Venezuela : poursuivre la Révolution

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C’est une claque magistrale que vient d’infliger le peuple vénézuélien à tous ceux qui pensaient que la Révolution bolivarienne était sur le point de s’achever. Près de 8 millions de personnes se sont ainsi déplacés ce dimanche 30 juillet afin de voter pour le projet de l’Assemblée Nationale Constituante, convoqué par le Président Maduro. Avec cette victoire, le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), et ses alliés, ont montré leur maturité face à une opposition de plus en plus violente, et n’hésitant pas à user d’assassinats contre des militants et des élus de gauche. Plutôt que de tomber dans l’escalade de la violence, les dirigeants vénézuéliens ont choisi de remettre leur destin entre les mains du seul décisionnaire du pays : le peuple.

Cette victoire permet, certes, de consolider la Révolution, mais elle va surtout permettre d’ouvrir un large cadre de débats afin d’établir la prochaine Constitution et d’améliorer celle actuellement en place, instaurée par le Commandant Hugo Chavez. En somme, résoudre les erreurs qu’a pu commettre la Révolution bolivarienne, tout en garantissant une fin des conflits par la paix et la négociation. Bien-sûr il n’a pas fallu longtemps pour que l’opposition d’extrême-droite et les Etats-Unis contestent ce résultat, ils l’avaient d’ailleurs déjà fait avant même le scrutin.

Malgré la fin de la guerre froide il y a près de 30 ans, jamais les Etats-Unis n’ont renoncé à renverser tout gouvernement progressiste ou socialiste d’Amérique Latine. Coup d’Etat, assassinats, déstabilisations, financement d’une opposition armée, attentats, tout moyen est bon pour obtenir la fin d’un dirigeant ayant choisi de placer les intérêts de son peuple avant ceux de la finance internationale. Déjà en 2002 l’opposition avait tenté un coup d’Etat militaire, mettant en prison le Président de l’époque Hugo Chavez. C’était sans compter sur la vigilance du peuple vénézuélien qui était parvenu à faire libérer Hugo Chavez en manifestant par millions dans les rues du pays.

Rien de surprenant donc à ce que les Etats-Unis aient pris de nouvelles sanctions à l’égard du pouvoir en place et ne cessent de soutenir une opposition violente et armée, qualifiée de démocratique, du moment qu’elles luttent contre un pouvoir ne partageant pas les mêmes intérêts que l’Oncle Sam. En France, lorsque qu’une personne prend les armes et tue civils, policiers ou militaires cela s’appelle du terrorisme, une définition semble-t-il variable suivant de quel bord se trouvent les dirigeants de tel ou tel pays. Pourtant les exemples sont nombreux, et le fait que le Venezuela soit la première puissance en terme de réserve de pétrole aurait dû en alerter plus d’un sur les volontés impérialistes du voisin Nord-Américain qui rêve de revenir à la situation d’avant Chavez, où les bénéfices du pétrole revenaient en grande partie aux multinationales américaines.

PUEBLO

Approfondir le processus révolutionnaire

Cette nouvelle étape dans la Révolution Bolivarienne doit amener dirigeants et base populaire à continuer dans cette voie révolutionnaire. Tout n’est pas parfait au Venezuela, loin de là, mais quel pays peut se vanter d’être parfait ? Certes le gouvernement vénézuélien a sans doute fait des erreurs, vouloir baser l’économie entière du pays sur le pétrole en était une, ne pas prendre au sérieux le désir de vengeance de l’oligarchie, après 18 ans de Révolution, en fut une autre.

