Vers la fin de la sociale-démocratie ?

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Les diverses élections européennes ont été révélatrices de plusieurs choses : que ce soit en France, en Grèce, au Portugal en Espagne ou au Royaume-Uni il semble y avoir un rejet de plus en plus massif des partis incarnant la sociale-démocratie et le social-libéralisme. Ces partis qui ont conduit à la paupérisation d’une grande partie de la population, coupable d’avoir voté des lois austéritaires imposées par Bruxelles, de sorte que pour une grande partie des citoyens ces différentes formations, devant incarner la gauche ou une partie de la gauche, ne présentent désormais guère de différence avec les partis du centre et de la droite classique.

Mais depuis les élections grecques de janvier 2015, et la défaite cinglante du PASOK- le Parti socialiste grec- qui avait à peine obtenu 4,68% des suffrages exprimés, traduisant la vaste colère populaire grecque après des années de souffrances et de mémorandums, le vent semble tourner. Quelques mois plus tard, lors des élections portugaises, certes remportées par la droite, la gauche parvenait à former une coalition inédite. Bloc de gauche, verts, Parti communiste et Parti socialiste s’entendaient sur un gouvernement et une majorité parlementaire. Ceci fait ils parvenaient à renverser le premier ministre de droite, qui bien que vainqueur n’avait pas la majorité au Parlement. C’est ainsi que depuis novembre 2015 un gouvernement socialiste mène le Portugal, soutenu par les autres partis de gauche. Une garantie que les socialistes ne prendront pas de « mauvaises » décisions s’ils veulent continuer à avoir la majorité. Et le moins que l’on puisse dire c’est que cette union porte ses fruits- voir : Comment l’union des socialistes et de la gauche radicale a mis un terme à l’austérité au Portugal.

Bien sûr cette alliance ne fut possible que parce que le Parti socialiste portugais a rompu avec ce qui est en train de perdre les autres formations sociales-démocrates refusant d’entamer un virage à gauche. L’échec du PS français a été révélateur du désastre de François Hollande. Une politique libérale, des renoncements à tous les niveaux, un accroissement de la misère et malgré le léger revirement à gauche de Benoît Hamon, les électeurs ont voulu sanctionner un quinquennat de trahisons. Preuve en est le score du candidat de la France insoumise du PCF et d’Ensemble qui avait rassemblé 19,58% des votes alors qu’il avait atteint 11,1% en 2012.

En Italie et en Espagne on assiste là aussi à une chute dans les sondages des forces sociales-libérales. Si en Italie cela semble profiter à des forces populistes comme le mouvement 5 étoiles de Beppe Grillo, en Espagne le parti de gauche Podemos est la force montante du pays, tandis que le PSOE s’enfonce toujours un peu plus dans la crise et paye, lui aussi, ses politique anti-populaire.

L’espoir Corbyn

Enfin, pour prendre un dernier exemple, les récentes élections au Royaume-Uni témoignent de ce changement de mentalité. Convoquées par la première ministre conservatrice Theresa May ces élections devaient permettre au gouvernement britannique d’avoir une plus ample majorité conservatrice pour peser dans les négociations sur le Brexit avec l’Union européenne. A quelques semaines du scrutin les chances du Parti travailliste semblait nulles et les cadors du Parti, responsable de son virage à droite il y a bien des années ne rêvaient que d’une chose : virer Jeremy Corbyn et son programme bien à gauche.

En effet Jeremy Corbyn tranche avec l’époque de Tony Blair et son libéralisme de centre droit. Le leader des travaillistes a mis la barra à gauche à tel point que le parti n’avait pas eu un programme aussi ambitieux depuis 1973. Fin de l’austérité, construction de logements sociaux, hausse des salaires, renationalisation des chemins de fer et autres mesures favorables aux plus démunis voilà le programme des travailliste contenu dans un document dénommé « For the many, not the few ».

Bien que critiqué par certains leaders du Parti, restés persuadé des bienfaits de la doctrine qui a conduit des millions de britanniques dans la pauvreté, Jeremy Corbyn a bénéficié d’un large soutien populaire de la base de son parti. Un enthousiasme qui, certes n’a pas suffit à remporter les élections, mais avec 40% des suffrages et un gain de 30 députés par rapport à la précédente législature, le Labour Party apparaît comme le vainqueur des élections, quand les conservateurs, eux, perdent 13 députés et n’obtiennent ainsi qu’une petite majorité.

