En Allemagne, la trahison du SPD.

C’est désormais officiel, le SPD (parti social-démocrate allemand) va faire alliance avec la coalition CDU-CSU dont est issue la chancelière allemande Angela Merkel. Le SPD entre donc au gouvernement allemand et, comme dans la plupart des pays de l’Union Européenne, les sociaux démocrates vont gouverner avec la droite. Nous connaissons d’ores et déjà le résultat, à savoir : des politiques d’austérités, la soumission aux banques et à la finance, la casse des acquis sociaux des travailleurs et une casse des services publics.
Le SPD trahit donc la Gauche et surtout le peuple, tout comme l’a fait le Parti socialiste français, le PASOK grec ou encore le PSOE espagnol.
Depuis sa création à la fin du 19ème siècle, le SPD n’a cessé d’évolué dans la mauvaise direction. Alors qu’avant la première guerre mondiale, le SPD se revendiquait du marxisme et prônait le pouvoir aux ouvriers, le 4 août 1914 – lors de son congrès – le SPD annonce qu’il ne fera rien contre la guerre imminente. C’est la première trahison du parti envers le monde ouvrier et envers ces partis frères. En annonçant qu’il n’appellera pas à la grève générale, le SPD précipite la mort de Jean-Jaurès qui, lui, voulait que les masses ouvrières allemandes et françaises s’unissent contre les bourgeoisies impérialistes qui déclencheront la première guerre mondiale.
Après la guerre, et avec la proclamation de la République de Weimar, les électeurs portent le SPD au pouvoir qui met en place le droit de vote des femmes, et les congés payés. Mais en 1919, l’Allemagne est à la veille d’une Révolution. Le 1er janvier 1919, la ligue des spartakistes et quelques autres mouvements révolutionnaires créent le Parti Communiste allemand.
Les spartakistes menés par Karl Liebknecht et Rosa Luxemburg déclenchent l’insurrection. Elle sera réprimée dans le sang, le 11 janvier 1919 ses deux leaders sont capturés et assassinés par des militaires. De nombreuses autres personnes marxistes ou soupçonné de l’être seront également exécutées.
Dès lors, la rupture entre le Parti communiste allemand et le SPD est définitive et irréversible. Dans les années qui suivent, le KPD ( Parti communiste allemand ) voit ses effectifs grimpés et ses scores électoraux augmenter considérablement. Tout comme le NSDAP d’Hitler. La bataille entre ces deux partis est, d’une part électorale et, d’autre part dans la rue ; avec d’un côté les forces prônant la liberté, la solidarité et le partage, et de l’autre une force parlant de haine envers le juif et l’étranger. Malheuresusement nous savons tous ce qu’il adviendra par la suite, preuve qu’il ne faut pas se fier aux apparences, ce qui essaye de cacher leurs intentions et qui montrent du doigt une minorité ethnique ou religieuse sont sans doute les pires ennemis pour le peuple et la démocratie.
En 1933 Hitler arrive au pouvoir, les membres et élues du KPD comme du SPD sont arrêté ou s’exilent et ce jusqu’à la libération de l’Allemagne. Après la défaite des nazis l’Allemagne est séparée en quatre zones, trois à l’ouest pour la France, la Grande-Bretagne, et les Etats-Unis et une à l’est pour l’Union Soviétique. Deux Etats en découleront ( jusqu’à la réunification en 1990 ) la RFA à l’ouest et la RDA à l’est.
A l’Est le SPD et le KPD fusionnent pour former le SED ( parti socialiste unifié d’Allemagne ) qui deviendra le seul parti autorisé en RDA. Tandis qu’à l’Ouest, le SPD entame sa transformation social-libéral en renonçant officiellement au marxisme ( dont en théorie tous les partis socialistes et communistes s’inspirent ) en 1959.

Aux débuts des années 2000, alors que le SPD est au pouvoir, il va mettre en place des politiques libérales ( notamment l’Agenda 2010 ) qui vont conduire Oskar Lafontaine, notammen, a rendre sa carte du parti. Ce dernier avec d’autres, sera l’un des fondateurs de Die Linke ( la gauche ) qui est notre parti frère en Allemagne.
Die Linke a su s’imposer comme une force alternative au libéralisme et aux politiques d’austérité et qui est devenue la 3ème force politique du pays.
Ainsi lors des dernières élections fédérales qui ont eu lieu le 22 septembre 2013, die Linke a atteint 8.5% des suffrages. Dans le même temps, la coalition CDU-CSU est arrivée largement en tête avec 41.55%. Le SPD, quant à lui, est arrivé en seconde position et a recueilli 25.74% des votes.
Les verts étant arrivés en 4ème position juste derrière die Linke ( 8.4% ) la question d’une alliance de gauche était légitime et c’est die Linke qui a engagé les pourparlers pour créer une nouvelle majorité de Gauche en opposition à Merkel. Ni les verts ni le SPD n’en ont voulu, et pire le SPD a finalement choisi de s’allier avec la coalition de droite au pouvoir, afin de gouverner contre les intérêts du peuple allemand.
Plus que jamais l’alternative à ces politiques est à Gauche. Partout en Europe, l’autre Gauche progresse avec un programme basé sur le refus du libéralisme et des politiques d’austérités et ce sont là les seules solutions pour que nous puissions sortir de cercle infernal dans lequel nous sommes tombés.

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