Malgré les sanctions internationales et des déstabilisations, les avancées du Venezuela Bolivarien sont considérables et reconnues de tous. Des avancées démocratiques avec l’instauration du référendum révocatoire permettant de destituer tout élu- y compris le Président- si le peuple le souhaite, la mise en place d’une démocratie participative pour qu’à chaque échelon de décision, le peuple puisse exprimer ses revendications. Mais c’est surtout au niveau social que la Révolution Bolivarienne a agi en profondeur. Réduction drastique de la pauvreté, éradication de l’analphabétisme, augmentation des salaires, des retraites, construction de logements sociaux sur tout le territoire. De plus, l’entretien d’excellentes relations avec le pays frère Cuba a permis au peuple vénézuélien de bénéficier des soins et des aides des médecins cubains, souvent situés dans les zones les plus pauvres, là où les médecins locaux refusaient d’exercer. Pratiquant des soins gratuits, les médecins cubains ont également formé des milliers de vénézuéliens, améliorant de fait considérablement le système de santé de la Patrie de Chavez.

Avec cette nouvelle victoire dans les urnes, le gouvernement et le peuple vénézuélien se sont donnés les moyens d’approfondir la Révolution. N’en déplaise à ceux qui voulaient voir le gouvernement chuter, ou souhaitaient que la violence l’emporte sur la paix, cette victoire, saluée par tous les pays progressistes d’Amérique latine, montre que s’en remettre à une décision populaire est la plus révolutionnaire des décisions. Il est quand même incroyable qu’un pays soit diffamé de la sorte, pour avoir convoqué son peuple aux urnes, alors que dans le même temps, le gouvernement français use de la politique des ordonnances pour faire passer des lois antipopulaires sans débats.

Certains diront que la Révolution n’est pas allé assez vite, ni assez loin. Mais pour l’heure, face aux menaces putschistes de l’extrême-droite vénézuélienne, rappelant les pires heures de l’Amérique latine, celle de la dictature militaire argentine, ou celle de Pinochet, pantin de la CIA et qui avait renversé le gouvernement socialiste, démocratiquement élu, de Salvador Allende, les progressistes doivent affirmer leur solidarité envers le processus révolutionnaire bolivarien.

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Une Assemblée en marche arrière

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Avec près de 376 députés, dont une quarantaine pour le Modem, le mouvement d’Emmanuel Macron obtient sans difficulté la majorité absolue. Certes elle est moins large que prévue, puisque les premières estimations, après le premier tour, annonçaient plus de 400 députés en Marche. Preuve en est que les français n’ont pas voulu donner un pouvoir total au président, qui ne devrait toutefois pas se priver de gouverner par ordonnance avec une telle majorité.

La société civile au Parlement ?

C’était une des promesses du candidat Macron, faire rentrer au Parlement ce qu’il appelle la société civile, c’est à dire des gens nouveaux provenant de toutes les catégories de la population. Pourtant loin du renouveau annoncé, ce nouveau Parlement s’annonce moins représentatif qu’auparavant. D’abord parce que, si une bonne partie d’entre eux n’avaient jamais été élu, ils n’étaient pas non plus novices en politiques. Ensuite parce que bien que se proclamant de la société civile, une grande majorité d’entre eux sont des cadres où exercent des professions libérales, même si d’une manière générale ce problème concerne tous les élus.

Ainsi sur 577 députés : 185 sont des cadres, 130 des fonctionnaires et 87 sont issus des professions libérales, soit 402 députés, laissant de fait une part minime voir inexistantes à ce qui constitue la majorité de la population française : employés, ouvriers, agriculteurs, artisans, retraités. L’Assemblée Nationale a pourtant pour vocation de représenter le peuple dans ses différences. Les ouvriers, à la base de toutes les productions, n’ont, par exemple, aucun député élu.

En revanche ce qui est certains c’est que l’Assemblée Nationale sera plus jeune durant ce quinquennat puisque la moyenne d’âge baisse de 5 ans. On passe ainsi d’une moyenne d’âge de 54 ans à 48 ans et 8 mois. Autre satisfaction, la part de femmes présentent au Parlement, puisque qu’avec 223 femmes élus sur 577 députés, jamais la part de représentation féminine n’aura été aussi importante. 38,7% c’est certes un énorme pas en avant, mais notre pays a encore du chemin à faire pour rivaliser avec d’autres Nations au premier rang duquel des Etats progressistes et socialistes. Ainsi en Bolivie le pourcentage de femmes élues au Parlement est de 53,1%. A Cuba il est de 48,9%, tandis qu’au Nicaragua il atteint 45,7%.