En septembre prochain l’Allemagne devra, elle aussi, se prononcer. Le peuple allemand accordera-t-il de nouveau sa confiance à Angela Merkel ou donnera-t-il un nombre suffisant de députés aux forces de progrès telles que Die Linke ?

 

Macron : l’enfumage libéral

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Seuls les plus naïfs seront surpris de voir la tournure que prend, déjà le quinquennat d’Emmanuel Macron. La promesse d’un renouveau politique et d’une moralisation semble être déjà loin. Avec des ministres tels que François Bayrou ou Gérard Collomb qui ne sont pas de nouveaux venus ou avec Richard Ferrant qui, à peine nommé Ministre de la Cohésion des territoires, était impliqué dans une affaire révélé par le Canard enchaîné.

Autre fait marquant mais pas surprenant non plus pour quiconque s’était intéressé d’un peu plus près au programme économique du candidat Macron, son souhait de réformer le code du travail dès cet été, et par ordonnance. C’est à dire par un processus non-démocratique consistant à occulter les débats au sein du Parlement. Ceci ne sera bien sûr possible que s’il dispose d’une majorité au Parlement. Une raison de plus de regretter les divisions de la gauche notamment entre la France insoumise et le Parti communiste français.

Quoiqu’il en soit dès qu’un libéral prononce le mot : réforme il faut s’inquiéter. Parce que dans leur bouche il signifie une baisse des droits des travailleurs et des cadeaux toujours plus nombreux au grand patronat. Ce n’est pas un hasard si depuis 15 ans les mêmes politiques sont menées au nom de cette fameuse réforme et que le résultat ne fait qu’empirer : hausse du chômage, de la pauvreté, des inégalités, baisse des salaires, licenciements massifs et fermetures d’usines hebdomadaires.

Le gouvernement entend aussi réformer notre modèle social, et notamment ce qui touche à la sécurité sociale, crée en 1945 par Ambroise Croizat, ministre communiste, dans un pays ruiné par 5 ans de guerre et d’occupation. Pourquoi ce qui était possible lorsque nous étions au plus bas ne le serait plus alors que la France n’a jamais été aussi riche de son histoire ? Il n’y a qu’à voir le nombre de millionnaires français, en hausse, tout comme les dividendes versés aux actionnaires. Certes la France est riche mais la richesse est de plus en plus mal partagé et ne profite qu’à une infime minorité.

Ainsi le premier ministre Edouard Philippe a annoncé ce matin- mercredi 7 juin- la volonté du gouvernement de supprimer les cotisations chômage et maladies. Officiellement pour accroître le pouvoir d’achat des travailleurs, il oublie simplement de préciser que pour financer cela il augmentera la CSG, de fait ce que nous gagnerons d’un côté nous le perdrons de l’autre.

Le coup d’Etat social prévu est en marche et sera réalisé si Macron dispose d’une majorité à l’Assemblée nationale. Il y a de quoi s’inquiéter de la tournure que risque de prendre ce quinquennat. Avec un premier ministre ancien lobbyiste d’AREVA, avec une volonté d’aller vite et sans forcément s’encombrer de débats démocratique, et avec la suppression d’un Ministère du logement, désormais rattaché au Ministère occupé par Richard Ferrant. Alors même que le logement est la priorité numéro 1 des français. Ceux qui croyaient en un changement commencent à apercevoir le vrai visage de Macron, un jeune certes, mais aux idées vieilles d’avant la Révolution française, celle d’un libéralisme toujours plus agressif envers les plus démunis.

19,58% n’auront pas suffi

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Malgré une belle campagne, innovante, ambitieuse et progressiste, Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise, soutenu par le Parti communiste et Ensemble, n’a pas réussi à se qualifier pour le second tour de l’élection présidentielle. Ce que nous craignions est ainsi arrivé, avoir le choix au second tour entre une candidate issue de l’extrême-droite et un candidat de l’oligarchie, soutenu par les banques.

Pourtant nous avons essayé. Essayé de créer un rapport de force qui nous soit favorable en tentant de rassembler non pas autour d’un candidat mais autour d’un programme de justice sociale et de renouveau démocratique. Force est de constater que par rapport à 2012, et aux 11,1% du Front de gauche, notre score augmente significativement puisque Jean-Luc Mélenchon a recueilli 19,58% des suffrages. C’est donc en soit une petite victoire mais surtout un formidable point d’appui pour la suite, et notamment pour les élections législatives.

Du reste, il ne faut pas perdre de vue que nous aurions pu être au second tour. Sans ce système médiatique qui a préféré taper sur le candidat de la France insoumise que sur le Front national, et qui maintenant vient nous faire la leçon quant au fait que Jean-Luc Mélenchon n’a pas donné de consignes de vote, préférant attendre la décision des près de 450 000 citoyens qui ont soutenu sa candidature, ce qui semble pourtant être la base de la démocratie.

