avant les élections municipales, 37 ont été réélus dès hier soir ( soir du premier tour ) et 46 sont en voie de l’être dimanche prochain « . Le Parti communiste conserve donc sa place de 3ème force politique en terme d’élus locaux, ces derniers qui seront un appui pour les populations contre les politiques d’austérité et contre la haine que dissémine le front national. D’ailleurs, dimanche prochain il faudra un rassemblement de tous les partis de gauches et de toutes les  forces progressistes pour empêcher l’élection de candidats frontistes présents au second tour. Je n’appelle pas à un front républicain puisque dans certaines villes l’UMP a d’ores et déjà choisi de s’allier avec le Fn contre la gauche, mais j’appelle à un Front antifasciste composé de toutes celles et ceux qui souhaitent un changement de cap à gauche et qui refusent le front national pour solution.
Mais ce rassemblement ne dois pas être à sens unique. Ainsi, lorsque le Parti socialiste se trouve en tête au second tour face à un candidat frontiste, qui a des chances de l’emporter, toutes les forces de gauche- des radicaux à nous communistes- se rassemblement et s’unissent en faveur du candidat socialiste. En revanche, lorsque qu’un candidat Front de gauche arrive en tête dans une ville de gauche, mais menacé par la droite ou par l’extrême droite : le PS refuse souvent de se rallier à nos listes, pensant qu’ils ont un semblant de chances de l’emporter. Notre position est claire : nous mettrons tout en oeuvre pour que la droite et surtout l’extrême droite ait le moins d’élus possible, mais cette alliance ne doit pas être qu’en faveur du PS, les socialistes comme les écologistes doivent accepter de se désister pour un candidat communiste ou Front de gauche lorsque celui-ci est en tête de la gauche. Que le Parti socialiste se méfie, car désormais il n’est plus la seule « grande » force à gauche. D’ailleurs, peut-on véritablement dire que le PS est encore de gauche ? Il est certains que si dans certaines villes le Fn arrive en tête, il doit cela à la politique libérale d’un président qui a renoncé au changement, se faisant élire socialiste pour gouverner en libéral.
Enfin pour terminer, les médias s’en sont tenus à leur rôles de protecteur du système et de dédiabolisation du front national. D’innombrables candidats frontistes ont été interrogés tout au long de la soirée électorale, alors que dans le même temps aucun candidat communiste ne l’a été, seul Jean-Luc Mélenchon a figuré quelques minutes sur le plateau de TF1. Cela confirme que la parité médiatique n’est pas respectée puisqu’il est clairement établi que le front national, la droite et le Parti socialiste sont largement plus médiatisés que le Front de gauche qui, je le rappelle, est la 3ème force politique en terme d’élus locaux. A ce propos, le Parti communiste a- à juste titre- décidé de porter plainte auprès du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) pour dénoncer cette situation antidémocratique.
Plus que jamais restons mobilisés pour empêcher la droite et l’extrême droite de conquérir des villes, et faisons en sorte
qu’au sortir de ces élections : un maximum de candidats communistes et Front de gauche soient élus! 

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