2 groupes pour représenter nos intérêts

Au milieu de cette Assemblée libérale, puisque en plus des députés en Marche et Modem, la droite, le centre-droit ainsi que quelques sociaux-libéraux disposent de nombreux sièges, nous sommes parvenu à faire élire des parlementaires qui, à coup sûr, porteront nos revendications et les intérêts de la majorité de la population.

Faute d’entente, communistes et insoumis siégeront à part dans l’Hémicycle. Toutefois c’est peut-être un mal pour un bien. En effet disposer de deux groupes permettra de multiplier par 2 le temps de parole à l’Assemblé, tout en convergeant et en proposant ensemble des projets de loi. Une manière également d’éviter de nouvelles disputes concernant le chef de groupe ou une quelconque discipline de vote. Pour ma part je me réjouis que le nombre de députés de la gauche radicale est doublé en l’espace d’une élection. Nos parlementaires du PCF reconduiront vraisemblablement le groupe de la Gauche républicaine et démocrate avec 4 députés ultramarins. Tandis que nos camarades insoumis auront de leur côté aussi un groupe.

Une des satisfaction de cette échéance électorale aura été l’élection de François Ruffin, rédacteur en chef du journal Fakir, et réalisateur du film Merci Patron. Soutenu par le Parti communiste, Ensemble, la France insoumise et les Verts, il aura réussi une remontée formidable entre les deux tours pour emporter la victoire face à un candidat en Marche. Puisque Macron n’a de cesse d’évoquer la moralisation de la vie politique, peut-être devrait-il prendre exemple sur François Ruffin qui a annoncé qu’il réduirait son indemnité parlementaire au SMIC, reversant le reste à des « bonnes oeuvres ». Il a également déclaré qu’il disposerait d’un mandat révocable, à savoir que si 25% des gens l’ayant élu décidaient qu’il n’a pas rempli son contrat il s’en irait. De même les députés de la majorité pourrait prendre exemple sur les députés communistes qui reversent leur indemnités au Parti et ne touchent qu’un salaire correspondant à leur anciens salaire professionnels.

Enfin, rien n’indique que la majorité, que possède actuellement le président, tiendra durant 5 ans tant la diversité des horizons politiques d’où proviennent les parlementaires peuvent être différents. Et avec un gouvernement qui a déjà vu 4 de ces ministres démissionner, notamment à cause de certaines implications dans des affaires, ce quinquennat s’annonce des plus flou.

 

 

Vers la fin de la sociale-démocratie ?

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Les diverses élections européennes ont été révélatrices de plusieurs choses : que ce soit en France, en Grèce, au Portugal en Espagne ou au Royaume-Uni il semble y avoir un rejet de plus en plus massif des partis incarnant la sociale-démocratie et le social-libéralisme. Ces partis qui ont conduit à la paupérisation d’une grande partie de la population, coupable d’avoir voté des lois austéritaires imposées par Bruxelles, de sorte que pour une grande partie des citoyens ces différentes formations, devant incarner la gauche ou une partie de la gauche, ne présentent désormais guère de différence avec les partis du centre et de la droite classique.

Mais depuis les élections grecques de janvier 2015, et la défaite cinglante du PASOK- le Parti socialiste grec- qui avait à peine obtenu 4,68% des suffrages exprimés, traduisant la vaste colère populaire grecque après des années de souffrances et de mémorandums, le vent semble tourner. Quelques mois plus tard, lors des élections portugaises, certes remportées par la droite, la gauche parvenait à former une coalition inédite. Bloc de gauche, verts, Parti communiste et Parti socialiste s’entendaient sur un gouvernement et une majorité parlementaire. Ceci fait ils parvenaient à renverser le premier ministre de droite, qui bien que vainqueur n’avait pas la majorité au Parlement. C’est ainsi que depuis novembre 2015 un gouvernement socialiste mène le Portugal, soutenu par les autres partis de gauche. Une garantie que les socialistes ne prendront pas de « mauvaises » décisions s’ils veulent continuer à avoir la majorité. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette union porte ses fruits- voir : Comment l’union des socialistes et de la gauche radicale a mis un terme à l’austérité au Portugal.