Ce n’est pas un hasard si la France n’est plus classée que 45ème mondial au classement de la liberté de la presse. Le fait que la plupart des journaux, chaînes d’infos et stations de radios soient possédés par 9 milliardaires rend beaucoup plus compréhensif ce déferlement contre la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Des attaques répétées sur le Venezuela, Cuba, la Russie, tout ce qui serait censé effrayer les personnes souhaitant lui apporter son vote. Et surtout cette omniprésence d’experts et d’économistes tous plus libéraux que les autres ne pouvant s’empêcher de décrire notre programme comme « infaisable et dangereux » en essayant de démontrer une quelconque, et absurde, proximité avec le programme haineux de l’extrême-droite.

D’un autre côté ils se seront bien gardés de tout reproche envers Emmanuel Macron et son programme néolibéral qui vont- s’il est élu- nous plonger dans un appauvrissement général. Ce petit jeu médiatique a parfaitement fonctionné puisqu’ils ont réussi à faire élire un candidat ayant le même programme et les mêmes objectifs que le président le plus impopulaire de la Vème République.

Il ne faudra pas non plus  oublier la trahison socialiste, une de plus, puisque Benoît Hamon et le PS ont préféré, plutôt que de créer une unité, qu’ils appelaient de leurs voeux du moment qu’elle était derrière eux, sauver les meubles et leurs apparatchiks. Comme nous l’avions annoncé depuis maintenant plusieurs mois le PS prend la direction du PASOK Grec, en ne pesant désormais plus rien dans le jeu électoral.

Et maintenant ? Cap sur les législatives ! 

Il n’y a donc plus rien à attendre de ces élections présidentielles, et chacun votera le 7 mai en connaissance de cause, aussi devrons-nous respecter nos camarades qui ne souhaitant pas avoir à faire un choix entre la peste et le choléra préféreront voter blanc, tout comme ceux qui, conscients du danger de l’extrême-droite, voudront l’éviter à tout prix.

Désormais nos yeux doivent être rivés sur les prochaines élections qui arriveront très vite et qui détermineront, elles aussi, l’avenir de notre pays. Car sans majorité, aucun président ne pourra mener sa politique. Or faire en sorte que nous ayons un groupe en proportion de notre résultat sera essentiel. Il ne faudra pas refaire comme en 2012 et n’avoir qu’une dizaine de députés pour défendre nos acquis sociaux. Il ne faudra pas non plus se diviser entre France insoumise, PCF, et Ensemble. Diviser la gauche de transformation sociale ne servirait qu’à accroître le pouvoir des futurs dirigeants et faire reculer nos droits. Or nous aurons besoin de députés nombreux pour défendre nos revendications et porter nos propositions.

En attendant, le 1er mai sera comme à son ordinaire un moment important pour montrer notre force et notre nombre. Aux côtés des syndicalistes qui eux aussi devront accentuer les luttes, nous montrerons à tout le pays que nous refusons de laisser nos conditions de vies et de travail se détériorer.

 

Ils ont peur, c’est bon signe !

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La possibilité de voir Jean-Luc Mélenchon présent au second tour commence à inquiéter tout ce petit monde de bien-pensants et d’oligarques qui, sans doute, prennent peur pour leurs intérêts et leurs privilèges. La peur que tout un peuple prenne conscience et prenne son destin entre ses mains en élisant un programme qui le défendra en engageant une profonde rupture démocratique, écologique et sociale.

Comme lors de la campagne de 2012, le très objectif journal du Figaro a ainsi ressorti les habituels clichés et références destinés à faire peur. « Chavez français » « Maximilien Ilitch »– en référence à Robespierre et à Lénine- tout cela en annonçant de fausses informations sur le programme afin de décrédibiliser le candidat de la France insoumise. Ce petit jeu ne date pas d’hier puisque déjà en 1981 les chars soviétiques auraient dû débarquer après la victoire de François Miterrand et la nomination de ministres communistes à son premier gouvernement. C’est donc une constante : celle de faire ressortir de vieux clichés, et de se servir du vieil-anticommunisme primaire comme celui du révolutionnaire bolchevique, le couteau entre les dents, prêt à en découdre.