Bien sûr cette alliance ne fut possible que parce que le Parti socialiste portugais a rompu avec ce qui est en train de perdre les autres formations sociales-démocrates refusant d’entamer un virage à gauche. L’échec du PS français a été révélateur du désastre de François Hollande. Une politique libérale, des renoncements à tous les niveaux, un accroissement de la misère et malgré le léger revirement à gauche de Benoît Hamon, les électeurs ont voulu sanctionner un quinquennat de trahisons. Preuve en est le score du candidat de la France insoumise du PCF et d’Ensemble qui avait rassemblé 19,58% des votes alors qu’il avait atteint 11,1% en 2012.

En Italie et en Espagne on assiste là aussi à une chute dans les sondages des forces sociales-libérales. Si en Italie cela semble profiter à des forces populistes comme le mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, en Espagne le parti de gauche Podemos est la force montante du pays, tandis que le PSOE s’enfonce toujours un peu plus dans la crise et paye, lui aussi, ses politique anti-populaire.

L’espoir Corbyn

Enfin, pour prendre un dernier exemple, les récentes élections au Royaume-Uni témoignent de ce changement de mentalité. Convoquées par la première ministre conservatrice Theresa May ces élections devaient permettre au gouvernement britannique d’avoir une plus ample majorité conservatrice pour peser dans les négociations sur le Brexit avec l’Union européenne. A quelques semaines du scrutin les chances du Parti travailliste semblait nulles et les cadors du Parti, responsable de son virage à droite il y a bien des années ne rêvaient que d’une chose : virer Jeremy Corbyn et son programme bien à gauche.

En effet Jeremy Corbyn tranche avec l’époque de Tony Blair et son libéralisme de centre droit. Le leader des travaillistes a mis la barra à gauche à tel point que le parti n’avait pas eu un programme aussi ambitieux depuis 1973. Fin de l’austérité, construction de logements sociaux, hausse des salaires, renationalisation des chemins de fer et autres mesures favorables aux plus démunis voilà le programme des travailliste contenu dans un document dénommé « For the many, not the few ».

Bien que critiqué par certains leaders du Parti, restés persuadé des bienfaits de la doctrine qui a conduit des millions de britanniques dans la pauvreté, Jeremy Corbyn a bénéficié d’un large soutien populaire de la base de son parti. Un enthousiasme qui, certes n’a pas suffit à remporter les élections, mais avec 40% des suffrages et un gain de 30 députés par rapport à la précédente législature, le Labour Party apparaît comme le vainqueur des élections, quand les conservateurs, eux, perdent 13 députés et n’obtiennent ainsi qu’une petite majorité.

En septembre prochain l’Allemagne devra, elle aussi, se prononcer. Le peuple allemand accordera-t-il de nouveau sa confiance à Angela Merkel ou donnera-t-il un nombre suffisant de députés aux forces de progrès telles que Die Linke ?

 

Macron : l’enfumage libéral

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Seuls les plus naïfs seront surpris de voir la tournure que prend, déjà le quinquennat d’Emmanuel Macron. La promesse d’un renouveau politique et d’une moralisation semble être déjà loin. Avec des ministres tels que François Bayrou ou Gérard Collomb qui ne sont pas de nouveaux venus ou avec Richard Ferrant qui, à peine nommé Ministre de la Cohésion des territoires, était impliqué dans une affaire révélé par le Canard enchaîné.

Autre fait marquant mais pas surprenant non plus pour quiconque s’était intéressé d’un peu plus près au programme économique du candidat Macron, son souhait de réformer le code du travail dès cet été, et par ordonnance. C’est à dire par un processus non-démocratique consistant à occulter les débats au sein du Parlement. Ceci ne sera bien sûr possible que s’il dispose d’une majorité au Parlement. Une raison de plus de regretter les divisions de la gauche notamment entre la France insoumise et le Parti communiste français.

Quoiqu’il en soit dès qu’un libéral prononce le mot : réforme il faut s’inquiéter. Parce que dans leur bouche il signifie une baisse des droits des travailleurs et des cadeaux toujours plus nombreux au grand patronat. Ce n’est pas un hasard si depuis 15 ans les mêmes politiques sont menées au nom de cette fameuse réforme et que le résultat ne fait qu’empirer : hausse du chômage, de la pauvreté, des inégalités, baisse des salaires, licenciements massifs et fermetures d’usines hebdomadaires.

Le gouvernement entend aussi réformer notre modèle social, et notamment ce qui touche à la sécurité sociale, crée en 1945 par Ambroise Croizat, ministre communiste, dans un pays ruiné par 5 ans de guerre et d’occupation. Pourquoi ce qui était possible lorsque nous étions au plus bas ne le serait plus alors que la France n’a jamais été aussi riche de son histoire ? Il n’y a qu’à voir le nombre de millionnaires français, en hausse, tout comme les dividendes versés aux actionnaires. Certes la France est riche mais la richesse est de plus en plus mal partagé et ne profite qu’à une infime minorité.

Ainsi le premier ministre Edouard Philippe a annoncé ce matin- mercredi 7 juin- la volonté du gouvernement de supprimer les cotisations chômage et maladies. Officiellement pour accroître le pouvoir d’achat des travailleurs, il oublie simplement de préciser que pour financer cela il augmentera la CSG, de fait ce que nous gagnerons d’un côté nous le perdrons de l’autre.

Le coup d’Etat social prévu est en marche et sera réalisé si Macron dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale. Il y a de quoi s’inquiéter de la tournure que risque de prendre ce quinquennat. Avec un premier ministre ancien lobbyiste d’AREVA, avec une volonté d’aller vite et sans forcément s’encombrer de débats démocratique, et avec la suppression d’un Ministère du logement, désormais rattaché au Ministère occupé par Richard Ferrant. Alors même que le logement est la priorité numéro 1 des français. Ceux qui croyaient en un changement commencent à apercevoir le vrai visage de Macron, un jeune certes, mais aux idées vieilles d’avant la Révolution française, celle d’un libéralisme toujours plus agressif envers les plus démunis.

19,58% n’auront pas suffi

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Malgré une belle campagne, innovante, ambitieuse et progressiste, Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, soutenu par le Parti communiste et Ensemble, n’a pas réussi à se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle. Ce que nous craignions est ainsi arrivé, avoir le choix au second tour entre une candidate issue de l’extrême-droite et un candidat de l’oligarchie, soutenu par les banques.

Pourtant nous avons essayé. Essayé de créer un rapport de force qui nous soit favorable en tentant de rassembler non pas autour d’un candidat mais autour d’un programme de justice sociale et de renouveau démocratique. Force est de constater que par rapport à 2012, et aux 11,1% du Front de gauche, notre score augmente significativement puisque Jean-Luc Mélenchon a recueilli 19,58% des suffrages. C’est donc en soit une petite victoire mais surtout un formidable point d’appui pour la suite, et notamment pour les élections législatives.

Du reste, il ne faut pas perdre de vue que nous aurions pu être au second tour. Sans ce système médiatique qui a préféré taper sur le candidat de la France insoumise que sur le Front national, et qui maintenant vient nous faire la leçon quant au fait que Jean-Luc Mélenchon n’a pas donné de consignes de vote, préférant attendre la décision des près de 450 000 citoyens qui ont soutenu sa candidature, ce qui semble pourtant être la base de la démocratie.