Quelle personne consciente et intelligente pourrait croire à une telle propagande et se laisser influencer par de tels torchons et propos mensongers ? A l’image de Sophie de Ravinel, journaliste au Figaro qui a déclaré sur Twitter que le PCF dissimulait- ou avait dissimulé- des chars dans les sous-sols de la place du Colonel-Fabien, siège du Parti communiste français. Après de telles déclarations, qui pourrait croire au sérieux et à la sincérité de ce journal ?

Récemment une nouvelle polémique est née concernant un point spécifique du programme. Une mesure prévue consiste en effet à participer à l’ALBA- l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique- qui est un organisme de coopération développé notamment par Fidel Castro et Hugo Chavez. Je ne reviendrai pas ici sur l’action politique de ces deux grands hommes qui ont su mener des politiques de solidarité, de progrès et de justice sociale malgré la pression du voisin américain. D’ailleurs il suffit de regarder l’état de Cuba et du Venezuela lorsque les amis de ceux qui aujourd’hui dénigrent ces pays étaient au pouvoir pour se rendre compte des changements rendus possibles par l’action de ces leaders.

L’ALBA est donc un mécanisme de coopération qui n’a aucune vocation commerciale ou militaire, et qui donc dérange car le libre-échange y est prohibé. 11 pays sont membres de cette alliance : Cuba et le Venezuela donc, le Nicaragua, la Bolivie, l’Equateur, Antigua-et-Barbuda, la Dominique, Grenade, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès, et Saint-Vincent-et-les-Grenadines. La Russie en fut membre observateur en 2009 et actuellement quatre autres Etats jouent le rôle d’Etat observateur : Haïti, l’Iran, la Syrie et le Surinam. Il n’aura échappé à personne que, comme la Guyane n’est pas une île comme d’aucuns le pense, elle constitue notre plus grande frontière terrestre avec le Brésil. Ainsi le programme l’Avenir en commun propose que la Guyane participe à ce mécanisme de coopération qui lui serait bénéfique et s’y insère pleinement.

Cuba, Venezuela, Iran, Syrie, Bolivie : placer ces pays dans une seule et même phrase est évidemment destiné, une nouvelle fois, à faire peur aux personnes qui écoutent. D’autant plus que ceux qui, encore une fois, apportent les plus vives critiques à cette organisation, ne s’émeuvent pas que la France soit membre d’organisations où figurent des pays comme le Qatar et l’Arabie Saoudite qui comme chacun le sait sont des exemples de démocratie et de promotion des droits de la femme.

D’un autre côté, voir toute cette oligarchie prendre peur et tenter de freiner la dynamique de Jean-Luc Mélenchon a comme un goût de victoire. Car si nos chances d’être au second tour n’étaient pas réelles ils n’auraient pas pris la peine de s’en inquiéter. François Hollande est, d’ailleurs, lui aussi sorti de son silence afin de manifester son inquiétude vis à vis du candidat de la France insoumise. Une inquiétude à géométrie variable puisqu’il n’avait pas réalisé une telle sortie lorsque Marine le Pen avait prétendu que la France n’était pas responsable de la Rafle du Vél d’Hiv.

Une semaine : c’est à peu près ce qu’il nous reste afin de convaincre ceux autour de nous qui sont encore indécis, et ils sont nombreux. Tous les moyens sont bons pour cela et chaque voix sera importante tant les scores risquent d’être serrés entre les quatre qui font la course en tête. Derrière eux, Benoit Hamon voit son score baisser de jour en jour. Lui qui clamait l’unité à tout bout de champ, pourvu qu’elle se fasse à son profit, aura à porter une lourde responsabilité si au soir du 23 avril nous ne sommes pas au second tour et que, de fait, la gauche sera éliminée. Mais nul doute que nous y serons afin que commencent les jours heureux.

Votez pour vous, votez Mélenchon

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Quelques jours désormais nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle, et si on s’en référait simplement aux sondages il y a un candidat qui bénéficie d’une réelle dynamique c’est Jean-Luc Mélenchon. Mais ce n’est pas le seul indicateur sur lequel nous nous basons : le nombre de personnes, de plus en plus nombreuses chaque jour, qui suivent le candidat de la France insoumise sur les réseaux sociaux, l’affluence à ses meetings, et l’audience qu’il réalise à la télévision, peuvent témoigner d’une réelle dynamique en sa faveur.

A tel point que certains journalistes qui avaient déjà enterrées le candidat osent désormais évoquer l’idée d’un second tour. Bien sûr nous n’en doutons pas une seconde, nous pouvons être au second tour tant le reste de l’offre politique de ceux qui sont devant nous -selon les sondages- est dangereuse pour notre pays. Entre la continuité d’une politique que nous connaissons depuis cinq ans, un repli sur soi identitaire, et une politique encore plus libérale qu’actuellement, les perspectives de changement progressiste s’éloignent pour notre peuple.