Ce n’est pas un hasard si la France n’est plus classée que 45ème mondial au classement de la liberté de la presse. Le fait que la plupart des journaux, chaînes d’infos et stations de radios soient possédés par 9 milliardaires rend beaucoup plus compréhensif ce déferlement contre la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Des attaques répétées sur le Venezuela, Cuba, la Russie, tout ce qui serait censé effrayer les personnes souhaitant lui apporter son vote. Et surtout cette omniprésence d’experts et d’économistes tous plus libéraux que les autres ne pouvant s’empêcher de décrire notre programme comme « infaisable et dangereux » en essayant de démontrer une quelconque, et absurde, proximité avec le programme haineux de l’extrême-droite.

D’un autre côté ils se seront bien gardés de tout reproche envers Emmanuel Macron et son programme néolibéral qui vont- s’il est élu- nous plonger dans un appauvrissement général. Ce petit jeu médiatique a parfaitement fonctionné puisqu’ils ont réussi à faire élire un candidat ayant le même programme et les mêmes objectifs que le président le plus impopulaire de la Vème République.

Il ne faudra pas non plus  oublier la trahison socialiste, une de plus, puisque Benoît Hamon et le PS ont préféré, plutôt que de créer une unité, qu’ils appelaient de leurs voeux du moment qu’elle était derrière eux, sauver les meubles et leurs apparatchiks. Comme nous l’avions annoncé depuis maintenant plusieurs mois le PS prend la direction du PASOK Grec, en ne pesant désormais plus rien dans le jeu électoral.

Et maintenant ? Cap sur les législatives ! 

Il n’y a donc plus rien à attendre de ces élections présidentielles, et chacun votera le 7 mai en connaissance de cause, aussi devrons-nous respecter nos camarades qui ne souhaitant pas avoir à faire un choix entre la peste et le choléra préféreront voter blanc, tout comme ceux qui, conscients du danger de l’extrême-droite, voudront l’éviter à tout prix.

Désormais nos yeux doivent être rivés sur les prochaines élections qui arriveront très vite et qui détermineront, elles aussi, l’avenir de notre pays. Car sans majorité, aucun président ne pourra mener sa politique. Or faire en sorte que nous ayons un groupe en proportion de notre résultat sera essentiel. Il ne faudra pas refaire comme en 2012 et n’avoir qu’une dizaine de députés pour défendre nos acquis sociaux. Il ne faudra pas non plus se diviser entre France insoumise, PCF, et Ensemble. Diviser la gauche de transformation sociale ne servirait qu’à accroître le pouvoir des futurs dirigeants et faire reculer nos droits. Or nous aurons besoin de députés nombreux pour défendre nos revendications et porter nos propositions.

En attendant, le 1er mai sera comme à son ordinaire un moment important pour montrer notre force et notre nombre. Aux côtés des syndicalistes qui eux aussi devront accentuer les luttes, nous montrerons à tout le pays que nous refusons de laisser nos conditions de vies et de travail se détériorer.

 

Ils ont peur, c’est bon signe !

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La possibilité de voir Jean-Luc Mélenchon présent au second tour commence à inquiéter tout ce petit monde de bien-pensants et d’oligarques qui, sans doute, prennent peur pour leurs intérêts et leurs privilèges. La peur que tout un peuple prenne conscience et prenne son destin entre ses mains en élisant un programme qui le défendra en engageant une profonde rupture démocratique, écologique et sociale.

Comme lors de la campagne de 2012, le très objectif journal du Figaro a ainsi ressorti les habituels clichés et références destinés à faire peur. « Chavez français » « Maximilien Ilitch »– en référence à Robespierre et à Lénine- tout cela en annonçant de fausses informations sur le programme afin de décrédibiliser le candidat de la France insoumise. Ce petit jeu ne date pas d’hier puisque déjà en 1981 les chars soviétiques auraient dû débarquer après la victoire de François Miterrand et la nomination de ministres communistes à son premier gouvernement. C’est donc une constante : celle de faire ressortir de vieux clichés, et de se servir du vieil-anticommunisme primaire comme celui du révolutionnaire bolchevique, le couteau entre les dents, prêt à en découdre.