C’est en ce sens que la candidature de rupture qu’incarne Jean-Luc Mélenchon, appuyé par des centaines de milliers de citoyens, et soutenu par le PCF, peut être une réelle chance d’espoir pour notre pays à conditions que chaque citoyen prenne conscience de l’importance de cette échéance électorale. Enfin, pour une fois, nous avons l’occasion de voter pour un vrai programme et non pas contre quelqu’un ou pour le moins pire. Nous avons l’occasion de mettre un terme à cette Monarchie présidentielle qui confère au Président de la République un mandat de 5 ans sans aucun contre-pouvoir, et qui lui permet d’être élu sur un programme et de faire tout l’inverse de ce pour quoi il fut élu pendant toute la durée de son mandat.

Je ne vais pas y revenir dans cet article mais une VIème République apparaît désormais plus que nécessaire afin de redonner confiance aux français dans la politique, en leur conférant un véritable pouvoir, et en leur donnant la possibilité de révoquer n’importe quel élu. Les élus de la République doivent être irréprochables, Marine le Pen et François Fillon ne devraient pas être éligibles et pourtant ils culminent en tête des sondages à côté d’un jeune banquier se présentant candidat anti-système et semblant vouloir recycler tout ce dont les français ne veulent plus.

Les solutions que nous proposent ces candidats sont connues depuis des dizaines d’années et ont déjà montré leur inefficacité. Chômage, inégalités, et pauvreté en augmentation, cadeaux au grand patronat, fermeture de centaines d’usines, libéralisation des services publics, baisse du pouvoir d’achat des travailleurs, recul de l’âge à la retraite voilà ce à quoi nous ont mené ceux qui s’auto-qualifiaient de « candidats responsables ». Ce sont eux qui tout en parlant de rigueur, d’austérité, n’hésitent pas à se servir dans les caisses de l’Etat, à dilapider des milliards d’euros dans des guerres en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient et à donner l’argent de nos impôts aux banques et aux actionnaires.

Cette situation ne peut plus durer, d’ailleurs les forts taux d’absentions aux dernières élections ne peuvent qu’en attester. La candidature de Jean-Luc Mélenchon propose l’inverse de ces vieilles recette libérales. Mais surtout, le caractère écologiste de son programme est en parfaite adéquation avec la situation que nous vivons. Pour les autres cela semble n’être qu’un chapitre de leur programme, parmi tant d’autres, alors que cela devrait être au coeur de nos préoccupations. Car personne ne sera épargné par les changements climatiques que nous serons amenés à subir, et des millions de réfugiés climatiques sont à prévoir pour les dizaines d’années qui suivront.

Le programme l’Avenir en commun réponds ainsi à toutes les attentes sociales, écologiques, économiques et démocratiques de notre pays. Non seulement parce qu’il a été écrit grâce aux contributions de plusieurs milliers de citoyens et citoyennes, mais aussi car il a été chiffré par des économistes et que nous savons donc qu’il rapportera plus que ce qu’il ne coûtera.

Le second tour n’est pas inaccessible, bien au contraire si chaque militant convainc autour de lui, diffuse notre programme et nos idées, il deviendra plus qu’envisageable. Chaque voix comptera, chaque personne convaincue comptera. Le 23 avril votez pour vous, votez Jean-Luc Mélenchon.


 

Imposer un changement de cap en Europe

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Comme cela a déjà été dit à maintes reprises, je ne m’étendrais pas sur la nécessité qu’il y a à changer nos institutions en vue d’une VIème République véritablement démocratique, participative, sociale, et écologique (1). Ce changement apparaît comme nécessaire si nous ne voulons pas aller droit dans le mur et laisser le pouvoir à des personnes aux idées dangereuses. Pour autant, transformer nos institutions en France et changer de cap politique ne suffira pas. Il faudra que nous arrivions à imposer un rapport de Force au sein de l’Union européenne, hostile à tout changement démocratique et/ou politique.

Comme le spécifie le programme l’Avenir en commun, nous pensons en effet, qu’il est possible d’imposer une nouvelle Europe par la sortie et la renégociation des traités actuels en vigueur, véritables carcans qui nous obligent à adopter des mesures économiques absurdes et inefficaces. Pour preuve, il n’y a qu’à observer les exemples irlandais, italiens, grecs, espagnols, chypriote ou portugais. Partout où des mesures drastiques d’austérité ont été appliquées, les résultats ont été désastreux pour les économies et pour les peuples. A un point tel qu’en Grèce le nombre de suicides a augmenté, tout comme la mortalité infantile.

Depuis 2015 toutefois, au Portugal, c’est un gouvernement de gauche qui est au pouvoir. Les socialistes, soutenus par le Parti communiste portugais, le Bloc de gauche et les écologistes au Parlement mènent une politique qui bien qu’en rupture partielle avec celle préconisée par l’UE a conduit à des changements bénéfiques pour la population. Les dirigeants portugais ont ainsi fait le choix d’une augmentation du salaire minimum, d’une revalorisation des retraites, d’une lutte contre le travail précaire imposé au peuple portugais sous les précédents gouvernements mais aussi d’un arrêt des privatisations des infrastructures (2).

Le tournant Grec : 

Avant l’élection d’Alexis Tsipras en Grèce, nous pensions pouvoir transformer l’Union européenne afin d’en faire une Europe des peuples, de l’égalité et de la solidarité, libérée de la dictature de la finance. Il n’y avait presque pas de doutes, l’élection de nos camarades de Syriza devait suffire au changement.

Le référendum convoqué en Juillet 2015, que le peuple grec gratifiait d’un « Oxi » (non) retentissant quant au mémorandum proposé par les institutions de l’UE, n’avait fait qu’amplifier notre conviction. Une conviction très vite balayée par la commission européenne qui, par l’intermédiaire de son président- Jean-Claude Juncker- mentionnait qu’il ne pouvait avoir « de choix démocratiques contre les traités ». Mais l’espoir fut aussi balayé d’un revers de main par le gouvernement Grec lui-même et son premier ministre Alexis Tsipras. Certes les pressions contre le peuple grec et ses dirigeants ont été scandaleuses de la part des institutions européennes, ces dernières allant même jusqu’à couper les liquidités aux banques grecques, mais les dirigeants grecs auraient dû avoir un autre plan afin de parer à l’éventualité que les technocrates de Bruxelles, appuyés par les autres chefs de gouvernement feraient tout pour qu’aucune politique différente apparaisse (3).

La suite nous la connaissons : la démission d’Alexis Tsipras, puis sa réélection et l’application du nouveau mémorandum à l’opposé du programme de nos camarade de Syriza qui d’ailleurs implosera peu après donnant lieu à l’émergence d’un nouveau parti à sa gauche : Unité populaire.

Imposer un rapport de force

Voilà pourquoi désormais nous avons adapté notre stratégie vis à vis de l’Union Européenne. Une stratégie clairement expliquée dans le programme l’Avenir en commun. Elle est divisée en deux plans. Le premier, le plan A consistant, par la négociation, à renégocier les traités européens afin de les rendre favorables aux intérêts des peuples et non plus à ceux des banques. C’est ce qui est préférable pour tout le monde, d’autant plus que la France n’est pas la Grèce en terme de poids économique puisque nous représentons 18% du PIB européen.

Néanmoins si les institutions de l’UE, commission européenne et BCE en tête, qui ne sont élues par aucun citoyen européen, s’entêtaient à refuser un changement de politique européenne nous n’aurions d’autres choix que de quitter les traités européens actuels.

Cette question là est toutefois essentielle à comprendre car c’est aussi l’une des différences majeures que nous pouvons avoir avec Benoît Hamon qui ne souhaite pas remettre en cause l’ordre européen établi et qui croit encore au vieux rêve des sociaux-démocrates d’une Europe sociale sans rien changer au niveau du fonctionnement et de la politique économique.

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Rendre l’Europe plus démocratique et plus viable

Ce n’est pas un hasard si tant de personnes et de pays affichent désormais leur opposition à l’Europe, telle qu’elle est. Le manque de démocratie au sein de ses institutions et les directives absurdes prises par les financiers de l’UE ont conduit à un tel dégoût. Par exemple, les débats concernant le CETA, et le TAFTA qui pourtant vont décider de la vie de centaines de millions d’européens, ont été menés de la manière la moins démocratique possible. A aucun moment les peuples européens n’ont pu se prononcer sur des traités qui les concernent directement, et il a fallu que nos députés du Front de Gauche et du Parti communiste (parmi lesquels Patrick le Hyaric, directeur du journal l’Humanité, et Jean-Luc Mélenchon) réunis au sein du groupe parlementaire européen GUE/NGL- Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique- ainsi que les écologistes nous alertent depuis plusieurs années sur ces projets néfastes.