Quelle personne consciente et intelligente pourrait croire à une telle propagande et se laisser influencer par de tels torchons et propos mensongers ? A l’image de Sophie de Ravinel, journaliste au Figaro qui a déclaré sur Twitter que le PCF dissimulait- ou avait dissimulé- des chars dans les sous-sols de la place du Colonel-Fabien, siège du Parti communiste français. Après de telles déclarations, qui pourrait croire au sérieux et à la sincérité de ce journal ?

Récemment une nouvelle polémique est née concernant un point spécifique du programme. Une mesure prévue consiste en effet à participer à l’ALBA- l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique- qui est un organisme de coopération développé notamment par Fidel Castro et Hugo Chavez. Je ne reviendrai pas ici sur l’action politique de ces deux grands hommes qui ont su mener des politiques de solidarité, de progrès et de justice sociale malgré la pression du voisin américain. D’ailleurs il suffit de regarder l’état de Cuba et du Venezuela lorsque les amis de ceux qui aujourd’hui dénigrent ces pays étaient au pouvoir pour se rendre compte des changements rendus possibles par l’action de ces leaders.

L’ALBA est donc un mécanisme de coopération qui n’a aucune vocation commerciale ou militaire, et qui donc dérange car le libre-échange y est prohibé. 11 pays sont membres de cette alliance : Cuba et le Venezuela donc, le Nicaragua, la Bolivie, l’Equateur, Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Grenade, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. La Russie en fut membre observateur en 2009 et actuellement quatre autres Etats jouent le rôle d’Etat observateur : Haïti, l’Iran, la Syrie et le Surinam. Il n’aura échappé à personne que, comme la Guyane n’est pas une île comme d’aucuns le pense, elle constitue notre plus grande frontière terrestre avec le Brésil. Ainsi le programme l’Avenir en commun propose que la Guyane participe à ce mécanisme de coopération qui lui serait bénéfique et s’y insère pleinement.

Cuba, Venezuela, Iran, Syrie, Bolivie : placer ces pays dans une seule et même phrase est évidemment destiné, une nouvelle fois, à faire peur aux personnes qui écoutent. D’autant plus que ceux qui, encore une fois, apportent les plus vives critiques à cette organisation, ne s’émeuvent pas que la France soit membre d’organisations où figurent des pays comme le Qatar et l’Arabie Saoudite qui comme chacun le sait sont des exemples de démocratie et de promotion des droits de la femme.

D’un autre côté, voir toute cette oligarchie prendre peur et tenter de freiner la dynamique de Jean-Luc Mélenchon a comme un goût de victoire. Car si nos chances d’être au second tour n’étaient pas réelles ils n’auraient pas pris la peine de s’en inquiéter. François Hollande est, d’ailleurs, lui aussi sorti de son silence afin de manifester son inquiétude vis à vis du candidat de la France insoumise. Une inquiétude à géométrie variable puisqu’il n’avait pas réalisé une telle sortie lorsque Marine le Pen avait prétendu que la France n’était pas responsable de la Rafle du Vél d’Hiv.

Une semaine : c’est à peu près ce qu’il nous reste afin de convaincre ceux autour de nous qui sont encore indécis, et ils sont nombreux. Tous les moyens sont bons pour cela et chaque voix sera importante tant les scores risquent d’être serrés entre les quatre qui font la course en tête. Derrière eux, Benoit Hamon voit son score baisser de jour en jour. Lui qui clamait l’unité à tout bout de champ, pourvu qu’elle se fasse à son profit, aura à porter une lourde responsabilité si au soir du 23 avril nous ne sommes pas au second tour et que, de fait, la gauche sera éliminée. Mais nul doute que nous y serons afin que commencent les jours heureux.

Votez pour vous, votez Mélenchon

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Quelques jours désormais nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle, et si on s’en référait simplement aux sondages il y a un candidat qui bénéficie d’une réelle dynamique c’est Jean-Luc Mélenchon. Mais ce n’est pas le seul indicateur sur lequel nous nous basons : le nombre de personnes, de plus en plus nombreuses chaque jour, qui suivent le candidat de la France insoumise sur les réseaux sociaux, l’affluence à ses meetings, et l’audience qu’il réalise à la télévision, peuvent témoigner d’une réelle dynamique en sa faveur.