Les peuples européens ont perdu l’habitude d’être questionnés sur les traités européens alors qu’il devrait y avoir un référendum organisé dans chaque pays de l’UE à chaque nouveau traité. Jean-Luc Mélenchon a par ailleurs affirmé à plusieurs reprises son intention de demander l’avis du peuple français- et de s’y plier- à chaque fois qu’un traité européen devra être renégocié ou appliqué. Car il faut bien avoir à l’esprit que ce sont ces traités qui conditionnent nos choix économiques et ont un impact dangereux sur nos vies. Un exemple parmi d’autres celui de la SNCF. Les politiques de libéralisation forcées demandées par Bruxelles et appliquées docilement par nos gouvernements ont conduit à une apparition de la logique de marché sur un secteur normalement réservé à l’Etat.

Cela s’est fait, malgré une vive opposition des syndicats cheminots, et au détriment de l’usager. En effet, un service public a vocation à rendre service à la population mais n’a pas de but lucratif en soi. Or, dès lors qu’une logique de marché est introduite dans ces secteurs là, et que le but premier de l’entreprise devient le profit, la qualité s’en trouve forcément amoindrie. Car pour réaliser des profits conséquents, et gaver les actionnaires au détriment des salariés, l’entreprise devra baisser les salaires ou licencier, augmenter les prix ou bien diminuer la qualité du service. Ce sont exactement les mêmes logiques qui prévalent pour la Poste par exemple et qui mènent à la disparition de nos services publics.

La question européenne apparaît donc comme centrale dans cette élection présidentielle, d’autant plus avec le Brexit, d’autant plus avec le référendum italien. Les élections en Hollande ont quant à elles placé le parti d’extrême-droite, allié du Front national second. En Pologne et en Hongrie ces partis d’extrême-droite sont arrivés au pouvoir et mènent des politiques désastreuses.

Les élections françaises, puis allemandes au mois de Septembre devraient donc être observées dans toute l’UE car elles devraient montrer ce que ressentent les peuples de deux pays essentiels pour la construction européenne. Marx avait prévenu que « ceux qui ne connaissent pas l’Histoire sont condamnés à la revivre », le passé nous a montré que la haine entre les peuples européens pouvaient conduire aux pires atrocités, réorganiser l’Europe sera donc bénéfique à la paix qui plus que jamais est menacée.


(1) : La VIème République 

(2) : Portugal : comment l’union des socialistes et de la gauche radicale a mis un terme à l’austérité

(3) : Grèce : l’espoir déçu 

Les débuts de Trump

Le 19 janvier, à Washington DC, Donald Trump était investi et devenait de fait le 45ème président des Etats-Unis d’Amérique, en succédant à Barack Obama. L’image que laissera ce dernier n’est guère joyeuse puisqu’au cours de ses deux mandats il aura alterné entre renoncements, déstabilisation d’Etats souverain, et bombardements de civils. Certes quelques avancées auront été obtenues par le peuple américain, mais à quel prix ? La pauvreté, les gangs, le chômage, le racisme envers les noirs, les musulmans, les migrants venus d’Amérique latine ou d’Asie sont eux toujours là, et ce ne sera sans doute pas le nouveau chef de la Maison Blanche qui résoudra ces problèmes.

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Si il y a une chose dont on peut-être certain, c’est que Trump tiendra ses promesses électorales. Tout du moins il mettra tout en oeuvre pour le faire. Ses premières mesures n’ont d’ailleurs pas attendu longtemps avant d’être mises en place. Plusieurs décrets ont ainsi été signés, toutefois il est important de garder à l’idée que certains ne sont que provisoires et que le nouveau président américain use de cette technique sachant pertinement que le Sénat, bien que républicain, lui est en partie hostile.

L’immigration

De ce côté-ci il y a une réelle inquiétude. Durant sa campagne Trump a multiplié les discours contre l’immigration, qu’elle provienne du Moyent-Orient, de l’Afrique ou de l’Amérique latine. Il avait ainsi déclaré vouloir interdire l’entrée de musulmans sur le territoire américain. Force est de constater qu’il a l’intention de mettre en application ses idées. Ainsi un premier décret a interdit l’accès aux Etats-Unis, à des ressortissants de 7 pays : l’Iran, l’Irak, la Syrie, la Libye, le Soudan, la Somalie et le Yémen. Un décret qui touche non seulement les habitants de ces pays, mais également les américains originaires de ces Etats qui auraient pu se trouver hors du sol américain pour des raisons professionnelles ou privées. On a ainsi pu assister à des scènes surréalistes où des personnes ayant le passeport américain se voyaient refuser l’accès au pays et restaient bloquées dans les aéroports.

Fort heureusement, la Justice américaine vient (Samedi 4 février) de bloquer le décret anti-immigration du président américain (1). Une décision lourde de conséquence qui pourrait signifier que d’autres décrets pourraient être bloqués par la suite.

L’autre proposition phare du programme de Trump, en matière d’immigration, c’était la construction d’un mur à la frontière mexicaine- mur qui existe déjà en partie- payé aux frais du Mexique. A la suite d’un autre décret, lançant la construction du mur, le président mexicain, Enrique Pena Nieto, a riposté. Tout d’abord en réaffirmant que le Mexique ne payerait pas pour la construction de ce mur, puis pour signaler, en guise de protestation, qu’il ne participerait pas à la rencontre avec le président américain initialement prévue le 31 janvier dernier (2).

Un président réactionnaire ?

Le Parti républicain n’a jamais été connu pour son progressisme en matière sociétale. Mariage homosexuel, IVG, droits des femmes, droits des LGBT, l’électorat de ce Parti est bien souvent traditionaliste, rétrograde, et réactionnaire. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec Donald Trump ils ont trouvé un président qui leur ressemble.

Ainsi un de ses premiers décrets fut d’interdire le financement d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement. Concrètement cela signifie qu’à travers le monde des femmes pourront se voir privées du droit à l’avortement. L’image de la photo est également très révélatrice. Trump est entouré d’hommes pour signer un décret relatif au droit des femmes, une image qui a fait le tour du monde et qui n’a pas manqué de provoquer des réactions d’organisations progressistes de partout dans le monde.

Poutine Trump Xi Pano

La politique extérieure

Plus que la politique intérieure qui au fond concerne en premier lieu le peuple américain, l’aspect relations internationales devra être scruté de très prés. A n’en pas douter, l’élection de Donald Trump va changer la donne dans le monde entier. D’une part parce qu’il considère que l’OTAN est désormais une organisation obsolète, ce qui est une excellente chose car cette organisation n’apporte que la guerre partout où elle va- et d’autre part parce qu’il envisage une refonte des relations internationales basée sur son slogan « America first ».

Cette vision s’est traduite par une première mesure forte, que nous ne pouvons désapprouver : le retrait des Etats-Unis du Traité de libre-échange du Pacifique. A l’heure où certains parlementaires européens- notamment du groupe Gauche unitaire européenne/ Gauche verte nordique (GUE/NGL)- tentent de s’opposer au CETA, traité de libre-échange avec le Canada, cette mesure pourrait conduire à inverser la tendance.

Donald Trump a également affirmé à plusieurs reprises son intention de renouer un dialogue constructif avec la Russie de Vladimir Poutine. Une alliance à la fois pour combattre Daech en Syrie, et à la fois pour apaiser les tensions entre les deux pays. Mais en dessous de ces discours se cache une autre vérité. Depuis 1945 les Etats-Unis et la Russie (où l’URSS jusqu’en 1991) étaient en compétition pour le leadership mondial. Une compétition qui ne sait pas arrêtée avec la chute de l’URSS, loin de là. De fait toutes les « attaques » américaines étaient dirigées contre la Russie : campagne de communication, diabolisation, envoi de troupes aux frontières russes, intégration dans l’OTAN de pays frontaliers de la Russie. Il n’y à qu’à imaginer si, durant la guerre froide, un pays comme le Mexique où le Canada avait intégré le Pacte de Varsovie pour comprendre la réaction russe.

Mais désormais la Russie n’est plus le « danger » numéro 1, au niveau économique. C’est la République populaire de Chine, en passe de devenir la première puissance économique du monde, qui inquiète les Etats-Unis. D’où les annonces de Trump sur son intention d’augmenter les droits de douanes sur les produits venant de Chine, d’où sa position sur les îles que réclame la Chine. Il sera donc intéressant de voir dans quelques mois quand l’administration américaine aura renoué avec la Russie et commencera à diriger ses attaques contre la Chine le discours des médias. Il est fort probable que certaines critiques sur la Russie cessent, tandis que se multiplieront celles contre la Chine.

L’élection de Trump bouleverse donc à la fois la politique intérieure américaine, mais aussi les relations internationales, chaque pays devra maintenant s’adapter au fait qu’à partir de maintenant ce sera l’Amérique d’abord.


Sources : 

(1) : La Justice américaine vient de bloquer le décret anti-immigration de Trump

(2) : Le président mexicain annule sa rencontre avec Donald Trump