A tel point que certains journalistes qui avaient déjà enterrées le candidat osent désormais évoquer l’idée d’un second tour. Bien sûr nous n’en doutons pas une seconde, nous pouvons être au second tour tant le reste de l’offre politique de ceux qui sont devant nous -selon les sondages- est dangereuse pour notre pays. Entre la continuité d’une politique que nous connaissons depuis cinq ans, un repli sur soi identitaire, et une politique encore plus libérale qu’actuellement, les perspectives de changement progressiste s’éloignent pour notre peuple.

C’est en ce sens que la candidature de rupture qu’incarne Jean-Luc Mélenchon, appuyé par des centaines de milliers de citoyens, et soutenu par le PCF, peut être une réelle chance d’espoir pour notre pays à conditions que chaque citoyen prenne conscience de l’importance de cette échéance électorale. Enfin, pour une fois, nous avons l’occasion de voter pour un vrai programme et non pas contre quelqu’un ou pour le moins pire. Nous avons l’occasion de mettre un terme à cette Monarchie présidentielle qui confère au Président de la République un mandat de 5 ans sans aucun contre-pouvoir, et qui lui permet d’être élu sur un programme et de faire tout l’inverse de ce pour quoi il fut élu pendant toute la durée de son mandat.

Je ne vais pas y revenir dans cet article mais une VIème République apparaît désormais plus que nécessaire afin de redonner confiance aux français dans la politique, en leur conférant un véritable pouvoir, et en leur donnant la possibilité de révoquer n’importe quel élu. Les élus de la République doivent être irréprochables, Marine le Pen et François Fillon ne devraient pas être éligibles et pourtant ils culminent en tête des sondages à côté d’un jeune banquier se présentant candidat anti-système et semblant vouloir recycler tout ce dont les français ne veulent plus.

Les solutions que nous proposent ces candidats sont connues depuis des dizaines d’années et ont déjà montré leur inefficacité. Chômage, inégalités, et pauvreté en augmentation, cadeaux au grand patronat, fermeture de centaines d’usines, libéralisation des services publics, baisse du pouvoir d’achat des travailleurs, recul de l’âge à la retraite voilà ce à quoi nous ont mené ceux qui s’auto-qualifiaient de « candidats responsables ». Ce sont eux qui tout en parlant de rigueur, d’austérité, n’hésitent pas à se servir dans les caisses de l’Etat, à dilapider des milliards d’euros dans des guerres en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient et à donner l’argent de nos impôts aux banques et aux actionnaires.

Cette situation ne peut plus durer, d’ailleurs les forts taux d’absentions aux dernières élections ne peuvent qu’en attester. La candidature de Jean-Luc Mélenchon propose l’inverse de ces vieilles recette libérales. Mais surtout, le caractère écologiste de son programme est en parfaite adéquation avec la situation que nous vivons. Pour les autres cela semble n’être qu’un chapitre de leur programme, parmi tant d’autres, alors que cela devrait être au coeur de nos préoccupations. Car personne ne sera épargné par les changements climatiques que nous serons amenés à subir, et des millions de réfugiés climatiques sont à prévoir pour les dizaines d’années qui suivront.

Le programme l’Avenir en commun réponds ainsi à toutes les attentes sociales, écologiques, économiques et démocratiques de notre pays. Non seulement parce qu’il a été écrit grâce aux contributions de plusieurs milliers de citoyens et citoyennes, mais aussi car il a été chiffré par des économistes et que nous savons donc qu’il rapportera plus que ce qu’il ne coûtera.

Le second tour n’est pas inaccessible, bien au contraire si chaque militant convainc autour de lui, diffuse notre programme et nos idées, il deviendra plus qu’envisageable. Chaque voix comptera, chaque personne convaincue comptera. Le 23 avril votez pour vous, votez Jean-Luc Mélenchon.